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	<title>imaginaires</title>
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		<title>Excursions dans la zone int&#233;rieure</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me partie des &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;, parues en 2013. Du haut de ses 67 ans, Paul Auster se retourne sur l'enfant qu'il a &#233;t&#233; et explore son paysage mental. Tr&#232;s in&#233;gal par son contenu foutraque, mais toujours aussi bien &#233;crit.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton678-13d72.jpg?1732253175' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me partie des &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;, parues en 2013. Du haut de ses 67 ans, Paul Auster se retourne sur l'enfant qu'il a &#233;t&#233; et explore son paysage mental. Tr&#232;s in&#233;gal par son contenu foutraque, mais toujours aussi bien &#233;crit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est la suite, ou plut&#244;t le compl&#233;ment des &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;, par lesquelles Paul Auster, 68 ans, avait entrepris de raconter comment il est devenu ce qu'il est aujourd'hui par l'histoire de son propre corps. Excursions dans la zone int&#233;rieure est la version mentale de ce r&#233;cit &#224; la deuxi&#232;me personne du singulier, ce &#171; tu &#187; &#224; la place du &#171; jeu &#187; qui instaure un dialogue entre le Paul Auster bient&#244;t septuag&#233;naire et celui qu'il &#233;tait entre cinq et vingt ans. La cl&#233; de ce parti-pris radical et hypnotique, c'est en page 209 qu'on la trouve, au d&#233;tour d'une maxime brillante et circulaire qu'Auster avait formul&#233;e lors de son premier s&#233;jour &#224; Paris en 1967 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le monde est dans ma t&#234;te. Mon corps est dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;figure class='spip_document_1691 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH472/excursions-dans-la-zone-interieure-80522.jpg?1732159328' height='472' width='250' alt='JPEG - 34 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt; d&#233;crivaient la deuxi&#232;me partie de la phrase, &lt;i&gt;Excursions&lt;/i&gt; s'attaque &#224; la premi&#232;re. Comme toujours, il est pr&#233;f&#233;rable de ne pas s'attendre &#224; quelque chose de conventionnel avec l'auteur de L'invention de la solitude. Le r&#233;cit est vaguement chronologique, et si des r&#232;gles sont fix&#233;es au d&#233;but, c'est pour les transgresser juste apr&#232;s : ainsi, Auster annonce qu'il se limitera &#224; &#233;voquer son enfance jusqu'&#224; douze ans, ce qui correspond au premier tiers du livre, mais il racontera en d&#233;tail son s&#233;jour parisien (&#224; vingt ans) et les lettres qu'il a &#233;crit &#224; Lydia Davis qui deviendra sa premi&#232;re femme (dans le dernier tiers, de loin le moins int&#233;ressant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux, Auster se paie aussi le luxe du r&#233;cit dans le r&#233;cit dont il est pass&#233; ma&#238;tre : ce qu'il avait fait dans la nouvelle &lt;i&gt;Le conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/i&gt; &#233;tait une merveille de trompe-l'&#339;il narratif. L&#224;, il renoue avec le genre du film racont&#233; qu'il avait inaugur&#233; dans &lt;i&gt;Le livre des illusions&lt;/i&gt; (2002), o&#249; le personnage principal David Zimmer d&#233;crit un film muet de Hector Mann avec une pr&#233;cision telle qu'on est persuad&#233; l'avoir vu nous aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Excursions&lt;/i&gt;, il consacre ainsi pas moins de 26 pages &#224; d&#233;crire &lt;i&gt;L'homme qui r&#233;tr&#233;cit&lt;/i&gt; (film de Jack Arnold, qu'Auster voit &#224; dix ans en 1957) et, mieux, quarante pages &#224; &lt;i&gt;Je suis un &#233;vad&#233;&lt;/i&gt; de Melvin LeRoy (1932), que l'auteur d&#233;couvre &#224; quatorze ans et qu'il conna&#238;t d&#233;sormais par c&#339;ur. L'exercice pourrait &#234;tre fastidieux, et au fur et &#224; mesure qu'on avance, on se dit que ce n'est pas possible, il ne va quand m&#234;me pas le faire. Eh bien si. Et &#231;a fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces deux classiques du cin&#233;ma, nous les voyons &#224; travers les yeux du Paul Auster des ann&#233;es cinquante, ou plus exactement &#224; travers la voix du Paul Auster contemporain se mettant dans la peau de l'enfant qu'il &#233;tait. Car,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des apparences, tu es toujours celui que tu as &#233;t&#233; m&#234;me si tu n'es plus la m&#234;me personne.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s in&#233;gal dans sa composition, ce livre de souvenirs est loin d'approcher &lt;i&gt;Le diable par la queue&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt;, deux sommets dans l'&#339;uvre non-fictionnelle d'Auster. On ne voit pas trop ce qu'apporte l'album de 65 pages qui cl&#244;t ces &lt;i&gt;Excursions&lt;/i&gt;, avec 107 illustrations des films, personnes et lieux &#233;voqu&#233;s par Auster. Mais on retiendra quelques phrases magnifiques, comme celle-ci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tais-tu, petit homme ? Comment es-tu devenu une personne capable de penser et, une fois que tu en &#233;tais capable, o&#249; tes pens&#233;es t'ont-elles men&#233; ? Exhume les vieilles histoires, fouille autour de toi pour trouver ce que tu peux, puis &#233;l&#232;ves les tessons vers la lumi&#232;re pour les examiner. Fais-le. Essaie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La premi&#232;re guerre mondiale - tome 1 : Combats</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-premiere-guerre-mondiale-tome-1</link>
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		<dc:date>2014-01-26T10:44:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une ample &#233;tude historique en trois tomes, Combats d&#233;montre brillamment comment la Grande guerre a ouvert la mondialisation. 25 historiens du monde entier y ont contribu&#233;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton659-eadb7.jpg?1732253175' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une ample &#233;tude historique en trois tomes, &lt;i&gt;Combats&lt;/i&gt; d&#233;montre brillamment comment la Grande guerre a ouvert la mondialisation. 25 historiens du monde entier y ont contribu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le projet est d&#233;mesur&#233; : 2500 pages r&#233;parties en trois tomes, avec une trentaine de contributeurs du monde entier sous la direction de l'historien Jay Winter. Il est en fait &#224; la taille de son sujet et de son ambition, &#224; savoir embrasser le plus largement possible l'&#233;v&#233;nement historique, militaire, &#233;conomique, d&#233;mographique et politique que fut la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1667 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH364/ww1-couv-3195e.jpg?1732159328' height='364' width='250' alt='JPEG - 40.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;De 14-18, malgr&#233; la vague comm&#233;morative qui a commenc&#233; &#224; tourner en boucle depuis l'automne dernier, on ne retient g&#233;n&#233;ralement pas grand chose : les tranch&#233;es, les Poilus, Verdun, le gaz moutarde, P&#233;tain, les casques &#224; pointe, le wagon de Rethondes et le trait&#233; de Versailles. Eclips&#233;e par sa grande s&#339;ur (ou plut&#244;t sa fille) d&#233;mente de 39-45, la Grande guerre a pourtant &#233;t&#233; bien plus complexe que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a en effet engendr&#233; une R&#233;volution majeure (en Russie) qui a failli donner la victoire en Allemagne et qui a accouch&#233; de la Guerre froide. Elle a donn&#233; l'occasion &#224; la Turquie de se livrer au premier g&#233;nocide d'Etat contre la communaut&#233; arm&#233;nienne. Elle a inaugur&#233; les combats a&#233;riens, l'utilisation des chars et de la photographie. Elle a d&#233;clench&#233; involontairement le mouvement de d&#233;colonisation par le recours massif aux Africains et aux Asiatiques sur les champs de bataille. Elle a permis l'entr&#233;e en force des Etats-Unis dans le concert des nations. Elle a engendr&#233; les premiers mouvements massifs de r&#233;fugi&#233;s civils. Enfin, elle a fait exploser les empires europ&#233;ens et enclench&#233; le d&#233;clin irr&#233;versible du Vieux continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand m&#233;rite de ce travail d'un collectif d'historiens r&#233;unis par Jay Winter, c'est de sortir des clich&#233;s : la Grande guerre ne s'est pas limit&#233;e au front de l'Ouest. Il n'y a pas eu de coup de poignard dans le dos de l'arm&#233;e allemande en novembre 1918. L'Allemagne n'est pas la seule responsable du d&#233;clenchement de la guerre. Cette quatri&#232;me g&#233;n&#233;ration d'historiens &#224; travailler sur 14-18 est transnationale en ce sens qu'elle met en relation des historiens am&#233;ricains, africains, asiatiques et pas seulement europ&#233;ens (essentiellement fran&#231;ais, anglais et allemands) et qu'elle englobe les questions au-del&#224; des enjeux nationaux. Les mutineries, les transferts de population ou l'&#233;pid&#233;mie de grippe espagnole n'avaient que faire des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier volume, intitul&#233; &lt;i&gt;Combats&lt;/i&gt;, est centr&#233; sur les batailles, en Europe et ailleurs, mais aussi sous les mers et dans les airs, avec l'apparition des sous-marins et des avions. Les fronts peu connus, l'italo-autrichien et l'ottoman sont aussi d&#233;taill&#233;s, de m&#234;me que l'impact de la Grande guerre en Am&#233;rique, en Afrique ou en Asie. Enfin, il est aussi question des crimes de guerre, du g&#233;nocide arm&#233;nien et du droit de la guerre. Les deux prochains volumes, &#224; para&#238;tre au printemps et &#224; l'&#233;t&#233; 2014, porteront sur les Etats et les Soci&#233;t&#233;s. On les attend avec impatience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Chronique d'hiver</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Chronique-d-hiver</link>
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		<dc:date>2013-04-28T19:35:53Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans la veine autobiographique de &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Diable par la queue&lt;/i&gt;, Paul Auster se raconte sous un angle original, celui de son corps. Une chronique du temps qui passe &#224; la fois tendre et sans concession.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton629-90421.jpg?1732253175' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la veine autobiographique de &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Diable par la queue&lt;/i&gt;, Paul Auster se raconte sous un angle original, celui de son corps. Une chronique du temps qui passe &#224; la fois tendre et sans concession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure class='spip_document_1635 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH475/chronique-hiver-91715.jpg?1732159328' height='475' width='250' alt='JPEG - 38.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Ses derniers romans nous avaient laiss&#233; pour le moins sceptique. Depuis quelques ann&#233;es, Paul Auster &#233;crit beaucoup, pr&#232;s d'un livre par an, mais rien d'inoubliable ou de transcendant, du moins depuis Le livre des illusions qui date de 2002. Son dernier opus, intitul&#233; &lt;i&gt;Chronique d'hiver&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Winter journal&lt;/i&gt; en vo) ne nous disait rien qui vaille, puisqu'il &#233;tait question d'un fragment autobiographique pris sous l'angle du corps, le corps souffrant, le corps bless&#233;, le corps d&#233;plac&#233;, le corps nourri, le corps aim&#233;. Bon, pourquoi pas, apr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler d'autobiographie avec Paul Auster est un exercice compliqu&#233;, tant l'animal a une fa&#231;on bien a lui de pratiquer le genre. Tous ses romans, &#224; des degr&#233;s divers, sont autobiographiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;certains de ses personnages s'appelant m&#234;me Paul Auster, ou Peter Aaron, ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et parmi ses essais, &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt; raconte sa relation &#224; son p&#232;re, et &lt;i&gt;Le diable par la queue&lt;/i&gt; son rapport &#224; l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224;, ces deux derniers livres n'avaient en rien la forme classique d'une autobiographie. Le premier &#233;voquait l'histoire de Jonas et de la baleine ainsi que celle de Pinocchio. Le deuxi&#232;me &#233;tait fragment&#233; au possible, ignorant all&#232;grement toute forme de chronologie. C'est ce qu'on retrouve dans &lt;i&gt;Chronique d'hiver&lt;/i&gt;, o&#249; Auster raconte des histoires lui &#233;tant arriv&#233;es dans un pass&#233; r&#233;cent, comme ce terrible accident de voiture survenu en ao&#251;t 2002, puis passe &#224; des souvenirs de sa petite enfance, revient sur ses ann&#233;es de gal&#232;re, repart sur la mort de sa m&#232;re... Avec &#224; chaque fois le corps comme point d'ancrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, pour en arriver &#224; son accident de voiture, il &#233;voque un souvenir d'enfance o&#249; il avait une envie pressante d'uriner, et ou sa m&#232;re l'avait autoris&#233; &#224; mouiller son pantalon parce qu'ils &#233;taient en voiture et ne pouvaient pas s'arr&#234;ter. Le jour de l'accident, cinquante ans plus tard, l'auteur &#233;tait tenaill&#233; par la m&#234;me envie pressante, mais cette fois c'est lui qui conduisait, et pour arriver plus vite &#224; la maison il a commis une imprudence qui aurait pu co&#251;ter la vie &#224; sa femme et &#224; sa fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre originalit&#233;, Auster n'&#233;crit pas &#224; la premi&#232;re personne du singulier, ni &#224; la troisi&#232;me, mais utilise le &#171; tu &#187; qui &#224; la fois le met &#224; distance de son sujet et semble interpeller directement le lecteur. Et pour cause : racont&#233;e via le prisme du corps, la vie de Paul ressemble &#224; celle de la plupart des gar&#231;ons occidentaux n&#233;s &#224; l'&#233;poque du baby-boom. La premi&#232;re bagarre, les premiers plaisirs solitaires, les premiers baisers avec des filles, le premier grand amour, la perte des &#234;tres aim&#233;s, les blessures de la jeunesse et les maladies de la vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande sp&#233;cialit&#233; aust&#233;rienne enfin, la passion des listes. Dans &lt;i&gt;Chronique d'hiver&lt;/i&gt;, on &#233;num&#232;re ainsi les vingt et un logements successifs de l'auteur de Cit&#233; de verre. A chaque fois, c'est l'occasion d'un &#233;tat des lieux, des circonstances dans lesquelles la chambre d'&#233;tudiant, le studio miteux, la maison d&#233;labr&#233;e ou l'appartement bourgeois ont &#233;t&#233; trouv&#233;s, lou&#233;s ou achet&#233;s, mais aussi et bien s&#251;r les moments de bonheur et les trag&#233;dies qu'ils ont abrit&#233;s. Il fait aussi la liste des lieux qu'il a visit&#233;s, des repas de No&#235;l partag&#233;s avec les parents de sa femme (toujours le m&#234;me rituel et le m&#234;me menu, pendant vingt-trois ans d'affil&#233;e : un cauchemar absolu de normalit&#233;), de ses plats pr&#233;f&#233;r&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ce style superbement &#233;pur&#233;, sans un mot de trop, que ce soit pour d&#233;crire une sc&#232;ne hallucinante (l'auteur en visite sur le site o&#249; se trouvait le camp de concentration de Bergen-Belsen entend le hurlement fant&#244;me des cinquante mille prisonniers russes enterr&#233;s sous ses pieds) ou un moment quasi-m&#233;taphysique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tes pieds nus sur le sol froid au moment o&#249; tu sors du lit et vas jusqu'&#224; la fen&#234;tre. Tu as soixante-quatre ans. Dehors, l'air est gris, presque blanc, pas de soleil en vue. Tu te demandes : combien de matins reste-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xy0m52&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;certains de ses personnages s'appelant m&#234;me Paul Auster, ou Peter Aaron, ou Paul Benjamin, par ailleurs son pseudo pour son roman &lt;i&gt;Fausse balle&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt;, il raconte dans le d&#233;tail sa rencontre avec sa femme Siri, rebaptis&#233;e Iris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>George Orwell</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/George-Orwell,613</link>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'un des plus grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle est mort &#224; 46 ans, au moment o&#249; 1984 lui assurait enfin la reconnaissance et la richesse. Bernard Crick raconte avec rigueur, pr&#233;cision et distance qui &#233;tait George Orwell.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton613-80266.jpg?1732202723' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'un des plus grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle est mort &#224; 46 ans, au moment o&#249; 1984 lui assurait enfin la reconnaissance et la richesse. Bernard Crick raconte avec rigueur, pr&#233;cision et distance qui &#233;tait George Orwell.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui s'attendrait &#224; rire en lisant une biographie de George Orwell ? L'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, fable gla&#231;ante (et souvent mal interpr&#233;t&#233;e) du totalitarisme et de l'extinction des libert&#233;s individuelles est mort &#224; 46 ans de la tuberculose en conclusion d'une br&#232;ve vie marqu&#233;e par les difficult&#233;s mat&#233;rielles, la perte pr&#233;matur&#233;e de sa premi&#232;re femme. C'est oublier un peu vite que derri&#232;re le ton d&#233;sesp&#233;r&#233; de &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1945), il y a un humour et un sens de l'absurde tout britannique. Bernard Crick a r&#233;ussi le tour de force de restituer avec ses propres mots ce m&#233;lange de rigueur dans la description des faits, de concision dans la syntaxe et de ton d&#233;cal&#233; dans les anecdotes qui ressemblent tellement au style d'Orwell.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1614 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH407/orwell-bio-a0bd6.jpg?1732159328' width='250' height='407' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ses p&#233;rip&#233;ties sur l'&#238;le de Jura (&#224; l'ouest de l'Ecosse) dans la ferme de Barnhill avec une cargaison d'animaux, sa manie de manger n'importe quoi (il avala ainsi par inadvertance des anguilles bouillies que sa femme Eileen avait pr&#233;par&#233;es pour le chat), de s'habiller n'importe comment (un pardessus teint en marron qui lui donnait une allure de fasciste) ou de faire le fou avec son petit gar&#231;on adoptif (avec lequel il d&#233;valait la rue en le portant sur les &#233;paules, du haut de son m&#232;tre quatre-vingt-dix, risquant de d&#233;capiter l'enfant aux branches basses des arbres) sont si bien racont&#233;es qu'elles sont irr&#233;sistibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la p&#233;riode public school (en fait une &#233;cole priv&#233;e, qui inspira &#224; Orwell l'essai vengeur Tels, tels &#233;taient nos plaisirs) aux hospitalisations r&#233;p&#233;t&#233;es d'apr&#232;s-guerre, on suit ainsi l'&#233;volution aussi bien politique que litt&#233;raire d'Eric Blair. On d&#233;couvre ainsi les diff&#233;rents pseudos qu'il proposa &#224; son &#233;diteur, Victor Gollancz : P.S. Burton, Kenneth Miles, H. Lewis Allways et finalement George Orwell, du nom d'une rivi&#232;re. Ce dernier allait &#234;tre retenu et passer plus tard &#224; la post&#233;rit&#233;, donnant m&#234;me naissance &#224; l'adjectif orwellien, utilis&#233; de nos jours &#224; toutes les sauces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui transpara&#238;t dans cette biographie extr&#234;mement compl&#232;te et d'une lecture tr&#232;s vivante, ce sont les obstacles qu'Orwell a d&#251; franchir toute sa vie et qui ont fini par la lui prendre pr&#233;matur&#233;ment. Ainsi, &#224; l'automne 1948, alors qu'il est gravement malade depuis plus d'un an, il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment une st&#233;nodactylo pour mettre au propre son manuscrit de 1984. Mais comme il se trouve &#224; Barnhill, sur l'&#238;le de Jura, personne ne vient et il doit lui-m&#234;me taper &#224; la machine ses corrections pendant de nombreux jours, alors m&#234;me qu'il peut &#224; peine tenir assis.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Orwell dut d&#233;cider alors, comme le sugg&#232;re Warburg, de jouer &#224; la roulette avec sa sant&#233;, et de taper la version d&#233;finitive lui-m&#234;me &#8212; de se d&#233;barrasser de ce foutu machin, le livre qui avait commenc&#233; &#224; le d&#233;vorer [...] et pour rendre les choses pires encore [...], il chauffait son bureau avec un r&#233;chaud &#224; paraffine dans un &#233;tat d&#233;plorable, qui puait et d&#233;gageait des fum&#233;es toxiques. Et puisqu'il travaillait dur, il se remit &#224; fumer en quantit&#233;. [...] Si une secr&#233;taire avait pu lui &#234;tre envoy&#233;e, ou s'il avait eu &#224; sa disposition un dictaphone, il aurait peut-&#234;tre v&#233;cu plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;decins qui le soignaient ont utilis&#233; sur lui la streptomycine, un nouvel antibiotique pour lutter contre la tuberculose. Mais les dosages &#233;taient mal connus, et les effets secondaires tr&#232;s lourds. Un an plus tard, ces effets secondaires allaient &#234;tre contr&#244;l&#233;s et le traitement deviendrait beaucoup plus efficace. Mais c'&#233;tait trop tard pour Orwell, mort en janvier 1950. Quand on vous dit qu'il n'a jamais eu de chance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son vivant, seuls ses deux derniers livres (La ferme des animaux, publi&#233; en 1945 et 1984, sorti en 1949) ont connu un succ&#232;s d'&#233;dition, consid&#233;rable m&#234;me puisqu'ils sont devenus des classiques de la litt&#233;rature mondiale et se vendent encore bien aujourd'hui. On ne peut pas en dire autant de Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres, Histoires birmanes, Le quai de Wigan ou l'immense Hommage &#224; la Catalogne, dont les tirages fam&#233;liques ne furent m&#234;me pas &#233;puis&#233;s. Quant &#224; ses essais et articles, il faudra attendre les ann&#233;es 1968 en Angleterre et 1995 en France pour les voir publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie familiale ne fut pas non plus facile : si son premier mariage, avec Eileen O'Saughnessy en 1936 fut relativement heureux, ils n'eurent pas d'enfant et en adopt&#232;rent un &#224; la fin de la guerre. Mais Eileen mourut d'un cancer et George se retrouva veuf &#224; 42 ans. Il entreprit alors de demander plusieurs femmes en mariage, se heurta &#224; autant de refus, et finit par &#233;pouser, trois mois avant sa mort, Sonia Brownell. Mais celle-ci &#233;carta des &lt;i&gt;Essais, articles et lettres&lt;/i&gt; les plus politiques de ses &#233;crits (que les &#233;ditions Agone ont publi&#233; en fran&#231;ais r&#233;cemment)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire &#224; ce sujet Orwell, Agone et la d&#233;cence commune et Essais, articles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand m&#233;rite de la biographie de Bernard Crick, outre son c&#244;t&#233; d&#233;primant (comme celle de Victor Serge, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dissident-dans-la-revolution' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dissident dans la r&#233;volution&lt;/a&gt;), c'est de donner envie de se plonger dans les &#233;crits d'Orwell. Et notamment ses &#233;crits d'avant-guerre : &lt;i&gt;Une histoire birmane&lt;/i&gt; (1934), &lt;i&gt;Et vive l'aspidistra ! &lt;/i&gt; (1936) et &lt;i&gt;Un peu d'air frais&lt;/i&gt; (1939). Ce que je ferai tr&#232;s bient&#244;t. A noter aussi la publication, chez Agone, de l'essai de James Conant, &lt;i&gt;Orwell ou le pouvoir de la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;. J'en parlerai tr&#232;s bient&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;lire &#224; ce sujet &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-Agone-et-la-decence-commune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Orwell, Agone et la d&#233;cence commune&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Essais-articles-lettres-volume-IV' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Essais, articles, lettres (volume IV)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Victor Hugo, pendant l'exil</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Hugo-pendant-l-exil</link>
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		<dc:date>2011-02-01T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie de la biographie en trois tomes consacr&#233;e &#224; Victor Hugo, &lt;i&gt;Pendant l'exil&lt;/i&gt; couvre la p&#233;riode 1852-1864, la plus f&#233;conde pour l'&#233;crivain de Guernesey qui publie entre autres &lt;i&gt;Les Mis&#233;rables, les Contemplations, la L&#233;gende des si&#232;cles&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;William Shakespeare&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton519-be4ac.png?1732253175' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie de la biographie en trois tomes consacr&#233;e &#224; Victor Hugo, &lt;i&gt;Pendant l'exil&lt;/i&gt; couvre la p&#233;riode 1852-1864, la plus f&#233;conde pour l'&#233;crivain de Guernesey qui publie entre autres &lt;i&gt;Les Mis&#233;rables, les Contemplations, la L&#233;gende des si&#232;cles&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;William Shakespeare&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On avait laiss&#233; Victor Hugo sur un quai de gare &#224; Qui&#233;vrain, Belgique, le 12 d&#233;cembre 1851, fuyant le coup d'Etat napol&#233;onien pour un exil &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e (Lire &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Hugo-avant-l' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Victor Hugo, avant l'exil&lt;/a&gt;). Dans le deuxi&#232;me tome de la biographie de Jean-Marc Hovasse (un deuxi&#232;me tome annonc&#233; pour 2002 et finalement paru en 2008), on suit l'auteur de &lt;i&gt;Notre-Dame de Paris&lt;/i&gt; dans son s&#233;jour provisoire &#224; Bruxelles, puis &#224; Jersey (o&#249; il r&#232;gle ses comptes avec Louis-Napol&#233;on Bonaparte via &lt;i&gt;les Ch&#226;timents&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Napol&#233;on le Petit&lt;/i&gt;), et enfin &#224; Guernesey, o&#249; il s'attelle aux gros morceaux que sont &lt;i&gt;les Contemplations&lt;/i&gt;, la premi&#232;re partie de &lt;i&gt;la L&#233;gende des si&#232;cles&lt;/i&gt;, et bien s&#251;r &lt;i&gt;les Mis&#233;rables&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raconter la gen&#232;se de ce qui fut un &#233;norme succ&#232;s d'&#233;dition, vendu dans le monde entier et qui assura &#224; Victor Hugo une gloire &#233;ternelle (c'est le premier titre qui vient &#224; l'esprit quant on &#233;voque l'&#233;crivain) n'&#233;tait pas une mince affaire. Hovasse nous d&#233;taille les sombres batailles d'&#233;diteurs (fran&#231;ais et belges) surench&#233;rissant l'avance octroy&#233;e &#224; l'auteur (240 000 francs de l'&#233;poque, l'&#233;quivalent de trois millions d'euros) et n&#233;gociant sur le format des livres, le nombre de volumes et bien entendu le moment propice pour les publier (au printemps 1862).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L260xH399/pendant-l-exil-37ad1.png?1732159328' width='260' height='399' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;pass&#233; par son projet, Jean-Marc Hovasse a d&#251; non seulement envisager trois tomes au lieu de deux, mais n'a pu faire entrer dans le deuxi&#232;me la totalit&#233; des ann&#233;es d'exil (1852-1870). Pendant l'exil occupera l'ensemble du deuxi&#232;me tome (jusqu'en 1864 et la parution de &lt;i&gt;William Shakespeare&lt;/i&gt;) et une partie du troisi&#232;me tome, qui ira (en principe, car on ne saurait jurer de rien) jusqu'au terme de la vie de Victor Hugo, en 1885. Rien que le tome 2 repr&#233;sente 925 pages de texte et pas moins de 300 pages de notes, si d&#233;taill&#233;es qu'elles constituent un livre dans le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La densit&#233; extraordinaire de ces treize premi&#232;res annn&#233;es hors de France valait bien cela. Comme dans le premier tome, Hovasse m&#233;lange avec bonheur &#233;l&#233;ments biographiques purs (les d&#233;m&#233;nagements successifs et l'am&#233;nagement d&#233;lirant d'Hauteville House)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des photos d&#233;taill&#233;es sont en ligne sur le site Hautevillehouse.com&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;cit de la construction d'une &#339;uvre litt&#233;raire (et de ses d&#233;boires avec ses &#233;diteurs), mais aussi l'arri&#232;re-plan historico-politique, avec le r&#232;gne de Victoria en Angleterre (dont Victor Hugo devient sujet en achetant Hauteville House), le durcissement des lois s&#233;curitaires en France apr&#232;s la tentative d'assassinat contre Napol&#233;on III en 1858 et les deux hobbies &#224; la mode : les tables tournantes et les d&#233;buts de la photographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la seconde innovation n'aura pas de r&#233;percussion dans l'&#339;uvre de Hugo, les tables tournantes nourriront le mysticisme de l'&#233;crivain, qui affirmera entrer en contact avec l'esprit des grands ma&#238;tres de la litt&#233;rature et des arts, sans m&#234;me parler de sa propre fille L&#233;opoldine, morte noy&#233;e en 1843. Ce n'est sans doute pas la partie la plus passionnante de la personnalit&#233; de Victor Hugo, c'est d'ailleurs ce qui l'&#233;loignera d'une partie des proscrits (g&#233;n&#233;ralement ath&#233;es) et des opposants &#224; l'empire. On retiendra plut&#244;t son engagement permanent contre la peine de mort et sa mobilisation pour sauver l'antiesclavagiste am&#233;ricain John Brown ou ses contacts avec le r&#233;volutionnaire Garibaldi (&#224; qui il donnera de l'argent pour acheter des armes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exil aura aussi &#233;t&#233; l'occasion pour Victor Hugo de s'entourer de ses enfants, Fran&#231;ois-Victor qui traduit Shakespeare en fran&#231;ais, Charles et Ad&#232;le, mais aussi son &#233;pouse et sa ma&#238;tresse Juliette Drouet, log&#233;e dans une maison voisine d'Hauteville House. Tout tourne autour de lui, pour le meilleur et pour le pire. Ad&#232;le fera les frais de cette organisation clanique en s'enfuyant &#224; Halifax, puis &#224; la Barbade, &#224; la recherche de son amant anglais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le sujet du film de Fran&#231;ois Truffaut, L'histoire d'Ad&#232;le H avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ce d&#233;part (en 1863) date le d&#233;but de la fin de la vie de famille de Victor Hugo, puisque bient&#244;t son &#233;pouse Ad&#232;le d&#233;c&#232;dera (en 1868), peu de temps avant ses fils Charles (en 1871) et Fran&#231;ois-Victor (en 1873). Ad&#232;le reviendra quant &#224; elle de la Barbade pour &#234;tre enferm&#233;e en h&#244;pital psychatrique. Mais de tout &#231;a, ainsi que de &lt;i&gt;Quatrevingt-treize&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire d'un crime&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'ann&#233;e terrible&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'Art d'&#234;tre grand-p&#232;re&lt;/i&gt;, il sera question dans le troisi&#232;me tome, annonc&#233; d'ici au bicentenaire de Waterloo, soit 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH344/hauteh-2-c908e.png?1732253176' width='500' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1494 '&gt;&lt;strong&gt;La verri&#232;re de Hauteville House dans laquelle Hugo &#233;crivait.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des photos d&#233;taill&#233;es sont en ligne sur le site &lt;a href=&#034;http://www.hautevillehouse.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hautevillehouse.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le sujet du film de Fran&#231;ois Truffaut, &lt;i&gt;L'histoire d'Ad&#232;le H&lt;/i&gt; avec Isabelle Adjani dans le r&#244;le-titre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour &#224; l'ouest</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Retour-a-l-ouest</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Retour-a-l-ouest</guid>
		<dc:date>2010-08-02T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une centaine d'articles &#233;crits par Victor Serge pour le journal La Wallonie entre 1936 et 1940 : une fois de plus, les &#233;ditions Agone d&#233;nichent une p&#233;pite litt&#233;raire, du m&#234;me niveau que les chroniques de George Orwell. A lire de toute urgence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Victor-Serge-+" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une centaine d'articles &#233;crits par Victor Serge pour le journal La Wallonie entre 1936 et 1940 : une fois de plus, les &#233;ditions Agone d&#233;nichent une p&#233;pite litt&#233;raire, du m&#234;me niveau que les chroniques de George Orwell. A lire de toute urgence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1445 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH521/retour-a-louest-300-4c211.jpg?1732159328' width='300' height='521' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie des ann&#233;es trente, &#231;a vous para&#238;t loin, la p&#233;riode de vos arri&#232;res-grands parents, en quelque sorte. Et pourtant. En lisant les chroniques que tenait chaque semaine Victor Serge pour le journal belge &lt;i&gt;La Wallonie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;93 sont &#233;dit&#233;es dans ce recueil, sur 203. L'ensemble est publi&#233; en ligne sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8212; entre 1936, ann&#233;e du Front populaire, de la guerre d'Espagne et des proc&#232;s de Moscou, et 1940, juste avant le d&#233;clenchement de l'offensive allemande &#224; l'ouest &#8212; on se dit que la pens&#233;e des grands &#233;crivains traverse les &#233;poques sans difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Retour &#224; l'ouest&lt;/i&gt;, que l'on doit une fois de plus au remarquable travail &#233;ditorial des Marseillais d'&lt;a href=&#034;http://www.atheles.org/agone/#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agone&lt;/a&gt;, a la densit&#233; et la richesse du recueil &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-les-cochons-et-Big-Brother' class=&#034;spip_in&#034;&gt;A ma guise&lt;/a&gt; de George Orwell. Le parcours des deux hommes est dissemblable, l'Anglais venant de l'aristocratie, le Russe de l'anarchisme (voir mon article sur ses &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Serge-memoires-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;), mais ils se rejoignent dans une vision libertaire du socialisme et une soif profonde de v&#233;rit&#233; et de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces quatre ann&#233;es qui s&#233;parent son exil d'URSS (o&#249; la pression internationale en sa faveur lui permettent de revenir de d&#233;portation au bout de trois ans) de son d&#233;part vers le Mexique via Marseille, Victor Serge ne cesse d'&#233;crire. L'actualit&#233; est tellement dense que les sujets viennent d'eux-m&#234;mes, depuis le front de la guerre civile espagnole o&#249; les staliniens se retournent contre les anarchistes et les trotskistes jusqu'&#224; Moscou o&#249; les t&#234;tes des vieux r&#233;volutionnaires tombent sans arr&#234;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;sur ce point, lire son roman, L'affaire Toulaev&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y en a bien un que le pacte de non-agression germano-sovi&#233;tique ne surprend pas, c'est lui : le 25 ao&#251;t 1939, il rappelle ses propos tenus au mois de mai, o&#249; il voyait tr&#232;s bien ce qui allait se passer. Lui qui avait d&#233;crit la d&#233;rive totalitaire de l'Union sovi&#233;tique, la fascination de Staline pour les m&#233;thodes de Hitler (&#233;liminer pr&#233;ventivement tous ceux qui peuvent lui faire de l'ombre) et la faiblesse tragique de l'Arm&#233;e Rouge, d&#233;capit&#233;e par les proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans cette litanie de catastrophes o&#249; les massacres succ&#232;dent aux disparitions d'amis tr&#232;s chers, Victor Serge se cramponne avec courage &#224; sa vision de l'&#233;mancipation de l'homme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent causer des souffrances sans nombre, ils se trompent sur un point capital : l'histoire est un fleuve dont nulle force ne saurait faire remonter les flots vers sa source... Ce qui est sem&#233; germera.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte terrible et magnifique, intitul&#233; Nouveau Moyen-Age&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut saluer ici le talent de Victor Serge pour les titres : Pogrome en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (30 avril 1938), il lance, dans une profession de foi qui annonce celle des grands r&#233;sistants :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau Moyen Age, o&#249; nous plongent les soubresauts du capitalisme finissant, nous impose la plus grande lucidit&#233;, le plus grand courage, la solidarit&#233; la plus agissante. Aucun p&#233;ril, aucune amertume ne justifient le d&#233;sespoir &#8212; car la vie continue et elle aura le dernier mot. Aucune &#233;vasion v&#233;ritable n'est possible, sauf celle de la vaillance.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;93 sont &#233;dit&#233;es dans ce recueil, sur 203. L'ensemble est publi&#233; en ligne &lt;a href=&#034;http://agone.revues.org/index261.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site des &#233;ditions Agone&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;sur ce point, lire son roman, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-affaire-Toulaev' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'affaire Toulaev&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut saluer ici le talent de Victor Serge pour les titres : &lt;i&gt;Pogrome en quatre cents pages, M&#233;canisme des catastrophes, S'il est minuit dans le si&#232;cle...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une histoire populaire des Etats-Unis</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Une-histoire-populaire-des-Etats</link>
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		<dc:date>2010-06-06T11:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur le livre le plus important d'Howard Zinn, mort en janvier 2010. J'en avais parl&#233; (trop bri&#232;vement) sur ce site en 2005. En voici une version beaucoup plus compl&#232;te apr&#232;s relecture des 770 pages iconoclastes qui racontent une histoire vue d'en bas.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Un-pantheon-de-papier-" rel="directory"&gt;Un panth&#233;on de papier&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Essai-+" rel="tag"&gt;Essai&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L140xH150/arton62-3c9f0.jpg?1732218069' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='140' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Femmes, esclaves, indiens, syndicalistes, d&#233;serteurs... Ils se sont battus de l'int&#233;rieur contre le syst&#232;me qui a fait des Etats-Unis une superpuissance. Howard Zinn raconte leur histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'EMPIRE VU D'EN BAS&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L270xH471/une-histoire-populaire-a4220.jpg?1732123282' width='270' height='471' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un des meilleurs livres d'histoire qui soit. Un mod&#232;le du genre, loin des manuels qui ne relatent que les conqu&#234;tes, les guerres, les grands hommes et les heures glorieuses. Car l'histoire d'un pays, c'est son peuple qui la construit, c'est lui qui la subit aussi. Howard Zinn, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Howard-Zinn-une-conscience-dans-le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mort en janvier 2010&lt;/a&gt;, &#233;tait l'un des intellectuels les plus en vue dans la gauche radicale am&#233;ricaine. M&#234;me s'il a &#233;crit beaucoup ee livres et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-impossible-neutralite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;men&#233; bien des combats&lt;/a&gt;, Une histoire populaire des Etats-Unis restera son chef d'&#339;uvre, salu&#233; comme tel par Noam Chosmky. Edit&#233; pour la premi&#232;re fois en 1980, cet essai iconoclaste et ravageur a connu plusieurs mises &#224; jour (1995, 1998, 1999) avant d'&#234;tre traduit en fran&#231;ais par Fr&#233;d&#233;ric Cotton pour les &#233;ditions Agone, en 2002. C'&#233;tait quelques mois apr&#232;s la plus grave attaque que les Etats-Unis aient subi en deux si&#232;cles d'histoire, et &#224; l'&#233;poque o&#249; George W. Bush avait lanc&#233; &#8212; contre l'Afghanistan &#8212; sa fameuse guerre contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une histoire populaire des Etats-Unis&lt;/i&gt; raconte, depuis 1492, l'histoire de tous ceux qui ont combattu le syst&#232;me de l'int&#233;rieur : Indiens, esclaves, femmes, syndicalistes, r&#233;fractaires du Vietnam&#8230; &lt;i&gt;&#171; la m&#233;moire des Etats n'est r&#233;solument pas la n&#244;tre &#187;&lt;/i&gt;, souligne Howard Zinn, en opposition &#224; la phrase de Kissinger (&lt;i&gt;&#171; l'Histoire est la m&#233;moire des Etats &#187;&lt;/i&gt;). Partir de la Conqu&#234;te de l'Am&#233;rique par les Europ&#233;ens n'est bien s&#251;r pas un choix innocent : c'est la description des &lt;i&gt;&#171; d&#233;buts violents d'un syst&#232;me int&#233;gr&#233; de technologies, d'affaires, de politiques et de cultures qui devait dominer le monde au cours des cinq si&#232;cles suivants. &#187;&lt;/i&gt; Et il n'est pas utile de forcer le trait pour trouver des parall&#232;les frappants (&#224; tous les sens du terme) entre ces temps lointains et les n&#244;tres : ainsi, en 1676, quand les Puritains anglais massacr&#232;rent les Indiens Wampanoags dans la baie du Massachusetts, &lt;i&gt;&#171; pour pr&#233;venir des agressions futures &#187;&lt;/i&gt;. Une guerre pr&#233;ventive, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les longs et instructifs d&#233;veloppements sur la mise en place de l'esclavage (qui accompagne le syst&#232;me des plantations, tr&#232;s gourmand en main d'&#339;uvre) sont aussi tr&#232;s importants car ils expliquent comment le racisme a &#233;t&#233; cultiv&#233; et provoqu&#233; dans la jeune Am&#233;rique : la grande peur des poss&#233;dants, c'&#233;tait une alliance entre esclaves et Blancs mis&#233;rables, alliance potentiellement incontr&#244;lable. D'o&#249; l'&#233;mergence d'une classe moyenne et le d&#233;veloppement d'une s&#233;gr&#233;gation visant &#224; s&#233;parer les Noirs du reste de la population (ailleurs et en d'autres temps, on appelerait &#231;a l'apartheid). Le r&#233;cit des combats men&#233;s en commun, tout au long du 19e si&#232;cle, par des Blancs et des Noirs prouve &#224; quel point la menace &#233;tait r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1414 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH305/people-history-of-the-usa-5ba76.jpg?1732123282' width='300' height='305' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te et son pillage syst&#233;matique du Nouveau Monde avait jet&#233; les bases du capitalisme, l'esclavage avait fourni une main d'&#339;uvre gratuite aux Etats du sud, la guerre de S&#233;cession allait voir l'expansion &#233;conomique des Etats du nord (gr&#226;ce notamment &#224; la main d'&#339;uvre noire &#224; tr&#232;s bon march&#233; et aux immigrants europ&#233;ens arriv&#233;s en masse). L'Etat allait donc donner aux entreprises g&#233;antes (les trusts) les moyens d'engranger toujours plus de profits et r&#233;primer brutalement les mouvements sociaux naissants, ce que Zinn appelle l'autre guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs la guerre qui allait, pendant la premi&#232;re moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, donner aux Etats-Unis le statut de superpuissance. Pourtant, l&#224; aussi, de nombreuses voix se sont &#233;lev&#233;es contre les guerres de conqu&#234;te (Philippines, Cuba) ou de soutien aux alli&#233;s europ&#233;ens en 1917 et en 1941. Il ne faisait pas bon &#234;tre pacifiste ou plaider contre la conscription en ces ann&#233;es-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de guerre (plus encore que le New Deal) avait fait sortir les Etats-Unis d'une crise d&#233;vastatrice qui avait bien failli emporter le syst&#232;me. C'est pourquoi, depuis la fin du deuxi&#232;me conflit mondial, le budget militaire a pris une place de plus en plus grande, et avec lui la n&#233;cessit&#233; d'entretenir des conflits (Cor&#233;e, Vietnam, Am&#233;rique centrale, Irak, Kosovo, Afghanistan) propres &#224; le justifier. Zinn raconte dans le d&#233;tail une p&#233;riode &#224; laquelle il a activement particip&#233;, celle des mouvements d'opposition au Vietnam dans les ann&#233;es soixante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses h&#233;ros ne s'appellent pas George Washington, Abraham Lincoln ou Franklin Roosevelt, mais plut&#244;t John Brown&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1800-1859, Blanc abolitionniste au milieu du 19&#232; si&#232;cle, mit en place une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Frederick Douglass&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1818-1895, esclave &#233;vad&#233;, il apprit seul &#224; lire et &#224; &#233;crire et devint (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Sojourner Truth&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1797-1883, femme noire, esclave &#233;mancip&#233;e et militante. Quelques ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Eugene Debs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1855-1926, militant syndicaliste et socialiste au tournant du vingti&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Daniel Berrigan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;n&#233; en 1921, j&#233;suite qui passa &#224; la clandestinit&#233; apr&#232;s s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Vous ne les connaissez pas ? Normal, ils sont g&#233;n&#233;ralement oubli&#233;s par l'histoire officielle et par ceux qui la racontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &lt;i&gt;&#171; une histoire irrespectueuse &#224; l'&#233;gard des gouvernements et attentive aux mouvements de r&#233;sistance populaire &#187;&lt;/i&gt;, comme l'explique Howard Zinn dans l'avant-dernier chapitre, intitul&#233; l'imminente r&#233;volte de la Garde dans lequel il exprime l'espoir de voir les gardiens du syst&#232;me (les classes moyennes) se r&#233;volter aux c&#244;t&#233;s des prisonniers (les classes populaires). Nul ne peut dire, en 2010, alors que la crise financi&#232;re fait des ravages et menace le fragile &#233;quilibre social, si cet espoir sera bient&#244;t r&#233;alis&#233;. En attendant, il est toujours possible (et m&#234;me souhaitable) de lire Howard Zinn, tout en regrettant qu'un travail semblable n'existe pas encore sur l'histoire de France. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1800-1859, Blanc abolitionniste au milieu du 19&#232; si&#232;cle, mit en place une fili&#232;re d'&#233;vasion vers le nord pour les esclaves. Russell Banks lui a consacr&#233; un magnifique roman, &lt;i&gt;Pourfendeur de nuages&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1818-1895, esclave &#233;vad&#233;, il apprit seul &#224; lire et &#224; &#233;crire et devint professeur, journaliste et &#233;crivain vers la fin du 19&#232;me si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1797-1883, femme noire, esclave &#233;mancip&#233;e et militante. Quelques ann&#233;es apr&#232;s la guerre de S&#233;cession, elle d&#233;clarait lors d'un meeting : &lt;i&gt;&#171; j'ai &#224; peu pr&#232;s quatre-vingts ans et je ne vais pas tarder &#224; quitter cette terre. J'ai &#233;t&#233; quarante ans esclave et quarante ans libre. J'aurais voulu rester encore quarante ans pour voir l'&#233;galit&#233; des droits pour tous. &#187;&lt;/i&gt; Celle-ci ne sera effective qu'un si&#232;cle plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1855-1926, militant syndicaliste et socialiste au tournant du vingti&#232;me si&#232;cle, condamn&#233; &#224; trois ans de prison en 1918 pour son opposition &#224; la conscription.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;n&#233; en 1921, j&#233;suite qui passa &#224; la clandestinit&#233; apr&#232;s s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la guerre du Vietnam en 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dans-la-deche-a-Paris-et-a-Londres</link>
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		<dc:date>2009-09-04T20:57:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/orwell-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;164&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; en 1933, le premier grand livre de George Orwell raconte son exp&#233;rience, &#224; la fin des ann&#233;es 20, aux c&#244;t&#233;s de ceux qu'on n'appelait pas encore les SDF. Etape d&#233;cisive dans la vie de l'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, celle o&#249; il change d&#233;finitivement de regard sur les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-George-Orwell,83-+" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; en 1933, le premier grand livre de George Orwell raconte son exp&#233;rience, &#224; la fin des ann&#233;es 20, aux c&#244;t&#233;s de ceux qu'on n'appelait pas encore les SDF. Etape d&#233;cisive dans la vie de l'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, celle o&#249; il change d&#233;finitivement de regard sur les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH492/dansladeche-300-428e9.jpg?1732159329' width='300' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a des titres myst&#233;rieux, d'autres qui ne veulent rien dire. Et puis il y a ceux qui r&#233;v&#232;lent tout d'un bloc, sans chercher &#224; se cacher. &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; est de ceux-l&#224;. Au plus pr&#232;s des plus mis&#233;reux au c&#339;ur des deux grandes capitales europ&#233;ennes, avec eux dans la mis&#232;re la plus noire, la faim la plus abjecte, la crasse sordide ou le travail abrutissant dans les cuisines d'un grand h&#244;tel, le jeune Eric Blair (il a 25 ans quand son r&#233;cit commence) se d&#233;barrasse petit &#224; petit de ses oripeaux d'enfant de l'empire, celui dont la vie toute trac&#233;e avait d&#233;marr&#233; dans les prestigieuses public school britanniques avant de se poursuivre dans la police coloniale en Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; raconte ainsi deux histoires en une : celles des clochards dont la survie quotidienne est en soi une aventure tragi-comique, et la sienne, au c&#339;ur d'une m&#233;tamorphose qui fera de lui l'un des plus grands &#233;crivains du si&#232;cle, et l'un des principaux porte-voix d'un socialisme humaniste dans la lign&#233;e de Hugo et Jaur&#232;s. C'est aussi &#224; ce moment-l&#224;, d&#233;cid&#233;ment crucial dans sa carri&#232;re d'&#233;crivain et dans sa vie d'homme, qu'il prend le nom de George Orwell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr&#244;le de livre que celui-l&#224;. R&#233;cit initiatique, description journalistique d'une pr&#233;cision clinique, &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; est d'une modernit&#233; &#233;tonnante, m&#234;me &#224; soixante-quinze ans de distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute parce que son style, d&#233;pouill&#233;, direct et extraordinairement vivant, vaut largement celui des grands reporters de son &#233;poque. &lt;i&gt;&#171; La faim r&#233;duit un &#234;tre &#224; un &#233;tat o&#249; il n'a plus de cerveau, plus de colonne vert&#233;brale. L'impression de sortir d'une grippe carabin&#233;e, de s'&#234;tre mu&#233; en m&#233;duse flasque, avec de l'eau ti&#232;de qui circule dans les veines au lieu de sang. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi parce que son sujet, la dignit&#233; de l'homme quels que soient sa condition et son statut social, n'a malheureusement pas pris une ride malgr&#233; (ou &#224; cause de) l'incroyable enrichissement des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me sensibilit&#233; d'Orwell &#224; l'injustice et aux in&#233;galit&#233;s &#233;clate &#224; chaque page : &lt;i&gt;&#171; riches et pauvres ne se diff&#233;rencient essentiellement que par leur niveau de revenu, et rien d'autre : le millionnaire moyen n'est rien d'autre que le plongeur moyen arborant un complet neuf. Changeons-les de place et dites-moi, je vous prie, qui est le juge et qui est le voleur ? &#187;&lt;/i&gt; Et s'il se permet de parler de la condition des plus d&#233;munis, c'est qu'il a pris la peine de partager leur existence, contrairement &#224; d'autres bien-pensants : &lt;i&gt;&#171; Car enfin, que savent de la pauvret&#233; la pupart des gens cultiv&#233;s ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant bien &#224; eux que s'adresse Orwell, en esp&#233;rant leur ouvrir les yeux sur la r&#233;alit&#233; des vagabonds : &lt;i&gt;&#171; Je dis simplement que ce sont des &#234;tres comme vous et moi, et que s'ils ne sont pas tout &#224; fait comme vous et moi, c'est le r&#233;sultat et non la cause de leur mode de vie. &#187;&lt;/i&gt; Cette prise de conscience, Orwell va l'enrichir au cours des ann&#233;es suivantes, au contact des mineurs du nord de l'Angleterre (&lt;i&gt;Le quai de Wigan&lt;/i&gt;) et des milices populaires du POUM pendant la guerre d'Espagne (&lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt;). C'est pendant ces ann&#233;es d&#233;cisives, ces ann&#233;es trente o&#249; l'Europe tangue au bord du pr&#233;cipice, que va se forger le &#171; socialisme de l'homme ordinaire &#187;, camp&#233; sur les id&#233;aux de justice et d'&#233;galit&#233;, dont Orwell sera le plus ardent d&#233;fenseur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ecologica</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Ecologica</link>
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		<dc:date>2009-06-20T14:18:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/gorz-150-2.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;158&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Juste avant de se donner la mort &#224; l'automne 2007, Andr&#233; Gorz a rassembl&#233; dans un volume sept articles publi&#233;s entre 1975 et 2007. Ecologica est avant tout un livre politique (d'&#233;cologie politique) qui montre &#224; quel point le capitalisme est autodestructeur et qu'il est vain de vouloir le r&#233;former. La crise actuelle lui donne raison.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Juste avant de se donner la mort &#224; l'automne 2007, Andr&#233; Gorz a rassembl&#233; dans un volume sept articles publi&#233;s entre 1975 et 2007. Ecologica est avant tout un livre politique (d'&#233;cologie politique) qui montre &#224; quel point le capitalisme est autodestructeur et qu'il est vain de vouloir le r&#233;former. La crise actuelle lui donne raison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;FRAGMENTS D'UNE SOCI&#201;T&#201; NOUVELLE&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1210 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L200xH301/ecologica-200-39f04.jpg?1732159329' width='200' height='301' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En partant de la critique du capitalisme, on arrive donc immanquablement &#224; l'&#233;cologie politique qui, avec son indispensable th&#233;orie critique des besoins, conduit en retour &#224; approfondir et radicaliser encore la critique du capitalisme&lt;/i&gt; &#187;. Andr&#233; Gorz &#233;crit ces lignes en 2005, alors qu'il a d&#233;j&#224; 82 ans. Mais cela fait bien plus longtemps qu'il travaille sur la question du productivisme, de la consommation de masse et de l'invraisemblable gaspillage de ressources qu'ils entra&#238;nent, sans m&#234;me parler du g&#226;chis de comp&#233;tences et de cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1980, il y a pr&#232;s de trente ans, il disait d&#233;j&#224; : &lt;i&gt;&#171; le capitalisme opulent consiste &#224; cr&#233;er le plus grand nombre possible de besoins et &#224; les satisfaire de fa&#231;on pr&#233;caire par le plus grand nombre possible de marchandises &#187;&lt;/i&gt;. Une course sans fin &#224; la croissance &#233;conomique sans autre but qu'elle-m&#234;me, quels que soient les d&#233;g&#226;ts qu'elle engendre et le nombre de victimes qu'elles laissent sur le bord de la route. &lt;i&gt;&#171; Nous ne produisons rien de ce que nous consommons et nous ne consommons rien de ce que nous produisons. Tous nos besoins et nos d&#233;sirs sont des besoins et des d&#233;sirs de marchandises, donc des besoins d'argent. L'id&#233;e du suffisant &#8212; l'id&#233;e d'une limite au-del&#224; de laquelle nous produirions trop ou ach&#232;terions trop, c'est-&#224;-dire plus qu'il nous en faut &#8212; n'appartient pas &#224; l'&#233;conomie ni &#224; l'imagination &#233;conomique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est frappant de voir comment, en 1975, Andr&#233; Gorz d&#233;crivait l'absurdit&#233; du tout-voiture (dans L'id&#233;ologie sociale de la bagnole) : vendue comme un moyen permettant d'acc&#233;der &#224; l'autonomie et &#224; la vitesse, la voiture a rendu son propri&#233;taire d&#233;pendant des garagistes et des p&#233;troliers, pour des temps de transport ne d&#233;passant pas, dans les centre-villes asphyxi&#233;s, la vitesse de la marche &#224; pied. Reprenant des donn&#233;es d'Ivan Illich, il explique que dans les ann&#233;es soixante-dix, un Am&#233;ricain moyen consacre trente heures par semaine &#224; sa voiture, que ce soit en temps de travail pour la payer ou en temps pass&#233; &#224; se d&#233;placer avec. Il serait d'ailleurs int&#233;ressant de refaire ce calcul aujourd'hui, sachant que le prix du carburant en France est autrement plus &#233;lev&#233; qu'aux Etats-Unis. Pour en sortir, explique Gorz, &lt;i&gt;&#171; il ne faut jamais poser le probl&#232;me du transport isol&#233;ment, toujours le lier au probl&#232;me de la ville, de la division sociale du travail et de la compartimentation que celle-ci a introduite entre les diff&#233;rentes dimensions de l'existence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple est caract&#233;ristique de la pens&#233;e de Gorz, qui fut un temps proche de Sartre : ne jamais r&#233;fl&#233;chir aux probl&#232;mes de fa&#231;on isol&#233;e. L'&#233;cologie, pour lui, ce n'est pas la d&#233;fense de l'environnement mais bel et bien une alternative, une autre conception du monde : &lt;i&gt;&#171; la d&#233;croissance de l'&#233;conomie fond&#233;e sur la valeur d'&#233;change a d&#233;j&#224; lieu et s'accentuera. La question est seulement de savoir si elle va prendre la forme d'une crise catastrophique subie ou celle d'un choix de soci&#233;t&#233; auto-organis&#233;e, fondant une &#233;conomie et une civilisation au-del&#224; du salariat et des rapports marchands.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Gorz, la fin du capitalisme est bien engag&#233;e (rappelons que l'auteur est mort avant le d&#233;clenchement de la crise financi&#232;re actuelle), car &lt;i&gt;&#171; ce n'est pas le plein emploi, mais l'emploi lui-m&#234;me que le postfordisme a entrepris de supprimer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Andr&#233; Gorz cite souvent Marx et en donne une lecture parfois surprenante, il s'int&#233;resse aussi beaucoup au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie de la connaissance et notamment au mouvement des logiciels libres, via le projet Oekonux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article que lui consacre la revue Multitudes&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui &#233;tudie le moyen d'appliquer ses principes &#224; l'&#233;conomie. Cette soci&#233;t&#233; nouvelle, &#233;panouissante et fraternelle, il ne la verra pas puisqu'il s'est donn&#233; la mort avec sa compagne, Dorine, le 22 septembre 2007. Il nous reste &#224; transmettre sa pens&#233;e, et pourquoi pas &#224; appliquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article que lui consacre la revue &lt;a href=&#034;http://multitudes.samizdat.net/Logiciel-libre-et-ethique-du#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Multitudes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les films de science-fiction</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Les-films-de-science-fiction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Les-films-de-science-fiction</guid>
		<dc:date>2008-12-28T17:33:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/alien-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;154&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport y a-t-il entre l'Odyss&#233;e d'Hom&#232;re et Alien de Ridley Scott ? Aucun, vraiment ? Dans son dernier ouvrage, Michel Chion raconte l'histoire du cin&#233;ma de science-fiction, du Voyage dans la Lune &#224; Wall-E, avec talent, passion et un sens &#233;tonnant de la mise en perspective. 400 pages qui se lisent &#224; toute vitesse.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Essai-+" rel="tag"&gt;Essai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Cinema,36-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel rapport y a-t-il entre l'Odyss&#233;e d'Hom&#232;re et Alien de Ridley Scott ? Aucun, vraiment ? Dans son dernier ouvrage, Michel Chion raconte l'histoire du cin&#233;ma de science-fiction, du Voyage dans la Lune &#224; Wall-E, avec talent, passion et un sens &#233;tonnant de la mise en perspective. 400 pages qui se lisent &#224; toute vitesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA PLAN&#200;TE DES SONGES&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH381/chion-science-fiction-250-dc3b1.jpg?1732159329' width='250' height='381' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224;-dedans des films que l'on a beaucoup aim&#233;s : &lt;i&gt;2001 l'odyss&#233;e de l'espace&lt;/i&gt; (Kubrick, 1968), &lt;i&gt;Alien&lt;/i&gt; (Scott, 1979), &lt;i&gt;La plan&#232;te des singes&lt;/i&gt; (Shaeffner, 1968), &lt;i&gt;l'Empire contre-attaque&lt;/i&gt; (Kershner, 1980), &lt;i&gt;l'Homme invisible&lt;/i&gt; (Whale, 1933)... D'autres qu'on a vus sans &#234;tre tout &#224; fait convaincus : &lt;i&gt;E.T.&lt;/i&gt; (Spielberg, 1982), &lt;i&gt;Wall-E&lt;/i&gt; (Stanton, 2008), &lt;i&gt;King Kong&lt;/i&gt; (Jackson, 2005)... Et tous les autres qu'on n'a pas vu et qu'on a d&#233;sormais envie de d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Chion&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Michel Chion&lt;/a&gt; est un compositeur, enseignant, historien du cin&#233;ma qui a sign&#233; certains des plus beaux livres en fran&#231;ais sur le septi&#232;me art. On pense notamment &#224; &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Un-art-sonore-le-cinema' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Un art sonore, le cin&#233;ma&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &#224; &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Stanley-Kubrick-l-humain-ni-plus' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Stanley Kubrick, l'humain ni plus ni moins&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. La richesse de ses r&#233;f&#233;rences, les liens qu'il tisse entre cin&#233;ma, musique et litt&#233;rature, sa fa&#231;on, rare dans ce milieu, de prendre parti rendent ses livres aussi accessibles que vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend ainsi que l'Odyss&#233;e d'Hom&#232;re inaugure un des multiples genres de ce qui deviendra la science-fiction (terme issu de l'anglais puisqu'en fran&#231;ais, il faudrait plut&#244;t dire la fiction scientifique), le film de retour de voyage, le nostos (d'o&#249; est tir&#233; le mot nostalgie) dont Alien est un exemple r&#233;cent. Michel Chion d&#233;crit aussi &#171; la mort invers&#233;e &#187; dans le derni&#232;res images de l'Homme invisible, de James Whale, les partis-pris f&#233;ministes de Ridley Scott dans Alien, le croisement entre merveilleux et science-fiction dans Star Wars (et l'importance du bruitage et de la musique dans cette distinction), l'arri&#232;re-plan politique de l'Invasion des profanateurs de s&#233;pulture de Don Siegel, ou encore les figures impos&#233;es de la SF : la femme port&#233;e, les &#233;crans verticaux, les robots m&#233;morialistes, les portes et leurs bruits &#233;tranges...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul reproche qu'on pourrait faire aux &lt;i&gt;Films de science-fiction&lt;/i&gt;, c'est de survoler trop vite un genre aux multiples facettes. 400 pages pour raconter un si&#232;cle de SF, c'est beaucoup trop court, et la qualit&#233; de l'analyse de la cinquantaine de films d&#233;taill&#233;s fait regretter celle des centaines qui ne sont que juste &#233;voqu&#233;s. Il aurait fallu sans doute mille, voire deux mille pages &#224; Michel Chion pour aller au bout de son analyse, mais le sujet le vaut largement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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