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	<title>imaginaires</title>
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		<title>Fidelio, l'odyss&#233;e d'Alice</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pass&#233; sous les &#233;crans radar de la critique &#224; sa sortie, ce Fidelio-l&#224; est un petit bijou cin&#233;matographique. Film&#233; en mer et en Scope, c'est aussi la r&#233;v&#233;lation d'une actrice extraordinaire, Ariane Labed.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton674-c965b.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pass&#233; sous les &#233;crans radar de la critique &#224; sa sortie, ce Fidelio-l&#224; est un petit bijou cin&#233;matographique. Film&#233; en mer et en Scope, c'est aussi la r&#233;v&#233;lation d'une actrice extraordinaire, Ariane Labed.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, il y a le clin d'&#339;il &#224; &lt;i&gt;Titanic&lt;/i&gt;. La salle des machines qui grince, qui souffle et qui mugit, la mer qui d&#233;file &#224; toute vitesse le long de la coque, la proue sur laquelle se perche une jeune femme les bras en croix, et un homme qui lui demande : &#171; tu te prends pour Kate Winslet ? &#187; Elle lui r&#233;pond, du tac au tac : &#171; plut&#244;t pour DiCaprio &#187;. Fidelio n'est pas Titanic, c'est juste un navire marchand comme il y en a des dizaines de milliers qui sillonnent les oc&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fidelio&lt;/i&gt; est vieux, il l&#226;che un peu de partout et il est promis &#224; la casse. Son &#233;quipage est en bleu de travail et macul&#233; de cambouis, il y a des Philippins qui jettent un sort aux machines et un Roumain qui pense &#224; sa petite amie. Et il y a Alice. Alice, c'est la seule femme &#224; bord, et ce n'est pas une prostitu&#233;e s&#233;n&#233;galaise invit&#233;e un soir d'escale. C'est un marin, second ma&#238;tre, et bien d&#233;cid&#233;e &#224; se faire respecter.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1685 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg shadow'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH208/fidelio-600-4c240.jpg?1732210630' height='208' width='500' alt='JPEG - 57.2 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fidelio&lt;/i&gt;, c'est aussi un film, dont le budget doit repr&#233;senter une demi-journ&#233;e du cachet de Leonardo DiCaprio. Aux manettes, Lucie Borleteau, jeune r&#233;alisatrice venue du court m&#233;trage et qui, pour son premier long, choisit un format d'image ambitieux, un cin&#233;mascope parfaitement adapt&#233; aux panoramiques maritimes mais aussi aux nombreuses sc&#232;nes de huis clos dans le navire. Sa mise en sc&#232;ne est remarquable de fluidit&#233; et de pr&#233;cision, &#224; la fois ondoyante et nerveuse comme son h&#233;ro&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire un mot d'Ariane Labed. Il est rare de voir une actrice inconnue crever l'&#233;cran &#224; ce point. De m&#233;moire, on citera Paz Vega (&lt;i&gt;Lucia y el sexo&lt;/i&gt;) ou plus r&#233;cemment Ad&#232;le Exarchopoulos (&lt;i&gt;La vie d'Ad&#232;le&lt;/i&gt;). L'interpr&#232;te d'Alice est d&#233;sarmante de spontan&#233;it&#233;, de fra&#238;cheur, d'app&#233;tit de vivre, &#224; tel point qu'elle cannibalise les deux r&#244;les masculins qui lui font face, son petit ami norv&#233;gien et le capitaine du Fidelio avec qui elle a eu une liaison jadis. Ce dernier, jou&#233; par Melvil Poupaud, qui n'est pourtant pas le premier venu, est d&#233;vor&#233; tout cru par Alice/Ariane qui lui fait comprendre que les temps ont chang&#233;, y compris pour les m&#226;les dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce &lt;i&gt;Fidelio&lt;/i&gt; est une m&#233;taphore flottante que ne renierait pas Ken Loach. Plus qu'une histoire d'amour sur le th&#232;me une femme et deux hommes, c'est un film remarquablement &#233;crit sur notre &#233;poque dont les marins sont les nouveaux prol&#233;taires. Equipages h&#233;t&#233;roclites, navires au bout du rouleau, marchandises achet&#233;es et revendues plusieurs fois pendant le trajet et modifiant sans cesse la destination, corps jet&#233;s &#224; la mer pour &#233;viter les proc&#233;dures administratives : Fidelio donne &#224; voir la salle des machines de la globalisation. Et tous ceux qui y consacrent leur vie avec leur grandeur, leur mis&#232;re, leur solitude et leurs croyances. Un petit fragment d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19549559&#034; style=&#034;width:600px; height:330px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Interstellar</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un an apr&#232;s le sublime &lt;i&gt;Gravity&lt;/i&gt;, Christopher Nolan rel&#232;ve le d&#233;fi du space opera pour adultes, &#224; savoir avec une action r&#233;duite au minimum et une dimension philosophique assum&#233;e. Et prend le risque de se frotter au fant&#244;me de Kubrick.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton673-ea6fe.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un an apr&#232;s le sublime &lt;i&gt;Gravity&lt;/i&gt;, Christopher Nolan rel&#232;ve le d&#233;fi du space opera pour adultes, &#224; savoir avec une action r&#233;duite au minimum et une dimension philosophique assum&#233;e. Et prend le risque de se frotter au fant&#244;me de Kubrick.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et si, finalement, la vision la plus marquante de cet &lt;i&gt;Interstellar&lt;/i&gt; &#233;tait cette monstrueuse temp&#234;te de poussi&#232;re qui engloutit p&#233;riodiquement un village, ses habitants et ses pauvres champs de ma&#239;s dess&#233;ch&#233; ? Il n'est pas question de trou de ver ou de trou noir dans ces s&#233;quences d'un monde au bord de l'extinction, mais c'est pourtant bien ce qui nous attend &#224; tr&#232;s court terme, l'espace d'une ou deux g&#233;n&#233;rations, trois au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1684 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L260xH353/interstellar-aff-8feb1.jpg?1732210630' height='353' width='260' alt='JPEG - 54.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Cette longue partie introductive, Nolan la traite &#224; la mani&#232;re de Spielberg (qui devait d'ailleurs r&#233;aliser le film initialement), coll&#233; &#224; ses personnages et &#224; leur environnement d'Am&#233;rique profonde. Mais justement, ce n'est pas Spielberg, et Cooper, le fermier interpr&#233;t&#233; par Matthew Mc Conaughey est en fait un pilote de chasse clou&#233; au sol suite &#224; un accident d'avion. Et sa fille est un enfant surdou&#233; qui affirme &#234;tre visit&#233;e par des fant&#244;mes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Terre est condamn&#233;e &#224; court terme et pour survivre, l'esp&#232;ce humaine n'a plus le choix : il ne lui reste plus qu'&#224; coloniser un hypoth&#233;tique nouveau monde. Cooper sera charg&#233; de conduire un vaisseau exploratoire pour ce qui s'apparente &#224; un voyage sans retour. Car les distances &#224; franchir sont telles qu'elles vont bousculer les fronti&#232;res temporelles d'une vie humaine. C'est le prix &#8212; immense et terrifiant &#8212; &#224; payer pour qui veut franchir un trou de ver (un raccourci dans l'espace) et s'approcher d'un trou noir monstrueux et sublime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi de Christopher Nolan, il est donc l&#224; : mettre en images des abstractions qui d&#233;fient les lois de la physiqu. Et montrer ce que l'on ressent sans jamais le voir : le temps qui chasse chaque g&#233;n&#233;ration pour laisser la place &#224; la suivante. Sauf bien s&#251;r que dans l'espace, &#231;a ne se passe pas comme &#231;a, Einstein l'a d&#233;montr&#233; il y a longtemps. Et quand une heure sur une plan&#232;te lointaine vaut sept ans sur Terre, la reprise de contact de Cooper et de sa fille est potentiellement ravageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des plus poignantes sc&#232;nes du film, qui comme celles du d&#233;but, ne n&#233;cessite aucun effet sp&#233;cial. Juste deux enfants qui parlent &#224; leur p&#232;re par &#233;cran interpos&#233;, un p&#232;re qui ne peut r&#233;pondre mais qui prend en pleine t&#234;te les ann&#233;es perdues. Il n'est d&#233;j&#224; pas facile de voir sa prog&#233;niture grandir au fil des saisons, alors imaginez un peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Interstellar&lt;/i&gt; est aussi impressionnant en ce sens qu'il restitue physiquement (par le surround) la pression exerc&#233;e par les forces de la nature sur les fragiles constructions humaines : vent d&#233;cha&#238;n&#233;, vagues monstrueuses, d&#233;r&#232;glement total des instruments de bord des vaisseaux spatiaux, rien ne sera &#233;pargn&#233; &#224; Cooper et ses compagnons. Tout juste pourra-t-on regretter que rien ne soit dit sur les raisons qui ont entra&#238;n&#233; un tel d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visuellement, le film de Nolan rappelle &#233;videmment, dans sa derni&#232;re demi-heure, le &lt;i&gt;2001&lt;/i&gt; de Kubrick, mais il est moins r&#233;ussi que &lt;i&gt;Gravity&lt;/i&gt; dans le d&#233;pouillement extr&#234;me et rend moins la sensation d'isolement et d'&#233;loignement. Disons que si &lt;i&gt;Gravity&lt;/i&gt; excelle dans la repr&#233;sentation de la dimension spatiale (les distances, les rep&#232;res chamboul&#233;s), &lt;i&gt;Interstellar&lt;/i&gt; se distingue dans la description du temps, avec une sc&#232;ne tout &#224; fait perturbante (et plut&#244;t r&#233;ussie) dans la derni&#232;re partie. Rien que pour &#231;a, il vaut le d&#233;tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19548515&#034; style=&#034;width:560px; height:310px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Whiplash</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Whiplash</link>
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		<dc:date>2014-10-25T22:02:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Remarqu&#233; &#224; la Quinzaine des R&#233;alisateurs &#224; Cannes, prim&#233; &#224; Deauville, le film de Damien Chazelle est un &#233;norme coup de cymbale dans le ciel cin&#233;matographique de 2014. Pr&#233;sent&#233; en avant-premi&#232;re &#224; Gardanne, il sortira le 24 d&#233;cembre. Ne le manquez pas !&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton670-d8452.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Remarqu&#233; &#224; la Quinzaine des R&#233;alisateurs &#224; Cannes, prim&#233; &#224; Deauville, le film de Damien Chazelle est un &#233;norme coup de cymbale dans le ciel cin&#233;matographique de 2014. Pr&#233;sent&#233; en avant-premi&#232;re &#224; Gardanne, il sortira le 24 d&#233;cembre. Ne le manquez pas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne peut pas s'emp&#234;cher, en voyant ce Whiplash (litt&#233;ralement : coup de fouet), de penser &#224; un film sado-maso, et &#224; deux r&#233;f&#233;rences dans le genre : &lt;i&gt;Raging Bull&lt;/i&gt; de Martin Scorsese, pour les plans serr&#233;s sur l'&#233;puisement et la douleur, et &lt;i&gt;Full Metal Jacket&lt;/i&gt; de Stanley Kubrick pour les s&#233;ances d'humiliation-dressage. Pourtant, il n'est ici question ni de boxe, ni de pr&#233;paration &#224; la guerre du Vietnam, mais seulement de jazz.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1681 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH333/whiplash-aff-9cb1a.jpg?1732210630' height='333' width='250' alt='JPEG - 86 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le film de Damien Chazelle, c'est une sorte de western o&#249; l'on se bat &#224; coups de baguettes, o&#249; l'on d&#233;fonce les caisses &#224; coup de poing et o&#249; on se lance les cymbales &#224; la figure. Le montage rageur et bondissant ne laisse aucun r&#233;pit, et le sch&#233;ma classique de l'initiation d'un jeune surdou&#233; par un prof tyrannique vole ici en &#233;clats. Car Andrex, 19 ans et une ambition d&#233;vorante, va tout d'abord encaisser, puis il va rendre les coups un &#224; un. A tel point que le prof, interpr&#233;t&#233; par un JK Simmons en grande forme, va voir se retourner contre lui toutes les crasseries possibles et imaginables qu'il inflige &#224; ses &#233;l&#232;ves. Jusqu'&#224; une sc&#232;ne finale aussi inattendue que suffocante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, &lt;i&gt;Whiplash&lt;/i&gt; n'&#233;tait qu'un court m&#233;trage pr&#233;sent&#233; en 2013 &#224; Sundance. Devant l'accueil public, Damien Chazelle le transforme en un long, tourn&#233; en une vingtaine de jours seulement. Le r&#233;sultat garde cette urgence, cette vitesse sans jamais abuser de plans d&#233;multipli&#233;s comme en abusent les films d'action. Le film joue en permanence de la douche &#233;cossaise avec un Terrence Fletcher (le professeur) capable de tirer les larmes &#224; ses &#233;l&#232;ves et l'instant d'apr&#232;s de les humilier sans raison. M&#234;me chose avec les nombreuses sc&#232;nes de r&#233;p&#233;tition hach&#233;es par des interruptions, signifi&#233;es par un poing ferm&#233;, qui &#233;voquent &#233;videmment ces r&#233;alisateurs capables de faire rejouer des dizaines de fois la m&#234;me sc&#232;ne afin de pousser &#224; bout les acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tension permanente, la d&#233;stabilisation comme m&#233;thode p&#233;dagogique ont bien s&#251;r des effets collat&#233;raux sur la vie des &#233;l&#232;ves : les rares sc&#232;nes hors cadre musical montrent comment Andrew reproduit autour de lui (avec ses parents et sa petite amie) cette obsession maladive pour l'excellence &#224; tout prix. Mais les d&#233;g&#226;ts provoqu&#233;s ne font qu'alimenter sa rage comme des pellet&#233;es de charbon jet&#233;s dans une chaudi&#232;re sous pression qui risque &#224; tout moment d'exploser. Mention au passage au travail du jeune Miles Teller dont la performance physique (et technique, car il joue lui-m&#234;me de la batterie) est impressionnante.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19547197&#034; style=&#034;width:600px; height:340px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Plan&#232;te des singes : l'affrontement</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-Planete-des-singes-l</link>
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		<dc:date>2014-08-01T16:49:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s &lt;i&gt;Les origines&lt;/i&gt;, nous voici donc de retour sur la Plan&#232;te des singes avec cette fois Matt Reeves aux manettes et des acteurs enfin &#224; la hauteur pour les personnages humains. Andy Serkis reste quant &#224; lui exceptionnel.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton665-d50aa.jpg?1732200330' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s &lt;i&gt;Les origines&lt;/i&gt;, nous voici donc de retour sur la Plan&#232;te des singes avec cette fois Matt Reeves aux manettes et des acteurs enfin &#224; la hauteur pour les personnages humains. Andy Serkis reste quant &#224; lui exceptionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la grosse d&#233;ception de la version Tim Burton de 2001, compl&#232;tement d&#233;sincarn&#233;e et manquant cruellement de po&#233;sie, le reboot de 2011 intitul&#233; &lt;i&gt;Les origines&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; une bonne surprise. M&#234;me si, pour faire la fine bouche, la performance des acteurs principaux c&#244;t&#233; humains n'&#233;tait absolument pas &#224; la hauteur. C&#244;t&#233; sc&#233;nario en revanche, il y avait de l'id&#233;e, et les effets sp&#233;ciaux &#233;taient irr&#233;prochables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s (dix ans dans l'histoire), C&#233;sar et sa troupe de primates (chimpanz&#233;s, gorilles, orang-outans) sont toujours l&#224; et chassent le cerf dans la for&#234;t qui a d&#233;sormais tout l'air d'une jungle. C&#244;t&#233; humains, en revanche, &#231;a ne va pas fort. Suite &#224; la grippe simienne r&#233;pandue accidentellement &#224; la fin du film pr&#233;c&#233;dent, l'esp&#232;ce dominante ne domine plus rien du tout et se retranche mis&#233;rablement dans ce qui reste de ses villes, &#224; moiti&#233; en ruines et gagn&#233;es par la v&#233;g&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1676 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg shadow'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH263/planete-singes-560-c12e6.jpg?1732210630' height='263' width='500' alt='JPEG - 88.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Comme le titre l'indique, il va donc &#234;tre question d'un affrontement. Mais, bien plus finement que le sc&#233;nario d'&lt;i&gt;Avatar&lt;/i&gt;, pour ne citer que celui-l&#224;, ce n'est pas d'un c&#244;t&#233; les affreux humains civilis&#233;s contre de l'autre les bons sauvages proches de la nature. Dans la vraie vie, les choses sont un peu plus compliqu&#233;es que &#231;a, n'en d&#233;plaise aux sc&#233;naristes qui pondent du blockbuster apocalyptique au kilom&#232;tre. Et dans L'affrontement, nous avons donc dans chaque communaut&#233; des faucons et des colombes, des partisans de la conqu&#234;tes et ceux qui privil&#233;gient la coop&#233;ration. Toute ressemblance avec une situation internationale m&#233;diterran&#233;enne actuelle n'est pas fortuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la richesse de cette suite, c'est avant tout dans une mise en sc&#232;ne inventive (celle de Matt Reeves) et dans des d&#233;cors splendides qu'on la d&#233;couvre. La for&#234;t, d&#233;goulinante de pluie, sombre et hostile avec ses troncs coup&#233;s nets et ses pentes boueuses, est particuli&#232;rement angoissante, alors que les habitations des singes, toutes en courbes et en volutes, donnent une impression de l&#233;g&#232;ret&#233; et de robustesse. Comme le dit l'un des humains survivants, &lt;i&gt;&#171; ils n'ont besoin ni de courant, ni de chaleur, ni de lumi&#232;re. Rien. C'est &#231;a leur avantage. C'est ce qui les rend plus forts. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes, eux, se terrent et s'arment. Ils ont peur, et cette peur les rend agressifs et dangereux. Avec certains d'entre eux, c'est on tire d'abord et on discute ensuite (comme au bon vieux temps de la conqu&#234;te de l'ouest). Autant dire que la coexistence ne sera pas pacifique. Et que ce qui reste du centre-ville de San Francisco &#8212; superbement reconstitu&#233;, m&#234;me si on ne peut s'emp&#234;cher, encore une fois, de repenser &#224; l'Arm&#233;e des douze singes de Terry Gilliam &#8212; va tr&#232;s vite se transformer en Fort Alamo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film d'origine de Franklin J Schaffner, qui date, on le rappelle, de 1968, ne perd rien de sa force po&#233;tique et du choc que repr&#233;senta la vision de chimpanz&#233;s chevauchant des pur-sang et regroupant au fouet des esclaves humains. Mais l'utilisation intelligente et raisonn&#233;e des effets num&#233;riques et de la performance capture apporte de toute &#233;vidence une avanc&#233;e consid&#233;rable dans les techniques de mise en sc&#232;ne. Le tout est que ce soit au service d'une histoire, pas que cette derni&#232;re ne soit que le pr&#233;texte. Il est rare d'attendre une suite avec impatience. Ici, c'est pourtant le cas.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19540807&#034; style=&#034;width:560px; height:320px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Minuscule, la vall&#233;e des fourmis perdues</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Minuscule-la-vallee-des-fourmis</link>
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		<dc:date>2014-02-05T13:42:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Epop&#233;e brillante &#224; hauteur d'insectes, &lt;i&gt;Minuscule&lt;/i&gt; prouve qu'il est possible de faire du cin&#233;ma d'animation intelligent et respectueux du jeune public. On en redemande.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton660-965a1.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Epop&#233;e brillante &#224; hauteur d'insectes, &lt;i&gt;Minuscule&lt;/i&gt; prouve qu'il est possible de faire du cin&#233;ma d'animation intelligent et respectueux du jeune public. On en redemande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qui peut bien faire exploser de rire une salle de cin&#233;ma remplie de bambins ? R&#233;ponse : une b&#234;te bo&#238;te &#224; sucre en fer blanc d&#233;gringolant d'un rocher. H&#233;l&#232;ne Giraud (la fille de Moebius) et Thomas Szabo ont donc repris les recettes de la s&#233;rie t&#233;l&#233; &lt;i&gt;Minuscule&lt;/i&gt; et l'ont adapt&#233;e pour le grand &#233;cran, et le moins qu'on puisse dire, c'est que &#231;a marche. Et que &#231;a change de l'animation industrielle &#224; la Disney ou de celle, un cran au-dessus, de Pixar. Ici, pas de voix de comiques de la t&#233;l&#233;, pas de dialogues super cool tendance et pas d'anthropomorphisme &#224; deux balles.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1668 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH341/minuscule-affiche-58809.jpg?1732210630' height='341' width='250' alt='JPEG - 39.6 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor : les prises de vues r&#233;elles des parcs du Mercantour et des Ecrins. Les personnages : des insectes relativement r&#233;alistes (fourmis, araign&#233;e, mouches, coccinelle) ajout&#233;s en images num&#233;riques. Le parti pris, essentiel : aucun dialogue, les animaux s'expriment uniquement par des bruits et des attitudes. L'histoire : pour faire simple, on dira que c'est une qu&#234;te du Graal sous la forme d'une bo&#238;te &#224; sucre oubli&#233;e par des pique-niqueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rendre hommage &#224; la qualit&#233; de la mise en sc&#232;ne et du montage, dignes d'un film d'aventures qui n'exclut pas les sc&#232;nes contemplatives, o&#249; le tout petit s'harmonise avec l'immensit&#233; et la splendeur des paysages. Le changement d'&#233;chelle est particuli&#232;rement bien vu : une allumette a la taille d'une poutre, un morceau de sucre ressemble &#224; un parpaing, une Deux-Chevaux &#224; un monstre m&#233;canique et une bombe insecticide &#224; une arme de destruction massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citations de films c&#233;l&#232;bres abondent sans alourdir le propos : on reconna&#238;t ainsi la maison de &lt;i&gt;Psychose&lt;/i&gt;, la forteresse du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt;, la poursuite spatiale de &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;&#8230; Le tout, &#224; un rythme raisonnable qui change de la fr&#233;n&#233;sie de plans de plus en plus courts qui contamine le cin&#233;ma contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'&#226;ge pour d&#233;couvrir &lt;i&gt;Minuscule&lt;/i&gt;. Les enfants adorent, et ils ont bien raison, mais les adultes y prennent aussi beaucoup de plaisir. Et la prochaine fois que vous pique-niquerez dans l'herbe, vous regarderez les fourmis et les coccinelles d'un autre &#339;il !
&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;320&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x1a0nij&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Snowpiercer, le transperceneige</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Snowpiercer-le-transperceneige</link>
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		<dc:date>2014-01-24T21:04:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Adaptation cor&#233;enne brillante d'une BD fran&#231;aise culte, Snowpiercer file la m&#233;taphore de l'humanit&#233; en d&#233;tresse avec un train immense qui fonce dans un d&#233;sert de glace. Une splendeur visuelle.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton658-37260.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adaptation cor&#233;enne brillante d'une BD fran&#231;aise culte, Snowpiercer file la m&#233;taphore de l'humanit&#233; en d&#233;tresse avec un train immense qui fonce dans un d&#233;sert de glace. Une splendeur visuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une &#233;vidence : de tous les moyens de transport, le train est celui que le cin&#233;ma pr&#233;f&#232;re, et pas seulement parce qu'il lui a consacr&#233; le premier film de son histoire. Les rails ont &#233;t&#233; recycl&#233;s pour faire des travellings, les fen&#234;tres montrent le paysage qui d&#233;file comme sur une pellicule, l'ext&#233;rieur est un spectacle et les passagers sont le public, chaque wagon est un monde en soi...&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1666 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH339/snowpiercer-250-5ea0b.jpg?1732210630' height='339' width='250' alt='JPEG - 52.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;De plus, le train est un redoutable v&#233;hicule de l'inconscient collectif. Jouet de r&#234;ve quand il est miniature, c'est aussi un instrument de conqu&#234;te dans les grands espaces de l'Ouest am&#233;ricain (quand il s'agissait de d&#233;cimer les bisons par exemple) ou dans les immenses plaines russes (on se souvient du train blind&#233; de Trotsky pendant la guerre civile qui a suivi la R&#233;volution russe). Sans oublier, bien entendu, les wagons &#224; bestiaux qui emmenaient les d&#233;port&#233;s vers la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de parler du film, il faut rendre hommage &#224; Jean-Marc Rochette, Benjamin Legrand et Jacques Lob, qui ont imagin&#233; cette histoire incroyable dans les toutes derni&#232;res ann&#233;es de la guerre froide, en 1984. Sur une Terre congel&#233;e, une poign&#233;e d'humains survivent dans un train immense condamn&#233; &#224; rouler sans fin. Un train compos&#233; de castes, les gueux entass&#233;s tout au bout et les fortun&#233;s &#224; l'avant. Splendide m&#233;taphore d'une humanit&#233; lanc&#233;e dans une course folle qui, forc&#233;ment, finira mal...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bong Joon Ho s'est appuy&#233; sur ce sc&#233;nario impeccable en le modernisant &#224; la marge, la guerre nucl&#233;aire initiale &#233;tant remplac&#233;e par une tentative malheureuse de lutte contre le r&#233;chauffement climatique. Pour le reste, il s'agit bien d'un combat &#224; mort entre une bande d'insurg&#233;s n'ayant plus rien &#224; perdre et tout le syst&#232;me de d&#233;fense du train, dont la sophistication n'exclut pas la plus grande sauvagerie. L'histoire se d&#233;roule donc de l'arri&#232;re vers l'avant : quand la locomotive (ici, la Machine) sera atteinte, la fin du film sera proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visuellement, &lt;i&gt;Snowpiercer&lt;/i&gt; a beaucoup &#224; voir avec l'univers de Terry Gilliam (un des personnages porte ce nom d'ailleurs). Le contraste est violent entre la crasse mis&#233;rable des wagons de queue et le luxe grotesque (bar &#224; sushi, sauna, serre tropicale, aquarium g&#233;ant, salons de coiffure) de l'avant. Le culte du chef, la folie douce de ses subordonn&#233;s et la noirceur f&#233;roce de l'ensemble rappellent &#233;videmment &lt;i&gt;Brazil&lt;/i&gt;, m&#234;me si on peut regretter quelques sc&#232;nes inutilement gore, avec gerbes de sang film&#233;es au ralenti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Snowpiercer&lt;/i&gt; est donc un tr&#232;s bon film &#224; qui il ne manque pas grand chose pour devenir un tr&#232;s grand film. Il met superbement en &#233;vidence une v&#233;rit&#233; toute simple que les puissants de ce monde feraient bien de ne pas perdre de vue : m&#234;me s'ils sont du bon c&#244;t&#233; du manche, ils vivent dans le m&#234;me monde que ceux qu'ils exploitent, et un jour ou l'autre, ils devront bien rendre des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src='http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19538042' style='width:560px; height:300px'&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quai d'Orsay</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Quai-d-Orsay</link>
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		<dc:date>2013-11-04T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En adaptant la BD de Blain et Lanzac, Bertrand Tavernier a globalement r&#233;ussi &#224; garder le rythme initial. Il lui manque pourtant la d&#233;mesure et le vent de folie de l'original.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton654-45c98.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En adaptant la BD de Blain et Lanzac, Bertrand Tavernier a globalement r&#233;ussi &#224; garder le rythme initial. Il lui manque pourtant la d&#233;mesure et le vent de folie de l'original.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Thierry Lhermitte a-t-il la stature pour incarner &#224; l'&#233;cran Dominique de Villepin ? Ou mieux encore, son double de papier, Alexandre Taillard de Vorms, sorte de g&#233;ant fulminant, au verbe haut et au rythme infernal, insupportable d'&#233;gocentrisme et tyrannique avec le petit personnel ? Eh bien non. Thierry Lhermitte est sympa, dr&#244;le, attachant, tout ce qu'on veut, mais il n'est pas cr&#233;dible en politique mythomane obs&#233;d&#233; par des discours sans queue ni t&#234;te et des citations d'H&#233;raclite parfaitement obscures. Que de tout ceci soit sorti un discours entr&#233; dans l'histoire, celui du 14 f&#233;vrier 2003 au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contre l'intervention am&#233;ricaine en Irak, discours lisible ici&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tient un peu du miracle. Ou du talent des petites mains du Quai d'Orsay.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1660 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH340/quai-d-orsay-a3ba6.jpg?1732210630' height='340' width='250' alt='JPEG - 38.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la BD de Christophe Blain et Abel Lanzac frappe fort et juste, en grossissant le trait, en changeant constamment d'&#233;chelle entre un Arthur Vlaminck plein de bonne volont&#233; mais qui se sent &#233;cras&#233; et d&#233;plac&#233; sous les dorures de la R&#233;publique et un Taillard de Vorms immense de m&#233;galomanie et de d&#233;cisions &#224; l'emporte-pi&#232;ce, le film de Tavernier humanise l'ensemble, le rend finalement sympathique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la BD, par exemple, la vie de couple du jeune Arthur est compl&#232;tement d&#233;vor&#233;e par la disponibilit&#233; totale qu'exige le ministre. Une bonne partie de l'histoire raconte les multiples rendez-vous manqu&#233;s, les horaires impossibles et les vacances g&#226;ch&#233;es qui menacent les tourteraux. Le film ajoute une anecdotique vie d'instit qui n'apporte pas grand chose dans un tableau beaucoup plus serein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film rend en revanche hommage &#224; l'abn&#233;gation de Claude Maupas, diplomate aux cheveux blancs, &#224; la voix toujours pos&#233;e et qui ne se laisse jamais impressionner par les tonitruances et les envol&#233;es lyriques du ministre. Il est interpr&#233;t&#233; brillamment, et &#224; contre-emploi, par Niels Arestrup, plus habitu&#233; &#224; des r&#244;les hyst&#233;riques. L&#224;, il est celui qui g&#232;re les crises, recadre tout le monde et trouve le temps de caresser un chat gris laiss&#233; par un pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mention aussi &#224; Rapha&#235;l Personnaz (le Marius de Daniel Auteuil), tr&#232;s bon dans un r&#244;le de com&#233;die et qui donne chair au jeune Arthur Vlaminck. Et &#224; l'apparition de Jane Birkin, d&#233;licieuse en Prix Nobel de litt&#233;rature submerg&#233;e par le discours incessant et anarchique de Taillard de Vorms.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19538117&#034; style=&#034;width:550px; height:300px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contre l'intervention am&#233;ricaine en Irak, &lt;a href=&#034;http://is.gd/3Nx401&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;discours lisible ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les jours heureux</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Les-jours-heureux-652</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Les-jours-heureux-652</guid>
		<dc:date>2013-10-30T21:25:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Raymond Aubrac, St&#233;phane Hessel, Daniel Cordier et quelques autres nous font revivre l'histoire du Conseil national de la R&#233;sistance dans un documentaire en forme de testament, tonique et joyeux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Cinema,36-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton652-9152f.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Raymond Aubrac, St&#233;phane Hessel, Daniel Cordier et quelques autres nous font revivre l'histoire du Conseil national de la R&#233;sistance dans un documentaire en forme de testament, tonique et joyeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gilles Perret est sans piti&#233;. Le r&#233;alisateur de &lt;i&gt;Walter, retour en r&#233;sistance&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;De m&#233;moire d'ouvriers&lt;/i&gt; a eu l'id&#233;e, un peu perverse avouons-le, de nous offrir en dessert de ses Jours heureux quelques interviewes des politiques actuels. Apr&#232;s les sommets de courage, d'h&#233;ro&#239;sme, d'inventivit&#233; et d'audace dont ont fait preuve L&#233;on Landini, Raymond Aubrac, St&#233;phane Hessel, Daniel Cordier ou Robert Chambeiron, nous voil&#224; descendus des &#233;paules des g&#233;ants pour admirer les nains qui nous gouvernent ou pr&#233;tendent le faire : Fran&#231;ois Bayrou et Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; sont pitoyables.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1658 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH333/jours-heureux-aff-cf5d7.jpg?1732210630' height='333' width='250' alt='JPEG - 34 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Si Jean-Luc M&#233;lenchon s'en tire plut&#244;t bien, Fran&#231;ois Hollande est presque grandiose dans le n'importe quoi. Il affirme beno&#238;tement que &lt;i&gt;&#171; quand on est faible, on a une voix faible &#187;&lt;/i&gt;. Et quand Gilles Perret lui demande ce qu'il peut faire, lui pr&#233;sident, contre la finance folle et l'ultralib&#233;ralisme &#224; tout crin, il r&#233;pond dans un sourire ravi : &lt;i&gt;&#171; je suis au pouvoir pour pouvoir &#187;&lt;/i&gt;. L'ironie de l'histoire est que cet entretien &#233;lys&#233;en ait &#233;t&#233; enregistr&#233; le jour-m&#234;me de la mort de St&#233;phane Hessel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant tout &#231;a, il y a eu pr&#232;s d'une heure vingt d'histoire chaude, celle racont&#233;e par ses protagonistes. Il y avait urgence &#224; enregistrer leur t&#233;moignage, puisqu'on l'a vu, St&#233;phane Hessel est mort en f&#233;vrier 2013 (&#224; 95 ans) et Raymond Aubrac nous a quitt&#233;s en avril 2012 (&#224; 97 ans). Quant &#224; Daniel Cordier, secr&#233;taire de Jean Moulin, il a actuellement 93 ans, et Robert Chambeiron a f&#234;t&#233; ses 98 ans. Pour avoir eu la chance de rencontrer Raymond Aubrac en 2008, je peux affirmer que ces hommes-l&#224; d&#233;gagent un charisme et une force de conviction extraordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/70597077&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;281&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;On le retrouve d'ailleurs dans le film, notamment dans la premi&#232;re partie, calqu&#233;e sur celle du programme du CNR qui d&#233;finit la condition de la lutte arm&#233;e sous l'Occupation. L&#233;on Landini, le plus jeune de la bande (87 ans quand m&#234;me) revient dans la prison de Montluc &#224; Lyon o&#249;, se souvient-il, les prisonniers se mirent &#224; chanter la &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt; puis l'&lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; en ao&#251;t 1944 pendant que les combats faisaient rage dans les rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film retrace la g&#233;n&#232;se du CNR, depuis les premi&#232;res approches de Jean Moulin d&#232;s 1940 jusqu'&#224; la fameuse r&#233;union clandestine du 27 mai 1943, rue du Four &#224; Paris. Quelques jours plus tard, Moulin &#233;tait arr&#234;t&#233; &#224; Caluire, mais le CNR lui survivrait. Articul&#233; autour de deux volets, l'action imm&#233;diate et les r&#233;formes profondes &#224; la Lib&#233;ration, le programme du CNR, titr&#233; Les jours heureux, a r&#233;ussi le miracle de f&#233;d&#233;rer partis, syndicats et mouvements de R&#233;sistance autour d'un projet commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet, rappelons-le, est le socle de l'Etat social que nous connaissons, et que politiques de droite comme de gauche s'emploient &#224; d&#233;molir depuis trente ans : s&#233;curit&#233; sociale, r&#233;gimes de retraite, nationalisations de l'&#233;nergie et des banques, libert&#233; de la presse... Un programme r&#233;volutionnaire con&#231;u sous la terreur nazie et appliqu&#233; dans un pays en ruines o&#249; tout &#233;tait &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La chance&lt;/i&gt;, rappelle l'historien Laurent Douzou, &lt;i&gt;c'est qu'il n'y avait pas de consitution entre 1944 et 1946, c'&#233;tait une situation parfaite pour appliquer le programme du CNR &#187;&lt;/i&gt;. Une fois la quatri&#232;me r&#233;publique install&#233;e dans ses meubles, les divisions allaient reprendre et la gauche se diviser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Chambeiron a d'ailleurs des mots f&#233;roces contre les gaullistes ou pr&#233;tendus tels d'aujourd'hui : &lt;i&gt;&#171; je leur dit de prendre le temps de lire les m&#233;moires du g&#233;n&#233;ral. Ils apprendraient des choses, tiens. Mais bien s&#251;r ils ne les ont pas lues. &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; la gauche, elle y a droit elle aussi : &lt;i&gt;&#171; Pendant l'occupation et &#224; la Lib&#233;ration, le centre de gravit&#233; politique en France s'est d&#233;plac&#233; tr&#232;s &#224; gauche. Dans le CNR, m&#234;me les repr&#233;sentants des partis de droite &#233;taient plus &#224; gauche que la gauche actuelle. &#187;&lt;/i&gt; Sans m&#234;me parler du pr&#233;sident de la R&#233;publique, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/74590945?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;281&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Shokuzai</title>
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		<dc:date>2013-10-27T09:23:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Adaptation grand &#233;cran d'une mini-s&#233;rie japonaise, Shokuzai part d'un fait divers traumatique et explore ses cons&#233;quences quinze ans plus tard sur cinq femmes, les quatre amies de la victime et la m&#232;re de celle-ci. Labyrinthique et passionnant.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Grand-ecran-" rel="directory"&gt;Ecrans&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Cinema,36-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton651-35498.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adaptation grand &#233;cran d'une mini-s&#233;rie japonaise, Shokuzai part d'un fait divers traumatique et explore ses cons&#233;quences quinze ans plus tard sur cinq femmes, les quatre amies de la victime et la m&#232;re de celle-ci. Labyrinthique et passionnant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure class='spip_document_1656 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH333/shokuzai1-e8e94.jpg?1732210630' height='333' width='250' alt='JPEG - 38.3 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;F&#233;ministe comme le Miyazaki de &lt;i&gt;Princesse Mononoke&lt;/i&gt; et explorateur des m&#233;andres de l'&#226;me comme le Kieslowski du &lt;i&gt;D&#233;calogue&lt;/i&gt; : le dernier film de Kyoshi Kurozawa fait aussi penser &#224; &lt;i&gt;Dolores Claiborne&lt;/i&gt;, le roman de Stephen King o&#249;, derri&#232;re une mort suspecte et un interrogatoire, surgissait petit &#224; petit un souvenir d'enfance traumatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment survivre au choc de perdre une petite fille assassin&#233;e ? Comment tenir le coup quand on a le m&#234;me &#226;ge qu'elle, qu'on a vu son assassin et que ce souvenir nous hante encore, quinze ans plus tard ? Tel un miroir fissur&#233; en plein milieu, ce traumatisme initial va transformer l'avenir des quatre copines de la petite Emili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune d'elles n'a pu ou voulu d&#233;crire l'assassin &#224; la police. Chacune, &#224; sa fa&#231;on, va porter son fardeau sous la forme d'une relation mutil&#233;e au monde et au corps. Quant &#224; Asako, la m&#232;re, elle devra vivre rong&#233;e par le besoin de vengeance et la n&#233;cessit&#233; de traquer les quatre fillettes devenues femmes pour leur soutirer un t&#233;moignage d&#233;cisif, et dans lesquelles elle ne peut s'emp&#234;cher de voir ce qu'aurait pu devenir sa fille disparue.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1657 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH333/shokuzai2-14724.jpg?1732210630' height='333' width='250' alt='JPEG - 38.8 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le contraste est violent entre Asako, en femme bris&#233;e ne laissant rien transpara&#238;tre et dont le c&#339;ur semble s'&#234;tre transform&#233; en pierre, et les quatre femmes qui tentent de mener une vie d'adulte mais qui ne peuvent s'emp&#234;cher de voir en chaque homme une menace potentielle. Sae &#233;pouse un homme riche qui ne la touche pas et la prend pour une poup&#233;e, Maki est enseignante et pr&#234;te &#224; tuer pour prot&#233;ger ses &#233;l&#232;ves, Akiko vit recluse chez ses parents et s'imagine &#234;tre un ours, et Yuka fantasme sur les policiers. Toutes vont croiser le chemin d'Asako qui inmanquablement les renverra au choc initial et qui exigera r&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est structur&#233; en six parties, l'assassinat, la vie des quatre femmes et l'&#233;pilogue. Plus on avance dans le r&#233;cit, plus les couleurs s'estompent, comme si le film &#233;tait habit&#233; par des fant&#244;mes. Une lumi&#232;re un peu trop vive, une bourrasque soudaine, l'image r&#233;currente de la petite Emili, et des secrets enfouis qui remontent &#224; la surface font de &lt;i&gt;Shokuzai&lt;/i&gt; un film litt&#233;ralement hant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un grand film f&#233;ministe : chacune &#224; sa mani&#232;re, les femmes font face &#224; une soci&#233;t&#233; japonaise corset&#233;e dans les conventions, dans une politesse hypocrite et mesquine, dans un besoin d'ordre pouss&#233; jusqu'&#224; l'absurde o&#249; les hommes sont les seigneurs et ma&#238;tres. Mais ils ont tort de sous-estimer celles qu'ils consid&#232;rent comme des choses manipulables &#224; merci. Le retour de b&#226;ton (au propre comme au figur&#233;) sera terrible.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19503756&#034; style=&#034;width:560px; height:320px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vie d'Ad&#232;le</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-vie-d-Adele</link>
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		<dc:date>2013-10-20T18:19:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le jury cannois avait donn&#233; la Palme d'or non seulement &#224; Abdelatif Kechiche, mais aussi aux deux actrices. Ad&#232;le Exarchopoulos, qui explose tout sur son passage, la m&#233;rite amplement en tout cas.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton650-446c4.jpg?1732210630' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le jury cannois avait donn&#233; la Palme d'or non seulement &#224; Abdelatif Kechiche, mais aussi aux deux actrices. Ad&#232;le Exarchopoulos, qui explose tout sur son passage, la m&#233;rite amplement en tout cas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dieu sait si on a parl&#233; de cette &lt;i&gt;Vie d'Ad&#232;le&lt;/i&gt; depuis Cannes. Les t&#233;moignages du tournage, extr&#234;mement peu flatteurs pour Abdellatif Kechiche, ont &#233;t&#233; suivis par des &#233;changes plut&#244;t gratin&#233;s entre ce dernier et L&#233;a Seydoux. Bref, finis les bisous sur la sc&#232;ne du festival, place aux taloches et aux tacles &#224; la gorge.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1655 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH334/viedadele-d87eb.jpg?1732210630' height='334' width='250' alt='JPEG - 81.8 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Restait tout de m&#234;me &#224; voir le film et &#224; le comparer aux critiques dithyrambiques qu'il a inspir&#233;. Que dire ? Tout d'abord que l'ensemble est trop long. Les sc&#232;nes d'&#233;cole sont certes attendrissantes et plut&#244;t bien film&#233;es, mais elles n'apportent pas grand chose au sc&#233;nario. Rien qui ne justifie trois heures en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les fameuses sc&#232;nes de sexe, h&#233;t&#233;ro ou homo, sont film&#233;es de fa&#231;on tr&#232;s naturaliste, avec plus de passion et d'app&#233;tit que de tendresse d'ailleurs, mais elles ne r&#233;volutionnent pas le genre. Et &lt;a href=&#034;http://www.juliemaroh.com/2013/05/27/le-bleu-dadele/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les remarques de Julie Maroh&lt;/a&gt; (l'auteure de la BD &lt;i&gt;Le bleu est une couleur chaude &lt;/i&gt; &#224; l'origine du film) sont int&#233;ressantes &#224; lire, sur la repr&#233;sentation par des h&#233;t&#233;ros (le r&#233;alisateur et les deux actrices) du sexe lesbien sont int&#233;ressantes. Oui, ces sc&#232;nes sont g&#234;nantes &#224; voir, elles sonnent faux, le regard est tr&#232;s ambigu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, il y a dans &lt;i&gt;La vie d'Ad&#232;le&lt;/i&gt; des moments de mise en sc&#232;ne magnifiques, notamment celles sur un banc, o&#249; Ad&#232;le et Emma font leur premi&#232;re approche. Kechiche filme de tr&#232;s pr&#232;s, comme toujours, le grain de la peau, et la lumi&#232;re dans les yeux sublim&#233;es par le soleil rasant qui illumine le regard noisette d'Ad&#232;le Exarchopoulos et les yeux bleus de L&#233;a Seydoux (voir l'extrait vid&#233;o ci-dessous). Ou, plus loin, quand les baisers &#233;chang&#233;s masquent puis laissent appara&#238;tre un astre &#233;blouissant.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.allocine.fr/_video/iblogvision.aspx?cmedia=19515304&#034; style=&#034;width:560px; height:300px&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Autre sc&#232;ne terrible, v&#233;ritable mise &#224; mort verbale, devant le lyc&#233;e d'Ad&#232;le o&#249; ses copines la lynchent litt&#233;ralement par les mots apr&#232;s l'avoir vue aux c&#244;t&#233;s d'Emma. Que le film soit r&#233;compens&#233; quelques semaines apr&#232;s l'adoption de la loi sur le mariage pour tous n'est bien s&#251;r pas une co&#239;ncidence : le d&#233;ferlement de bassesse et d'ignorance crasse est bien l&#224;, m&#234;me en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La vie d'Ad&#232;le&lt;/i&gt; est au moins autant, sinon plus, un film sur les classes sociales &#8212; et en particulier la classe cultiv&#233;e et celle qui ne l'est pas &#8212; qu'un film sur une passion amoureuse. Ad&#232;le est une proie trop tendre pour Emma qui a besoin d'une muse pour acc&#233;der &#224; son statut d'artiste, et qui la jette quand elle n'en a plus besoin. Et au milieu des invit&#233;s branch&#233;s et p&#233;dants d'Emma, Ad&#232;le est autant d&#233;plac&#233;e qu'un dromadaire sur la banquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on aurait pu croire que L&#233;a Seydoux, avec son v&#233;cu d'actrice, allait &#233;clipser Ad&#232;le Exarchopoulos qui n'en &#233;tait certes pas &#224; son premier film (elle a commenc&#233; au cin&#233;ma en 2006), mais dont le visage n'&#233;tait pas encore connu. Tout faux. L&#233;a se d&#233;fend bien, surtout dans la premi&#232;re partie, quand elle &#233;veille Ad&#232;le au vrai amour. Mais Ad&#232;le, elle, illumine le film, le remplit, le comble, le porte et le secoue dans tous les sens. Ce qu'elle fait, de la petite lyc&#233;enne timide &#224; la jeune femme bless&#233;e, est absolument remarquable. D'une sc&#232;ne &#224; l'autre, elle est tour &#224; tour na&#239;ve, solaire, boudeuse, craquante, ravag&#233;e, dans une performance d'actrice qui rappelle (dans un autre registre et &#224; un &#226;ge diff&#233;rent) Naomi Watts dans &lt;i&gt;Mulholland Drive&lt;/i&gt; ou encore Paz Vega dans &lt;i&gt;Lucia y el sexo&lt;/i&gt;. On a h&#226;te de la revoir.&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;300&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x15pb5u&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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