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	<title>imaginaires</title>
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	<description>Pour me contacter, voir le site brunocolombari.fr</description>
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		<title>5 mars 1999 : les 15 d'Intramines sortent apr&#232;s 17 jours au fond</title>
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		<dc:date>2010-10-15T13:35:18Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>La mine</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il y a un peu plus de onze ans sur le carreau du Puits Morandat &#224; Gardanne, les salari&#233;s d'un sous-traitant de la mine avaient fait gr&#232;ve au fond pour d&#233;fendre leurs emplois. Leur sortie au terme du conflit ressemblait un peu &#224; celle des mineurs chiliens.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Histoires-gardannaises-" rel="directory"&gt;Histoires gardannaises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton502-2f6f0.png?1732206200' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a un peu plus de onze ans sur le carreau du Puits Morandat &#224; Gardanne, les salari&#233;s d'un sous-traitant de la mine avaient fait gr&#232;ve au fond pour d&#233;fendre leurs emplois. Leur sortie au terme du conflit ressemblait un peu &#224; celle des mineurs chiliens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sortie des mineurs chiliens dans la nuit noire du d&#233;sert d'Atacama, apr&#232;s 68 jours pass&#233;s enferm&#233;s &#224; 700 m&#232;tres de la surface n'&#233;tait pas seulement touchante : elle a &#233;veill&#233; chez moi un souvenir vieux de plus de onze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mars 1999, la cage du puits Morandat &#224; Gardanne (le puits Y pour les mineurs) remontait &#224; la surface quinze hommes &#233;puis&#233;s mais heureux, les yeux prot&#233;g&#233;s par des lunettes noires. Et pour cause, ils n'avaient plus vu la lumi&#232;re du jour depuis plus de deux semaines. Dix-sept jours et seize nuits pass&#233;s &#224; neuf cent m&#232;tres de fond, &#224; la recette du puits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L305xH305/une-energies-11-917d3.png?1732206201' width='305' height='305' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eux n'&#233;taient pas coinc&#233;s par un &#233;boulement, et ils savaient qu'ils pouvaient remonter en une poign&#233;e de minutes d&#232;s qu'ils le d&#233;cideraient. S'ils avaient pass&#233; tout ce temps au fond, c'&#233;tait parce qu'ils &#233;taient en gr&#232;ve, pour d&#233;fendre leur emploi. Salari&#233;s d'Intramines, une soci&#233;t&#233; sous-traitante des Houill&#232;res, ils avaient au final gagn&#233; un peu de r&#233;pit, soit 18 mois jusqu'en septembre 2000. Quatre ans plus tard, en f&#233;vrier 2003, la mine de Gardanne cessait son activit&#233; et l'entr&#233;e du puits Y, le plus moderne d'Europe, &#233;tait ma&#231;onn&#233;e tandis que l'eau remplissait les galeries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiquement, Intramines a d&#251; dispara&#238;tre corps et biens avec l'arr&#234;t de l'activit&#233; mini&#232;re en France. Je ne sais pas ce que sont devenus Serge Scuri et les autres hommes que j'avais rencontr&#233;s pendant leur gr&#232;ve, au fond de la mine. Mais aujourd'hui, en voyant les images des mineurs chiliens, c'est &#224; eux que je pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article est paru dans Energies 113 du 18 mars 1999 qui est feuilletable en ligne &lt;a href=&#034;http://www.ville-gardanne.fr/Energies-113-18-mars-1999#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de la ville de Gardanne&lt;/a&gt; o&#249; vous pouvez &#233;galement t&#233;l&#233;charger le fichier pdf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le contenu de l'article :&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;17 jours au fond et l'emploi au bout&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L305xH440/energies113-p11-e0c2a.png?1732206201' width='305' height='440' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QUAND LA CAGE EST REMONTE&#769;E CE. VENDREDI-LA&#768;, UNE SALVE D'APPLAUDISSEMENTS A FUSE&#769; DE LA CENTAINE DE MINEURS, DE FEMMES ET D'ENFANTS MASSE&#769;S SUR LE CARREAU DU PUITS MORANDAT&lt;/strong&gt;. Ce n'e&#769;tait pas une remonte&#769;e comme les autres : la cage e&#769;tait vide, mais sur la nacelle en contrebas, il y avait un engin du fond et dans l'engin, une quinzaine d'hommes, les yeux abrite&#769;s par des lunettes noires qui cachaient (mal) les larmes de la fatigue et de l'e&#769;motion. Embrassades devant les came&#769;ras, douche au champagne, accolades, on dirait des otages qui viennent d'e&#770;tre libe&#769;re&#769;s. Dix-sept
jours qu'ils n'avaient pas vu le soleil. Seize nuits a&#768; passer a&#768; pre&#768;s de mile me&#768;tres de fond relie&#769;s a&#768; l'exte&#769;rieur par des te&#769;le&#769;phones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-sept jours, c'est le temps qu'il aura fallu pour que les directions des HBCM et d'Intramines (voir ci-dessous), sous la pression de la CGT et suite a&#768; la rencontre
entre Roger Mei&#776; et Dominique Strauss-Kahn, signent un accord garantissant a&#768; l'entreprise sous-traitante un maintien de l'activite&#769; au-dela&#768; des trois prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'e&#769;tait bien su&#770;r l'emploi qui e&#769;tait en jeu dans ce conflit en sous-sol, l'emploi sous- traitant, celui dont la survie est directement lie&#769;e a&#768; celui de la mine. Et comme en ce de&#769;but d'anne&#769;e, tout indiquait que le contrat de six mois passe&#769; entre les Houile&#768;res et
Intramines ne serait pas renouvele&#769;, Serge Scuri et les autres salarie&#769;s ont pris une de&#769;cision radicale : on reste en bas tant qu'on ne nous donne pas de garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En 84, on avait eu le me&#770;me type de conflit. C&#807;a avait dure&#769; 10 jours, on a gagne&#769; 15 ans de boulot. &#187;&lt;/i&gt; Cette anne&#769;e, la gre&#768;ve aura e&#769;te&#769; encore plus longue et les perspectives d'emploi restent limite&#769;es. Mais ce 5 mars, les sous-traitants ont rappele&#769; a&#768; tous qu'ils existent et qu'il fallait compter sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;L'accord qui met fin a&#768; la gre&#768;ve&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Dans le protocole d'accord signe&#769; le 5 mars, les HBCM s'engagent a&#768; renouveler les contrats de travaux a&#768; Intramines pour 18 mois a&#768; compter du 1 er mars, soit jusqu'en septembre 2000 (au lieu de juillet 1999). Au-dela&#768;, les HBCM feront les efforts ne&#769;cessaires pour prolonger l'activite&#769; d'Intramines et de ses salarie&#769;s, en faisant appel a&#768; leurs compe&#769;tences pour l'ensemble des travaux miniers (en non pas seulement pour le forage de puits comme jusqu'a&#768; pre&#769;sent. Le mot &#171; ensemble &#187; a fait l'objet d'une ne&#769;gociation acharne&#769;e). Pour ve&#769;rifier l'application de cet accord, un comite&#769; de suivi sera mis en place avec des repre&#769;sentants du personnel d'Intramines, du syndicat CGT des mineurs, des directions d'Intramines et des HBCM. L'e&#769;volution de la carrie&#768;re professionnelle des salarie&#769;s d'Intramines sera e&#769;galement e&#769;tudie&#769;e. Enfin, les astreintes (1000 F par jour et par gre&#769;viste) sont supprime&#769;es, ainsi que toute sanction disciplinaire ou poursuite judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PASSER 392 HEURES A&#768; 900 ME&#768;TRES DE FOND&lt;/strong&gt; demande une re&#769;sistance physique et psychologique hors du commun. Pendant ces 17 jours et 16 nuits, les gre&#769;vistes d'Intramines ont e&#769;te&#769; ravitaile&#769;s re&#769;gulie&#768;rement par des mineurs qui leur amenait des repas offerts par la municipalite&#769;. Ils e&#769;taient aussi re&#769;gulie&#768;rement en contact te&#769;le&#769;phonique avec la surface, parlant de temps en temps avec leur famille. Enfin, ils ont e&#769;te&#769; suivis par un me&#769;decin du centre de sante&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU BAS DE L'ASCENSEUR, A&#768; LA RECETTE PRINCIPALE, LES GRE&#769;VISTES&lt;/strong&gt; s'e&#769;taient ame&#769;nage&#769;s un dortoir avec des lits de camp, une douche de fortune et un petit re&#769;fectoire. Pour supporter l'attente, ils avaient e&#769;galement de&#769;limite&#769; un petit terrain de boules, et se de&#769;gourdissaient les jambes en tapant dans un ballon. Ils ont rec&#807;u des visites : celle de Roger Mei&#776;, mais aussi
de nombreux journalistes. Les me&#769;dias ont en effet largement couvert la gre&#768;ve, surtout a&#768; partir du sixie&#768;me jour : presse e&#769;crite locale et nationale, radios, te&#769;le&#769;visions. A travers la gre&#768;ve, c'est l'univers des mineurs qu'ils ont enfin de&#769;couvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA SOCIE&#769;TE&#769; INTRAMINES A E&#769;TE&#769; REPRISE IL Y A HUIT MOIS PAR BONIFACE&lt;/strong&gt;, une PME de l'He&#769;rault, plus inte&#769;resse&#769;e par le mate&#769;riel de forage que par les salarie&#769;s et leur savoir-faire. Si la direction d'Intramines a renvoye&#769; la ne&#769;gociation sur celle des Houille&#768;res, c'est parce que c'est cette dernie&#768;re qui de&#769;tenait la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SYNDICAT FORCE OUVRIE&#768;RE
DES MINEURS DE PROVENCE&lt;/strong&gt; avait fait le communique&#769; suivant le 18 fe&#769;vrier dernier : &lt;i&gt;&#171; Le savoir-faire incontestablement acquis par Intramines doit e&#770;tre exploite&#769; comme l'a toujours revendique&#769; FO dans la mesure ou&#768; les perspectives de l'industrie charbonnie&#768;re sont en phase ascendante dans un certain nombre de pays [...] La solution du conflit est donc a&#768; rechercher dans le cadre dun rede&#769;ploiement des aides a&#768; l'industrialisation [...] pour qu'lntramines puisse de&#769;velopper ses compe&#769;tences sans e&#770;tre intrinse&#768;quement lie&#769;e a&#768; l'e&#769;volution de l'industrie charbonnie&#768;re nationale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Taxe professionnelle : et &#224; la fin, qui va payer ?</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Taxe-professionnelle-et-a-la-fin</link>
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		<dc:date>2009-10-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/png/marianne-150.png' width=&#034;150&#034; height=&#034;150&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;pouill&#233;s de leurs pouvoirs par la r&#233;forme des collectivit&#233;s locales, priv&#233;s de ressources par la suppression de la taxe professionnelle, les &#233;lus sont en col&#232;re. Les habitants aussi, puisqu'au final ce sont eux qui risquent de payer l'addition.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;pouill&#233;s de leurs pouvoirs par la r&#233;forme des collectivit&#233;s locales, priv&#233;s de ressources par la suppression de la taxe professionnelle, les &#233;lus sont en col&#232;re. Les habitants aussi, puisqu'au final ce sont eux qui risquent de payer l'addition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;centralisation ? &lt;i&gt;&#171; Comme la d&#233;mocratie, c'est devenu un bien commun &#187;&lt;/i&gt;. Les biens communs ont la vie dure en ce moment. La d&#233;claration de Nicolas Sarkozy le 20 octobre &#224; Saint-Dizier n'a rassur&#233; personne. Le jour-m&#234;me, plusieurs communes en France, dont Gardanne, organisaient des r&#233;unions publiques d'information sur le th&#232;me &#171; Menaces sur les collectivit&#233;s locales &#187;. Pr&#232;s de deux cents personnes se sont d&#233;plac&#233;es &#224; la Halle &#224; l'invitation de Roger Me&#239; et du conseil municipal. &lt;i&gt;&#171; C'est un moment difficile, un moment grave, avec des r&#233;formes qui portent atteinte &#224; la d&#233;centralisation commenc&#233;e en 1981 &#187;&lt;/i&gt;, constate Roger Me&#239;. &lt;i&gt;&#171; On va avoir des superm&#233;tropoles dans lesquelles vous, citoyens, usagers, n'existerez plus. Et les maires ne seront l&#224; que pour d&#233;poser des gerbes le 11 novembre et c&#233;l&#233;brer les mariages. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour clarifier les enjeux des r&#233;formes en cours, la Ville a demand&#233; une &#233;tude &#224; Pascal Heymes, de la soci&#233;t&#233; Stratorial Finances*. Celui-ci a tout d'abord fait un &#233;tat des lieux des finances de la Ville : taux de taxe professionnelle &#233;lev&#233; compens&#233; par des abattements de la taxe d'habitation et par l'absence de taxe d'enl&#232;vement des ordures m&#233;nag&#232;res. Et si le revenu moyen des Gardannais est inf&#233;rieur &#224; la moyenne nationale, l'endettement par habitant est &#233;galement plus bas (714 euros contre 1095 euros pour des villes de m&#234;me taille), alors que la Ville investit plus que la moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, qu'est-ce que Gardanne aurait &#224; gagner en int&#233;grant une intercommunalit&#233; ? En supposant que le Pr&#233;fet, comme il en aura le pouvoir d'ici 2013, int&#232;grera de force notre commune dans la communaut&#233; d'agglom&#233;ration du pays d'Aix (CAPA), il y aura essentiellement des taxes suppl&#233;mentaires pour les m&#233;nages, les commer&#231;ants et les entreprises : taxe d'enl&#232;vement des ordures m&#233;nag&#232;res et taxe transport. Mais surtout, la Ville perdra des comp&#233;tences qui seront transf&#233;r&#233;es &#224; la communaut&#233; d'agglom&#233;ration. La situation serait encore pire si le projet de m&#233;tropole du &#171; grand Marseille &#187; avalant les pays d'Aix, d'Aubagne, d'Istres et de Martigues voit le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cons&#233;quence : une augmentation des imp&#244;ts pay&#233;s par les m&#233;nages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre question du jour est celle de la suppression de la taxe professionnelle. Si celle-ci dispara&#238;t au 1er janvier 2010, c'est-&#224;-dire dans deux mois, le manque &#224; gagner sera de 25 milliards d'euros (11 millions &#224; Gardanne). A la place, une cotisation &#233;conomique territoriale (CET) vers&#233;e aux communes, d&#233;partements et r&#233;gions rapportera 17 milliards. La diff&#233;rence, soit 8 milliards, repr&#233;sente un all&#233;gement d'imp&#244;ts pour les entreprises. Ou, si on pr&#233;f&#232;re, un cadeau fiscal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la tr&#232;s forte d&#233;sapprobation des &#233;lus locaux (y compris de la majorit&#233; UMP), le gouvernement a promis de compenser int&#233;gralement le manque &#224; gagner pour les villes. Outre la confiance qu'on peut accorder &#224; ce genre de promesses, cette compensation sera calcul&#233;e sur ce que rapporte aujourd'hui la taxe professionnelle, et ne bougera plus par la suite. Or, d&#233;montre Pascal Heymes, entre 2004 et 2008, &#224; Gardanne, la taxe professionnelle seule a rapport&#233; plus d'un million d'euros suppl&#233;mentaires, gr&#226;ce &#224; l'implantation de nouvelles entreprises. Autrement dit, pour maintenir les investissements et les services publics communaux, la Ville n'aurait pas d'autre solution que d'augmenter les imp&#244;ts pay&#233;s... par les m&#233;nages. C'est exactement le but recherch&#233; par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce cas, quel serait l'int&#233;r&#234;t pour une ville de favoriser l'implantation d'entreprises nouvelles, compte-tenu des co&#251;ts engendr&#233;s par l'activit&#233; &#233;conomique ? Comme le remarque Mustapha El Miri, adjoint au maire charg&#233; de la culture, &lt;i&gt;&#171; ces cadeaux fiscaux, trois g&#233;n&#233;rations vont les payer. Avec la suppression de la taxe professionnelle, on va favoriser les entreprises qui exportent au d&#233;triment des PME qui auront moins de d&#233;bouch&#233;s avec des villes qui n'investissent plus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Conseil g&#233;n&#233;ral, Claude Jorda pointe quatre menaces : &lt;i&gt;&#171; cette r&#233;forme marque la fin de la d&#233;mocratie de proximit&#233;, elle attaque les services publics locaux comme ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s les services publics nationaux (Poste, GDF, France T&#233;l&#233;com...), elle met les territoires en concurrence et elle prive les &#233;lus locaux de leur autonomie de d&#233;cision. Sous couvert de faire des &#233;conomies, les grands perdants seront les villes et les d&#233;partements. &#187;&lt;/i&gt; Par exemple, &lt;i&gt;&#171; ce sera la fin des politiques volontaristes des collectivit&#233;s locales : dans le d&#233;partement, leurs aides repr&#233;sentent 80% du financement de la culture, contre 20% &#224; l'Etat. Dans les coll&#232;ges, le Conseil g&#233;n&#233;ral offre un ordinateur portable aux &#233;l&#232;ves de quatri&#232;me pour lutter contre la fracture num&#233;rique : ce n'est pas une comp&#233;tence obligatoire. L'aide aux travaux dans les communes, comme &#231;a a &#233;t&#233; le cas ici, dans la Halle, sera aussi remise en cause. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce n'est pas qu'une questions d'&#233;lus, &#231;a concerne tout le monde. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elu aux associations, Guy Porcedo affirme &lt;i&gt;&#171; qu'avec cette r&#233;forme, on vous &#233;loigne des centres de d&#233;cision. A qui allez-vous demander une aide mat&#233;rielle, une subvention, un pr&#234;t de salle ? Ce dont on a besoin, c'est de proximit&#233;, pas d'&#233;loignement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle, les gens se disent inquiets, mais d&#233;termin&#233;s &#224; agir : &lt;i&gt;&#171; on foule aux pieds le suffrage universel. Je suis retrait&#233;, j'ai du temps, si vous vous bagarrez je serai avec vous. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; A Sept&#232;mes, le Pr&#233;fet a ordonn&#233; au maire d'accueillir les ordures m&#233;nag&#232;res de la Ville de Nice, c'est une honte. &#187; &#171; A part subir, que peut-on faire &#224; notre niveau ? &#187; &#171; les associations, c'est le bien commun de notre ville, elles sont aussi porteuses d'emploi pour les jeunes. Il faut intervenir en tant que citoyens. &#187;&lt;/i&gt; Yveline Primo, premi&#232;re adjointe, souligne &lt;i&gt;&#171; qu'il faut en parler autour de soi, parler de cette r&#233;forme et de ses cons&#233;quences. Ce n'est pas qu'une questions d'&#233;lus, &#231;a concerne tout le monde. &#187;&lt;/i&gt; Roger Me&#239; conclut en annon&#231;ant qu'une motion sera vot&#233;e au conseil municipal du 22 octobre et qu'il se rendra le 16 novembre au Congr&#232;s des Maires de France. &lt;i&gt;&#171; Nous seront nombreux &#224; donner notre sentiment au Pr&#233;sident de la R&#233;publique. Et il y aura des actions &#224; mener ensemble, il va falloir se battre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Catel et Bocquet : &#171; Kiki n'&#233;tait pas une f&#233;ministe, mais sa vie &#233;tait militante &#187;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Entretien-avec-Catel-et-Bocquet</link>
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		<dc:date>2009-04-25T17:15:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>BD</dc:subject>
		<dc:subject>Envrak.fr</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/kiki2-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;125&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leur roman graphique de 300 pages, Kiki de Montparnasse, poursuit une belle carri&#232;re. Catel et Bocquet, ses auteurs, nous parlent de leur travail pour &lt;a href=&#034;http://www.envrak.fr/article-311-entretien-avec-catel-et-bocquet#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt; &#224; l'occasion de leur passage &#224; Gardanne o&#249; ils ont rencontr&#233; des lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-mot35-+" rel="tag"&gt;BD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Envrak-fr-+" rel="tag"&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Leur roman graphique de 300 pages, Kiki de Montparnasse, poursuit une belle carri&#232;re. Catel et Bocquet, ses auteurs, nous parlent de leur travail pour &lt;a href=&#034;http://www.envrak.fr/article-311-entretien-avec-catel-et-bocquet#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt; &#224; l'occasion de leur passage &#224; Gardanne o&#249; ils ont rencontr&#233; des lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourquoi inventer un personnage de femme alors qu'il en existait une toute pr&#234;te ? &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224; r&#233;sum&#233;e en une interrogation toute simple la d&#233;marche entam&#233;e par l'illustratrice Catel (nom : Muller) et le sc&#233;nariste Bocquet (pr&#233;nom : Jos&#233;-Louis), quand ils ont d&#233;cid&#233; en 2004 de raconter l'histoire d'Alice Prin. Qui &#233;tait Alice Prin ? Une femme du peuple, n&#233;e en 1901 et morte dans l'oubli en 1953. Entre temps, elle sera devenue la Fran&#231;aise la plus connue des Am&#233;ricains sous le nom de Kiki de Montparnasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu trois ans de travail et 336 pages &#224; Catel et Bocquet pour raconter cette histoire incroyable dans laquelle se croisent Man Ray, Picasso, Robert Desnos, Ernest Hemingway, Jean Cocteau, Tristan Tzara, Modigliani ou Foujita. Car la vie de Kiki de Montparnasse dans le Paris bouillonnant des Ann&#233;es folles, au sortir de l'immonde boucherie de Verdun et du Chemin des Dames, n'est pas un roman, c'est beaucoup plus que &#231;a. C'est une &#233;pop&#233;e, une tranche de l'Histoire de France &#224; travers une destin&#233;e individuelle, un &#233;pisode aussi de l'&#233;mancipation des femmes, de la conqu&#234;te de leurs libert&#233;s dans une soci&#233;t&#233; encore largement paternaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une histoire vraie, donc, racont&#233;e avec le parti pris du roman graphique (longueur de la narration, r&#233;f&#233;rences historiques, noir et blanc, couverture souple) invent&#233; par Art Spiegelman avec &lt;i&gt;Maus&lt;/i&gt; il y a vingt ans et renouvel&#233; r&#233;cemment par le &lt;i&gt;Pers&#233;polis&lt;/i&gt; de Marjane Satrapi. Le gros travail documentaire se traduit en annexe par neuf pages de chronologie et 18 portraits d'artistes ayant crois&#233; la route (et parfois partag&#233; le lit) de Kiki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
Kiki de Montparnasse&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233;e par Casterman en mars 2007, a fait son chemin depuis. Prim&#233;e &#224; Angoul&#234;me en 2008, elle a &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;e pour le Prix Litt&#233;raire des lyc&#233;ens et apprentis de la r&#233;gion PACA 2009. Le 27 mars dernier, Catel et Bocquet ont ainsi rencontr&#233; les &#233;l&#232;ves de premi&#232;re du lyc&#233;e profesionnel de l'Etoile avant de rejoindre la M&#233;diath&#232;que de Gardanne, o&#249; Envrak les a retrouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH341/catel-bocquet4-bab71.jpg?1732460209' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que vous apporte le contact avec les lyc&#233;ens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt; : Aucune rencontre ne ressemble &#224; une autre. &#199;a d&#233;pend du travail en amont avec les enseignants et la documentaliste. &#199;a dure 1h30 &#224; 2h, c'est plus long qu'un cours ! Il y a une tr&#232;s bonne &#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catel&lt;/strong&gt; : Leurs questions, leurs r&#233;flexions, ce n'est pas comme une s&#233;ance de d&#233;dicaces. L&#224;, il y a une remise en question pour nous, c'est moins confortable. Ce sont des questions tr&#232;s concr&#232;tes, d'un point de vue humain. Ils ont une lecture sans pr&#233;jug&#233;, ils ne sont pas dans le milieu litt&#233;raire. Des &#233;l&#232;ves r&#233;put&#233;s difficiles sont finalement ceux qui participent le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt; : C'est souvent la premi&#232;re fois qu'ils rencontrent des auteurs, vivants en plus ! Pour eux, les auteurs de livres sont tous morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kiki, c'est un roman graphique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt; : on est sur un format anormal pour une BD, en g&#233;n&#233;ral c'est 48 pages. Un roman graphique peut faire 300 pages, voire 600, pourquoi pas ? Tout est possible. Un roman graphique explose les normes de la BD, m&#234;me si tout est dit par l'action et par les bulles. La BD, c'est l'art de l'ellipse : qu'est ce qui se passe entre deux cases ? Ce n'est surtout pas du texte illustr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un roman graphique se lit plus comme un roman qu'une BD, ou comme un manga. C'est un format souple, plus petit, moins cher donc plus accessible. Ceux qui lisent un roman graphique sont plut&#244;t des lecteurs de romans. Un roman graphique, en fait, c'est avant tout un format. Et la libert&#233; de la longueur. La grande r&#233;volution mondiale, c'est Maus. C'est gr&#226;ce &#224; lui qu'on peut faire Kiki aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH292/kiki1-cbe27.jpg?1732460209' width='500' height='292' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous travaill&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catel&lt;/strong&gt; : Il a fallu faire le tri dans les choses importantes, on ne pouvait pas tout mettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt; : Kiki a &#233;crit ses m&#233;moires &#224; 28 ans, on conna&#238;t son style, pour le reste, on invente les dialogues. Les autres, d'une mani&#232;re ou d'une autre, ils ont dit ce qu'on leur fait dire. On v&#233;rifie les dates, on fouille les biographies, on a d'ailleurs relev&#233; des erreurs de lieu ou de date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catel&lt;/strong&gt; : Les rep&#233;rages, c'est ce qui fait qu'on croit &#224; notre histoire. &#199;a nous a pris trois ans de travail, pour aller sur les lieux, retrouver les rues, les b&#226;timents... On a cherch&#233; la maison de Kiki, un escalier en colima&#231;on.
Les ann&#233;es 20, c'est plus romanesque que tout ce qu'on peut imaginer, la libert&#233;, les rencontres avec des grands personnages. Une &#233;poque tr&#232;s int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi Kiki ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt; : Quand j'ai d&#233;but&#233;, la BD &#233;tait un milieu de gar&#231;ons, fait par des gar&#231;ons pour des gar&#231;ons. Il n'y avait pas de place pour les filles, du moins jusqu'&#224; Br&#233;t&#233;cher. Depuis, &#231;a a beaucoup chang&#233;. Pourquoi inventer un personnage de femme alors qu'il en existait une toute pr&#234;te ? Kiki, c'est un travail sur la r&#233;alit&#233; documentaire et l'envie de raconter des histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catel&lt;/strong&gt; : L'image de Man Ray avec Kiki de dos, Le violon d'Ingres, c'est la photo la plus vendue au monde. Mais qui conna&#238;t la vie de cette femme ?
Elle a pay&#233; cher sa libert&#233;. Tant qu'elle &#233;tait jeune, belle, affriolante, &#231;a allait. Apr&#232;s trente ans, c'est la chute. Ce n'&#233;tait plus qu'une pauvre femme malade et oubli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki n'&#233;tait pas une f&#233;ministe, mais sa vie &#233;tait militante. Un mod&#232;le, &#224; tous les sens du terme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH237/kiki2-7f79e.jpg?1732460209' width='500' height='237' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ? Apr&#232;s le succ&#232;s de Kiki, vous allez continuer &#224; travailler ensemble ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catel&lt;/strong&gt; : Oui, bien s&#251;r ! On cherche ce qu'on appelle les clandestines de l'histoire. En faisant Kiki, on avait bien aim&#233; Lee Miller, photographe avant guerre et qui avait eu une liaison avec Man Ray. Finalement, on va travailler sur Olympe de Gouges. C'&#233;tait une r&#233;volutionnaire, elle a &#233;crit la d&#233;claration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791. On la prenait pour une hyst&#233;rique, elle a fini d&#233;capit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bocquet&lt;/strong&gt; : On l'a tu&#233;e deux fois, physiquement et moralement : les historiens officiels de la r&#233;volution, comme Michelet, l'ont oubli&#233;e. Sur le fond, elle &#233;tait vraiment moderne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De P&#233;ri &#224; Auschwitz, un voyage pour m&#233;moire</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/De-Peri-a-Auschwitz-un-voyage-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/De-Peri-a-Auschwitz-un-voyage-pour</guid>
		<dc:date>2009-04-21T13:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/auschwitz.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;132&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du 29 mars
au 2 avril,
28 &#233;l&#232;ves
gardannais du
coll&#232;ge
Gabriel-P&#233;ri ont
visit&#233; le camp
d'extermination
d'Auschwitz,
ainsi que le
quartier juif
de Cracovie et
la mine de sel
de Wieliczka.
Un d&#233;placement
en Pologne
soigneusement
pr&#233;par&#233; depuis
la rentr&#233;e et dont
ils sont revenus
diff&#233;rents.
T&#233;moignages.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Histoires-gardannaises-" rel="directory"&gt;Histoires gardannaises&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 29 mars
au 2 avril,
28 &#233;l&#232;ves
gardannais du
coll&#232;ge
Gabriel-P&#233;ri ont
visit&#233; le camp
d'extermination
d'Auschwitz,
ainsi que le
quartier juif
de Cracovie et
la mine de sel
de Wieliczka.
Un d&#233;placement
en Pologne
soigneusement
pr&#233;par&#233; depuis
la rentr&#233;e et dont
ils sont revenus
diff&#233;rents.
T&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que retient-on d'un voyage &#224; l'&#233;tranger de
cinq jours quand on a quinze ans ? Le groupe
qui se forme, des amiti&#233;s qui naissent, au
d&#233;tour d'une attente dans une a&#233;rogare, la
d&#233;couverte d'un trajet en avion, la nourriture
&#233;trange d'un pays inconnu ? Un peu de
tout cela, mais bien d'autres
choses encore. Surtout quand
le voyage en question vous
am&#232;ne dans le trou noir de
l'histoire de l'humanit&#233;, le
camp d'extermination d'Auschwitz-
Birkenau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On a
commenc&#233; par le camp d'Auschwitz
I, explique &#201;lodie.
C'est l&#224; o&#249; il y a un portail
&#224; l'entr&#233;e o&#249; est inscrit &#8220;Arbeit
macht frei&#8221;, le travail
rend libre. C'est un mus&#233;e maintenant. &#187; &#171; On
a vu les tas de chaussures, les cheveux, des
montagnes de cheveux, &#187;&lt;/i&gt; ajoute Adrien. &lt;i&gt;&#171; On
a vu aussi la potence o&#249; Rudolf Hess a &#233;t&#233;
pendu apr&#232;s avoir &#233;t&#233; condamn&#233; apr&#232;s la guerre.
Il y a une salle avec les photos des prisonniers,
leur date d'arriv&#233;e et la date de leur
mort. En moyenne, &#231;a faisait deux mois d'&#233;cart. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lodie raconte le mur des fusill&#233;s, o&#249; les prisonniers
&#233;taient abattus d'une balle dans la
nuque. &lt;i&gt;&#171; On a d&#233;pos&#233; des fleurs &#224; cet endroit. &#187;&lt;/i&gt;
Elle se souvient des photos d'enfants tortur&#233;s
par le Docteur Mengele, dont la sp&#233;cialit&#233;
&#233;tait les exp&#233;riences sur les jumeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est l&#224; o&#249;
les SS triaient
ceux qui allaient
vivre et ceux
qui allaient
mourir &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vient la visite d'Auschwitz II, &#224; Birkenau,
trois kilom&#232;tres plus loin. L&#224;, l'horreur
franchit encore un palier,
avec ses 1,1 million de morts,
essentiellement des Juifs et
des tziganes. &lt;i&gt;&#171; Ce qui m'a
marqu&#233;, c'est le silence, raconte
Fabien. C'est pesant,
mais il y a du respect. &#199;a
vient naturellement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les
chambres &#224; gaz, les cr&#233;matoriums,
la ligne de chemin
de fer qui s'arr&#234;te au milieu
du camp... &lt;i&gt;&#171; C'est l&#224; o&#249; les
SS triaient ceux qui allaient vivre et ceux qui
allaient mourir, explique Sophie. Une fille de
treize ans a &#233;t&#233; sauv&#233;e parce qu'elle a dit qu'elle
en avait quinze. &#187; &#171; Ils envoyaient dans les
chambres &#224; gaz les femmes enceintes, les b&#233;b&#233;s &#187;&lt;/i&gt; ajoute Cl&#233;ment. &lt;i&gt;&#171; On a vu les baraquements,
ils dormaient &#224; douze par lit. Mais
il fallait que tout soit propre. &#187; Et pour cause : &#171; Les SS avaient tr&#232;s peur des &#233;pid&#233;mies,
du typhus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De part et d'autre de la dalle
noire en fran&#231;ais du monument international entre les cr&#233;matoires II et III, les coll&#233;giens
gardannais ont allum&#233; des bougies.
&lt;i&gt;&#171; On a suivi les rails sur lesquels les trains arrivaient
dans le camp, &#187;&lt;/i&gt; raconte Sophie. &lt;i&gt;&#171; Le
camp se d&#233;t&#233;riore, ajoute Manon, c'est difficile
&#224; entretenir en l'&#233;tat. Nous, on doit transmettre
ce qu'on a vu. &#187;&lt;/i&gt; Adrien se souvient
d'un &lt;i&gt;&#171; arbre de Birkenau qui existait au moment
du camp et qui est toujours l&#224;. C'est un
bouleau blanc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On ne peut pas
se plaindre apr&#232;s
avoir vu &#231;a &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le temps du t&#233;moignage, vient celui
du ressenti. Pour &#201;lodie, &lt;i&gt;&#171; ce qui m'a choqu&#233;
le plus, c'est les habits de b&#233;b&#233;, il devait
avoir un an et ils l'ont gaz&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Pour Fabien,
&lt;i&gt;&#171; on a l'impression que rien n'a chang&#233; depuis.
A part qu'il n'y a plus personne. &#187;&lt;/i&gt; Pour
Manon, &lt;i&gt;&#171; personne ne r&#233;agit de la m&#234;me mani&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; &#201;lodie revient sur les conditions de
vie &#233;pouvantables : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas s'imaginer
&#234;tre l&#224;-bas. L'hygi&#232;ne, c'est pas possible.
On ne peut pas se plaindre apr&#232;s avoir vu &#231;a.
On se rend compte que ce n'est rien &#224; c&#244;t&#233;.
En rentrant &#224; la maison hier soir, j'ai parl&#233;
pendant au moins une heure et demie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre accompagnateurs (Jacqueline Perrais,
principale adjointe, Mustafa Khairoun,
professeur d'histoire-g&#233;ographie, &#201;lisabeth
Goubert, professeur documentaliste et Philippe
Salomez, conseiller principal d'&#233;ducation)
ont tenu &#224; souligner le comportement
exemplaire des &#233;l&#232;ves et le soutien des parents
tout au long du projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet de toute une ann&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage, qui a co&#251;t&#233; 250 &#8364; aux familles, a &#233;t&#233; financ&#233; avec l'aide de la Fondation M&#233;moire
de la Shoah, du Fonds pour la m&#233;moire d'Auschwitz, de la f&#233;d&#233;ration nationale
Andr&#233; Maginot des anciens combattants et de la municipalit&#233; pour une partie du transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; en amont par des projections de films au coll&#232;ge et au cin&#233;ma (&lt;i&gt;La
liste de Schindler, Amen, Stalingrad&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nuit et brouillard&lt;/i&gt;) et des extraits de documentaires,
notamment le proc&#232;s de Klaus Barbie avec les enseignants d'histoire-g&#233;ographie,
de fran&#231;ais et la documentaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont &#233;galement particip&#233; (seul coll&#232;ge de la
r&#233;gion) &#224; la journ&#233;e de la m&#233;moire de la d&#233;portation &#224; Marseille, o&#249; ils ont rencontr&#233;
des lyc&#233;ens polonais, allemands et autrichiens. Enfin, ils ont particip&#233; au concours national
de la r&#233;sistance et de la d&#233;portation. Un compte-rendu commun va &#234;tre r&#233;dig&#233;
et envoy&#233; &#224; la Fondation M&#233;moire de la Shoah, et une rencontre avec les autres &#233;l&#232;ves
de troisi&#232;me du coll&#232;ge va &#234;tre organis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La plus grande vitrine du monde</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-plus-grande-vitrine-du-monde</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-plus-grande-vitrine-du-monde</guid>
		<dc:date>2009-04-03T13:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis
quelques
ann&#233;es,
le commerce
en ligne conna&#238;t
une croissance
fulgurante.
Des artisans
ou des PME
se lancent,
parfois avec
peu de moyens,
dans ce qui
ressemble encore
&#224; une aventure,
&#224; Gardanne
comme ailleurs.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Histoires-gardannaises-" rel="directory"&gt;Histoires gardannaises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Energies-+" rel="tag"&gt;Energies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis
quelques
ann&#233;es,
le commerce
en ligne conna&#238;t
une croissance
fulgurante.
Des artisans
ou des PME
se lancent,
parfois avec
peu de moyens,
dans ce qui
ressemble encore
&#224; une aventure,
&#224; Gardanne
comme ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec la vente en ligne, il est possible d'acheter
&#224; peu pr&#232;s n'importe quoi n'importe o&#249;.
D&#233;but 2008, rien qu'en France, on recensait
21 millions d'acheteurs sur Internet. Cons&#233;quence,
le nombre de sites faisant de la vente
en ligne, ou e-marchands, conna&#238;t une
croissance tr&#232;s rapide : 37 000 fin 2007 pour
un chiffre d'affaires de 16 milliards d'euros.
D&#233;but 2009 &#224; Gardanne, les entreprises de
vente en ligne se comptent encore sur les
doigts d'une main. Nous en avons rencontr&#233;
quatre, tr&#232;s diff&#233;rentes dans
leur mode de fonctionnement, leur
volume de vente et bien s&#251;r leurs
produits propos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui ressemble le plus &#224; une
PME structur&#233;e, c'est Le20.fr. Install&#233;e
en 2007 &#224; la zone Avon, cette
soci&#233;t&#233; de trois salari&#233;s et un g&#233;rant
commercialise... des vins de Bourgogne
et dans une moindre mesure des Bordeaux
et du Champagne. Des bouteilles
allant de 8 &#224; 1 000 &#8364; pour les plus recherch&#233;es,
des grands crus dont certains
datent de 1923. Pour les d&#233;nicher, Emmanuel
Uttscheid, le cr&#233;ateur de l'entreprise,
&#233;cume les ventes aux ench&#232;res
sp&#233;cialis&#233;es, &#224; Cannes, Lyon, Dijon, Avignon
et Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes tr&#232;s exigeants
sur les d&#233;lais de livraison, explique-t-il.
Nos clients n'attendent pas. S'ils passent
commande avant midi, ils sont livr&#233;s le
lendemain matin. &#187;&lt;/i&gt; Ce qui n&#233;cessite une
logistique lourde : le20.fr fonctionne
avec des stocks. &#171; Les bouteilles restent
ici au maximum trente jours. Le local
est climatis&#233; et humidifi&#233; en &#233;t&#233;. &#187; Bien
entendu, la partie pr&#233;paration des
commandes est tr&#232;s importante :
&lt;i&gt;&#171; Nous avons imagin&#233; un syst&#232;me
d'emballage cartonn&#233; alv&#233;ol&#233; avec
plusieurs &#233;paisseurs qui prot&#232;ge
bien les bouteilles. Une chute
de deux m&#232;tres ne les casse
pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois par semaine,
une lettre d'information est exp&#233;di&#233;e
aux clients pour leur annoncer
les promotions et les derniers
arrivages. &lt;i&gt;&#171; 14% du vin est vendu
en ligne en France, explique Emmanuel
Uttscheid. Un an avant,
c'&#233;tait 7%. En g&#233;n&#233;ral, les
vignerons n'aiment pas
trop voir leurs bouteilles
sur Internet, mais ils
sont oblig&#233;s d'y venir. &#187;&lt;/i&gt; le20.fr d&#233;gage
un chiffre
d'affaires annuel
proche du million
d'euros, dont 40% &#224; l'&#233;tranger (&lt;a href=&#034;http://www.le20.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.le20.fr&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une villa du quartier de l'Oratoire de
Bouc, Christelle Salvatico et son associ&#233;e
&#201;lodie Poussel n'en sont pas encore l&#224;. Mais
Lilootresors, leur boutique en ligne (&lt;a href=&#034;http://www.lilootresors.
com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lilootresors.
com&lt;/a&gt;) qui vend du mat&#233;riel de
pu&#233;riculture, jouets et liste de naissance,
marche plut&#244;t bien : &lt;i&gt;&#171; A part un creux en f&#233;vrier,
&#231;a augmente chaque mois. &#187;&lt;/i&gt; L'id&#233;e leur
est venue par l'exp&#233;rience : &lt;i&gt;&#171; suite &#224; nos grossesses,
on s'est rendues compte qu'il
&#233;tait difficile de suivre &#224; distance
une liste de naissance d&#233;pos&#233;e
dans un magasin. Le projet nous a pris deux ans. Nous avons cr&#233;&#233; la soci&#233;t&#233;
en octobre 2007 et mis le site en ligne en
janvier 2008. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ses 210 fournisseurs et
ses 3 000 r&#233;f&#233;rences, Lilootresors s'est &#233;toff&#233;e.
&lt;i&gt;&#171; Selon les marques, on constitue un petit
stock tampon, pour d'autres,
on ach&#232;te &#224; mesure des commandes.
On travaille aussi avec
des cr&#233;ateurs qui font des produits
originaux, difficiles &#224; trouver. &#187;&lt;/i&gt; La client&#232;le ach&#232;te depuis
les grandes villes (Paris, Lyon,
Marseille) mais aussi, quelquefois,
de l'&#233;tranger : &#171; on a
eu des commandes des Etats-Unis et du
Mexique. &#187; Et si la vente en ligne permet aux
clients de comparer facilement les prix, elle
autorise aussi la surveillance des
concurrents...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Mademois'ailes, on
passe du c&#244;t&#233; artisanal. Val&#233;rie
Souchet et son compagnon
Gr&#233;gor Bouet ont cr&#233;&#233; cette entreprise
il y a cinq ans &#224; Aix, avant de s'installer
d&#233;but 2008 &#224; Gardanne. Ils fabriquent
des bijoux, des piques &#224; chignon et des accessoires
de mode qu'ils vendent en partie
sur les march&#233;s artisanaux
de la r&#233;gion et en
partie sur Internet (&lt;a href=&#034;http://www.mademoisailes.
com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.mademoisailes.
com&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les
march&#233;s sont remis en
question chaque ann&#233;e,
on n'est pas s&#251;rs d'avoir
les emplacements, m&#234;me
si on en fait environ 150
jours par an, explique Val&#233;rie Souchet. Le
site pr&#233;sente nos cr&#233;ations, nous permet de
garder un contact avec la client&#232;le. Il nous
donne aussi une assise professionnelle. On
l'a am&#233;lior&#233; l'an dernier en rendant possible
l'achat avec un panier et par Paypal.
Avant, il fallait imprimer un bon
de commande et payer par ch&#232;que. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re premi&#232;re, tiges d'aluminium
et des perles de verre, est achet&#233;e
en gros dans la r&#233;gion et &#224; Barcelone.
Le stockage ne pose pas de probl&#232;me
particulier, vu la taille r&#233;duite et le
faible encombrement des produits. &lt;i&gt;&#171; On
sent la crise depuis No&#235;l 2007, les gens
ach&#232;tent diff&#233;remment, il y a beaucoup
moins d'achats coup de coeur. On essaie de
fid&#233;liser nos clients, et le site est important
pour cela. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Apr&#232;s m'&#234;tre
retrouv&#233;e au
ch&#244;mage, je me
suis lanc&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Virginie R&#233;gnier travaille seule, dans son appartement
biv&#233;rois. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e,
elle s'est lanc&#233;e dans la cr&#233;ation et la
vente de ballotins de drag&#233;es. &lt;i&gt;&#171; J'en faisais
pour le plaisir, pour la famille, &#224; l'occasion
de mariages ou de bapt&#234;mes, et c'&#233;tait toujours
appr&#233;ci&#233;e, raconte-t-elle. Apr&#232;s un cong&#233;
maternit&#233;, je me suis retrouv&#233;e au ch&#244;mage,
et on m'a conseill&#233; de me lancer. &#187;&lt;/i&gt; C'est ainsi
qu'est n&#233; M&#233;docr&#233;ation, apr&#232;s un stage &#224;
la Chambre des M&#233;tiers &#224; Venelles. Virginie
propose sur son site Internet (&lt;a href=&#034;http://www.medocreation.
com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.medocreation.
com&lt;/a&gt;), qu'elle a r&#233;alis&#233; elle-m&#234;me,
75 cr&#233;ations de ballotins de drag&#233;es qu'il
est possible de personnaliser en fonction
d'un th&#232;me ou d'une couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En ce
moment, je monte une campagne publicitaire
en partenariat avec un wedding
planner [organisateur de mariages,
NdlR]. Et les fournisseurs me r&#233;f&#233;rencent
aussi sur leur site. &#187;&lt;/i&gt; Son activit&#233; est plut&#244;t
saisonni&#232;re, de mars &#224; septembre, l'&#233;poque
o&#249; mariages et bapt&#234;mes occupent les samedis.
&lt;i&gt;&#171; Mais je peux vendre aussi pour des
anniversaires ou &#224; No&#235;l. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;lais tiennent
compte du temps de cr&#233;ation, au
minimum une &#224; deux semaines, parfois
plus. &lt;i&gt;&#171; Si &#231;a marche, j'aimerais
bien avoir une boutique pour exposer
mes cr&#233;ations, j'aimerais
avoir plus de contacts avec
les clients. &#187;&lt;/i&gt; La vente en
ligne peut aussi &#234;tre une
passerelle vers la vente
classique en magasin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>P&#244;le emploi : mission impossible ?</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pole-emploi-mission-impossible</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pole-emploi-mission-impossible</guid>
		<dc:date>2009-03-20T14:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fusionn&#233;es d&#233;but
2009, l'ANPE et
l'Assedic prennent de
plein fouet l'augmentation
vertigineuse
du ch&#244;mage.
Sens&#233;e simplifier
les recherches des
demandeurs d'emploi,
cette nouvelle
structure cristallise
les m&#233;contentements.
A tel point que
le gouvernement
envisage d'embaucher
des agents &#8220;de
fa&#231;on temporaire...&#8221;&lt;/p&gt;

-
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/ 
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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fusionn&#233;es d&#233;but
2009, l'ANPE et
l'Assedic prennent de
plein fouet l'augmentation
vertigineuse
du ch&#244;mage.
Sens&#233;e simplifier
les recherches des
demandeurs d'emploi,
cette nouvelle
structure cristallise
les m&#233;contentements.
A tel point que
le gouvernement
envisage d'embaucher
des agents &#8220;de
fa&#231;on temporaire...&#8221;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sale temps sur l'emploi. Apr&#232;s une fin d'ann&#233;e
2008 sinistre, les chiffres du ch&#244;mage
pour janvier (90 200 suppl&#233;mentaires en un
mois) donnent un aper&#231;u de l'ampleur de la
crise actuelle. Et ce n'est pas fini : le pr&#233;sident
de l'Unedic tablait, le 1er mars dernier,
sur au minimum 300000 nouveaux ch&#244;meurs
d'ici la fin de l'ann&#233;e. Au rythme actuel (3000
par jour), ce serait plut&#244;t un million... Et encore,
les 2,2 millions de ch&#244;meurs
actuellement recenc&#233;s
ne concernent que ceux qui
cherchent un travail &#224; temps
plein et &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e
(cat&#233;gorie 1). Autant dire que
la r&#233;alit&#233; est bien pire, d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte catastrophique
qu'est intervenue,
d&#233;but janvier, la fusion tant annonc&#233;e
entre l'Assedic et l'ANPE.
Avec un objectif avou&#233; : cr&#233;er un guichet
unique permettant au demandeur d'emploi
de trouver au m&#234;me endroit un suivi pour
la recherche d'emploi et de formation, et de
quoi faire ses d&#233;marches d'indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que la d&#233;cision, prise en f&#233;vrier 2008,
visait plut&#244;t &#224; faire des &#233;conomies dans le
traitement d'un ch&#244;mage alors relativement
bas. Pas de chance : la pire crise depuis 1929
est pass&#233;e par l&#224;. Dans ce contexte, le regroupement
des 900 agences ANPE et des
600 antennes Assedic en quelques 950 p&#244;les
emploi d'ici fin 2009 &#233;tait-il une priorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A peine
install&#233;,
il va d&#233;j&#224;
falloir changer
de nom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Gardanne, l'agence ANPE vient &#224; peine
de s'installer dans ses nouveaux locaux de
la cit&#233; administrative qu'il va d&#233;j&#224; falloir
changer de nom. Son directeur, Didier Geneteaud,
nous explique ce qui ne change pas
pour l'instant : &lt;i&gt;&#171; l'entretien d'inscription et le
retour du dossier d'indemnisation n&#233;cessitent
toujours de se d&#233;placer &#224; l'antenne
Assedic d'Aix Sud jusqu'en
septembre prochain. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui a chang&#233;, depuis la
fusion de janvier dernier, &lt;i&gt;&#171; un
demandeur d'emploi ou un
employeur qui vient &#224; l'agence
de Gardanne pour poser
une question normalement destin&#233;e
&#224; l'antenne Assedic peut
&#234;tre aid&#233; gr&#226;ce &#224; la hotline (assistance
t&#233;l&#233;phonique), soit directement, soit
s'il y a besoin d'une &#233;tude sp&#233;cifique, par prise
de rendez-vous avec l'antenne Assedic.
Nous sommes d&#233;j&#224; en configuration de guichet
unique. C'est le conseiller personnel qui
se charge de rechercher l'information pour
le demandeur d'emploi, au lieu de le renvoyer
sur l'antenne Assedic. Le principe est le m&#234;me
que pour le site pole-emploi.fr. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours
mieux, en tout cas, que le num&#233;ro d'appel
t&#233;l&#233;phonique, le d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre 39 49, factur&#233; &#224; 11 centimes d'euro l'appel depuis
un poste fixe, mais attention au surco&#251;t &#224;
partir d'un mobile. Un num&#233;ro souvent synnoyme
de parcours du combattant avant
d'obtenir une information
ou un conseiller install&#233; dans
une plateforme de service
t&#233;l&#233;phonique d&#233;partementale,
alors qu'il &#233;tait auparavant
possible d'appeler
l'agence, voire son conseiller r&#233;f&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, Didier
Geneteaud le reconnait sans
peine : &lt;i&gt;&#171; on essaie d'&#233;viter de
renvoyer les gens vers le
39 49. &#187;&lt;/i&gt; La r&#233;sistance s'organise d'ailleurs
sur Internet, o&#249; commencent &#224; circuler les
num&#233;ros des agences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agence de Gardanne compte 20 conseillers
&#224; l'emploi, 8 bureaux d'entretien conseil, 7
bornes d'acc&#232;s &#224; Internet, un t&#233;l&#233;phone pour
les recherches d'emploi (appel gratuit) et un
photocopieur. Comme partout en France depuis
le d&#233;but de l'ann&#233;e, ces agents ANPE,
avec un statut public, sont form&#233;s aux m&#233;tiers
de l'Assedic, dont les salari&#233;s ont un
statut priv&#233;. Or, ce ne sont pas les m&#234;mes
m&#233;tiers : les premiers sont l&#224; pour aider les
demandeurs d'emploi dans leurs recherches
et les entreprises qui embauchent, les seconds
doivent affilier les employeurs et indemniser
les ch&#244;meurs apr&#232;s les avoir inscrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Engager
un tel chantier
aujourd'hui
est un vrai
casse-t&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engager un tel chantier en temps normal
n'aurait pas &#233;t&#233; simple. Aujourd'hui, c'est un
vrai casse-t&#234;te. A tel point que les dossiers
en retard s'accumulent (on &#233;voque le chiffre
de 68 000), m&#234;me si, affirme Didier Geneteaud,
&lt;i&gt;&#171; les indemnit&#233;s sont vers&#233;es normalement. &#187;&lt;/i&gt; &#199;a ne semble pourtant pas &#234;tre le
cas, la presse relevant la situation de demandeurs
du RMI qui attendent des mois
un justificatif de P&#244;le Emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part,
alors que le gouvernement avait annonc&#233;
l'objectif de 60 demandeurs suivis par conseiller,
&#224; Gardanne on en est d&#233;j&#224; &#224; 120. Le double.
En supposant que cette fusion r&#233;ussisse, ce
qui est loin d'&#234;tre acquis, encore faut-il ne
pas perdre de vue la mission
de d&#233;part de P&#244;le Emploi :
&lt;i&gt;&#171; le demandeur d'emploi doit
trouver des offres en venant
chez nous. &#187;&lt;/i&gt; Encore faut-il
qu'il y en ait, des offres. Au
niveau national, le nombre
d'offres d'emploi d&#233;pos&#233;es
&#224; l'ANPE a baiss&#233; de 15%
entre d&#233;cembre et janvier,
et de 29 % depuis un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il
faut d&#233;gager des moyens suppl&#233;mentaires,
poursuit le directeur, faire de la prospection
d'entreprises et rechercher des emplois. On
estime que 40 % des offres arrivent ici. Les
conseillers passent la moiti&#233; de leur temps aupr&#232;s
des entreprises, celles qui ont du potentiel
et qui ne passent pas par nous pour recruter.
Ce qui ne passe pas par l'ANPE, ce
sont toutes les promotions en interne, les candidatures
spontan&#233;es, les agences d'int&#233;rim,
les sites de recherche d'emploi en ligne... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En
ce moment, les offres disponibles concernent
surtout des chauffeurs-livreurs et les
services &#224; la personne. &lt;i&gt;&#171; Il y a aussi des cr&#233;ations
d'entreprises et des gens int&#233;ress&#233;s par
le statut d'auto-entrepreneur. &#187; Bref, pas grand
chose pour les 1 200 demandeurs d'emploi
gardannais... &#171; La hausse d'environ 10% en
un an, c'est un peu moins que la moyenne nationale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant. Les nuages noirs qui
s'amoncellent sur Rio Tinto Alcan et &#224; Rousset
n'augurent rien de bon. Ni pour P&#244;le Emploi,
ni pour ceux qui devront pousser sa
porte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean-Marc L&#233;vy-Leblond : &#171; La science sert &#224; comprendre le monde et &#224; le transformer &#187;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Jean-Marc-Levy-Leblond-La-science</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Jean-Marc-Levy-Leblond-La-science</guid>
		<dc:date>2008-12-20T17:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>ville-gardanne.fr</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/levy-leblond-150-2.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;152&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233; de la M&#233;diath&#232;que pour une conf&#233;rence &#224; l'occasion de la semaine de la science le 21 novembre dernier, Jean-Marc L&#233;vy-Leblond, physicien et philosophe, apporte un regard d&#233;cal&#233; et critique sur la place de la science dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;

-
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/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-ville-gardanne-fr-+" rel="tag"&gt;ville-gardanne.fr&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Invit&#233; de la M&#233;diath&#232;que pour une conf&#233;rence &#224; l'occasion de la semaine de la science le 21 novembre dernier, Jean-Marc L&#233;vy-Leblond, physicien et philosophe, apporte un regard d&#233;cal&#233; et critique sur la place de la science dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L400xH300/JMLL-400-5bf9c.jpg?1732206201' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc L&#233;vy-Leblond est professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'Universit&#233; de Nice, directeur de collection aux &#233;ditions du Seuil et de la revue &lt;i&gt;Alliage&lt;/i&gt;. Il est l'auteur de plusieurs livres de vulgarisation scientifique, dont le dernier, &lt;strong&gt;A quoi sert la science ?&lt;/strong&gt;, destin&#233; d'abord aux enfants, est paru d&#233;but 2008 aux &#233;ditions Bayard. N&#233; en 1940, physicien de formation, il s'int&#233;resse en m&#234;me temps &#224; l'histoire et &#224; la philosophie des sciences, avec un regard critique et un art de poser des questions qui d&#233;rangent, mais aussi une volont&#233; de transmettre les connaissances. Juste avant la conf&#233;rence qu'il a donn&#233;e &#224; la M&#233;diath&#232;que le 21 novembre (un article y sera consacr&#233; dans Energies 307 &#224; para&#238;tre le 17 d&#233;cembre), nous avons pu le rencontrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que ce qui est important, ce sont les questions que l'on pose. Pensez-vous que l'&#233;cole apprend suffisamment aux enfants &#224; poser des questions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants posent naturellement des questions, mais ce ne sont pas d'embl&#233;e celles auxquelles la science sait r&#233;pondre. Et pourtant, elles sont importantes. &#171; D'o&#249; je viens ? &#187; Ce n'est pas simplement un probl&#232;me d'ovules et de spermatozo&#239;des ! Il faut pouvoir dire aux enfants que la science ne va r&#233;pondre qu'&#224; une partie de leurs questions. Elle apporte des r&#233;ponses, mais pas &#224; toutes les questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous des p&#233;dagogies qui visent &#224; faire d&#233;couvrir la science aux enfants par l'exp&#233;rimentation ? Peut-on les comparer au travail de vulgarisation que vous menez de votre c&#244;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien s&#251;r la plus grande estime pour les coll&#232;gues qui m&#232;nent ce travail de r&#233;novation p&#233;dagogique des sciences, par exemple dans le cadre de &#171; La main &#224; la p&#226;te &#187;. Il me semble cependant que la sensibilisation des enfants aux sciences ne devrait pas &#234;tre trop exclusivement centr&#233;e sur l'exp&#233;rimentation mat&#233;rielle. Les sciences, c'est aussi affaire de pens&#233;e, et je crois que nous devons favoriser le d&#233;veloppement du plaisir de penser qui existe aussi chez les enfants. Songeons par exemple &#224; leurs interrogations, spontan&#233;es, sur la question de l'infini, tant num&#233;rique que spatial (&#171; Jusqu'o&#249; peut on compter ? &#187;, &#171; Jusqu'o&#249; va le ciel ? &#187;). Nous devons aussi les pousser &#224; exp&#233;rimenter les id&#233;es et veiller &#224; ne pas limiter l'int&#233;r&#234;t de la science au concret, mais favoriser leur acc&#232;s au monde de l'abstraction et de la conceptualisation. La main &#224; la p&#226;te, oui, mais, si j'ose dire, la t&#234;te aussi. Quant au travail de vulgarisation, ou, comme je pr&#233;f&#232;re dire, de &#171; mise en culture &#187; des sciences, il est assez diff&#233;rent, puisqu'il s'agit moins de transmettre des connaissances, que de favoriser l'int&#233;r&#234;t pour ces connaissances et en m&#234;me temps de d&#233;velopper une attitude critique &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on dit que les d&#233;couvertes technologiques vont r&#233;soudre les probl&#232;mes climatiques ou alimentaires, ne fait-on pas fausse route ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre des probl&#232;mes qui assaillent l'humanit&#233; aujourd'hui ne requi&#232;rent pas de solutions scientifiques. Beaucoup des probl&#232;mes techniques ont d&#233;j&#224; leur r&#233;ponse, comme le traitement de la plupart des maladies infectieuses. Leur persistance est une question &#233;conomique et politique, pas scientifique. Les OGM ne sont pas l&#224; pour nourrir le monde, mais pour enrichir Monsanto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre &#233;poque r&#233;cente nous submerge d'objets technologiques de plus en plus performants. Est-ce un r&#233;el progr&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que ces objets technologiques deviennent surperformants, et que, pour la premi&#232;re fois sans doute, dans l'histoire de l'humanit&#233;, nous sommes aux prises, depuis quelques d&#233;cennies, avec des objets techniques que nous sous-utilisons syst&#233;matiquement. Autrefois, les diligences n'allaient jamais assez vite, les bougies n'&#233;clairaient jamais assez, etc. Aujourd'hui, nos voitures vont trop vite et nous sommes oblig&#233;s de limiter leur vitesse par la loi, nos ordinateurs ne sont utilis&#233;s que pour une faible fraction de leurs fonctionnalit&#233;s, etc. C'est que les objets techniques sont pass&#233;s du domaine de la production collective o&#249; ils &#233;taient pour l'essentiel cantonn&#233;s jusqu'au XIX&#232; si&#232;cle (outils et machines de l'industrie) au domaine de la consommation individuelle. Ils sont donc devenus eux-m&#234;mes des objets marchands. D'o&#249; leur renouvellement forc&#233; pour assurer le fonctionnement du march&#233; et leur d&#233;veloppement sans limites, cr&#233;ant des besoins artificiels, ou, en tout cas, non contr&#244;l&#233;s. Il s'agit sans doute l&#224; d'une v&#233;ritable mutation anthropologique, dont il nous faut d'abord prendre conscience pour esp&#233;rer la ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recherche scientifique est-elle trop d&#233;pendante de l'industrie, et trop peu des pouvoirs publics ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la science n'est pas et ne peut pas &#234;tre ind&#233;pendante du pouvoir. C'est un fantasme qui ne sert qu'&#224; cacher la d&#233;pendance r&#233;elle de la science. La question est donc de comprendre en quoi le contexte social d'aujourd'hui contraint la recherche scientifique ? Et comment pourrait-elle &#234;tre r&#233;orient&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les choix technologiques sont-ils d&#233;mocratiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Dans les choix qui orientent la soci&#233;t&#233; &#224; venir, les choix technoscientifiques ce sont les plus importants sur le long terme, et les moins d&#233;mocratiques. Mais tant qu'il n'y a pas de d&#233;bat politique ouvert sur ces questions, et on en est loin, toute possibilit&#233; de choix d&#233;mocratique &#8212; sous quelle forme d'ailleurs ? &#8212; reste illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques s'abritent-ils derri&#232;re les experts pour justifier leurs choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est moins vrai aujourd'hui, et pour une bonne raison : les experts le sont de moins en moins, et les d&#233;saccords entre les sp&#233;cialistes de plus en plus &#233;vidents. C'est que les questions deviennent d'une complexit&#233; telle qu'il est de plus en plus difficile d'arriver &#224; des conclusions assur&#233;es. Par exemple sur la question des causes du r&#233;chauffement climatique, ou sur l'opportunit&#233; de d&#233;velopper l'&#233;nergie &#233;olienne. Du coup, les politiques ont de plus en plus de mal &#224; s'abriter derri&#232;re des arguments d'autorit&#233;. Appara&#238;t ainsi en pleine lumi&#232;re la nature de la d&#233;mocratie et son probl&#232;me fondamental : la possibilit&#233; pour chacun de prendre part aux d&#233;cisions sans comp&#233;tence particuli&#232;re et la n&#233;cessit&#233;, m&#234;me pour les dirigenats, de prendre ces d&#233;cisions en (relative) m&#233;connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais quel peut-&#234;tre le r&#244;le de la communaut&#233; scientifique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qu'on appelle la communaut&#233; scientifique n'existe pas ! C'est comme si on parlait de &#171; communaut&#233; industrielle &#187; qui regrouperait les ouvriers et les dirigeants de l'entreprise. &#199;a n'aurait pas de sens. Autrefois, les scientifiques faisaient partie d'une &#233;lite intellectuelle et sociale. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. La majorit&#233; des scientifiques sont des salari&#233;s subordonn&#233;s, ils effectuent des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives, ont tr&#232;s peu d'autonomie. Pour autant, les scientifiques ont, comme citoyens, une responsabilit&#233; particuli&#232;re, qui implique un devoir de partage des savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Bruno Colombari&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour en savoir plus, voir les livres suivants (la plupart sont disponibles &#224; &lt;a href=&#034;http://www.mediatheque-gardanne.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la M&#233;diath&#232;que&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La pierre de touche&lt;/strong&gt; (la science &#224; l'&#233;preuve), Gallimard, 1996 &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Impasciences&lt;/strong&gt;, Seuil (Points-Sciences), 2003
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La science en mal de culture&lt;/strong&gt;, Futuribles, 2004
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La vitesse de l'ombre&lt;/strong&gt; (aux limites de la science), Seuil, 2006
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#192; quoi sert la science ?&lt;/strong&gt;, Bayard, 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole de Fontvenelle a pris le nom de Lucie Aubrac</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-ecole-de-Fontvenelle-a-pris-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-ecole-de-Fontvenelle-a-pris-le</guid>
		<dc:date>2008-06-26T10:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>ville-gardanne.fr</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/lucie-aubrac.jpg' width=&#034;100&#034; height=&#034;119&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Sud-Africaine Dulcie
September en 1986 et
la Palestinienne Le&#239;la Shahid en
2005, Gardanne a accueilli
le 9 juin dernier un homme dont
l'action a marqu&#233; l'histoire
de son pays. Raymond Aubrac
est venu &#224; l'&#233;cole de Fontvenelle
qui porte d&#233;sormais le nom
de sa femme, Lucie et a
longuement parl&#233;
avec les &#233;l&#232;ves.
Sa visite est de celles dont
on se souviendra longtemps.&lt;/p&gt;

-
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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la Sud-Africaine Dulcie
September en 1986 et
la Palestinienne Le&#239;la Shahid en
2005, Gardanne a accueilli
le 9 juin dernier un homme dont
l'action a marqu&#233; l'histoire
de son pays. Raymond Aubrac
est venu &#224; l'&#233;cole de Fontvenelle
qui porte d&#233;sormais le nom
de sa femme, Lucie et a
longuement parl&#233;
avec les &#233;l&#232;ves.
Sa visite est de celles dont
on se souviendra longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est l&#224;, avec sa canne et son sourire plein de malice.
Ce vieil homme assis devant le tableau vert
de la classe de Jean-Pascal Giovanazzi, c'est celui
qu'ils ont vu dans le film de Claude Berri, &lt;i&gt;Lucie
Aubrac&lt;/i&gt;, o&#249; il est incarn&#233; par Daniel Auteuil. &lt;i&gt;&#171; Parlez
tr&#232;s fort, mes oreilles ont 94 ans, vous savez ! Faites
comme si vous parliez &#224; un copain de l'autre c&#244;t&#233;
de la cour. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins intimid&#233;s que les enseignants
nou&#233;s par le trac, les &#233;l&#232;ves de CM2 posent leurs
questions : Quel sentiment &#231;a fait d'&#234;tre prisonnier ? &lt;i&gt;&#171; &#199;a ne fait pas plaisir. Mais &#231;a d&#233;clenche
quelque chose de tr&#232;s important : l'envie de s'&#233;vader.
Tout de suite ! Si &#231;a t'arrive, pense &#224; t'&#233;vader. &#187;&lt;/i&gt;
Avez-vous failli mourir ? &lt;i&gt;&#171; Bien s&#251;r, plusieurs fois.
J'&#233;tais en prison. Une certaine Lucie Aubrac m'a
fait &#233;vader. J'&#233;tais dans un camion, mais j'ai saut&#233;
un peu trop vite, et j'ai &#233;t&#233; pris dans la fusillade entre les soldats allemands et le commando
de r&#233;sistants. J'ai re&#231;u de mes amis une
balle qui est entr&#233;e par la joue et qui
est ressortie derri&#232;re l'oreille. Elle est
pass&#233;e tout pr&#232;s de la carotide. Ce n'&#233;tait
pas mon jour... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; oui, j'ai eu peur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions fusent. Avez-vous eu
peur ? &lt;i&gt;&#171; Oui, j'ai eu peur. La peur qui
te tord le ventre. Un jour, je transportais
une mitraillette d&#233;mont&#233;e dans une
valise. A la gare de N&#238;mes, au bas de
l'escalier, il y avait deux gendarmes qui
ouvraient les valises. Je n'avais pas le
choix, je ne pouvais pas m'&#233;chapper.
Un gendarme a ouvert la mienne, il a
plong&#233; la main dedans et a sorti une
pi&#232;ce en m&#233;tal. Je lui ai dit que c'&#233;tait
une pi&#232;ce de machine agricole, et il m'a
cru. &#187;&lt;/i&gt; A quel &#226;ge avez-vous commenc&#233;
&#224; r&#233;sister ? &lt;i&gt;&#171; A deux ans et demi, et toi ?
Quand on ne supporte pas quelque
chose d'injuste, on est pr&#234;t &#224; r&#233;sister. &#187;&lt;/i&gt;
Lucie est-elle d&#233;j&#224; all&#233;e en prison ?
&lt;i&gt;&#171; Non, jamais ! Elle &#233;tait toujours s&#251;re
de r&#233;ussir ce qu'elle faisait. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s
chaque r&#233;ponse, Raymond v&#233;rifie :
&lt;i&gt;&#171; &#199;a r&#233;pond &#224; ta question ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La toute derni&#232;re n'est pas la moindre :
Vous pouvez nous raconter votre
histoire ? &lt;i&gt;&#171; Mon pauvre gar&#231;on, tu n'es
pas encore couch&#233; ! &#187; Mais Raymond
raconte encore sa fameuse &#233;vasion,
celle qui suit l'arrestation de Caluire
qui sera fatale &#224; Jean Moulin. &#171; Lucie,
c'&#233;tait une sp&#233;cialiste de l'&#233;vasion. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure tourne. Dehors, alors que
l'orage de l'apr&#232;s-midi laisse place &#224;
quelques gouttes, la cour s'est remplie.
Sous le pr&#233;au, la chorale de l'&#233;cole, accompagn&#233;e par l'orchestre de
l'&#233;cole de musique, interpr&#232;te avec
ferveur &lt;i&gt;La valse des &#233;tiquettes&lt;/i&gt; (de
Jeanne Cherhal), &lt;i&gt;Gardien de nuit&lt;/i&gt;
(Francis Cabrel), &lt;i&gt;Les copains d'abord&lt;/i&gt;
(Georges Brassens) et un &lt;i&gt;Nathalie&lt;/i&gt;
(Gilbert B&#233;caud) endiabl&#233;. Puis c'est
le tour de la chanson qu'ils ont euxm&#234;mes
&#233;crite, &lt;i&gt;Les yeux ouverts&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un symbole fort&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chanson vient de loin. &lt;i&gt;&#171; Nous
avons eu l'id&#233;e, il y a deux ans, de faire
participer les enfants &#224; la c&#233;r&#233;monie
du 8 mai, &#187;&lt;/i&gt; explique Jean-Louis Dumas,
directeur. Apr&#232;s la mort de Lucie
Aubrac, en mars 2007, Roger Me&#239; &#233;met
l'id&#233;e de donner ce nom &#224; un lieu de
la ville. L'&#233;cole de Fontvenelle se porte
candidate. &lt;i&gt;&#171; De septembre &#224; janvier,
on a travaill&#233; sur le texte de la chanson,
explique Jean-Pascal Giovanazzi,
en croisant progressivement les textes
des &#233;l&#232;ves pour n'en former qu'un seul. &#187;&lt;/i&gt; Puis le compositeur Olivier
Stalla, qui travaille r&#233;guli&#232;rement avec
l'&#233;cole de musique, a cr&#233;&#233; un arrangement
adapt&#233; &#224; la voix des enfants.
Enfin, le film Lucie Aubrac a &#233;t&#233; projet&#233;
&#224; l'&#233;cole pour les cours moyens &#224;
la mi-mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de d&#233;voiler la plaque appos&#233;e
sur la fa&#231;ade bleue du b&#226;timent
principal. Quatre enfants grimpent sur
un banc, et avec l'aide de Raymond
Aubrac, ils font glisser le drapeau tricolore.
R&#233;sistante, agr&#233;g&#233;e d'histoire,
militante pour la libert&#233;, la justice et la
paix, dit la plaque. Pour le maire, Roger
Me&#239;, &lt;i&gt;&#171; Ces enfants montrent leur attachement
aux valeurs r&#233;publicaines.
Quand M. Dumas nous a demand&#233; de
donner le nom de Lucie Aubrac &#224; cette
&#233;cole, nous avons aussit&#244;t accept&#233;, d'autant
que &#231;a s'est accompagn&#233; d'un travail
d'un an sur la R&#233;sistance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que Francis Florens, pr&#233;sident
de la section de Gardanne de l'Union
nationale des combattants, ne lise une
biographie de Lucie Aubrac, Guy Pinet,
adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la vie scolaire
rend hommage &#224; Raymond : &lt;i&gt;&#171; C'est
une chance et un symbole fort qu'il soit
l&#224; ce soir. Cette c&#233;r&#233;monie fait revivre
une page importante de notre histoire,
et permet de rapprocher deux g&#233;n&#233;rations. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son nom
portera chance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours avec une grande simplicit&#233;,
Raymond Aubrac prend alors la parole.
&lt;i&gt;&#171; Pour avoir v&#233;cu 67 ans avec
Lucie, je peux faire plusieurs observations : cette femme s'est battue avec la
certitude qu'elle ne serait jamais vaincue.
C'&#233;tait une d&#233;couvreuse de talents,
chose tr&#232;s importante pendant la
R&#233;sistance, et elle avait une grande capacit&#233;
&#224; convaincre par la confiance
qu'elle inspirait. Elle &#233;tait tr&#232;s intelligente,
et elle avait un extraordinaire
courage d'agir. Ses trois mots-cl&#233;, ce
sont fraternit&#233;, solidarit&#233;, confiance.
Elle aimait tellement les enfants que
rien ne peut plus lui rendre hommage
que son nom soit au fronton d'une &#233;cole.
Je vous le dis : son nom portera chance
aux &#233;l&#232;ves. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Raymond Aubrac : &#171; Il faut &#234;tre optimiste, c'est &#231;a l'esprit de r&#233;sistance &#187; </title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Raymond-Aubrac-Il-faut-etre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Raymond-Aubrac-Il-faut-etre</guid>
		<dc:date>2008-06-26T09:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>ville-gardanne.fr</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/aubrac-plaque.jpg' width=&#034;100&#034; height=&#034;109&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Passer une heure
&#224; &#233;changer avec l'un des
principaux personnages
de la R&#233;sistance est
une grande chance. Avec
patience, clart&#233;, humilit&#233;
et beaucoup d'humour,
Raymond Aubrac a
r&#233;pondu &#224; nos questions et
accept&#233; de revenir sur
un parcours de vie
extraordinaire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Histoires-gardannaises-" rel="directory"&gt;Histoires gardannaises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-ville-gardanne-fr-+" rel="tag"&gt;ville-gardanne.fr&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Passer une heure
&#224; &#233;changer avec l'un des
principaux personnages
de la R&#233;sistance est
une grande chance. Avec
patience, clart&#233;, humilit&#233;
et beaucoup d'humour,
Raymond Aubrac a
r&#233;pondu &#224; nos questions et
accept&#233; de revenir sur
un parcours de vie
extraordinaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie Aubrac a donn&#233; son nom &#224; de
nombreux &#233;tablissements scolaires.
Etes-vous consult&#233; &#224; chaque fois ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymond Aubrac : J'ai d&#233;j&#224; re&#231;u 130
lettres de municipalit&#233;s, d&#233;partements
ou r&#233;gions qui veulent donner le nom
de Lucie &#224; une rue, une &#233;cole, un lyc&#233;e,
un amphith&#233;&#226;tre ou une r&#233;sidence
sociale. Il n'y a pas de r&#232;gle. Quand
on me le demande, je donne mon accord,
et si on ne fait que m'informer,
je remercie. Souvent, on m'invite pour
une c&#233;r&#233;monie d'inauguration et si je
le peux, j'y vais. Mais j'ai bient&#244;t 94
ans, alors je ne fais plus de projet &#224;
long terme ! Inaugurer une &#233;cole Lucie-
Aubrac, ce n'est pas de la fiert&#233;,
mais plut&#244;t du r&#233;confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les t&#233;moins directs de la R&#233;sistance
disparaissent peu &#224; peu. Quelle diff&#233;rence
faites vous entre l'apprentissage
scolaire et le contact direct avec les R&#233;sistants
pour les enfants et les jeunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence est surtout d'ordre sentimental.
Que faisons-nous devant les
jeunes ? On essaie de r&#233;pondre &#224; leurs
questions. Quand il s'agit d'interpr&#233;ter
un fait objectif, le contenu de la
r&#233;ponse d'un enseignant sera le m&#234;me,
le fait d'avoir &#233;t&#233; un t&#233;moin n'apporte
pas plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, je fais une diff&#233;rence
entre enseignants et historiens.
Les premiers transmettent le savoir.
Les seconds ont des d&#233;bats de principe
avec les t&#233;moins, je suis bien plac&#233;
pour le savoir. Fr&#244;ler le milieu des
historiens, c'est comme approcher le
coeur d'un cyclone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Mais qu'apportez-vous de plus aux
&#233;l&#232;ves que ce qu'ils apprennent en classe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;motionnel, &#231;a leur apporte
quelque chose. Avoir approch&#233;
le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, par exemple, &#231;a
donne un suppl&#233;ment d'autorit&#233;, m&#234;me
si je n'ai pas rencontr&#233; Napol&#233;on 1er,
comme on me l'a parfois reproch&#233; !
Et puis, les jeunes ne posent pas les
m&#234;mes questions &#224; leur enseignant
qu'&#224; un t&#233;moin direct. Par exemple,
&#8220;Avez-vous eu peur ?&#8221; ou &#8220;Avez-vous
rencontr&#233; Jean Moulin ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur contact
m'apporte en tout cas quelque chose :
c'est un sentiment de solidarit&#233; entre
les g&#233;n&#233;rations. Je ne sais pas si c'est utile, mais en tout cas ce n'est pas
nuisible. Et &#231;a peut servir &#224; quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On assiste &#224; une r&#233;cup&#233;ration des symboles
de la R&#233;sistance par le pouvoir
actuel, notamment avec la let tre de Guy
M&#244;quet dans les lyc&#233;es et le parrainage
d'enfants juifs par chaque &#233;l&#232;ve de
CM2. Pourquoi, selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots s'adressent aux p&#233;dagogues,
aux enseignants. A eux de rebondir et
de les commenter s'ils le souhaitent.
La lettre de Guy M&#244;quet, c'est une
belle lettre, mais il faut absolument la
remettre dans son contexte : elle est
li&#233;e &#224; l'histoire de Guy M&#244;quet et de
son p&#232;re, qui a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour avoir
distribu&#233; l'&lt;i&gt;Humanit&#233;&lt;/i&gt; clandestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette que le Pr&#233;sident de la R&#233;publique
ne rappelle pas plus souvent
le programme du Conseil National de
la R&#233;sistance, m&#234;me s'il
est heureux qu'il fasse un effort pour
que ce qui s'est pass&#233; revienne dans
les m&#233;moires. Quant &#224; l'histoire du
parrainage des enfants juifs, c'est invraisemblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En mars 2004, vous avez cosign&#233; un
appel &#224; l'occasion des 60 ans du programme
du Conseil National de la R&#233;sistance.
Plus qu'&#224; Mai 68, n'est-ce pas
surtout aux avanc&#233;es sociales de la Lib&#233;ration
que le gouvernement s'attaque
aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand De Gaulle arrive au pouvoir
&#224; la Lib&#233;ration, il a d&#233;j&#224; un programme
clair, c'est celui du CNR. J'ai travaill&#233;
pendant six mois dans cette r&#233;gion
comme commissaire de la R&#233;publique,
apr&#232;s le d&#233;barquement de Provence.
Les forces politiques dominantes ici,
c'&#233;tait la gauche, les socialistes et les
communistes. Le CNR regroupait diff&#233;rentes
sensibilit&#233;s politiques et syndicales,
du Nord et du Sud. C'est un
texte de compromis, sans doute pour
la premi&#232;re et la derni&#232;re fois dans
l'histoire de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait utile de savoir pourquoi le
gouvernement veut revenir sur ces r&#233;formes
sociales. Je pose la question,
mais je n'ai pas de r&#233;ponse. Les r&#233;formes
du CNR, je voudrais les voir
confront&#233;es &#224; la mondialisation, aux
probl&#232;mes &#233;cologiques, &#224; la bulle financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Comment d&#233;finiriez-vous l'esprit de
r&#233;sistance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de r&#233;sistance, c'est la capacit&#233;
de r&#233;agir &#224; une injustice. Les valeurs
de la r&#233;sistance sont plus complexes,
plus compl&#232;tes. Il y a de grosses composantes
de solidarit&#233;, de patriotisme,
de transgression aussi. Et si les R&#233;sistants
ont parfois &#233;t&#233; trait&#233;s de terroristes,
ils n'avaient pas pour but de
r&#233;pandre la terreur. Le terme de terroriste
&#233;tait utilis&#233; par l'occupant et
par Vichy. C'&#233;tait un cas de diffamation,
mais bien s&#251;r on ne risquait pas
de porter plainte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi r&#233;sister aujourd'hui ? Eh
bien, quand on voit des familles avec
trois ou quatre gosses dans 17 m&#232;tres
carr&#233;s, ou un ch&#244;meur qui n'arrive pas
&#224; finir le mois, aux exclusions pour racisme
&#224; l'embauche ou pour un logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais aujourd'hui, est-ce que ce ne sont
pas plut&#244;t des associations ou des collectifs
qui r&#233;sistent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'Occupation, ce ne sont pas
les partis politiques qui ont commenc&#233;
&#224; r&#233;sister. Ce sont des gens isol&#233;s,
qui se sont rassembl&#233;s comme des billes
de mercure sur une table et qui ont
entra&#238;n&#233; les partis politiques. Les associations
et les ONG n'ont pas l'objectif
de prendre le pouvoir, mais &#231;a
ne doit pas emp&#234;cher les partis politiques
de prendre &#224; leur compte certaines
de leurs propositions. Et puis, il
ne faut pas oublier qu'en 1968, les accords
de Grenelle ont fini par &#234;tre sign&#233;s
par le pouvoir en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 21e si&#232;cle, l'imaginiez-vous comme
&#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose qui m'inqui&#232;te
dans notre &#233;poque : un certain pessimisme.
Il manque aux jeunes un &#233;lan.
Ils sont inquiets, il y a une esp&#232;ce de
mal de vivre. Quand je vois des jeunes
qui se d&#233;mobilisent, je leur dis
qu'ils sont en train de d&#233;truire leurs
chances. Il faut &#234;tre optimiste, c'est &#231;a
l'esprit de R&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous
avons commenc&#233; &#224; r&#233;sister, on voulait
voir notre pays dans une situation
meilleure, on y croyait ! Pourtant, on
a commenc&#233; pendant l'hiver 40-41,
avec nos petits tracts et nos petits graffitis.
&#199;a semblait d&#233;risoire, face &#224; la
puissance de l'occupant. Mais on se
disait qu'on ne risquait pas grand chose,
et c'&#233;tait comme un jeu. En revanche,
en 42-43, c'&#233;tait beaucoup plus
dangereux, il fallait du courage pour
entrer dans la R&#233;sistance &#224; ce moment-l&#224;.
Mais tous ces gens, au fond, &#233;taient
des optimistes. Sinon, ce n'&#233;tait pas la
peine de se battre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;rard Filoche : &#171; accepter la pr&#233;carit&#233;, c'est le retour &#224; la barbarie &#187;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Gerard-Filoche-accepter-la</link>
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		<dc:date>2008-06-16T19:07:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/filoche100.jpg' width=&#034;100&#034; height=&#034;107&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Venu &#224; Gardanne d&#233;fendre l'avanc&#233;e sociale que repr&#233;sente le code du travail, G&#233;rard Filoche s'en est pris &#224; la stat&#233;gie de casse pr&#244;n&#233;e par le Medef a a vigoureusement d&#233;fendu les 35 heures.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Actualites-" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Venu d&#233;fendre l'avanc&#233;e sociale que repr&#233;sente le code du travail, G&#233;rard Filoche s'en est pris &#224; la stat&#233;gie de casse pr&#244;n&#233;e par le Medef a a vigoureusement d&#233;fendu les 35 heures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un nom qui ne vous dit peut-&#234;tre rien. G&#233;rard Filoche est inspecteur du travail et auteur de nombreux livres sur la question sociale. Invit&#233; par Attac Gardanne Bassin minier, il s'est exprim&#233; le 2 juin dernier devant une centaine de personnes &#224; la Maison du peuple, un &#233;difice construit au moment du Front populaire. C'est dire si le lieu &#233;tait bien choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&#171; Le code du travail, c'est une construction juridique issue de 140 ans de luttes sociales. C'est un texte fondamental qui r&#233;git le quotidien de 16 millions de salari&#233;s. Il est n&#233; au milieu du 19&#232;me si&#232;cle de la vieille revendication de la baisse du temps de travail. Tout le long du si&#232;cle dernier, il a connu des avanc&#233;es chaotiques, mais il a toujours &#233;t&#233; un point d'appui pour les salari&#233;s. C'est un code fait de sueur et de sang, de luttes et de larmes. Un texte vivant qui incarne les rapports sociaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est de &#231;a dont il est question ce soir : le code du travail, dont une nouvelle mouture est entr&#233;e en application, ironie de l'histoire, le 1er mai 2008. Le r&#233;sultat d'une longue lutte men&#233;e depuis dix ans par le Medef, suite &#224; la mise en place des 35 heures. &lt;i&gt;&#171; Quand Jean Gandois d&#233;missionne de la t&#234;te du CNPF, il affirme qu'il faut des tueurs. Ces tueurs, ce sont Denis Kessler et Ernest-Antoine S&#233;lli&#232;re. Leur objectif ? D&#233;molir le code du travail, et remplacer la loi par le contrat, un contrat de gr&#233; &#224; gr&#233; de type commercial entre l'employeur et le salari&#233;. Ils veulent tirer un trait sur la dur&#233;e l&#233;gale, les prud'hommes, les cotisations sociales et les droits syndicaux &#187;.
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence Parisot, pr&#233;sidente du Medef, n'a-t-elle pas eu cette phrase d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre : &lt;i&gt;&#171; l'amour, la vie, la sant&#233; sont pr&#233;caires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? &#187;&lt;/i&gt; Une interrogation &#224; ce point ahurissante que G&#233;rard Filoche en a fait le titre d'un livre. &lt;i&gt;&#171; Depuis l'aube de l'humanit&#233;, l'esp&#232;ce humaine lutte contre la pr&#233;carit&#233; : on est pass&#233; de la cueillette &#224; l'agriculture, puis de la chasse &#224; l'&#233;levage, en allant toujours vers plus de s&#233;curit&#233;, plus de confort. Quand Parisot dit qu'il faut accepter la pr&#233;carit&#233; comme une composante normale de la vie, ce n'est rien d'autre qu'un retour &#224; la barbarie, un contresens historique total ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la loi Fillon du 4 mai 2004, qui sape l'&#233;difice l&#233;gislatif en donnant la priorit&#233; &#224; l'accord d'entreprise sur l'accord de branche, aux lois sur les syndicats dits repr&#233;sentatifs, qui, comme avant la R&#233;volution, instaure un d&#233;compte par ordre et pas par t&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, les m&#233;dias parlent d'un accord sign&#233; par &#171; 4 syndicats sur 5 &#187;, alors (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout est fait pour d&#233;manteler pi&#232;ce par pi&#232;ce le code du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce texte vivant, qui prot&#233;geait les salari&#233;s, est pass&#233; &#224; l'acide des exigences du Medef &#187;. On remplace ainsi les lois qui r&#233;gissent le code en d&#233;crets (sans aucun d&#233;bat parlementaire). On enl&#232;ve la dur&#233;e du travail du chapitre conditions de travail et on la met dans celui concernant les salaires. Les apprentis ne sont plus consid&#233;r&#233;s comme des salari&#233;s et se retrouvent dans la partie formation professionnelle, les dockers d&#233;pendent d&#233;sormais du code des affaires maritimes et les mineurs du code minier...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des 35 heures, attaqu&#233;es comme jamais ces temps-ci et accus&#233;es de tous les maux, G&#233;rard Filoche rappelle : &#171; Il y a un lien &#233;vident et historique entre la r&#233;duction du temps de travail et le code du travail, de la journ&#233;e de huit heures aux 35 heures. Et les 35 heures, c'est la dur&#233;e l&#233;gale du travail. Ce n'est pas la dur&#233;e r&#233;elle, ni la dur&#233;e maximale. &#187; Cette derni&#232;re est fix&#233;e &#224; 48 heures, tout ce qui est entre devant &#234;tre pay&#233; en heures suppl&#233;mentaires major&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l&#224; aussi, le nouveau code d&#233;place les responsabilit&#233;s : au lieu de l'employeur, c'est le salari&#233; qui a des obligations, comme par exemple dans le port des tenues de s&#233;curit&#233;. En cas d'accident sur un chantier, la responsabilit&#233; de l'employeur ne sera plus engag&#233;e. Une disposition, on s'en doute, qui a beaucoup plu au Medef, le v&#233;ritable inspirateur de la r&#233;forme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, les m&#233;dias parlent d'un accord sign&#233; par &#171; 4 syndicats sur 5 &#187;, alors m&#234;me que 3 autres &#8212; UNSA, Sud et la FSU &#8212; ne sont pas pris en compte, et que le plus souvent, la CGT n'a pas sign&#233;. Ce qui veut dire qu'un accord sign&#233; dans ces conditions peut l'&#234;tre au nom d'une petite minorit&#233; de salari&#233;s, mais ce n'est jamais expliqu&#233; clairement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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