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		<title>Mai 1936, le Front populaire et Gardanne </title>
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		<dc:subject>La mine</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait du dossier 1936, le printemps des possibles Il y a soixante-dix ans, les Fran&#231;ais amenaient au pouvoir une majorit&#233; compos&#233;e des communistes, des socialistes et des radicaux dans ce qu'on appelait le Front populaire. Celui-ci r&#233;alisa, au terme de plusieurs semaines de g&#232;ves monstres, des r&#233;formes d'une ampleur inconnue jusqu'alors :deux semaines de cong&#233;s pay&#233;s,les quarante heures hebdomadaires, les conventions collectives, la scolarit&#233; obligatoire jusqu'&#224; 14 ans, la c&#233;ation d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Le-Front-populaire-" rel="directory"&gt;Le Front populaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/1936-le-printemps-des-possibles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Extrait du dossier 1936, le printemps des possibles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a soixante-dix ans, les Fran&#231;ais amenaient au pouvoir une majorit&#233; compos&#233;e des communistes, des socialistes et des radicaux dans ce qu'on appelait le Front populaire. Celui-ci r&#233;alisa, au terme de plusieurs semaines de g&#232;ves monstres, des r&#233;formes d'une ampleur inconnue jusqu'alors :deux semaines de cong&#233;s pay&#233;s,les quarante heures hebdomadaires, les conventions collectives, la scolarit&#233; obligatoire jusqu'&#224; 14 ans, la c&#233;ation d'un office du bl&#233;, la r&#233;forme de la Banque de France... Commune ouvri&#232;re et militante, Gardanne a v&#233;cu pleinement ces heures exaltantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; 1936 ? C'&#233;tait l'&#233;poque de L&#233;on Blum. Tout le monde &#233;tait fou de joie. Je
travaillais au bar Forbin, il y avait beaucoup de mineurs, d'ouvriers, le
maire Victor Savine &#233;tait aussi notre client. Au bar, quand la police venait
pour demander si on connaissait untel, on disait qu'on ne connaissait personne ! On ne voulait pas trahir les clients &#187;&lt;/i&gt;.Virginie a 25 ans en 1936. Elle
vient de Fuveau o&#249; elle aidait sa m&#232;re au comptoir de la boulangerie. &lt;i&gt;&#171; On
&#233;tait tous parents, plus familiers que maintenant &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moins de 1936, il
y en a encore, heureusement. Mais ceux qui &#233;taient adultes &#224; l'&#233;poque sont
d&#233;j&#224; moins nombreux. Esther avait 17 ans : &lt;i&gt;&#171; On habitait au carreau de la
mine, &#224; Biver. On &#233;tait install&#233; &#224; cent
m&#232;tres du puits, les femmes apportaient
&#224; manger, elles faisaient plus
de bruit que les hommes. On ne pouvait
pas partir en vacances, mon p&#232;re
&#233;tait malade &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elda n'avait que 13 ans. Elle est n&#233;e
en France, o&#249; ses parents, italiens,
sont arriv&#233;s en 1921. Son p&#232;re est d'abord
mineur au puits Biver, puis il
ouvre en 1935 le bar Nannini, qui a
exist&#233; sous ce nom jusqu'en 1985
(aujourd'hui, bar Germinal, pr&#232;s du
puits G&#233;rard).
&lt;i&gt;&#171; J'ai fr&#233;quent&#233; les &#233;coles de Biver
jusqu'&#224; 13 ans, au certificat d'&#233;tudes.
A l'&#233;poque, elles &#233;taient tenues par
des soeurs (devenues publiques en 1946 avec la nationalisation des
Houill&#232;res). Ma m&#232;re &#233;tait toscane, et si elle parlait bien le fran&#231;ais, il lui
arrivait de finir ses phrases en italien. A Biver, il y avait beaucoup d'Italiens,
de Polonais, des Arm&#233;niens, des Espagnols, surtout apr&#232;s la guerre
d'Espagne, et avec la d&#233;b&#226;cle de 1940, on a vu arriver des gens du Nord,
des Belges.
Biver &#233;tait plus petit que maintenant, bien s&#251;r, mais il y avait beaucoup plus
de commerces, des boulangeries, des boucheries, des &#233;piceries, un cordonnier,
un marchand de tissu, des coiffeurs... On allait au march&#233; &#224; Gardanne
le mercredi, le vendredi et le dimanche.
Les &#233;trangers s'entendaient bien,
il n'y avait pas de probl&#232;me &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1936. Il faut s'imaginer Gardanne il y
a soixante-dix ans. Ce n'est plus le
gros village paysan du dix-neuvi&#232;me
si&#232;cle. L'industrialisation est pass&#233;e
par l&#224;. La mine et dans une moindre
mesure l'usine d'alumine se sont
d&#233;velopp&#233;es depuis une cinquantaine
d'ann&#233;es. La population a plus que
doubl&#233; depuis le d&#233;but du si&#232;cle, passant
de 3500 &#224; 7200 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasard
du calendrier ? Quelques semaines
avant les &#233;lections l&#233;gislatives qui
vont faire basculer le pays, un recensement
de la population est r&#233;alis&#233;. Gardanne compte alors 7279 habitants, dont 3115 &#233;trangers (43% du total).
Le centre-ville regroupe 4130 habitants dans 812 maisons, mais &#224; trois kilom&#232;tres,
la cit&#233; Biver est devenue un village avec ses 1828 habitants, dont
1222 ne sont pas n&#233;s en France. Italiens, Arm&#233;niens, Polonais, Espagnols,
mais aussi Tch&#232;ques, Portugais, Yougoslaves et Allemands sont venus y
trouver du travail. Ils ont quitt&#233; Dubrovka (Tch&#233;coslovaquie), Cespolvo
(Pologne), Lugano (Suisse), Constantinople (Turquie), Cun&#233;o (Italie) ou
Albacete (Espagne) et ils se pr&#233;nomment Siranouch, Assadour, Josef,
Cipriano, Klara, Bronislaw, Mario ou Orsola. C'est d&#233;sormais l&#224; qu'ils vont
vivre, &#233;lever leurs enfants et y &#234;tre enterr&#233;s. Les Houill&#232;res ont fait construire
quelques ann&#233;es plus t&#244;t (1925-1926) une &#233;glise et deux &#233;coles.
L'&#233;lectricit&#233; arrive en 1932.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude sur les embauch&#233;s de l'ann&#233;e 1929 &#224; l'usine d'alumine montre
que sur 222 salari&#233;s, il y a 35% d'Italiens, 24% de Fran&#231;ais, 18% de
Tch&#232;ques (en fait, Europe centrale), 14% d'Arm&#233;niens, 3% de Grecs, 2%
d'Espagnols.
Les Arm&#233;niens fuyant le g&#233;nocide sont arriv&#233;s &#224; Gardanne en deux vagues :
en 1924, en provenance de Sivas et pass&#233;s par camp de regroupement Oddo
&#224; Marseille et en 1927-28 en provenance de Kharpout.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Mioche, L'alumine &#224; Gardanne, une travers&#233;e industrielle en Provence.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barberina avait 19 ans en 1936. Elle se trouvait &#224; Simiane, plac&#233;e comme
bonne chez un docteur. Auparavant, elle travaillait &#224; Aix dans une usine
d'ampoules. Elle est n&#233;e en Italie, en Sardaigne, est arriv&#233;e en France &#224; 3
ans, &#224; Verdun, o&#249; son p&#232;re est embauch&#233; dans une mine de fer.
&lt;i&gt;&#171; J'ai fait ma premi&#232;re communion &#224; Biver, j'allais &#224; l'&#233;cole des soeurs. Plus
tard, mon oncle m'a donn&#233; des sous, et avec j'ai pu ouvrir un magasin
d'alimentation &#187;.&lt;/i&gt;
Pour autant, les ann&#233;es trente sont difficiles : la crise &#233;conomique qui frappe
la France &#224; la suite du krach boursier d'octobre 1929 fait exploser les chiffres
du ch&#244;mage, les femmes et les &#233;trangers sont licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 f&#233;vrier 1936, les organisations adh&#233;rentes au rassemblement populaire
protestent contre les expulsions abusives d'&#233;trangers, et notamment le militant
communiste italien Danilo Manucci, reconduit &#224; la fronti&#232;re et livr&#233; &#224; la
police mussolinienne. Le maire de Gardanne, Victor Savine est &#224; la tribune,
avec des repr&#233;sentants de la SFIO, du Parti communiste et de la ligue des
droits de l'homme : &lt;i&gt;&#171; Les citoyens et les travailleurs de Gardanne demandent
que le gouvernement de la R&#233;publique rapporte les arr&#234;t&#233;s d'expulsion
pris sur de fausses indications. Bon nombre de ces arr&#234;t&#233;s frappent de bons
militants syndicalistes, communistes, socialistes, simples r&#233;publicains, tous
imbus de principes de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; et de fraternit&#233;. Descendant des
g&#233;ants de 89, 48, 71, les citoyens pr&#233;sents d&#233;clarent avec fermet&#233; faire revivre
la d&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen. &#187;&lt;/i&gt;
Tous se s&#233;parent en criant bien haut : &lt;i&gt;&#171; Tout pour la libert&#233;, la justice, le
pain, le bien-&#234;tre ! A bas le fascisme et sa dictature ! En avant toujours avec
le Front populaire &#187;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Pio, Mines et mineurs de Provence.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ves courtes mais efficaces &#224;
Biver et &#224; l'usine d'alumine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front populaire. Apr&#232;s des ann&#233;es de dissension, les principaux partis de
gauche se sont r&#233;concili&#233;s. Le mouvement syndical aussi : la CGT et la
CGTU fusionnent &#224; Gardanne le 27 octobre 1935, apr&#232;s une marche de la
faim entre Aubagne et Marseille six mois plus t&#244;t.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Xavier Daumalin, Gueules noires de Provence.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; D&#232;s lors, une victoire &#224;
la Chambre des d&#233;put&#233;s, qui doit &#234;tre renouvel&#233;e en mai, semble &#224; port&#233;e de
main. D'autant que la gauche a conquis de nombreuses villes lors des municipales
de 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 avril, le candidat socialiste F&#233;lix Gouin arrive sans probl&#232;me en t&#234;te,
mais la progression du candidat communiste est spectaculaire : dans la premi&#232;re
circonscription d'Aix (celle o&#249; se trouve Gardanne), Yves Moustier
obtient pr&#232;s de 30% des voix, six fois plus qu'en 1932 ! Gr&#226;ce aux accords
de d&#233;sistement, le second tour n'est qu'une formalit&#233; pour F&#233;lix Gouin, qui
obtient &#224; Gardanne pr&#232;s de 80% des voix. Le second tour de scrutin a consacr&#233;
le triomphe du Front populaire, titre en une le Petit Proven&#231;al du 4 mai
1936. L&#233;on Blum se rend &#224; Marseille le 15 mai &#224; la salle Wagram et affirme
&#224; la foule : &lt;i&gt;&#171; Le pays veut que &#231;a change, soyez persuad&#233;s que &#231;a changera !
Il faut extraire du r&#233;gime tout ce qu'il peut contenir de bien-&#234;tre et de justice
sociale pour ceux qui travaillent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui travaillent, justement, amplifient la victoire et mettent presqu'aussit&#244;t
la pression sur le nouveau parlement et sur le gouvernement compos&#233;
de socialistes et de radicaux. Les gr&#232;ves commencent en r&#233;gion parisienne,
dans les usines d'aviation, et se g&#233;n&#233;ralisent dans tout le pays en mai et juin.
Le Petit Proven&#231;al parle d'abord de &#171; gr&#232;ve des bras crois&#233;s &#187;, puis de
&#171; gr&#232;ve sur place &#187; et enfin de &#171; gr&#232;ve sur le tas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Gardanne, le 10 juin,
500 ouvriers de l'usine d'alumine occupent les lieux jusqu'au 14 juin.
Dans son livre consacr&#233; &#224; l'histoire de Pechiney, Philippe Mioche raconte
ces journ&#233;es de lutte. Le 9 juin, les ouvriers r&#233;unis en mairie d&#233;cident gr&#232;ve
pour le lendemain. Le 13, le directeur porte plainte pour l'occupation des
locaux. Le 12, 20 ouvriers s'installent dans le bureau du directeur. Le ton
monte, des noms d'oiseau volent. Le 13 &#224; 23h, un accord est finalement
sign&#233;. Le directeur R. Mignon f&#233;licite les ouvriers du calme dont ils ont fait
preuve durant la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un rapport de la s&#251;ret&#233; nationale du 16 juin note que &lt;i&gt;&#171; la direction a
toujours emp&#234;ch&#233; les ouvriers de former un syndicat. Depuis la gr&#232;ve de
1920, le syndicat n'existe plus et les dirigeants avaient &#233;t&#233; renvoy&#233;s impitoyablement.
Parmi la population de Gardanne et d'apr&#232;s des renseignements
dignes de foi, cette usine passe pour &#234;tre un bagne, o&#249; le rendement
est pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me pour des salaires de famine &#187;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Mioche, L'alumine &#224; Gardanne, une travers&#233;e industrielle en Provence.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport sorti de la plume d'un fonctionnaire z&#233;l&#233; est transmis au minist&#232;re
de l'int&#233;rieur o&#249; vient de s'installer Roger Salengro, qui se suicidera en
novembre &#224; la suite d'une campagne de presse calomnieuse. Les ouvriers de
l'usine d'alumine sont suivis par les mineurs de Biver (le 15), de Meyreuil
(le 16) et les ouvriers de la cimenterie Lafarge &#224; Valdonne (le 19).
Le 5 juin, Le Petit Proven&#231;al relate une r&#233;union du comit&#233; r&#233;gional des
mineurs, &#224; Gardanne :
&lt;i&gt;&#171; Les pouvoirs publics doivent faire dispara&#238;tre la grande mis&#232;re des
mineurs qui n'ont d'autre ressource que leur salaire gagn&#233; dans les soussols
&#224; des profondeurs qui varient entre 600 et 800 m&#232;tres. Ils sont r&#233;solus
&#224; mourir en combattant, si on ne leur permet pas de vivre en travaillant. La
corporation ne produit annuellement que les deux tiers de la consommation
n&#233;cessaire en France, alors que les corporants continuent &#224; ch&#244;mer dans les
Bouches-du-Rh&#244;ne deux, trois jours par semaine avec l'angoissante perspective
de la fermeture de nouveaux puits &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 juin, une d&#233;l&#233;gation de
mineurs, accompagn&#233;e par le d&#233;put&#233; F&#233;lix Gouin et le maire Victor Savine,
est re&#231;ue par le pr&#233;fet Paul Souchier. Ils partent &#224; Paris rencontrer le nouveau
Pr&#233;sident du conseil (le premier ministre) L&#233;on Blum.
&lt;i&gt;&#171; M. Gouin a fait remarquer qu'il entrait par Marseille 20 000 tonnes de
charbon de plus que le chiffre autoris&#233; par le ministre. C'est l'&#233;quivalent de
114 journ&#233;es de travail par ouvrier et par an dans le bassin minier &#187;.&lt;/i&gt;
A la mine, les gr&#232;ves sont courtes, les n&#233;gociations suite aux Accords
Matignon aboutissent rapidement. Les hausses de salaires vont de 10%
(pour les piqueurs, qui passent de 34,94 F &#224; 38,74 F par jour) &#224; 33% pour
les femmes du criblage (de 14,51 &#224; 19,40 F par jour).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Pio, Mines et mineurs de Provence.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 juin, le dirigeant communiste Maurice Thorez fait un meeting au
Saint-Roch, juste &#224; c&#244;t&#233; du chantier de ce qui deviendra la Maison du peuple. Le PCF ne participe pas au gouvernement du Front populaire,
mais il le soutient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Marseille, c'est en juin que les mouvements sont le plus &#233;tendus. Josette,
16 ans en 1936, y &#233;tait : &lt;i&gt;&#171; J'habitais &#224; Marseille, rue F&#233;lix-Pyat, le quartier
des gangsters. Je travaillais dans une usine de dattes au boulevard National,
on avait fait deux jours de gr&#232;ve. On a obtenu des choses, des meilleurs
salaires. Les cong&#233;s ? Je ne suis pas partie, j'&#233;tais trop pauvre pour &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;
Le p&#232;re de Simone, 15 ans, travaillait &#224; l'usine d'alumine (qui ne s'appelait
pas encore Pechiney) : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde parlait du Front populaire. Mon p&#232;re
travaillait &#224; l'usine d'alumine, o&#249; il y avait une grosse gr&#232;ve. Il est mort
l'ann&#233;e suivante, il est tomb&#233; dans un bac de soude. Je suis entr&#233;e &#224; l'usine
apr&#232;s sa mort, au laboratoire. Sa mort m'a boulevers&#233;e toute ma vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact de la nouvelle loi sur les 40 heures se fait sentir, puisque la semaine
de travail, qui comptait g&#233;n&#233;ralement 48 h passe de six &#224; cinq jours.
Comme l'usine d'alumine ne n&#233;cessite pas de comp&#233;tences particuli&#232;res,
271 embauches nouvelles ont lieu en 1937. Mais le 16 mars, le personnel de
production non post&#233; se met en gr&#232;ve pour protester contre la modification
de la r&#233;partition hebdomadaire du travail et la suppression de la semaine
anglaise (sur 5 jours) : la direction renonce.
Pas pour longtemps : en mars 1938, une nouvelle r&#233;partition est d&#233;cid&#233;e :
7 h 12 du lundi au vendredi et 4 h le samedi matin. L'usine est en gr&#232;ve le
3 mars, des gr&#233;vistes sont licenci&#233;s, les gardes mobiles font &#233;vacuer.
Le conflit dure jusqu'au 7 avril. L'usine r&#233;ouvre le 11 mai avant un retour &#224;
la normale en septembre. Les conflits reprennent et pourrissent &#224; l'automne.
Selon Philippe Mioche, &lt;i&gt;&#171; le mouvement patronal et la direction g&#233;n&#233;rale du
groupe ont atteint leurs objectifs mais d'une certaine fa&#231;on, la direction de
l'usine a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e par les &#233;v&#233;nements &#187;.
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un courrier de L&#233;o Lagrange
&#224; propos du stade Savine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tranger, la guerre d'Espagne fait rage. Les Brigades internationales
regroupent les hommes et les femmes pr&#234;ts &#224; se battre pour d&#233;fendre la r&#233;publique
espagnole et, au-del&#224;, la d&#233;mocratie. Selon G&#233;rard Pio, quatre
Gardannais perdent la vie en Espagne au sein des Brigades internationales :
Giovanni Moretti et Antonio Miguel (le 23 novembre 1936), Pierre Allietta (le
5 janvier 1937) et Giuseppe Tamagno (le 11 f&#233;vrier 1937). La non-intervention
officielle de la France, sous la pression du gouvernement non-interventionniste
britannique, est un des &#233;checs les plus cuisants du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la vague de gr&#232;ves du printemps, la vie reprend son cours &#224; Gardanne.
De nombreux arr&#234;t&#233;s concernent des aides donn&#233;es aux femmes en couches,
aux familles nombreuses et aux vieillards : &#224; l'&#233;poque, l'Etat providence
n'existe pas. Il faudra attendre la Lib&#233;ration pour que soient mis en place la
s&#233;curit&#233; sociale et un vrai r&#233;gime de retraites, que le Front populaire n'a pu
instaurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre les &#233;lus examinent le projet de construction d'une &#233;cole
maternelle suppl&#233;mentaire au centre-ville, et se prononcent contre le fonctionnement
d'une classe g&#233;min&#233;e (mixte) &#224; l'&#233;cole de filles :
&lt;i&gt;&#171; Consid&#233;rant l'effort moral que peut susciter aupr&#232;s d'une population laborieuse
comme la n&#244;tre le fonctionnement d'une classe g&#233;min&#233;e, si on la
maintenait, beaucoup de parents d'&#233;l&#232;ves retireraient ces derniers de l'&#233;cole
publique et viendraient favoriser les bancs des &#233;coles priv&#233;es &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus amusant, il est aussi question d'une indemnit&#233; au sonneur de cloches,
&lt;i&gt;&#171; souvent mis &#224; contribution pour sonner le tocsin, particuli&#232;rement &#224; la saison
d'&#233;t&#233; lors des feux de for&#234;t, ce qui occasionne &#224; cet ouvrier une perte de
temps appr&#233;ciable &#187;.&lt;/i&gt;
Le sonneur de l'&#233;poque s'appele Jean Girardo et obtient une indemnit&#233; de
cent francs par an. On d&#233;couvre aussi que les festivit&#233;s li&#233;es &#224; la victoire ont
engendr&#233; des frais impr&#233;vus : &lt;i&gt;&#171; &#224; l'occasion de la f&#234;te du travail, le 1 er mai
1936 [entre les deux tours, ndlr] a &#233;t&#233; organis&#233;e une f&#234;te ainsi que pour
l'anniversaire de la R&#233;publique le 4 septembre 1936 : 715 F pour les frais
d'orchestre &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la Maison du peuple, dont les travaux ont enfin commenc&#233;, la Ville a sous le coude un nouveau stade (celui qui portera le nom de
Victor Savine). Un projet qui date de 1930 et qui a pris du retard : le 28
novembre 1936, le sous-secr&#233;taire d'Etat &#224; l'organisation des loisirs et des
sports &#233;crit au pr&#233;fet afin que le projet soit remani&#233; pour tenir compte des
observations relev&#233;es par l'architecte Castel. C'est la salle de gymnastique
qui fera les frais de cette r&#233;duction budg&#233;taire. Il est amusant de constater
que le gymnase qui sera construit pr&#232;s du stade en 1994 portera le nom du
sous-secr&#233;taire d'Etat en question : L&#233;o Lagrange.
En 1937 est vot&#233; le financement d'un monument &#224; la m&#233;moire de Roger
Salengro (250 francs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la s&#233;ance du 30 juin 1936, le conseil municipal vote une subvention &#224; la
soci&#233;t&#233; des Amis de l'instruction la&#239;que pour le s&#233;jour d'une quarantaine
d'enfants &#224; la montagne : &lt;i&gt;&#171; cette oeuvre a pour but de procurer aux enfants du peuple un s&#233;jour d'un mois, de l'air pur et une nourriture saine &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives municipales.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;
Gr&#226;ce aux nouvelles lois, les salari&#233;s auront bient&#244;t droit eux aussi &#224; cette
indispensable pause estivale, m&#234;me si elle ne compte que deux semaines.
L&#233;o avait 19 ans cet &#233;t&#233;-l&#224;. &lt;i&gt;&#171; Je travaillais dans les carri&#232;res de pierre &#224;
Pourri&#232;res, dans le Var. C'est les plus beaux moments de mon existence, ce
soul&#232;vement des foules... Les patrons faisaient triste mine, ils disaient qu'ils
ne pouvaient pas payer plus. Mensonges ! On a doubl&#233; les salaires, on a eu
douze jours de cong&#233;. On allait &#224; la mer qu'on n'avait jamais vue. On partait
en v&#233;lo, en fourgonnette, on s'abritait sous une petite toile &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice travaillait &#224; la Souterraine (Creuse) pour la compagnie de chemin
de fer Paris-Orl&#233;ans. Il avait 23 ans. &lt;i&gt;&#171; Pour les cong&#233;s de 36, je suis all&#233; &#224;
la mer &#224; Royan, par le train. Beaucoup de monde y allait aussi. En r&#233;gion
parisienne, c'&#233;tait plus impressionnant encore, un v&#233;ritable exode au d&#233;part
des trains. Les chantiers tra&#238;naient en longueur car il y avait moins
d'heures de travail. Enfin, moi, j'en avais autant qu'avant, j'en ramenais
&#224; la maison. L'ann&#233;e d'apr&#232;s, j'ai &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; &#224; la SNCF comme agent
d'exploitation. C'est gr&#226;ce au Front populaire qu'on a eu toutes ces
avanc&#233;es sociales. Il en reste encore quelque chose aujourd'hui &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, tout le monde ne l'a pas v&#233;cu de la m&#234;me mani&#232;re : &lt;i&gt;&#171; J'habitais &#224;
Lille, o&#249; il y avait des manifs monstres, du monde partout, raconte Henri,
qui avait 18 ans. J'&#233;tais typographe depuis l'&#226;ge de 13 ans. Ma famille &#233;tait
catholique, et on boudait le Front populaire, ce que je regrette encore
aujourd'hui &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La R&#233;sistance et la Lib&#233;ration
reprennent l'h&#233;ritage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prodigieuse embellie au coeur des sinistres ann&#233;es trente n'allait pas
durer longtemps. Chez la plupart des t&#233;moins de l'&#233;poque, le souvenir du Front
populaire est indissociable de ce qui suivra : la guerre, l'occupation et la
Lib&#233;ration, le tout en moins de dix ans. Estelle anime un atelier de coiffure au
foyer Nostre Oustau. Elle avait onze ans en mai 1936.
&lt;i&gt;&#171; J'habitais &#224; V&#233;nissieux, o&#249; il y avait les usines Berliet, Usines du Rh&#244;ne
(Rh&#244;ne-Poulenc), St Gobain. Je me souviens des gr&#232;ves, les ouvriers &#233;taient
tr&#232;s motiv&#233;s et tr&#232;s solidaires. Il n'y en aura plus comme &#231;a, c'est termin&#233;.
Aujourd'hui, les gens sont trop personnels, il n'y a plus cette solidarit&#233;. M&#234;me
en mai 68 ce n'&#233;tait pas &#231;a. Je me souviens des ouvriers qui &#233;taient charg&#233;s
par les gardes &#224; cheval devant l'usine quand je revenais de l'&#233;cole. Les chevaux
me faisaient peur. Il y a eu des r&#233;formes des assurances sociales, on
avait eu droit &#224; 25 F par mois d'allocations familiales parce que nous &#233;tions
4 enfants. Ma soeur avait 31 ans. Avec les cong&#233;s pay&#233;s, elle et son mari ont
achet&#233; une bicyclette chacun pour partir en vacances sur les routes, pas bien
loin. Mais c'&#233;tait formidable.&lt;br class='manualbr' /&gt;A l'&#233;cole de filles, les institutrices n'&#233;taient pas en gr&#232;ve. On ne parlait pas
vraiment du front populaire, mais quand on a accueilli des r&#233;fugi&#233;s espagnols,
elles nous ont parl&#233; de la guerre d'Espagne. J'ai pass&#233; mon certificat
d'&#233;tudes &#224; 11 ans et demi, et j'ai fait deux ans de cours sup&#233;rieur, j'ai
appris un peu d'anglais. On &#233;tait 42 &#233;l&#232;ves dans la classe. Comme j'&#233;tais
tr&#232;s bonne, on voulait me faire faire l'Ecole normale, mais moi je voulais
&#234;tre coiffeuse !&lt;br class='manualbr' /&gt;On envoyait aussi les enfants &#224; la montagne pendant l'&#233;t&#233;, dans des familles
d'accueil pendant un mois. Pendant la guerre, apr&#232;s la mort de mes parents
(en 41), je suis all&#233;e chez ma soeur faire la boulang&#232;re, puis j'ai d&#233;but&#233;
comme ouvri&#232;re dans un salon de coiffure. En 44, le salon a &#233;t&#233; bombard&#233;
par les Am&#233;ricains, quelques semaines avant le d&#233;barquement. J'ai &#233;t&#233; bless&#233;e
&#224; la jambe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estelle raconte aussi comment elle a transport&#233;, au nez et &#224; la barbe des soldats
allemands (et sans le savoir), deux grosses valises charg&#233;es de
mitraillettes... Son r&#233;cit n'est pas anecdotique. Agonisant pendant que la
guerre se pr&#233;parait, le Front populaire s'est en quelque sorte r&#233;incarn&#233; dans
la R&#233;sistance. C'est son esprit, p&#233;tri de justice sociale et de courage politique,
qui a anim&#233; le gouvernement provisoire issu de la Lib&#233;ration, alors
que le pays, exsangue, &#233;tait &#224; reconstruire. C'est en ce sens, aussi, que le
Front populaire reste une le&#231;on d'histoire qui &#233;claire l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Mioche, L'alumine &#224; Gardanne, une travers&#233;e industrielle en Provence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Pio, Mines et mineurs de Provence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Xavier Daumalin, Gueules noires de Provence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Mioche, L'alumine &#224; Gardanne, une travers&#233;e industrielle en Provence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Pio, Mines et mineurs de Provence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Archives municipales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il &#233;tait une fois la Lib&#233;ration</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Il-etait-une-fois-la-Liberation</link>
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		<dc:date>2005-07-14T13:01:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>La mine</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier 21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin Ils ont v&#233;cu la guerre chacun de leur c&#244;t&#233;, dans une galerie de mine &#224; mille m&#232;tres sous terre ou dans une ferme autrichienne &#224; mille kilom&#232;tres de la Provence, dans un chantier de jeunesse du Var ou dans les ateliers de l'usine d'alumine. Tous sont Gardannais, ont entre soixante et quatre-vingt dix ans et se souviennent de ces heures terribles et exaltantes de leur jeunesse. LA chemise largement ouverte pour conjurer la canicule de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Liberation-de-Gardanne-" rel="directory"&gt;Lib&#233;ration de Gardanne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Energies-+" rel="tag"&gt;Energies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-La-mine-+" rel="tag"&gt;La mine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont v&#233;cu la guerre chacun de leur c&#244;t&#233;, dans une galerie de mine &#224; mille m&#232;tres sous terre
ou dans une ferme autrichienne &#224; mille kilom&#232;tres de la Provence, dans un chantier de
jeunesse du Var ou dans les ateliers de l'usine d'alumine. Tous sont Gardannais, ont entre
soixante et quatre-vingt dix ans et se souviennent de ces heures terribles et exaltantes de
leur jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA chemise largement ouverte pour conjurer la canicule
de ce mois de juillet finissant, Louis Lauzier soupire : &lt;i&gt;&#8220;quand j'ai vu l'autre jour les chars allemands
sur les Champs-Elys&#233;es, &#231;a m'a fait quelque chose. Ce n'&#233;tait
pas le moment&#8221;&lt;/i&gt;. A quoi Henri Ranguis r&#233;torque : &lt;i&gt;&#8220;Mais pourquoi &#231;a nous fait &#231;a ? Il faut &#234;tre coll&#232;gues avec toute
l'Europe. Il faut que &#231;a finisse ! Jamais plus de guerre, nous
avons trop souffert.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils ont beau, ces deux octog&#233;naires
gardannais, faire une grande place &#224; la fraternit&#233; humaine,
rien &#224; faire. La brigade allemande de l'Eurocorps sur le pav&#233; parisien, le jour m&#234;me de la f&#234;te nationale, est rest&#233;e en travers,
comme une vieille blessure qui ne cicatrise pas. Alors,
pour exorciser le pass&#233;, Henri et Louis racontent et racontent
encore, avec une infinie patience, ce que furent leurs
trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gardanne &#224; Braunau
en passant par Monnaie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;J'ai &#233;t&#233; mobilis&#233; le 28 ao&#251;t 1939 &#224; Gardanne. Je me souviens
de Daladier qui nous avait dit : &#8220;nous vaincrons parce
que nous sommes les plus forts...&#8221; C'est bien simple,
j'ai &#233;t&#233; fait prisonnier le 19 juin 1940, dans un village d'Indre
et Loire qui s'appelle Monnaie&#8221;&lt;/i&gt;, se souvient Louis, mettant
&#224; contribution sa prodigieuse m&#233;moire. Quarante-huit heures
apr&#232;s le discours de P&#233;tain appelant &#224; cesser le combat, vingtquatre
heures apr&#232;s l'appel de De Gaulle &#224; la R&#233;sistance.
Apr&#232;s sept mois de transit, direction l'Autriche. Il y restera
cinquante-deux mois, et ne reverra pas Gardanne avant le
14 mai... 1945.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;Je recevais des nouvelles de ma femme et de ma petite fille,
mais les lettres &#233;taient censur&#233;es, bien entendu. On &#233;tait au
courant de rien, et surtout pas de combien de temps &#231;a allait
durer.&#8221; Commence alors une existence &#233;trange, quasiment
coup&#233; du reste du monde, dans les vall&#233;es autrichiennes.
Quatorze mois dans une caserne viennoise, trois mois &#224; la
mine, deux mois chez un minotier, et quelques saisons dans
des fermes. Et surtout, huit mois chez un horticulteur dans
la petite ville de Braunau am Inn, pr&#232;s de la fronti&#232;re bavaroise : &#8220;c'est ainsi qu'un jour, je suis entr&#233; dans la maison
natale de Hitler, qui &#233;tait transform&#233;e en mus&#233;e...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et Louis raconte encore les Belges et les Italiens qui, &#224; partir
de 1943, ont rejoint les prisonniers fran&#231;ais dans les fermes,
l'effroyable mis&#232;re des Russes qui mourraient de faim et
avec qui il &#233;tait strictement interdit de fraterniser... &lt;i&gt;&#8220;Je me
souviens d'un pilote am&#233;ricain abattu en f&#233;vrier 1945, c'&#233;tait
le premier que je voyais, il &#233;tait tr&#232;s jeune, 18-19 ans peut&#234;tre.
On l'a enterr&#233; dans notre village&#8221;&lt;/i&gt;. Et puis, enfin, la
lib&#233;ration, le 2 mai, et le retour en France &#224; bord d'un Dakota.
&lt;i&gt;&#8220;En juin 44, quand on avait appris le d&#233;barquement de
Normandie, je me disais qu'on en aurait encore pour un an.
Je ne m'&#233;tais gu&#232;re tromp&#233;...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la mine
embauchait tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De la p&#233;riode de la zone libre, puis de l'occupation allemande,
de la R&#233;sistance et de la lib&#233;ration de Gardanne,
Louis n'en sait que ce qu'ont pu lui raconter ceux qui sont
rest&#233;s, comme son ami Henri Ranguis. Originaire des Hautes
Alpes et arriv&#233; &#224; Gardanne en 1929, il travaille dans la Grande
Epicerie Marseillaise au moment de la d&#233;claration de
guerre. Pour &#233;chapper au Service du Travail Obligatoire, il est requis &#224; la mine comme tant d'autres. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;J'y suis rest&#233; 27
ans. J'avais une bonne place, m&#234;me si on travaillait tous les
dimanches... Des pharmaciens, des docteurs, des avocats
descendaient &#224; la mine pour ne pas partir. Beaucoup &#233;taient
embauch&#233;s mais ne travaillaient pas, c'&#233;tait une planque.
A la lib&#233;ration, ceux-l&#224; ont repris leur activit&#233; d'avant-guerre,
on ne les a plus revus.&#8221;&lt;/i&gt; A partir de l'occupation de la
zone sud, l'atmosph&#232;re en ville s'alourdit, les innombrables
sabotages &#224; la mine ou &#224; l'usine d'alumine inqui&#232;tent les
Allemands qui multiplient les contr&#244;les. &lt;i&gt;&#8220;On les avait sur
le dos en permanence. Combien de fois j'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, de
nuit, le fusil sur la poitrine...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut ici rendre hommage au v&#233;ritable travail de sape ex&#233;cut&#233;
par les r&#233;sistants de tout bord, qui ont, pendant les vingt
et un mois d'occupation de la zone sud, retard&#233;, contrari&#233;,
d&#233;t&#233;rior&#233; ou d&#233;tourn&#233; la production d'alumine &#224; Gardanne,
de charbon &#224; Meyreuil ou de ciment &#224; Valdonne, qui alimentait
&#224; jets continus la machine de guerre allemande. Un
travail de fourmi, obscur et dangereux, qui allait s'intensifier
au fil des mois pour culminer au printemps 1944 et rendre
la situation invivable aux occupants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'acide
dans les moteurs&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans son livre &lt;i&gt;La R&#233;sistance, notre
combat&lt;/i&gt;, Jean-
Maurice Claverie cite les propos d'un
mineur espagnol, responsable d'un
groupe MOI (Main d'Oeuvre Immigr&#233;e),
Emilio Berrocal : &lt;i&gt;&#8220;il ne se passait
pas de jour sans que nous
intervenions sur le mat&#233;riel : ainsi
les c&#226;bles qui tiraient les wagonnets
qui, malgr&#233; leur &#233;paisseur qui &#233;tait
de cinq &#224; six centim&#232;tres, &#233;taient habilement sectionn&#233;s en
partie, pour casser alors que le convoi &#233;tait en marche. Chacun
de nous poss&#233;dait une petite hache et c'est avec celleci
que nous coupions, dans de multiples endroits les tapis
roulants qui amenaient le charbon aux wagonnets. Un jour,
nous avions r&#233;ussi &#224; paralyser pour la journ&#233;e la cage qui
emmenait le personnel de la mine ainsi que les mat&#233;riaux
pour les multiples travaux de fond&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;j&#224;, en 1941, &#224; l'usine d'alumine, un ouvrier graisseur de
nuit avait r&#233;ussi un coup d'&#233;clat, en mettant hors service 233
petits moteurs &#233;lectriques en introduisant dans leurs paliers
un subtil cocktail de p&#226;te &#224; roder et de limaille, assaisonn&#233;
&#224; l'acide. Le sommet est atteint avec la destruction des autoclaves
de l'usine d'alumine dans la nuit du &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/5-mars-1944-l-incroyable-sabotage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5 mars 1944&lt;/a&gt; par
des maquisards des Basses-Alpes renseign&#233;s par Victor Savine. Un pyl&#244;ne de la ligne
de haute tension qui passe au Canet de Meyreuil et qui alimente
l'usine saute &#224; la fin du m&#234;me mois. Ceux de la cimenterie
de Valdonne sont d&#233;truits &#224; la dynamite en mai. Le 14
juillet est &#8220;f&#234;t&#233;&#8221; comme il se doit par la destruction d'un pont
par un ancien mineur, Fran&#231;ois Sachetti. C'est un pont m&#233;tallique
&#224; Meyreuil, et seize kilos (!) de plastic l'allongent pour
le compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nancy a le torticolis&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut dire qu'&#224; ce moment-l&#224;, l'op&#233;ration Overlord (le d&#233;barquement
du 6 juin en Normandie) a d&#233;j&#224; eu lieu et que tous
attendent avec impatience ce que le Proven&#231;al appelle &#8220;le
jour J de la Provence&#8221;. Initialement, les
deux d&#233;barquements devaient se d&#233;rouler le m&#234;me jour, fin
mai 1944. Retard&#233; de plus de deux mois par la campagne
d'Italie, celui de la Provence ne d&#233;butera que dans la nuit du
14 au 15 ao&#251;t, jour de l'Assomption. Le 14 au soir, dans les
messages personnels transmis habituellement par la BBC,
se cachent quatre phrases d'alerte. Les trois premi&#232;res -&#8220;la
burette coule&#8221;, &#8220;le bombardement &#233;tourdit&#8221; et &#8220;le chasseur
est affam&#233;&#8221;- sont quelque peu tomb&#233;es dans l'oubli. En
revanche, celle qui devait annoncer la gu&#233;rilla g&#233;n&#233;ralis&#233;e -&#8220;Nancy a le torticolis- est rest&#233;e dans toutes les m&#233;moires.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;Le 15 ao&#251;t, j'&#233;tais rue Ledru-Rollin, derri&#232;re la mairie, on
apprenait le maniement de la mitraillette Stein. D'un seul
coup, on a entendu crier &#8220;les Allemands ramassent tous
les jeunes !&#8221; Le d&#233;barquement de Provence venait d'avoir
lieu, on l'a su par la rumeur publique. On est all&#233; se cacher
dans la colline.&#8221;&lt;/i&gt; Arthur Manouelian, 72 ans, revit ces heures
cruciales comme si elles avaient eu lieu il y a trois mois.
Apr&#232;s avoir travaill&#233; chez un entrepreneur en ma&#231;onnerie,
il se retrouve dans un chantier de jeunesse en 1942, au Canet
des Maures. &lt;i&gt;&#8220;Au chantier, tous les sup&#233;rieurs &#233;taient favorables
au gouvernement. Nous, on &#233;tait
d&#233;j&#224; choqu&#233;s par l'armistice, mais on
faisait plus ou moins confiance au mar&#233;chal.
Jusqu'au jour o&#249; on nous a fait
mettre au garde &#224; vous devant la radio
qui diffusait le discours de Laval, qui
disait : je souhaite la victoire de l'Allemagne&#8221;&lt;/i&gt;.
C'&#233;tait le 22 juin 1942, et ce
jour-l&#224;, les derniers doutes que ces jeunes
pouvaient nourrir sur la nature de l'Etat
fran&#231;ais s'envolent d&#233;finitivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On montait au Cativeau
pour voir les bombardiers&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De retour &#224; Gardanne, c'est l'embauche
&#224; l'usine d'alumine. &lt;i&gt;&#8220;Les rafles se multipliaient
pour le STO, soit-disant pour
&#233;changer des prisonniers. Plusieurs fois j'ai re&#231;u des feuilles de route. Bien s&#251;r, je ne voulais pas partir,
et je les br&#251;lais &#224; chaque fois.&#8221;&lt;/i&gt; Arthur rejoint alors la
R&#233;sistance et se retrouve dans un r&#233;seau, celui de l'ORA
(Oraganisation de R&#233;sistance de l'Arm&#233;e), dirig&#233; par Jean
Perrin. La mission : surveiller les Allemands, espionner les
terrains d'aviation, sabotage dans l'usine. &lt;i&gt;&#8220;Du petit boulot
en permanence. D'autres se chargeaient de modifier la destination
des wagons d'alumine, qui se perdaient vers la Bretagne
ou Bordeaux au lieu de se retrouver en Allemagne.&#8221;&lt;/i&gt;
Et toujours les contr&#244;les sur le Cours, les rafles &#224; la Maison
du Peuple. &lt;i&gt;&#8220;Les &#233;trangers partaient et ne revenaient pas&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand Marseille est bombard&#233;e par les Am&#233;ricains le 27 mai
1944, les Gardannais voient passer au dessus de leur t&#234;te les
250 bombardiers anglo-am&#233;ricains dans un bruit de tonnerre,
pendant que la m&#233;tropole, juste derri&#232;re la cha&#238;ne de
l'Etoile, est &#233;cras&#233;e sous un tapis de bombes. &lt;i&gt;&#8220;Nous, les
jeunes, on &#233;tait passionn&#233;s d'aviation, on montait au Cativeau
pour mieux voir, pas question de se terrer dans les caves.
La seule fois o&#249; j'y suis descendu, c'&#233;tait &#224; Marseille, pendant
une alerte, quinze jours apr&#232;s ce 27 mai. Je n'ai jamais
eu aussi peur de ma vie !&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis vient le 15 ao&#251;t. &lt;i&gt;&#8220;A ce moment-l&#224;, on se pr&#233;parait &#224; se
battre longtemps. Et puis tout s'est pr&#233;cipit&#233;. Le mardi, les
Alli&#233;s d&#233;barquaient dans le Var, le lundi suivant ils &#233;taient
d&#233;j&#224; l&#224;.&#8221;&lt;/i&gt; Entre temps, les occupants ont sagement battu en
retraite. &lt;i&gt;&#8220;C'&#233;tait &#224; la 19&#232;me arm&#233;e allemande qu'on avait
affaire. Il y avait beaucoup de Russes, de G&#233;orgiens, et ils
n'&#233;taient pas tr&#232;s motiv&#233;s&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout Gardanne tremblait&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Joseph Barre, artisan peintre (il &#233;tait notamment charg&#233; de
peindre en bleu les fen&#234;tres &#224; cause du couvre-feu), habitait
alors au 32, cours de la R&#233;publique. Il raconte : &lt;i&gt;&#8220;Le 19, les
Allemands commen&#231;aient &#224; partir et ils avaient besoin de
v&#233;hicules, ils fauchaient tous les v&#233;los qu'ils pouvaient. A
un moment, j'ai vu un jeune Allemand s'approcher avec son
cheval. A mon coll&#232;gue et &#224; moi, il nous a dit en fran&#231;ais :
&#034;je suis Alsacien, je ne veux plus me battre. Je vous donne
mon cheval en &#233;change de v&#234;tements civils&#034;. On a dit non,
c'&#233;tait trop risqu&#233;.&#8221;&lt;/i&gt; Le matin du 21, Gardanne est une ville
morte. Les gendarmes ont fait &#233;vacuer les habitants par
crainte d'un bombardement de l'usine d'alumine.&lt;br class='manualbr' /&gt;A l'aube, trois petits obus sont tir&#233;s par les Am&#233;ricains. L'un
tombe pr&#232;s de l'ancienne Caisse d'Epargne, un autre &#224; l'angle
de la rue Thiers, un dernier se fiche dans un platane devant
la mairie. Quelques minutes plus tard, des parlementaires &#224;
moto s'en vont &#224; la rencontre des Am&#233;ricains. &lt;i&gt;&#8220;Il y avait
un cur&#233; &#224; l'arri&#232;re, avec sa robe noire et un drapeau blanc&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;A ce moment-l&#224;, il ne reste plus que cinq Gardannais au
centre-ville, dont Joseph Barre, son fils Henri, 11 ans, et le
fr&#232;re de Victor Savine. &lt;i&gt;&#8220;Les premiers Am&#233;ricains arrivent
par la route de Gr&#233;asque (l'actuelle avenue L&#233;o-Lagrange,
NDLR). Ils avaient d&#251; passer &#224; travers champs. C'&#233;tait des
fantassins, ils avaient le fusil au bras comme s'ils allaient &#224; la chasse. Nous les avons embrass&#233;,
puis j'ai couru prendre mon appareil
photo. Ils &#233;taient tr&#232;s fatigu&#233;s, ils
se sont assis sur le trottoir. C'&#233;tait &#224;
peu pr&#232;s huit heures.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Dix minutes
apr&#232;s, la ville se remplit subitement.
Les jeeps entrent en ville par le quartier
Saint-Roch, puis, un peu plus tard,
les blind&#233;s. &lt;i&gt;&#8220;Tout Gardanne tremblait
quand les chars sont pass&#233;s,
raconte Henri Ranguis, ils &#233;taient
une trentaine&#8221;&lt;/i&gt;. C'est &#233;videmment
l'euphorie, les cloches sonnent &#224; la vol&#233;e, les chewing-gums,
les cigarettes et le chocolat pleuvent. &lt;i&gt;&#8220;Ils donnaient de tout,
du whisky entre autres, je me souviens qu'un mineur en a bu
un demi-litre. Il en est mort&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les instructions du gouvernement
provisoire de la R&#233;publique...&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le m&#234;me jour, la municipalit&#233; dirig&#233;e par Jules Goulet (nomm&#233;
par Vichy en 1941) est chass&#233;e par les hommes de Victor
Savine qui retrouve ses fonctions de maire &#224; la t&#234;te de la
d&#233;l&#233;gation municipale. Dans un document publi&#233; par la revue
municipale de Gardanne en 1984, on apprend comment celui
qui occupa le fauteuil de maire pendant trente-neuf ans fut
intronis&#233; : &#8220;Pendant l'occupation allemande un comit&#233; local
de lib&#233;ration clandestin s'est constitu&#233;. Les instructions du
Gouvernement Provisoire de la R&#233;publique &#224; Alger et le
Comit&#233; National de Lib&#233;ration avaient d&#233;fini et d&#233;cid&#233; comment
les comit&#233;s locaux devaient &#234;tre compos&#233;s. A Gardanne,
c'est Victor Savine, repr&#233;sentant pour les centres
miniers du MUR (mouvements unis de la R&#233;sistance) qui
avait mandat de l'organiser.&#8221; En 1971, &#224; la fin de son dernier
mandat, il expliquait lui-m&#234;me son r&#244;le &#224; la Lib&#233;ration :
&lt;i&gt;&#8220;Certes, je n'ai pas pu tout emp&#234;cher ; mais j'ai limit&#233; les
repr&#233;sailles qui &#233;taient parfois des rancunes personnelles
(...). J'ai &#233;vit&#233; le pire et sauv&#233; la vie de bien des personnes...
Fran&#231;ais ou Arm&#233;niens. A Gardanne, il n'y a pas eu pour
ainsi dire de repr&#233;sailles contre ceux qui &#233;taient pour le r&#233;gime
de Vichy ; l&#224;, j'ai rendu le Bien pour le Mal.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand bazar du R&#233;altor&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les Am&#233;ricains ne s'&#233;ternisent pas &#224; Gardanne. &lt;i&gt;&#8220;Ils sont
rest&#233;s un jour, apr&#232;s ils se sont install&#233;s dans un camp au
R&#233;altor. Ils venaient danser ici, certains ont fait des affaires,
se souvient Henri Ranguis. Moi, j'allais l&#224;-bas chercher des
outils, des chalumeaux, des marteaux... Une fois, on y est
all&#233; avec un camion et on a r&#233;cup&#233;r&#233; un &#233;tabli avec douze
tiroirs. On trouvait aussi des pantalons, des chemises...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Joseph Barre revoit &lt;i&gt;&#8220;une v&#233;ritable petite ville, avec tout ce
qu'il fallait. Du mat&#233;riel, de la nourriture, ils en avaient bien
plus que n&#233;cessaire... C'&#233;tait un immense trafic.&#8221;&lt;/i&gt; Henri, son
fils, se m&#233;fiait tout particuli&#232;rement de la MP, la police militaire,
qui veillait au grain. &lt;i&gt;&#8220;Une fois, avec un copain, on s'est
fait prendre sur la route. On leur a dit qu'on &#233;tait de Gardanne,
alors ils nous ont envoy&#233; &#224; Berre...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Gardanne est lib&#233;r&#233;e, mais la guerre n'est pas finie. Les
troupes allemandes retranch&#233;es dans Marseille tiendront
encore une semaine avant de se rendre au g&#233;n&#233;ral de Monsabert.
Dans le bassin minier, les FFI et les FTPF veulent
continuer le combat. Certains s'engagent individuellement
dans les arm&#233;es fran&#231;aises de passage. D'autres se regroupent
et rejoignent &#224; Aix le bataillon FFI de Provence. Ces
cinquante-l&#224; s'illustreront pendant plusieurs mois et resteront
dans les m&#233;moires sous le nom de commando Courson.
Mais c'est d&#233;j&#224; une autre histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils n'ont pas vu
Gardanne lib&#233;r&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la lib&#233;ration de Gardanne n'a pas donn&#233;
lieu &#224; de violents affrontements, deux civils sont morts
ce jour-l&#224;, derni&#232;res victimes de la folie des hommes.
Il s'agit de Laurent Biancotto, qui n'avait pas dixneuf
ans, et Jean Gautier, qui en avait soixantequatorze.
Cinq jours avant, un bombardement alli&#233;
sur la gare avait co&#251;t&#233; la vie &#224; Fortun&#233; Gautier
(quarante-quatre ans), Mickael Lovezanin (vingt-et
un ans) et Michel Tassone (trente-huit ans). Ceux-l&#224;,
et tous ceux dont le nom est grav&#233; sur le monument
aux morts du cimeti&#232;re et qui sont tomb&#233;s les armes
&#224; la main, resteront pour toujours dans le coeur des
Gardannais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin</guid>
		<dc:date>2005-07-14T11:42:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>La mine</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le r&#233;cit de la lib&#233;ration de Gardanne par l'arm&#233;e am&#233;ricaine, avec des t&#233;moignages recueillis lors du cinquantenaire, en 1994&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Histoires-gardannaises-" rel="directory"&gt;Histoires gardannaises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Energies-+" rel="tag"&gt;Energies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-La-mine-+" rel="tag"&gt;La mine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un lundi, c'&#233;tait un 21 ao&#251;t, c'&#233;tait en 1944. Les cloches sonnaient &#224; la vol&#233;e, les jeeps
am&#233;ricaines d&#233;boulaient par l'avenue de Nice et les Gardannais descendaient des collines o&#249;
ils s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s. Apr&#232;s vingt-deux mois d'occupation allemande, le bassin minier, appuy&#233;
sur la R&#233;sistance, se lib&#233;rait - relativement - en douceur, r&#233;glait quelques comptes et se
retroussait les manches pour participer, en premi&#232;re ligne, &#224; l'effort de redressement industriel.
Pour ne pas laisser s'effacer la m&#233;moire de ces temps exceptionnels, nous avons retrouv&#233;
quelques acteurs, glorieux ou anonymes, de la lib&#233;ration de la ville. La parole est &#224; eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH324/liberation50ans-52e81.jpg?1732460261' width='250' height='324' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Il-etait-une-fois-la-Liberation' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Il &#233;tait une fois la Lib&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils ont v&#233;cu la guerre chacun de leur c&#244;t&#233;, dans une galerie de mine &#224; mille m&#232;tres sous terre ou dans une ferme autrichienne &#224; mille kilom&#232;tres de la Provence, dans un chantier de jeunesse du Var ou dans les ateliers de l'usine d'alumine. Tous sont Gardannais, ont entre soixante et quatre-vingt dix ans et se souviennent de ces heures terribles et exaltantes de leur jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Cinquante-Gardannais-pour-l' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Cinquante Gardannais pour l'Histoire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De la caserne Miollis &#224; Aix aux abords du lac de Constance, les commandos Courson ont poursuivi la guerre jusqu'au bout pour achever la lib&#233;ration de la France. Et ont v&#233;cu les m&#234;mes instants d'all&#233;gresse que les Am&#233;ricains &#224; Gardanne. Deux d'entre eux ne sont jamais revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Des-jeeps-et-des-medailles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des jeeps et des m&#233;dailles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Du square Veline au monument aux morts de l'H&#244;tel de ville en passant par l'exposition &#224; la Maison du Peuple, Gardanne a honor&#233; la m&#233;moire de ses lib&#233;rateurs les 20 et 21 ao&#251;t 1994. Mais c'est la travers&#233;e de la ville par une vingtaine de v&#233;hicules de l'arm&#233;e am&#233;ricaine qui a cr&#233;&#233; la plus
forte &#233;motion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Mioche : &#8220;l'usine d'alumine tourne le dos au mod&#232;le &#233;conomique dominant&#8221;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Philippe-Mioche-l-usine-d-alumine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Philippe-Mioche-l-usine-d-alumine</guid>
		<dc:date>2005-07-13T20:44:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier Pechiney, cent ans apr&#232;s Professeur d'histoire contemporaine sp&#233;cialis&#233; dans l'histoire &#233;conomique &#224; l'Universit&#233; de Provence, Philippe Mioche a pris en charge l'&#233;t&#233; dernier la conception et la coordination d'un manuscrit sur l'histoire de l'usine d'alumine de Gardanne. Il nous parle de cette initiative originale, neuf mois avant la remise des copies. ENERGIES. Quels rapports entretiennent l'histoire et l'&#233;conomie ? PHILIPPE MIOCHE. L'histoire &#233;conomique n'est pas un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cent-ans-de-Pechiney-" rel="directory"&gt;Cent ans de Pechiney&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur d'histoire contemporaine sp&#233;cialis&#233; dans l'histoire &#233;conomique &#224; l'Universit&#233;
de Provence, Philippe Mioche a pris en charge l'&#233;t&#233; dernier la conception et la coordination
d'un manuscrit sur l'histoire de l'usine d'alumine de Gardanne. Il nous parle de cette initiative
originale, neuf mois avant la remise des copies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;ENERGIES. &lt;i&gt;Quels rapports entretiennent
l'histoire et l'&#233;conomie ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;PHILIPPE MIOCHE. L'histoire &#233;conomique
n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne
r&#233;cent. On l'enseigne depuis la fin
du 19&#232;me si&#232;cle. En revanche, l'&#233;tude
de l'histoire des entreprises n'existe
que depuis une dizaine d'ann&#233;es.
Ces derni&#232;res acceptent maintenant
d'ouvrir leurs archives, et les historiens
professionnels commencent &#224;
s'y int&#233;resser. A raison : pour eux,
c'est un sujet tr&#232;s vivant, car c'est
l'&#233;volution des techniques
et des modes de production,
mais c'est aussi une communaut&#233;
d'hommes. Mais
la seule condition pour que
j'accepte un tel travail, c'est
qu'il n'y ait pas de limite &#224;
mes recherches, que l'entreprise
joue le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment vous-y prenez
vous pour recueillir les &#233;l&#233;ments
dont vous avez
besoin ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous travaillons sur
deux axes : les archives
&#233;crites que la direction de
Pechiney Gardanne a mis &#224;
notre disposition, et les
t&#233;moignages oraux qui nous
apportent des &#233;l&#233;ments
introuvables ailleurs, et qui
sont bien entendu plus
vivants que des statistiques.
Comme l'usine est bien
ins&#233;r&#233;e dans la ville et dans
son tissu social, une part
importante de son personnel,
actif ou retrait&#233;, y habite
encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Que cherchez-vous &#224; d&#233;montrer
&#224; travers cette &#233;tude ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut savoir que dans le cadre
de l'&#233;conomie industrielle r&#233;gionale,
l'usine d'alumine de Gardanne
tourne le dos au mod&#232;le &#233;conomique
dominant, pourtant g&#233;ographiquement
voisin. A la fin du si&#232;cle dernier,
Marseille est un port colonial,
o&#249; arrivent des mati&#232;res premi&#232;res
venues des colonies, transform&#233;es et
r&#233;export&#233;es. Que fait l'usine d'alumine ? Elle utilise trois produits
locaux, la bauxite du Var, le sodium
de Camargue et la lignite de Gardanne,
qu'elle transforme sur place
en alumine et qu'elle revend &#224; un seul
client, la Soci&#233;t&#233; de Froges. &#199;a ne l'a
pas emp&#234;ch&#233;e de traverser la seconde
industrialisation (depuis 1896 jusqu'&#224;
nos jours) sans encombre, gr&#226;ce
&#224; un syst&#232;me technique relativement
stable (le proc&#233;d&#233; Bayer). Il va nous
falloir rechercher les transformations
structurelles (le passage du tout-alumine
m&#233;tallurgique aux alumines
techniques), l'&#233;volution de
l'organisation du travail...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pensez-vous, &#224; la lumi&#232;re
des &#233;v&#233;nements pass&#233;s,
pouvoir tirer des enseignements
sur l'avenir de l'entreprise ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Attention. Je fais un
m&#233;tier d'historien, mon r&#244;le
n'est pas de pr&#233;dire l'avenir.
La question que je me pose
et &#224; laquelle j'essaie de
r&#233;pondre, c'est &#8220;comment
en est-on arriv&#233; l&#224; ?&#8221; C'est
tout. Je souhaite simplement
que mes travaux soient utilisables
par d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Est-ce qu'un travail de ce
type est envisageable pour
la premi&#232;re entreprise gardannaise,
les Houill&#232;res ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Je le souhaite, bien s&#251;r.
C'est un r&#234;ve, sinon un projet.
Vous pensez si &#231;a serait
passionnant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Louis et Marie-Th&#233;r&#232;se Rachet, 66 ans de Pechiney &#224; eux deux</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Louis-et-Marie-Therese-Rachet-66</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Louis-et-Marie-Therese-Rachet-66</guid>
		<dc:date>2005-07-13T20:39:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier Pechiney, cent ans apr&#232;s L'usine, ils l'ont v&#233;cue de l'int&#233;rieur, de la Lib&#233;ration au milieu des ann&#233;es 80. Ils ont partag&#233; les difficult&#233;s, les luttes, les jours heureux, les bonnes et les mauvaises surprises. Ils n'ont rien oubli&#233; de ce qui fut leur vie pendant quarante ann&#233;es. &#034;Pour pouvoir faire construire, il fallait que l'homme y entre&#8221;. Alors, l'homme, c'est &#224; dire Louis, est entr&#233; &#224; l'usine d'alumine o&#249; sa femme, Marie-Th&#233;r&#232;se, travaillait depuis dix ans. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cent-ans-de-Pechiney-" rel="directory"&gt;Cent ans de Pechiney&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine, ils l'ont v&#233;cue de
l'int&#233;rieur, de la Lib&#233;ration
au milieu des ann&#233;es 80. Ils
ont partag&#233; les difficult&#233;s, les
luttes, les jours heureux, les
bonnes et les mauvaises surprises.
Ils n'ont rien oubli&#233;
de ce qui fut leur vie pendant
quarante ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Pour pouvoir faire construire,
il fallait que l'homme
y entre&#8221;&lt;/i&gt;. Alors, l'homme,
c'est &#224; dire Louis, est entr&#233; &#224; l'usine
d'alumine o&#249; sa femme, Marie-Th&#233;r&#232;se,
travaillait depuis dix ans. Ainsi,
ils ont pu acqu&#233;rir un pavillon dans
le tout nouveau lotissement La Crau,
rue Paul H&#233;roult, &#224; Gardanne. Apr&#232;s
une carri&#232;re cahotique, Louis finit
par s'installer &#224; Gardanne et int&#233;grer
Pechiney, en 1958. &lt;i&gt;&#8220;J'ai commenc&#233;
par faire les trois huit, mais d&#232;s que
j'ai pu quitter les postes, j'ai fait
l'entretien, apr&#232;s trois ans de formation
aux Arts et M&#233;tiers &#224; Aix. Je
suis donc pass&#233; agent de jour &#224;
l'entretien m&#233;canique.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est l'&#233;poque o&#249; l'usine passe de
l'attaque discontinue &#224; l'attaque
continue et o&#249; le mat&#233;riel v&#233;tuste est
r&#233;nov&#233; ou remplac&#233;. La production
augmente, la qualit&#233; de l'alumine
produite aussi, mais il reste des t&#226;ches
ingrates et dangereuses &#224; faire, comme
de nettoyer les autoclaves &#224; l'int&#233;rieur
desquels une cro&#251;te &#233;paisse de
m&#233;lange d'alumine et de soude se
forme. &lt;br class='manualbr' /&gt;La soude, c'&#233;tait l'ennemi,
l'origine des accidents les plus
graves, peu nombreux mais toujours
effrayants. &lt;i&gt;&#8220;Certains ont perdu un
oeil, d'autres sont devenus aveugles,
se souvient Louis. Il y a m&#234;me eu des
chutes dans des cuves remplies de
soude caustique. J'en connais qui en
ont r&#233;chapp&#233;, mais ce n'&#233;tait pas
beau &#224; voir.&#8221;&lt;/i&gt; Au fil des ann&#233;es, les
manipulations directes de soude se
sont r&#233;duites, et le nettoyage des
tuyauteries se faisait de l'ext&#233;rieur.
&lt;i&gt;&#8220;On tapait sur les tuyaux &#224; la masse
pour d&#233;crocher les cro&#251;tes int&#233;rieures.
On appelait &#231;a l'orchestre.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Sa femme, elle, a &#233;t&#233; embauch&#233;e en
1946, en pleine p&#233;riode de r&#233;duction
d'effectifs. &lt;i&gt;&#8220;Il faut dire que pendant
la guerre, l'usine a abrit&#233; beaucoup
de monde. Les Allemands avaient
impos&#233; les 48 heures hebdomadaires,
mais le personnel &#233;tait en surnombre.
C'est gr&#226;ce au chef du personnel de
l'&#233;poque que de nombreux jeunes ne
sont pas partis travailler en Allemagne.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle se souvient aussi de
l'&#233;poque o&#249; des manutentionnaires
chargeaient des sacs d'alumine sur
le dos. &lt;i&gt;&#8220;Ils n'avaient pas de qualification,
des petits salaires et des
grosses primes. A la retraite, ils
n'avaient presque rien.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et puis arrive 1968. &lt;i&gt;&#8220;Il n'y avait plus
eu de gr&#232;ve depuis 1936 et le Front
Populaire. A l'&#233;poque, la production
s'&#233;tait arr&#234;t&#233;e et les machines
en avaient pris un coup. Depuis,
c'&#233;tait l'argument-type pour &#233;viter
les gr&#232;ves.&#8221;&lt;/i&gt; Premi&#232;re alerte en 1965,
avec un arr&#234;t de travail de 24 heures.
Le tabou est bris&#233;. Quelques temps
plus tard, une panne &#233;lectrique
bloque l'usine pendant 48 heures,
sans cons&#233;quence pour les machines.
C'est la preuve qu'une gr&#232;ve longue
est possible sans dommage pour
l'usine. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le 9 mai 1968, les locaux
sont occup&#233;s, la production arr&#234;t&#233;e.
Le mouvement durera trois semaines.
&lt;i&gt;&#8220;Quand il y avait un probl&#232;me, on
&#233;tait solidaire, se souvient Marie-
Th&#233;r&#232;se. Certains se sentaient pousser
des ailes.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1985, ils font partie de la troisi&#232;me
vague de d&#233;part en pr&#233;-retraite.
Ils ont 55 ans chacun, et totalisent
&#224; eux deux 66 ans d'anciennet&#233; chez
Pechiney. Ils peuvent d&#233;sormais se
consacrer &#224; leur pavillon, lotissement
La Crau, rue Paul H&#233;roult.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>5 mars 1944 : l'incroyable sabotage</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/5-mars-1944-l-incroyable-sabotage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/5-mars-1944-l-incroyable-sabotage</guid>
		<dc:date>2005-07-13T20:35:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier Pechiney, cent ans apr&#232;s Le r&#233;sistant Jean Vial raconte comment dix-neuf autoclaves ont &#233;t&#233; souffl&#233;s sans faire de victimes, faisant chuter la production d'alumine jusqu'&#224; la lib&#233;ration, cinq mois plus tard. La guerre touche &#224; sa fin et rentre dans sa p&#233;riode la plus violente. L'usine d'alumine de Gardanne produit pour le compte de l'occupant de l'alumine, du chlore et du magn&#233;sium. Pour &#233;viter des bombardements a&#233;riens qui mettent en danger les populations civiles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cent-ans-de-Pechiney-" rel="directory"&gt;Cent ans de Pechiney&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sistant Jean Vial raconte comment dix-neuf autoclaves ont &#233;t&#233; souffl&#233;s sans faire de victimes, faisant chuter la production d'alumine jusqu'&#224; la lib&#233;ration, cinq mois plus tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre touche &#224; sa fin et rentre
dans sa p&#233;riode la plus violente.
L'usine d'alumine de Gardanne
produit pour le compte de
l'occupant de l'alumine, du chlore
et du magn&#233;sium. Pour &#233;viter des
bombardements a&#233;riens qui mettent
en danger les populations civiles
Londres d&#233;cide de faire saboter l'usine
d'alumine. Jean Vial, un des huit
participants &#224; l'op&#233;ration, a racont&#233;
la nuit du 4 au 5 mars 1944 dans
un livre paru peu apr&#232;s la Lib&#233;ration.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le sabotage est pr&#233;par&#233; le 28 f&#233;vrier
au bar des Voyageurs &#224; Aix-en-Provence.
L&#224;, un groupe de r&#233;sistants
venu de Manosque rencontre Ren&#233;
Obadia, parachut&#233; de Londres et qui
va commander l'op&#233;ration. Trente
kilos d'explosifs sont fournis par le
maquis des Basses-Alpes et transport&#233;s
en train, de Manosque &#224; Gardanne
via Aix dans un sac tyrolien,
au nez et &#224; la barbe de la Gestapo et
de la Milice. A trois heures du matin,
les huit r&#233;sistants entrent dans l'usine
par la grande porte, arm&#233;s jusqu'aux
dents de revolvers,
mitraillettes et grenades. Ils arrivent
sans encombre jusqu'au grand b&#226;timent
qui abrite vingt-trois autoclaves
de 12 m&#232;tres de haut. &lt;i&gt;&#8220;Nous
avons beaucoup de mal &#224; placer nos
charges contre les parois des bacs
dont le contenu est en pleine fusion.
Le chaterton et le plastique fondent
comme cire et cela constitue un grave
danger. Par bonheur, plusieurs
bacs ont &#224; leur partie inf&#233;rieure une
collerette qui facilite notre t&#226;che&#8221;.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est l'&#233;vacuation. Tous les ouvriers
pr&#233;sents sur les lieux sont conduits
&#224; l'ext&#233;rieur, deux r&#233;sistants assurent
la mise &#224; feu. &lt;i&gt;&#8220;Le travail a dur&#233;
presque deux heures, l'explosion
s'est produite &#224; 4h30. L'un des plus
beaux sabotages de France venait
d'&#234;tre r&#233;alis&#233;.&#8221;&lt;/i&gt; Dix-neuf autoclaves
sont d&#233;truits. L'usine fermera quatre
jours, et sa production diminuera de
deux-tiers jusqu'&#224; la Lib&#233;ration. Le
sabotage n'aura fait aucune victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paul H&#233;roult, Afred Rangod Pechiney, Karl Joseph Bayer</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Heroult-Afred-Rangod-Pechiney</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Heroult-Afred-Rangod-Pechiney</guid>
		<dc:date>2005-07-13T20:32:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier Pechiney, cent ans apr&#232;s Le premier est un inventeur de g&#233;nie, le second un patriarche r&#233;actionnaire, le troisi&#232;me est un chimiste allemand travaillant dans une usine russe. A eux trois, ils vont cr&#233;er Pechiney. Paul H&#233;roult N&#233; en 1863, Paul-Louis- Toussaint H&#233;roult se distingue d'abord au billard et au lancer d'&#233;ponge (sur des directeurs d'&#233;cole), puis se passionne &#224; quinze ans pour l'aluminium. En 1886, il d&#233;pose un brevet pour un proc&#233;d&#233; de pr&#233;paration de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cent-ans-de-Pechiney-" rel="directory"&gt;Cent ans de Pechiney&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est un inventeur de g&#233;nie, le second un patriarche r&#233;actionnaire, le troisi&#232;me est un chimiste allemand travaillant dans une usine russe. A eux trois, ils vont cr&#233;er Pechiney.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul H&#233;roult&lt;/strong&gt; N&#233; en 1863, Paul-Louis-
Toussaint H&#233;roult se distingue
d'abord au billard et au lancer
d'&#233;ponge (sur des directeurs
d'&#233;cole), puis se passionne &#224; quinze
ans pour l'aluminium. En 1886,
il d&#233;pose un brevet pour un proc&#233;d&#233;
de pr&#233;paration de l'aluminium
par &#233;lectrolyse, celui-l&#224;
m&#234;me qui est encore en usage
aujourd'hui. Convoqu&#233; &#224;
Salindres par Alfred Rangod
Pechiney, il &#8220;ex&#233;cute&#8221; imprudemment
son h&#244;te au billard et se
fait gentiment mettre &#224; la porte.&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1892, il dirige les travaux
d'une nouvelle usine &#224; La Praz,
qui allait recevoir l'alumine fabriqu&#233;e
&#224; Gardanne o&#249; il viendra souvent
entre 1894 et 1895, apportant
de s&#233;rieuses am&#233;liorations au proc&#233;d&#233;
Bayer. D&#233;sordonn&#233; et indisciplin&#233;
au possible, c'&#233;tait aussi
un inventeur de g&#233;nie, digne de
Jules Verne : parmi ses projets, on
trouve un bateau marcheur actionn&#233;
par des moteurs &#233;lectriques,
un h&#233;licopt&#232;re, une fus&#233;e &#224; r&#233;action...&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es pass&#233;es
aux Etats-Unis, il revint en
France pour y mourir juste avant
la guerre, le 9 mai 1914, sur son
yatch &#224; Antibes. Il travaillait &#224; son
dernier projet : un bateau sp&#233;cialement
&#233;quip&#233; pour fabriquer de
l'iode dans la mer des Sargasses.
Une rue de Gardanne porte son
nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alfred Rangod Pechiney&lt;/strong&gt; N&#233; en 1833 &#224; Paris, il perd tr&#232;s jeune son p&#232;re, Antoine Rangod, et
prend quelques ann&#233;es plus tard le nom du second mari de sa m&#232;re,
Pechiney. Apr&#232;s des &#233;tudes dans des laboratoires de chimistes, il succ&#232;de
en 1877 &#224; Henry Merle, fondateur de la compagnie des produits chimiques
d'Alais et de la Camargue, install&#233;e &#224; Salindres. Paternaliste et peu innovateur,
A.R. Pechiney se distingue par deux r&#233;flexions, l'une sur les retraites
ouvri&#232;res, &lt;i&gt;&#8220;inopportunes parce qu'elles enl&#232;veraient aux salari&#233;s le
sens des &#233;conomies&#8221;&lt;/i&gt; et l'autre adress&#233;e &#224; Paul H&#233;roult, venu lui pr&#233;senter
son brevet d'&#233;lectrolyse de l'alumine (encore en usage aujourd'hui) :
&lt;i&gt;&#8220;l'aluminium est un m&#233;tal &#224; d&#233;bouch&#233;s restreints, il ne s'emploie qu'&#224; faire
des tubes de lorgnettes.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8220;Lou Padre&#8221;, comme il &#233;tait surnomm&#233; &#224;
Salindres (dont il est devenu le maire), c&#232;dera sa place progressivement
au conseil d'administration de la soci&#233;t&#233;, avant de la quitter d&#233;finitivement
en 1910 et de mourir &#224; Hy&#232;res, le 18 janvier 1916, &#224; 83 ans. C'est trentequatre
ans plus tard, en 1950, que sa soci&#233;t&#233; qui a entre-temps (en 1921)
fusionn&#233; avec celle de Paul H&#233;roult prendra son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karl Joseph
Bayer&lt;/strong&gt; Chimiste allemand employ&#233;
dans une usine russe, Karl-
Joseph Bayer construit et fait breveter
en 1887 un appareil pour la
fabrication de compos&#233;s d'alumine
pure, bas&#233; sur l'attaque de la
bauxite par de la soude caustique
&#224; haute temp&#233;rature, qui va se r&#233;v&#233;ler
plus efficace et plus &#233;conomique
que l'ancienne m&#233;thode de
fabrication au carbonate de soude.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le proc&#233;d&#233; Bayer, qui allait
s'imposer dans le monde entier au
cours du 20&#232;me si&#232;cle, allait &#234;tre
progresivement mis au point &#224; partir
de 1894 &#224; Gardanne, dans la toute
nouvelle usine construite un an
avant par la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise
d'Alumine Pure. Les ann&#233;es 1890
allaient &#234;tre celles des t&#226;tonnements,
apr&#232;s que Bayer lui-m&#234;me,
en conflit avec Paul H&#233;roult, n'ai
pu adapter son proc&#233;d&#233; &#224; des
contraintes industrielles. La Soci&#233;t&#233;
d'Electro-Metallurgie Fran&#231;aise,
d&#233;tentrice du brevet, refuse de
lui payer l'int&#233;gralit&#233; de ses droits.
Ce sont les ing&#233;nieurs de l'usine
de Gardanne qui vont parvenir, &#224;
partir de 1898, &#224; rendre le proc&#233;d&#233;
efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Printemps 1894 : il y a de l'alumine &#224; Gardanne !</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Printemps-1894-il-y-a-de-l-alumine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Printemps-1894-il-y-a-de-l-alumine</guid>
		<dc:date>2005-07-13T17:38:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier Pechiney, cent ans apr&#232;s Des d&#233;buts cahotiques &#224; l'expansion de l'alumine technique en passant par les coups de g&#233;nie de Paul H&#233;roult, les deux guerres mondiales, les crises &#233;conomiques et la concurrence &#233;trang&#232;re, l'histoire de l'usine d'alumine se confond avec celle du si&#232;cle. En voici une &#233;bauche . JUSQU'EN 1892, l'aluminium, m&#233;tal r&#233;volutionnaire par ses propri&#233;t&#233;s physiques, n'est pas rentable. La Soci&#233;t&#233; de Froges, dans l'Is&#232;re, manque de peu le d&#233;p&#244;t de bilan (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cent-ans-de-Pechiney-" rel="directory"&gt;Cent ans de Pechiney&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;buts cahotiques &#224; l'expansion de l'alumine technique en passant par les coups de g&#233;nie
de Paul H&#233;roult, les deux guerres mondiales, les crises &#233;conomiques et la concurrence
&#233;trang&#232;re, l'histoire de l'usine d'alumine se confond avec celle du si&#232;cle. En voici une &#233;bauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Raveux, Les d&#233;buts de la fabrication de l'alumine &#224; Gardanne, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;JUSQU'EN 1892, l'aluminium,
m&#233;tal r&#233;volutionnaire par ses
propri&#233;t&#233;s physiques, n'est
pas rentable. La Soci&#233;t&#233; de Froges,
dans l'Is&#232;re, manque de peu le d&#233;p&#244;t
de bilan quand tout &#224; coup, l'horizon
s'&#233;claire. La demande grimpe, mais
les tarifs douaniers et les frais de
transport de l'alumine, cette poudre
blanche extraite de la bauxite et
import&#233;e d'Allemagne, restent un
obstacle. Pourquoi ne pas en fabriquer
en France ? C'est ce que fait
d&#233;j&#224; la Compagnie des Produits Chimiques
d'Alais et de la Camargue,
dirig&#233;e par un certain &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Heroult-Afred-Rangod-Pechiney' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Alfred Pechiney&lt;/a&gt;
.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais la Soci&#233;t&#233; de Froges lorgne
plut&#244;t sur le brevet que vient de d&#233;poser
un chimiste allemand, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Heroult-Afred-Rangod-Pechiney' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Karl-Joseph
Bayer&lt;/a&gt;. Trop tard :
une &#8220;Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise de l'Alumine
pure&#8221; vient de se constituer et
ach&#232;te la licence d'exploitation du
proc&#233;d&#233;. Reste &#224; choisir un site
appropri&#233;, y construire une usine et
commencer la production d'alumine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gardanne,
le meilleur choix&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le premier d&#233;partement producteur
de bauxite, en France, c'est le Var. Il
faut donc s'en approcher le plus possible.
Un terrain pr&#232;s des Milles est
d'abord envisag&#233;, puis rejett&#233;. Ce
sera donc Gardanne, sur un terrain
lou&#233; aux Charbonnages des Bouchesdu-
Rh&#244;ne (qui fourniront le combustible
pour les fours), tout contre
la gare (qui permettra d'acheminer
la bauxite). Sur 1,1 hectare (contre
40 aujourd'hui), l'usine est &#233;difi&#233;e entre 1892 et 1893 mais tarde &#224;
d&#233;marrer. Il faut en effet trouver des
clients pour l'alumine, et le proc&#233;d&#233;
Bayer n'est pas exactement au point.
L'entreprise n'a plus d'argent. Un
accord est donc trouv&#233; avec la Soci&#233;t&#233;
de Froges pour fusionner, d&#233;cision
vot&#233;e &#224; l'unanimit&#233; le 29 d&#233;cembre
1894.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;T&#234;te de vieux mulet&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1895, l'avenir de l'alumine gardannaise
semble moins sombre :
l'argent est l&#224;, les d&#233;bouch&#233;s aussi,
puisque le seul et unique client est
l'usine d'aluminium de La Praz. Restent
les probl&#232;mes que pose encore
le proc&#233;d&#233; Bayer, probl&#232;mes que son
inventeur, mandat&#233; &#224; Gardanne, ne
parvient pas &#224; r&#233;soudre. &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Heroult-Afred-Rangod-Pechiney' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Paul H&#233;roult&lt;/a&gt;,
touche-&#224;-tout de g&#233;nie et envoy&#233; sur
place par la Soci&#233;t&#233; de Froges, met
son grain de sel, ce qui ne pla&#238;t pas
&#224; l'illustre savant germanique, de
trente ans son a&#238;n&#233;, stup&#233;fait de
s'entendre traiter de &#8220;t&#234;te de vieux
mulet&#8221;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans cette ambiance pleine
de tendresse, les tuiles continuent
de pleuvoir. Une chaudi&#232;re explose,
les autoclaves s'entartrent, les pannes
se succ&#232;dent. A partir de l'&#233;t&#233; 1895,
la Soci&#233;t&#233; d&#233;cide de mettre le paquet :
douze d&#233;composeurs neufs sont install&#233;s,
ainsi qu'une nouvelle chaudi&#232;re,
une machine &#224; vapeur de 150
chevaux et l'extension de la surface
disponible de l'usine, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;troit.&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1897, de retour d'Irlande, Paul
H&#233;roult d&#233;couvre comment &#233;viter
les d&#233;p&#244;ts d'alumine dans les d&#233;composeurs
et la production d&#233;colle. De
36 tonnes d'alumine par mois &#224; l'&#233;t&#233;
1896, la production passe &#224; 54 tonnes
&#224; l'automne 1897, 80 tonnes fin
1898, 186 tonnes fin 1899.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;j&#224; les boues rouges&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si la production ne pose plus de probl&#232;mes,
les r&#233;sidus de bauxite deviennent
encombrants : on les appelle
d&#233;j&#224; les boues rouges, et on les stocke
o&#249; on peut. En 1895, selon le journal
de bord du directeur Charles
Gu&#233;nivet, &#8220;les boues r&#233;siduelles
&#233;taient simplement d&#233;pos&#233;es dans la
cour de l'usine&#8221;. En novembre 1902,
il faut faire quelque chose. L'usine
se porte acqu&#233;reuse d'une partie du
vallon d'Encorse, &#224; Bouc Bel Air,
pour 700 F l'hectare. On parle d'utiliser
les boues rouges comme remblai
pour la mine, sans succ&#232;s. En
janvier 1909, on essaie d'utiliser les
boues rouges pour l'&#233;puration du gaz
&#224; Lyon, en avril 1910, on tente de les
recycler dans la peinture, trois mois
plus tard dans le ciment. Il faudra attendre cinquante-six ans pour que
le choix du rejet en mer soit imagin&#233;,
avec les controverses que l'on
connait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La croissance
et la guerre&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Entre temps, l'usine continue de se
d&#233;velopper &#224; un rythme rapide. Ainsi,
en ao&#251;t 1904, on envisage de porter
la production d'alumine &#224; 15
tonnes par jour (soit 450 tonnes par
mois). En juin 1907, elle atteint 17,6
tonnes, en juin 1914 42 tonnes. La
guerre va interrompre le bel &#233;lan.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'approvisionnement devient difficile,
il faut six jours pour exp&#233;dier
une lettre de Gardanne &#224; Tourves (o&#249;
se trouvent les mines de bauxite). Le
premier mort ne tarde pas : l'ouvrier
Benneton succombe &#224; ses blessures
de guerre, des allocations sont vers&#233;es
aux familles des employ&#233;s
mobilis&#233;s. 36 des ouvriers de l'usine
sont des r&#233;fugi&#233;s. En ao&#251;t 1917,
la production quotidienne d'alumine
s'&#233;l&#232;ve &#224; 36 tonnes, et seulement
28 tonnes en ao&#251;t 1918. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il est temps
que la guerre s'ach&#232;ve. Avec elle se
termine une &#233;poque, celle des pr&#233;curseurs,
des savants fous et des
industriels patriarches. D&#233;j&#224; s'annoncent
les grands groupes industriels
du 20&#232;me si&#232;cle, avec la fusion le 12
mai 1921 de la soci&#233;t&#233; de Froges et
de la Compagnie des Produits Chimiques
d'Alais et de Camargue. Mais
cette fusion commence sous de biens
mauvais auspices : une premi&#232;re
vague de licenciements en mars 1921
n'est qu'un avant-go&#251;t de l'arr&#234;t total
de la production en juin. Il faudra
attendre d&#233;cembre 1922, apr&#232;s dixhuit
mois d'inactivit&#233; forc&#233;e, pour
que les embauches reprennent et que
la production retrouve doucement
son niveau de 1917 (9300 tonnes). &lt;br class='manualbr' /&gt;Il
faut dire que les salari&#233;s d'alors (entre
500 et 600 depuis 1914, soit autant
qu'aujourd'hui) ne restent pas longtemps
en poste, gu&#232;re plus de six
mois ou d'un an. A l'immigration
italienne du d&#233;but du si&#232;cle succ&#232;de
l'arriv&#233;e des Arm&#233;niens, des
ouvriers d'Europe centrale mais aussi
des Cubains ou des Argentins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;31 mai 1932, 8h30...&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Malgr&#233; une nouvelle vague de licenciements
en 1928, la production
s'accro&#238;t rapidement pour atteindre
30 000 tonnes en 1929. 1929, c'est
l'ann&#233;e du krach boursier &#224; Wall
Street qui va enfoncer le monde dans
la crise. Il faudra attendre trois ans
pour que l'onde de choc touche la
France et l'usine d'alumine de Gardanne,
dont la production retombe
au niveau de la premi&#232;re guerre et
qui subit un accident &#233;pouvantable
le 31 mai 1932. A 8h30 du matin, un
autoclave explose. Des b&#226;timents
sont souffl&#233;s, et l'on compte sept
morts. Les photos d'&#233;poque &#233;voquent un bombardement. &lt;br class='manualbr' /&gt;1936 : le Front Populaire remporte
les &#233;lections l&#233;gislatives de mai. Aussit&#244;t,
de grandes gr&#232;ves avec occupation
des locaux &#233;clatent dans toute
la France, et l'usine de Gardanne
n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. La gr&#232;ve
est dure, le mat&#233;riel souffre. Lorsque
la production red&#233;marrera, il faudra
de nombreuses r&#233;parations. Mais
les quarante heures par semaines sont
au bout, ainsi que les deux semaines
de cong&#233;s pay&#233;s...&lt;br class='manualbr' /&gt;Le 31 ao&#251;t 1939, quelques heures
avant le d&#233;but de la seconde guerre
mondiale, le conseil d'administration
de la compagnie d'Alais, Froges
et Camargue ordonne un inventaire
exceptionnel des biens de toutes les
entreprises du groupe. La guerre aura
des r&#233;percussions consid&#233;rables sur
la production d'aluminium - et donc
d'alumine - en raison de la p&#233;nurie
d'&#233;nergie. L'usine de Gardanne se
distingue, comme celles du sud de la
France, par une surembauche de salari&#233;s
qui &#233;chappent ainsi au service
du travail obligatoire (STO). &lt;br class='manualbr' /&gt;1944 et
les mois qui pr&#233;c&#233;dent la Lib&#233;ration
font chuter encore plus la production,
d&#233;j&#224; bien basse. Les installations de l'usine de Gardanne furent
d'ailleurs en grande partie d&#233;truites
par un &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/5-mars-1944-l-incroyable-sabotage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sabotage men&#233; par des r&#233;sistants
des Basses-Alpes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin Pechiney&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s les forts d&#233;graissages d'effectifs
de l'apr&#232;s guerre, la Soci&#233;t&#233;
d'Alais, Froges et Camargue va
s'offrir une cure de jouvence en
retournant aux sources, puisque
l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale extraordinaire
du 8 septembre 1950 ent&#233;rine
l'appellation nouvelle de Pechiney,
compagnie de Produits Chimiques
et Electrom&#233;tallurgiques. Ce n'est
donc que depuis cette date que l'on
parle, &#224; Gardanne, d'usine Pechiney.&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1957, l'usine de Gardanne produit
200 000 tonnes d'alumine par
an (cent fois plus qu'en 1900 !) et
se situe dans les toutes premi&#232;res
au monde. C'est &#224; ce moment-l&#224; que
le principe &#8220;d'attaque continue&#8221; est
mis en place, provoquant de gros
changements des conditions de travail
(&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Louis-et-Marie-Therese-Rachet-66' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir le t&#233;moignage de Louis
Rachet&lt;/a&gt;). Plus question,
d&#233;sormais, de remplir les autoclaves
de soude et de bauxite, de les
nettoyer quasiment &#224; la main, avec
tous les risques que cela comporte.
D&#233;sormais, le processus fonctionne
en permanence et en circuit ferm&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Petit &#224; petit, le travail de pilotage
du mat&#233;riel remplace le travail
manuel. L'usine de Gardanne prend
progressivement sa forme actuelle,
avec ses anciennes machines qui
c&#244;toient les plus r&#233;centes, ce qui finit
par poser quelques probl&#232;mes de rentabilit&#233;,
face &#224; des concurrents qui
produisent plus avec moins de mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des Guin&#233;ens
&#224; l'accent proven&#231;al&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est alors qu'entrent en sc&#232;ne les
alumines techniques. Elabor&#233;es dans
les ann&#233;es 1980, elles commencent
&#224; &#234;tre fabriqu&#233;es &#224; Gardanne d&#233;but
1987. Objectif premier : diversifier
la production pour mieux rentabiliser
le mat&#233;riel existant. Mais aussi
r&#233;pondre &#224; une demande de plus en
plus exigeante. Les alumines techniques,
ou altech, s'exportent dans
le monde entier pour fabriquer des
bougies d'automobile, des dentifrices,
du cristal, des isolateurs &#224; haute
tension, de la c&#233;ramique. C'est
la concr&#233;tisation de l'ouverture au
monde de l'usine d'alumine, un virage
important pris depuis une trentaine
d'ann&#233;es avec ce que l'on
appelle le transfert de technologie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi, des usines ont vu le jour en
Gr&#232;ce, en Yougoslavie, en Inde et en
Chine gr&#226;ce &#224; la formation de cadres
sur le site de Gardanne. Fria, en Guin&#233;e,
est la seule usine d'alumine du
continent africain. On y trouve des
ing&#233;nieurs, l&#224;-bas, qui ont gard&#233;
l'accent proven&#231;al...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;Pechiney, cent ans apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Raveux, &lt;i&gt;Les d&#233;buts de la fabrication de l'alumine &#224; Gardanne&lt;/i&gt;, Universit&#233; de Provence, 1993&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pechiney, cent ans apr&#232;s</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pechiney-cent-ans-apres</guid>
		<dc:date>2005-07-12T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un dossier en suppl&#233;ment d'Energies sorti &#224; l'occasion du centenaire de l'usine d'alumine de Gardanne, en f&#233;vrier 1994&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Histoires-gardannaises-" rel="directory"&gt;Histoires gardannaises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel point commun entre la modeste fabrique qui commence &#224; produire quelques kilos d'alumine par jour pour le compte de l'&#233;ph&#233;m&#232;re Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise de l'Alumine Pure, au printemps 1894, et la grande entreprise de pointe qui s'&#233;tend sur 40 hectares, emploie 600 personnes, et exporte de l'alumine technique dans le monde entier sous le label d'Aluminium Pechiney ? Cent ans d'histoire et d'anecdotes, de d&#233;couvertes et de drames, de progr&#232;s techniques et de dialogue social. Cent ans de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH349/pechiney100ans-65e7f.jpg?1732460261' width='250' height='349' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Printemps-1894-il-y-a-de-l-alumine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Printemps 1894 : il y a de l'alumine &#224; Gardanne !&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Des d&#233;buts cahotiques &#224; l'expansion de l'alumine technique en passant par les coups de g&#233;nie de Paul H&#233;roult, les deux guerres mondiales, les crises &#233;conomiques et la concurrence &#233;trang&#232;re, l'histoire de l'usine d'alumine se confond avec celle du si&#232;cle. En voici une &#233;bauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Heroult-Afred-Rangod-Pechiney' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Paul H&#233;roult, Afred Rangod Pechiney, Karl Joseph Bayer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le premier est un inventeur de g&#233;nie, le second un patriarche r&#233;actionnaire, le troisi&#232;me est un chimiste allemand travaillant dans une usine russe. A eux trois, ils vont cr&#233;er Pechiney.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/5-mars-1944-l-incroyable-sabotage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5 mars 1944 : l'incroyable sabotage&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le r&#233;sistant Jean Vial raconte comment dix-neuf autoclaves ont &#233;t&#233; souffl&#233;s sans faire de victimes, faisant chuter la production d'alumine jusqu'&#224; la lib&#233;ration, cinq mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Louis-et-Marie-Therese-Rachet-66' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Louis et Marie-Th&#233;r&#232;se Rachet, 66 ans de Pechiney &#224; eux deux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pechiney, ils l'ont v&#233;cu de l'int&#233;rieur, de la Lib&#233;ration au milieu des ann&#233;es 80. Ils ont partag&#233; les difficult&#233;s, les luttes, les jours heureux, les bonnes et les mauvaises surprises. Ils n'ont rien oubli&#233; de ce qui fut leur vie pendant quarante ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Philippe-Mioche-l-usine-d-alumine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Mioche : &#8220;l'usine d'alumine tourne le dos au mod&#232;le &#233;conomique dominant&#8221;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur d'histoire contemporaine sp&#233;cialis&#233; dans l'histoire &#233;conomique &#224; l'Universit&#233; de Provence, Philippe Mioche a pris en charge l'&#233;t&#233; dernier la conception et la coordination d'un manuscrit sur l'histoire de l'usine d'alumine de Gardanne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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