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	<title>imaginaires</title>
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	<description>Pour me contacter, voir le site brunocolombari.fr</description>
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		<title>G&#233;rard Meudal : &#171; Le traducteur interpr&#232;te une partition qu'il n'a pas &#233;crite &#187;</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir traduit en fran&#231;ais les derniers romans de Salman Rushdie, il s'est charg&#233; du monumental &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; de Paul Auster. G&#233;rard Meudal nous parle de son parcours, de son travail et livre quelques secrets de fabrication.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton769-aa126.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir traduit en fran&#231;ais les derniers romans de Salman Rushdie, il s'est charg&#233; du monumental &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; de Paul Auster. G&#233;rard Meudal nous parle de son parcours, de son travail et livre quelques secrets de fabrication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;rard Meudal a r&#233;pondu &#224; mes questions par &#233;crit du 23 au 28 f&#233;vrier 2018. Merci aux &#233;ditions Actes Sud de m'avoir mis en contact.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Lire aussi &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/4-3-2-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4 3 2 1&lt;/a&gt;, mon article sur le roman.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Auster a eu plusieurs traducteurs fran&#231;ais (Christine Le B&#339;uf, Pierre Furlan). Avez-vous lu ces traductions ? En quoi peut-on dire que chaque traducteur apporte quelque chose de diff&#233;rent au texte original ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crains de ne pas &#234;tre le mieux plac&#233; pour r&#233;pondre &#224; cette question. Christine Le Boeuf et Pierre Furlan ont traduit chacun de nombreux livres de Paul Auster et ils connaissent parfaitement son univers. Pour ma part je n'ai traduit que &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; et m&#234;me s'il s'agit de son roman le plus r&#233;cent et d'un livre qui occupe manifestement une place privil&#233;gi&#233;e dans son oeuvre je ne me sens pas en mesure d'&#233;valuer l'apport de chacun de ces traducteurs. C'est gr&#226;ce &#224; leurs traductions qu'avec tant d'autres lecteurs j'ai d&#233;couvert Paul Auster et je leur en suis infiniment reconnaissant.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1857 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH263/gerard-meudal-7c40a.jpg?1732272683' height='263' width='500' alt='JPEG - 44.7 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1857' style='max-width: 350px;'&gt;G&#233;rard Meudal
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que la traduction a beaucoup &#224; voir avec la musique.Le traducteur interpr&#232;te une partition qu'il n'a pas &#233;crite et il le fait avec sa sensibilit&#233; tout en s'effor&#231;ant d'&#234;tre aussi fid&#232;le que possible &#224; l'original. Un m&#234;me texte traduit par plusieurs traducteurs diff&#233;rents donnera forc&#233;ment des r&#233;sultats diff&#233;rents. C'est peut-&#234;tre m&#234;me &#224; cela que l'on reconnait la qualit&#233; litt&#233;raire d'un livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez aussi traduit Salman Rushdie, qui est un ami proche de Paul Auster. Est-ce lui qui vous a mis en relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchement je l'ignore. Il est vrai que j'ai traduit en fran&#231;ais les cinq derniers livres de Salman Rushdie et que celui-ci a r&#233;cemment chang&#233; d'&#233;diteur fran&#231;ais passant de Plon &#224; Actes Sud. Mais je ne sais rien des discussions qui ont pu avoir lieu entre Paul Auster et Salman Rushdie et c'est tout simplement l'&#233;diteur Actes Sud qui m'a mis en rapport avec Paul Auster.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1855 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH394/auster-rushdie-7231c.jpg?1732272683' height='394' width='500' alt='JPEG - 73.2 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1855' style='max-width: 350px;'&gt;Paul Auster et Salman Rushdie sont d&#233;sormais &#233;dit&#233;s en France par Actes Sud.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le plus long roman de Paul Auster. Combien de temps faut-il pour traduire plus de mille pages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ai consacr&#233; une dizaine de mois. En r&#233;alit&#233; la longueur d'un livre n'est pas la principale difficult&#233; pour le traducteur. C'est peut-&#234;tre m&#234;me un avantage dans la mesure o&#249; on a le temps de s'immerger totalement dans l'imaginaire de l'auteur et de s'y sentir &#224; l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant de traduire un roman, le lisez-vous une fois int&#233;gralement en anglais ? Si oui, quelle est la fonction de cette premi&#232;re lecture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne lis pas int&#233;gralement le roman au pr&#233;alable. Je pr&#233;f&#232;re pr&#233;server l'innocence du lecteur qui d&#233;couvre le texte avec surprise et int&#233;r&#234;t au fur et &#224; mesure de la traduction. Pour des raisons pratiques il est &#233;videmment indispensable de se projeter un peu en avant dans le texte. En fait je proc&#232;de par chapitre. Je lis &#224; plusieurs reprises chaque nouveau chapitre avant de le traduire afin d'en saisir le mouvement, la tonalit&#233; et de rep&#233;rer les passages qui n&#233;cessiteront &#233;ventuellement des recherches documentaires.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1851 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH263/4321-it-sp-cd-59681.jpg?1732272683' height='263' width='500' alt='JPEG - 98.7 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1851' style='max-width: 350px;'&gt;Editions italienne, espagnole et canadienne.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Rendre fid&#232;lement en fran&#231;ais cette impression qu'il s'agit d'un seul et m&#234;me personnage &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas pr&#233;cis du &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; de Paul Auster cette fa&#231;on de proc&#233;der m'a paru bien adapt&#233;e puisque chaque chapitre met en sc&#232;ne un personnage diff&#233;rent et cependant semblable : le roman est constitu&#233; de quatre romans de formation parall&#232;les qui racontent l'enfance et la jeunesse d'un personnage Archie Ferguson. Il porte le m&#234;me nom, a les m&#234;mes parents mais &#224; un moment donn&#233; une diff&#233;rence de statut social fait bifurquer son destin sur d'autres voies. On a donc quatre r&#233;cits qui &#233;voluent parall&#232;lement, s'entrecroisent, se contredisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale difficult&#233; de cette traduction a &#233;t&#233; de rendre fid&#232;lement en fran&#231;ais cette impression que le texte original cr&#233;e &#224; la perfection &#224; savoir qu'il s'agit d'un seul et m&#234;me personnage tout en respectant toute la gamme de nuances de sensations, de voix, de sentiments qui en font des personnages romanesques diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finiriez-vous le style de Paul Auster ? Il a &#233;volu&#233; entre celui de ses premiers romans et ses trois derniers ouvrages, dans lesquels il construit des phrases tr&#232;s longues&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du style est particuli&#232;rement pertinente &#224; propos de &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; parce qu'elle fait l'objet d'une v&#233;ritable r&#233;flexion au coeur m&#234;me du roman. Les quatre Ferguson vivent un destin diff&#233;rent mais ils se ressemblent &#233;videmment beaucoup. Ils finissent par d&#233;teindre l'un sur l'autre et le lecteur &#224; un moment ou un autre finit par les confondre. Ce n'est pas le r&#233;sultat d'une d&#233;faillance du dispositif romanesque mais au contraire un effet savamment recherch&#233; car dans son penchant naturel pour l'identification avec un personnage, le lecteur est naturellement amen&#233; &#224; penser que l'un des Ferguson est le vrai et que les autres ne sont que ses avatars, ce qui est faux bien s&#251;r puisqu'ils sont tous les quatre des personnages romanesques, quoique...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Chaque &#233;criture possible est une forme que l'auteur a lui-m&#234;me envisag&#233;e &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; cette m&#233;ditation sur les pouvoirs de la fiction, Paul Auster m&#234;le une v&#233;ritable interrogation sur la question de l'&#233;criture et du style. Les quatre Ferguson ont tous un point commun : leur aspiration &#224; devenir &#233;crivain. On assiste donc &#224; leurs premi&#232;res ann&#233;es mais aussi &#224; leurs d&#233;buts dans l'&#233;criture. Chacun explore une voie tr&#232;s diff&#233;rente et le lecteur est invit&#233; &#224; d&#233;couvrir des &#233;chantillons parfois substantiels de leurs premi&#232;res tentatives litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1852 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH261/4321-eu-fr-al-ba3f8.jpg?1732272683' height='261' width='500' alt='JPEG - 84.8 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1852' style='max-width: 350px;'&gt;Editions &#233;tasunienne, fran&#231;aise et allemande.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt; L'exercice de style devient alors passionnant parce que chaque &#233;criture possible est une forme que l'auteur a lui-m&#234;me envisag&#233;e, adopt&#233;e, rejet&#233;e, pratiqu&#233;e, en tous les cas une forme qu'il ma&#238;trise parfaitement, qui aurait pu constituer une autre de ses &#233;critures ou qui du moins en constitue une des nuances possibles. On croise ainsi entre autres un auteur passionn&#233; par les recherches formelles, un autre tent&#233; par le fantastique, voire l'absurde, un autre plus intimiste, un journaliste et m&#234;me un traducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans renier aucune de ces voix, l'auteur privil&#233;gie tout de m&#234;me celle qu'il donne &#224; l'ensemble de son roman, une voix proche du mouvement int&#233;rieur de la pens&#233;e, qui vise l'&#233;vidence et la fluidit&#233; parfaite, ce qui, soit dit en passant, est un d&#233;fi pour le traducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pour relever ce d&#233;fi, avez-vous &#233;t&#233; amen&#233; &#224; &#233;changer avec l'auteur ? si oui, sur quels points ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait j'ai eu peu d'&#233;changes avec l'auteur. Nous nous sommes longuement rencontr&#233;s une premi&#232;re fois au moment o&#249; j'entamais la traduction et c'&#233;tait passionnant de discuter avec un auteur am&#233;ricain qui non seulement a une bonne connaissance du fran&#231;ais mais en plus une r&#233;elle exp&#233;rience de la traduction puisqu'il a traduit plusieurs auteurs fran&#231;ais et non des moindres et que certaines de ses traductions font partie de &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt;, comme le po&#232;me d'Apollinaire, &lt;i&gt;La Jolie Rousse&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1858 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH244/apollinaire-4e9dc.jpg?1732272683' height='244' width='500' alt='JPEG - 43.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Cela n'aurait aucun sens pour le traducteur fran&#231;ais de retraduire Eluard ou Apollinaire en fran&#231;ais &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours du travail proprement dit nous n'avons pas eu d'&#233;changes. En revanche la traduction achev&#233;e a &#233;t&#233; relue par l'auteur et il a bien entendu &#233;t&#233; tenu compte de ses remarques et de ses observations dans le r&#233;sultat final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez donc laiss&#233; des passages du texte en anglais, notamment des traductions de po&#233;sie fran&#231;aise. Est-ce votre choix ou celui de l'auteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Paul Auster attribue &#224; l'un de ses personnages des traductions de po&#232;tes fran&#231;ais, (traductions qu'il a effectu&#233;es lui-m&#234;me) il les cite &#233;videmment en anglais. Cela n'aurait aucun sens pour le traducteur fran&#231;ais de retraduire Eluard ou Apollinaire en fran&#231;ais &#224; partir de la version anglaise. Il n'est pas non plus possible de citer le texte en fran&#231;ais, ce ne seraient plus des traductions. La seule solution, adopt&#233;e d'un commun accord est de citer les po&#232;mes en anglais dans le corps du roman et d'en donner la version originale fran&#231;aise en annexe, ce qui permet de surcro&#238;t au lecteur bilingue d'appr&#233;cier les traductions r&#233;alis&#233;es par Paul Auster lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il y a une complicit&#233; particuli&#232;re qui s'instaure lorsque l'on traduit un auteur de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travail du traducteur est-il diff&#233;rent quand l'auteur comprend lui-m&#234;me le fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de traduire un auteur qui comprend le fran&#231;ais, le travail du traducteur est le m&#234;me et ob&#233;it aux m&#234;mes exigences. Il est naturel qu'un auteur &#233;tranger qui parle fran&#231;ais s'int&#233;resse de pr&#232;s aux traductions fran&#231;aises de ses livres. Il faut bien reconna&#238;tre toutefois que la principale difficult&#233; de la traduction r&#233;side dans la langue d'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1856 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH296/auster-2018-2-05640.jpg?1732272683' height='296' width='500' alt='JPEG - 50.5 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1856' style='max-width: 350px;'&gt;Paul Auster
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes de la g&#233;n&#233;ration de l'auteur (deux ans de moins), quels &#233;chos de votre propre jeunesse trouvez-vous chez Ferguson ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une complicit&#233; particuli&#232;re qui s'instaure lorsque l'on traduit un auteur de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration. Le roman de Paul Auster &#233;voque l'histoire de l'Am&#233;rique dans les ann&#233;es 1950-1960 et je ne la connais &#233;videmment pas aussi bien que l'auteur mais ce r&#233;cit &#233;veille bien des &#233;chos. Certains &#233;v&#233;nements qui se sont produit aux Etats-Unis, comme l'assassinat du pr&#233;sident Kennedy ou les mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam ont &#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque vivement ressentis en France. Mais ce n'est pas la chronologie historique qui importe le plus. &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; &#233;voque les ann&#233;es de formation d'un gamin &#233;pris de cin&#233;ma et de litt&#233;rature et tout lecteur un peu cin&#233;phile ne peut que s'y reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1854 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH273/rushdie-meudal-633ac.jpg?1732272683' height='273' width='500' alt='JPEG - 84.5 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1854' style='max-width: 350px;'&gt;G&#233;rard Meudal est aussi le traducteur de Salman Rushdie.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; journaliste &#224; Lib&#233;ration et au Monde des Livres. Comment devient-on traducteur de fiction et quel effet &#231;a fait de lire des critiques des livres que l'on a traduit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; en effet journaliste litt&#233;raire pendant de nombreuses ann&#233;es et je suis devenu traducteur par hasard et par passion. Un ami m'a fait lire un jour un recueil de nouvelles d'un auteur irlandais Joseph O'Connor, &lt;i&gt;True believers&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Les bons chr&#233;tiens&lt;/i&gt;). Le livre m'a tellement plu que j'ai d&#233;cid&#233; de le traduire. Connaissant bien le monde de l'&#233;dition il m'a &#233;t&#233; facile de convaincre un &#233;diteur d'en acheter les droits (en l'occurrence les &#233;ditions Ph&#233;bus) et je me suis lanc&#233; dans l'aventure en collaboration avec Pierrick Masquart, l'ami qui m'avait fait lire O'Connor car je ne me sentais pas le droit de m'approprier la traduction d'un livre que je n'avais pas d&#233;couvert moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1853 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH259/autres-meudal-c5664.jpg?1732272683' height='259' width='500' alt='JPEG - 49.1 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1853' style='max-width: 350px;'&gt;Norman Mailer, Rick Bass et Joseph O'Connor ont &#233;galement &#233;t&#233; traduits par G&#233;rard Meudal.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La notori&#233;t&#233; d'un traducteur va de pair avec celle de l'auteur qu'il traduit &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ainsi traduit ensemble cinq livres de Joseph O'Connor avec la satisfaction de faire conna&#238;tre un auteur qui a rencontr&#233; un certain &#233;cho en France. Et puis j'ai vraiment pris go&#251;t &#224; l'exercice, des propositions me sont arriv&#233;es de divers &#233;diteurs et j'ai continu&#233;, seul cette fois, &#224; traduire. M&#234;me si le fait peut para&#238;tre injuste et injustifi&#233;, la notori&#233;t&#233; d'un traducteur va de pair avec celle de l'auteur qu'il traduit. Ce n'est pourtant pas plus facile ni moins m&#233;ritoire de traduire un inconnu mais c'est ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai traduit le dernier roman de Norman Mailer ou les livres de Salman Rushdie, j'ai pu constater l'engouement que ces livres suscitaient de la part de la critique. Cela fait plaisir bien s&#251;r mais ce n'est pas la qualit&#233; de la traduction, rarement &#233;voqu&#233;e, qui est en cause mais bien les m&#233;rites de l'auteur. Le traducteur, encore une fois, n'est qu'un interpr&#232;te au service de l'auteur, il ne peut que se r&#233;jouir d'avoir contribu&#233; &#224; faire entendre la musique de l'auteur aupr&#232;s d'un large public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Voir la vid&#233;o tourn&#233;e aux &lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x1ddeu2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;ratures europ&#233;ennes de Cognac en novembre 2013&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>4 3 2 1</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un monument litt&#233;raire. Un quart de si&#232;cle de l'histoire am&#233;ricaine pass&#233; au tamis narratif de Paul Auster via ses quatre versions d'Archie Ferguson, n&#233; un mois apr&#232;s l'auteur.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton765-cab88.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un monument litt&#233;raire. Un quart de si&#232;cle de l'histoire am&#233;ricaine pass&#233; au tamis narratif de Paul Auster via ses quatre versions d'Archie Ferguson, n&#233; un mois apr&#232;s l'auteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Lire aussi l'interview du traducteur de &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; - &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Gerard-Meudal-Le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;G&#233;rard Meudal : &#171; Le traducteur interpr&#232;te une partition qu'il n'a pas &#233;crite &#187;&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la sensation qu'on &#233;prouve quand on termine un puzzle particuli&#232;rement gratin&#233;, de plusieurs milliers de pi&#232;ces, et qu'on a enfin une vision d'ensemble du tableau. Du soulagement, de la satisfaction (en particulier quand l'image est belle) et un peu de tristesse d'en avoir fini avec une activit&#233; dans laquelle on s'est plong&#233; si longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt;, comptez une bonne quinzaine d'heures de lecture. Il faut bien &#231;a pour venir &#224; bout de 1016 pages du dix-neuvi&#232;me roman de Paul Auster, de tr&#232;s loin le plus dense qu'il ait jamais &#233;crit. Mais outre sa longueur, la forme m&#234;me du r&#233;cit n&#233;cessite de fr&#233;quents allers-retours d'un chapitre &#224; l'autre : ce n'est en effet pas une histoire qui est racont&#233;e mais quatre diff&#233;rentes et autonomes, d&#233;coup&#233;es chacune en sept chapitres altern&#233;s. On passe ainsi du 2.1 au 2.2 puis au 2.3, soit le deuxi&#232;me chapitre de la premi&#232;re histoire, puis le deuxi&#232;me de la deuxi&#232;me histoire, et le deuxi&#232;me de la troisi&#232;me histoire.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1842 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH496/auster-4-3-2-1-2-b3da9.jpg?1732272683' height='496' width='300' alt='JPEG - 73.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas s'y perdre, il y aurait bien entendu la solution de facilit&#233; qui consisterait &#224; ne lire qu'un chapitre sur quatre (le 1.1, puis le 2.1, le 3.1 et ainsi de suite jusqu'au 7.1) afin de reconstituer chronologiquement chaque histoire. C'est d'ailleurs ce que je ferai &#224; la prochaine lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un roman n'est pas une encyclop&#233;die, et si l'auteur a choisi un mode narratif, autant que le lecteur le respecte. Le plus simple, pour ne pas perdre le fil d'un chapitre &#224; l'autre (chacun pouvant faire une cinquantaine de pages, soit la dimension d'une nouvelle), &#233;tant de revenir en arri&#232;re pour lire les derni&#232;res lignes du pr&#233;c&#233;dent de la m&#234;me histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinq cercles concentriques qui fusionnent en un disque noir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; raconte donc quatre versions de la vie d'un m&#234;me personnage, Archie Ferguson, de sa naissance &#224; ses 25 ans. Mais comme il na&#238;t le 3 mars 1947, soit un mois tout juste apr&#232;s Paul Auster, et &#224; Newark comme lui, il va sans dire que le roman est une sorte d'autobiographie fictive &#224; quatre variantes. C'est aussi un formidable livre d'histoire sur les ann&#233;es cinquante et soixante aux Etats-Unis, de la p&#233;riode d'Eisenhower &#224; celle de Nixon en passant par JFK et Lyndon Johnson, mais aussi Martin Luther King, la lutte pour les droits civiques, les &#233;meutes urbaines et, comme une immense &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s, la guerre du Vi&#234;tnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auster a d'ailleurs une formule extraordinaire pour d&#233;crire la situation d'un jeune &#233;tudiant qui a vingt ans en 1967 et sur qui plane la menace de l'enr&#244;lement. Il en fait une figure g&#233;om&#233;trique de cinq cercles concentriques, le plus large &#233;tant le monde avec la guerre en Asie, puis un plus petit englobant l'Am&#233;rique, un autre contenant New York, un quatri&#232;me l'universit&#233; de Columbia, un cinqui&#232;me les proches de Ferguson, ce dernier &#233;tant le point central de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La guerre ne cessait de prendre de l'ampleur, et plus elle se d&#233;veloppait plus le premier cercle &#233;crasait les quatre autres, les pressant de plus en plus les uns contre les autres, et bient&#244;t l'espace entre eux s'&#233;tait r&#233;duit &#224; une fine couche d'air, ce qui rendait la respiration difficile &#224; ceux qui &#233;taient pi&#233;g&#233;s, seuls au centre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Et, juste apr&#232;s l'assassinat de Martin Luther King :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les cinq cercles concentriques s'&#233;taient fondus en un seul disque noir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le roman a aussi une ind&#233;niable dimension politique, tant le racisme traverse toujours la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Et ce, explique Auster&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'entretien accord&#233; &#224; Fran&#231;ois Busnel dans la revue America n&#176;4, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parce que les Etats-Unis se sont construits sur un tr&#232;s mauvais compromis, celui de la Constitution de 1787 disant que les esclaves compteraient pour trois cinqui&#232;mes d'&#234;tres humains. &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; se d&#233;roule cent ans apr&#232;s la Guerre de S&#233;cession, mais la question raciale y est omnipr&#233;sente, notamment dans la descriptions des &#233;meutes de Newark en juillet 1967 ou &#224; l'universit&#233; de Columbia en avril-mai 1968.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1843 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH335/newark-1967-b4776.jpg?1732272684' height='335' width='500' alt='JPEG - 73.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;construction du discours&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Car si Auster joue avec les possibles en imaginant quatre vies diff&#233;rentes pour Archie Ferguson, &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; n'est en aucun cas une uchronie. Le contexte historique est le m&#234;me dans les quatre variantes, et il est document&#233; avec une pr&#233;cision remarquable et une inventivit&#233; permanente. Le discours d'investiture de John Kennedy en janvier 1961 est ainsi d&#233;construit et &#233;parpill&#233; comme un puzzle minuscule &#224; l'int&#233;rieur d'un puzzle g&#233;ant, &#224; la fois touchant par la profondeur des formules et renvoy&#233; &#224; sa nature profonde, un encha&#238;nement de mots, ce qu'on appelle aujourd'hui des &#233;l&#233;ments de langage. Et l'assassinat de ce m&#234;me JFK, mille jours plus tard, donne lieu &#224; cette phrase parfaite :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Deux routes divergeaient dans une ville fant&#244;me et l'avenir &#233;tait mort.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;figure class='spip_document_1844 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/jfk-1961-84292.jpg?1732272684' height='281' width='500' alt='JPEG - 65.4 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt; Archie Ferguson lui-m&#234;me n'est pas radicalement diff&#233;rent dans ses quatre versions. C'est plus ce qui lui arrive et la place qu'il trouve dans sa vie amoureuse, ses relations amicales, sa famille et ses &#233;tudes qui varie. Que serions-nous devenus si un de nos parents &#233;tait mort alors qu'on avait neuf ans ? Ou si nos parents s'&#233;taient s&#233;par&#233;s ? Ou s'ils avaient fait fortune ? Quelle serait notre vie sexuelle si la fille qu'on aimait &#224; quatre ans &#233;tait tomb&#233;e amoureuse de nous &#224; seize ? Ou si notre premi&#232;re exp&#233;rience marquante avait eu lieu avec un gar&#231;on plut&#244;t qu'une fille ? Et si notre ami le plus proche &#233;tait mort subitement &#224; quatorze ans ? Si un accident de voiture nous avait mutil&#233; alors qu'une grande carri&#232;re sportive s'ouvrait &#224; nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment Auster d&#233;crit la contingence, le hasard, la bifurcation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Tout est parfaitement solide pendant un temps puis un matin le soleil se l&#232;ve et le monde se met &#224; fondre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps se d&#233;pla&#231;ait d'avant en arri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Ce flottement entre les possibles, cet exercice de style qui pourrait s'&#233;tendre dans toutes les directions et ind&#233;finiment, Auster le r&#233;sume en deux phrases :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde avait toujours dit &#224; Ferguson que la vie ressemblait &#224; un livre, une histoire qui commence &#224; la page 1 et qui se d&#233;roule jusqu'&#224; la mort du h&#233;ros page 204 ou 926 mais maintenant que l'avenir dont il avait r&#234;v&#233; changeait, sa notion du temps changeait aussi. Il comprit que le temps se d&#233;pla&#231;ait en avant et en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Stephen King, n&#233; la m&#234;me ann&#233;e qu'Auster, sept mois plus tard, avait affirm&#233; avoir &#233;crit &lt;i&gt;Sac d'os&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Bag of Bones&lt;/i&gt;, 1998) en imaginant ce qu'aurait &#233;t&#233; sa vie si sa femme &#233;tait morte pr&#233;matur&#233;ment. C'est le m&#234;me principe ici, pouss&#233; un peu plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1845 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/auster-2018-6202e.jpg?1732272684' height='250' width='500' alt='JPEG - 29.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;A soixante et onze ans (il les aura le 3 f&#233;vrier prochain), Paul Auster a retrouv&#233; le souffle qui traverse ses plus grands romans comme &lt;i&gt;L&#233;viathan&lt;/i&gt; (1993), &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt; (1990), &lt;i&gt;Mr Vertigo&lt;/i&gt; (1994) ou &lt;i&gt;le Livre des illusions&lt;/i&gt; (2002). Son secret ? &lt;i&gt;&#171; J'&#233;cris chaque livre comme s'il devait &#234;tre le dernier. Alors, une impulsion nouvelle me soul&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview pour la revue America&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et nous avec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Lire l'interview de Paul Auster par Alexander Bisley, publi&#233;e le 8 f&#233;vrier 2017 sur le site &#171; Electric Lit &#187;, traduite sur le blog &lt;a href=&#034;http://eponineazelma.com/auster-interview-translation-4321-newyork-bigapple-book-livre-trump-electriclit-blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eponine et Azelma&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'entretien accord&#233; &#224; Fran&#231;ois Busnel dans la revue America n&#176;4, janvier 2018&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview pour la revue &lt;i&gt;America&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Actes Sud a publi&#233; &#171; 4 3 2 1 &#187; de Paul Auster</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Actes-Sud-publiera</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Actes-Sud-publiera</guid>
		<dc:date>2017-12-14T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le dix-neuvi&#232;me roman de Paul Auster s'est fait attendre, mais il est enfin sorti. &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt;, un pav&#233; de plus de 1000 pages, est son livre le plus r&#233;ussi de ces dix derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton692-b2f5a.jpg?1732460252' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Actes Sud vient d'annoncer que la traduction fran&#231;aise du dernier roman de Paul Auster, 4 3 2 1, sera disponible juste apr&#232;s les f&#234;tes, le 3 janvier 2018. On connait aussi le volume (&#233;norme) de ce 19e roman : 1024 pages. Et son prix, 28 euros.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site d'Actes Sud.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la couverture de l'&#233;dition fran&#231;aise :&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1838 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH496/auster-4-3-2-1-24ce7.jpg?1732460252' height='496' width='300' alt='JPEG - 73.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;La traduction est assur&#233;e par G&#233;rard Meudal. Pierre Furlan et Christine Le B&#339;uf avaient sign&#233; les pr&#233;c&#233;dentes &#233;ditions fran&#231;aises de Paul Auster. G&#233;rard Meudal est aussi journaliste (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;le Monde des Livres&lt;/i&gt;). Il a notamment traduit les ouvrages de Joseph O'Connor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Auster viendra pr&#233;senter son roman en France en janvier, avec des rencontres le 13 janvier &#224; 15h au Th&#233;&#226;tre du Rond-Point &#224; Paris, le 16 janvier &#224; 19h30 &#224; l'institut des Chartreux &#224; Lyon et le 18 janvier &#224; 20h au Magic Mirrors du Havre (Festival le go&#251;t des autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre chiffres comme une comptine d'enfants, les coins d'un carr&#233;, un compte &#224; rebours ou les membres d'un quatuor. Le prochain roman de Paul Auster, sorti fin janvier 2017 chez Henry Holt aux Etats-Unis, commence &#224; d&#233;voiler ses myst&#232;res. Le titre tout d'abord : &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt;. Un cauchemar pour les moteurs de recherche et les bases de donn&#233;es. Le format ensuite : 860 pages en anglais, ce qui en fera plus de 1000 en fran&#231;ais, de tr&#232;s loin le plus gros roman aust&#233;rien de tous les temps. L'histoire enfin : c'est celle de Archibald Isaac Ferguson, n&#233; le 3 mars 1947. Soit, les austerophiles l'auront remarqu&#233;, tout juste un mois apr&#232;s Paul Auster lui-m&#234;me, qui a f&#234;t&#233; ses 70 ans (d&#233;j&#224; !) l'hiver dernier. En septembre, alors qu'il &#233;tait nomin&#233; pour le Booker Prize, Auster lui-m&#234;me pr&#233;sentait son roman dans une courte vid&#233;o mont&#233;e en split-screen :&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FManBookerPrize%2Fvideos%2F1857952430884948%2F&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devrait d'ailleurs dire les histoires d'Archibald Isaac Ferguson. Car le bonhomme va vivre simultan&#233;ment quatre vies diff&#233;rentes, ou plus exactement quatre Ferguson identiques vont suivre quatre chemins de vie alternatifs, chacun d'eux ayant des qualit&#233;s physiques, intellectuelles, sexuelles et relationnelles diff&#233;rentes. Ils vont tous tomber amoureux de la m&#234;me Amy Schneiderman, mais rien ne sera pareil. C'est &#224; la fois beaucoup et bien peu, suffisamment en tout cas pour exciter notre imagination.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1701 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_png'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH445/4321-paul-auster-f6664.png?1732460252' height='445' width='300' alt='PNG - 128.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois ans d'&#233;criture pour raconter quatre vies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Auster raconte dans plusieurs articles parus au printemps dernier [2] que ce roman, qu'il a mis trois ans &#224; &#233;crire, l'a litt&#233;ralement ext&#233;nu&#233; au point qu'il avait m&#234;me du mal &#224; marcher. Car s'il a dit un jour &lt;i&gt;&#171; le monde est dans ma t&#234;te, mon corps est dans le monde &#187;&lt;/i&gt;, Auster est moins c&#233;r&#233;bral qu'on pourrait le croire, il &#233;voque souvent les transformations du corps, notamment dans son essai de 2013, &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que ses derniers romans (&lt;i&gt;Sunset Park&lt;/i&gt; en 2011, &lt;i&gt;Invisible&lt;/i&gt; en 2010, &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt; en 2009 ou &lt;i&gt;Dans le scriptorium&lt;/i&gt; en 2007), &#233;crits trop vite, nous avaient laiss&#233; au mieux perplexe, au pire franchement d&#233;&#231;u, on attend beaucoup de ce &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; en esp&#233;rant qu'il renoue avec les merveilles du d&#233;but des ann&#233;es 90 : &lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt; [3], &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La musique du hasard&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;4, 3, 2, 1&lt;/i&gt; : le compte &#224; rebours a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour patienter, regardez ce dialogue entre Paul Auster et Salman Rushdie diffus&#233; en septembre 2016 dans la &lt;i&gt;Grande librairie&lt;/i&gt; sur France 5 :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/-rgBfWBAUYU&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/4-3-2-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir le site d'Actes Sud&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Excursions dans la zone int&#233;rieure</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Excursions-dans-la-zone-interieure</link>
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		<dc:date>2015-03-07T20:05:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me partie des &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;, parues en 2013. Du haut de ses 67 ans, Paul Auster se retourne sur l'enfant qu'il a &#233;t&#233; et explore son paysage mental. Tr&#232;s in&#233;gal par son contenu foutraque, mais toujours aussi bien &#233;crit.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton678-13d72.jpg?1732253175' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me partie des &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;, parues en 2013. Du haut de ses 67 ans, Paul Auster se retourne sur l'enfant qu'il a &#233;t&#233; et explore son paysage mental. Tr&#232;s in&#233;gal par son contenu foutraque, mais toujours aussi bien &#233;crit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est la suite, ou plut&#244;t le compl&#233;ment des &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt;, par lesquelles Paul Auster, 68 ans, avait entrepris de raconter comment il est devenu ce qu'il est aujourd'hui par l'histoire de son propre corps. Excursions dans la zone int&#233;rieure est la version mentale de ce r&#233;cit &#224; la deuxi&#232;me personne du singulier, ce &#171; tu &#187; &#224; la place du &#171; jeu &#187; qui instaure un dialogue entre le Paul Auster bient&#244;t septuag&#233;naire et celui qu'il &#233;tait entre cinq et vingt ans. La cl&#233; de ce parti-pris radical et hypnotique, c'est en page 209 qu'on la trouve, au d&#233;tour d'une maxime brillante et circulaire qu'Auster avait formul&#233;e lors de son premier s&#233;jour &#224; Paris en 1967 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le monde est dans ma t&#234;te. Mon corps est dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;figure class='spip_document_1691 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH472/excursions-dans-la-zone-interieure-80522.jpg?1732159328' height='472' width='250' alt='JPEG - 34 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;Chroniques d'hiver&lt;/i&gt; d&#233;crivaient la deuxi&#232;me partie de la phrase, &lt;i&gt;Excursions&lt;/i&gt; s'attaque &#224; la premi&#232;re. Comme toujours, il est pr&#233;f&#233;rable de ne pas s'attendre &#224; quelque chose de conventionnel avec l'auteur de L'invention de la solitude. Le r&#233;cit est vaguement chronologique, et si des r&#232;gles sont fix&#233;es au d&#233;but, c'est pour les transgresser juste apr&#232;s : ainsi, Auster annonce qu'il se limitera &#224; &#233;voquer son enfance jusqu'&#224; douze ans, ce qui correspond au premier tiers du livre, mais il racontera en d&#233;tail son s&#233;jour parisien (&#224; vingt ans) et les lettres qu'il a &#233;crit &#224; Lydia Davis qui deviendra sa premi&#232;re femme (dans le dernier tiers, de loin le moins int&#233;ressant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux, Auster se paie aussi le luxe du r&#233;cit dans le r&#233;cit dont il est pass&#233; ma&#238;tre : ce qu'il avait fait dans la nouvelle &lt;i&gt;Le conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/i&gt; &#233;tait une merveille de trompe-l'&#339;il narratif. L&#224;, il renoue avec le genre du film racont&#233; qu'il avait inaugur&#233; dans &lt;i&gt;Le livre des illusions&lt;/i&gt; (2002), o&#249; le personnage principal David Zimmer d&#233;crit un film muet de Hector Mann avec une pr&#233;cision telle qu'on est persuad&#233; l'avoir vu nous aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Excursions&lt;/i&gt;, il consacre ainsi pas moins de 26 pages &#224; d&#233;crire &lt;i&gt;L'homme qui r&#233;tr&#233;cit&lt;/i&gt; (film de Jack Arnold, qu'Auster voit &#224; dix ans en 1957) et, mieux, quarante pages &#224; &lt;i&gt;Je suis un &#233;vad&#233;&lt;/i&gt; de Melvin LeRoy (1932), que l'auteur d&#233;couvre &#224; quatorze ans et qu'il conna&#238;t d&#233;sormais par c&#339;ur. L'exercice pourrait &#234;tre fastidieux, et au fur et &#224; mesure qu'on avance, on se dit que ce n'est pas possible, il ne va quand m&#234;me pas le faire. Eh bien si. Et &#231;a fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces deux classiques du cin&#233;ma, nous les voyons &#224; travers les yeux du Paul Auster des ann&#233;es cinquante, ou plus exactement &#224; travers la voix du Paul Auster contemporain se mettant dans la peau de l'enfant qu'il &#233;tait. Car,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des apparences, tu es toujours celui que tu as &#233;t&#233; m&#234;me si tu n'es plus la m&#234;me personne.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s in&#233;gal dans sa composition, ce livre de souvenirs est loin d'approcher &lt;i&gt;Le diable par la queue&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt;, deux sommets dans l'&#339;uvre non-fictionnelle d'Auster. On ne voit pas trop ce qu'apporte l'album de 65 pages qui cl&#244;t ces &lt;i&gt;Excursions&lt;/i&gt;, avec 107 illustrations des films, personnes et lieux &#233;voqu&#233;s par Auster. Mais on retiendra quelques phrases magnifiques, comme celle-ci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tais-tu, petit homme ? Comment es-tu devenu une personne capable de penser et, une fois que tu en &#233;tais capable, o&#249; tes pens&#233;es t'ont-elles men&#233; ? Exhume les vieilles histoires, fouille autour de toi pour trouver ce que tu peux, puis &#233;l&#232;ves les tessons vers la lumi&#232;re pour les examiner. Fais-le. Essaie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Chronique d'hiver</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Chronique-d-hiver</link>
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		<dc:date>2013-04-28T19:35:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans la veine autobiographique de &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Diable par la queue&lt;/i&gt;, Paul Auster se raconte sous un angle original, celui de son corps. Une chronique du temps qui passe &#224; la fois tendre et sans concession.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton629-90421.jpg?1732253175' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la veine autobiographique de &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Diable par la queue&lt;/i&gt;, Paul Auster se raconte sous un angle original, celui de son corps. Une chronique du temps qui passe &#224; la fois tendre et sans concession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure class='spip_document_1635 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg shadow' style='float:right;'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH475/chronique-hiver-91715.jpg?1732159328' height='475' width='250' alt='JPEG - 38.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Ses derniers romans nous avaient laiss&#233; pour le moins sceptique. Depuis quelques ann&#233;es, Paul Auster &#233;crit beaucoup, pr&#232;s d'un livre par an, mais rien d'inoubliable ou de transcendant, du moins depuis Le livre des illusions qui date de 2002. Son dernier opus, intitul&#233; &lt;i&gt;Chronique d'hiver&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Winter journal&lt;/i&gt; en vo) ne nous disait rien qui vaille, puisqu'il &#233;tait question d'un fragment autobiographique pris sous l'angle du corps, le corps souffrant, le corps bless&#233;, le corps d&#233;plac&#233;, le corps nourri, le corps aim&#233;. Bon, pourquoi pas, apr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler d'autobiographie avec Paul Auster est un exercice compliqu&#233;, tant l'animal a une fa&#231;on bien a lui de pratiquer le genre. Tous ses romans, &#224; des degr&#233;s divers, sont autobiographiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;certains de ses personnages s'appelant m&#234;me Paul Auster, ou Peter Aaron, ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et parmi ses essais, &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt; raconte sa relation &#224; son p&#232;re, et &lt;i&gt;Le diable par la queue&lt;/i&gt; son rapport &#224; l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224;, ces deux derniers livres n'avaient en rien la forme classique d'une autobiographie. Le premier &#233;voquait l'histoire de Jonas et de la baleine ainsi que celle de Pinocchio. Le deuxi&#232;me &#233;tait fragment&#233; au possible, ignorant all&#232;grement toute forme de chronologie. C'est ce qu'on retrouve dans &lt;i&gt;Chronique d'hiver&lt;/i&gt;, o&#249; Auster raconte des histoires lui &#233;tant arriv&#233;es dans un pass&#233; r&#233;cent, comme ce terrible accident de voiture survenu en ao&#251;t 2002, puis passe &#224; des souvenirs de sa petite enfance, revient sur ses ann&#233;es de gal&#232;re, repart sur la mort de sa m&#232;re... Avec &#224; chaque fois le corps comme point d'ancrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, pour en arriver &#224; son accident de voiture, il &#233;voque un souvenir d'enfance o&#249; il avait une envie pressante d'uriner, et ou sa m&#232;re l'avait autoris&#233; &#224; mouiller son pantalon parce qu'ils &#233;taient en voiture et ne pouvaient pas s'arr&#234;ter. Le jour de l'accident, cinquante ans plus tard, l'auteur &#233;tait tenaill&#233; par la m&#234;me envie pressante, mais cette fois c'est lui qui conduisait, et pour arriver plus vite &#224; la maison il a commis une imprudence qui aurait pu co&#251;ter la vie &#224; sa femme et &#224; sa fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre originalit&#233;, Auster n'&#233;crit pas &#224; la premi&#232;re personne du singulier, ni &#224; la troisi&#232;me, mais utilise le &#171; tu &#187; qui &#224; la fois le met &#224; distance de son sujet et semble interpeller directement le lecteur. Et pour cause : racont&#233;e via le prisme du corps, la vie de Paul ressemble &#224; celle de la plupart des gar&#231;ons occidentaux n&#233;s &#224; l'&#233;poque du baby-boom. La premi&#232;re bagarre, les premiers plaisirs solitaires, les premiers baisers avec des filles, le premier grand amour, la perte des &#234;tres aim&#233;s, les blessures de la jeunesse et les maladies de la vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande sp&#233;cialit&#233; aust&#233;rienne enfin, la passion des listes. Dans &lt;i&gt;Chronique d'hiver&lt;/i&gt;, on &#233;num&#232;re ainsi les vingt et un logements successifs de l'auteur de Cit&#233; de verre. A chaque fois, c'est l'occasion d'un &#233;tat des lieux, des circonstances dans lesquelles la chambre d'&#233;tudiant, le studio miteux, la maison d&#233;labr&#233;e ou l'appartement bourgeois ont &#233;t&#233; trouv&#233;s, lou&#233;s ou achet&#233;s, mais aussi et bien s&#251;r les moments de bonheur et les trag&#233;dies qu'ils ont abrit&#233;s. Il fait aussi la liste des lieux qu'il a visit&#233;s, des repas de No&#235;l partag&#233;s avec les parents de sa femme (toujours le m&#234;me rituel et le m&#234;me menu, pendant vingt-trois ans d'affil&#233;e : un cauchemar absolu de normalit&#233;), de ses plats pr&#233;f&#233;r&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ce style superbement &#233;pur&#233;, sans un mot de trop, que ce soit pour d&#233;crire une sc&#232;ne hallucinante (l'auteur en visite sur le site o&#249; se trouvait le camp de concentration de Bergen-Belsen entend le hurlement fant&#244;me des cinquante mille prisonniers russes enterr&#233;s sous ses pieds) ou un moment quasi-m&#233;taphysique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tes pieds nus sur le sol froid au moment o&#249; tu sors du lit et vas jusqu'&#224; la fen&#234;tre. Tu as soixante-quatre ans. Dehors, l'air est gris, presque blanc, pas de soleil en vue. Tu te demandes : combien de matins reste-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xy0m52&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;certains de ses personnages s'appelant m&#234;me Paul Auster, ou Peter Aaron, ou Paul Benjamin, par ailleurs son pseudo pour son roman &lt;i&gt;Fausse balle&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt;, il raconte dans le d&#233;tail sa rencontre avec sa femme Siri, rebaptis&#233;e Iris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sunset Park</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Sunset-Park</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son dix-septi&#232;me roman, Paul Auster d&#233;crit les Etats-Unis &#224; travers le prisme de la pr&#233;carit&#233;, qu'elle soit familiale, professionnelle, amoureuse ou immobili&#232;re. Ecrit pendant la crise des subprimes, &lt;i&gt;Sunset Park&lt;/i&gt; fait marcher ses personnages sur un fil et la chute n'est jamais loin.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton552-b6b63.png?1732460253' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son dix-septi&#232;me roman, Paul Auster d&#233;crit les Etats-Unis &#224; travers le prisme de la pr&#233;carit&#233;, qu'elle soit familiale, professionnelle, amoureuse ou immobili&#232;re. Ecrit pendant la crise des subprimes, &lt;i&gt;Sunset Park&lt;/i&gt; fait marcher ses personnages sur un fil et la chute n'est jamais loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paul Auster est comme un ami cher qui donne de ses nouvelles de temps &#224; autre et dont on ne se lasse pas d'&#233;couter les derni&#232;res aventures. Apr&#232;s trois romans mineurs, voire d&#233;cevants (&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/art'&gt;Dans le scriptorium&lt;/a&gt; en 2007, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Seul-dans-le-noir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Seul dans le noir&lt;/a&gt; en 2009 et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Invisible' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Invisible&lt;/a&gt; en 2010), on attendait beaucoup de ce &lt;i&gt;Sunset Park&lt;/i&gt; prometteur, puisqu'&#233;crit au plus chaud de la crise des subprimes qui a d&#233;vast&#233; les Etats-Unis en 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH557/paul-auster-sunset-park-073fd.png?1732460253' width='300' height='557' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le sait, elle a mis des millions d'Etatsuniens &#224; la porte de leur maison dont ils n'avaient pas fini de payer les traites. Un million de maisons sont saisies encore chaque ann&#233;e aux Etats-Unis. Apr&#232;s les attentats du 11-Septembre en 2001 et l'ouragan Katrina en 2005, la crise des subprimes a boucl&#233; une d&#233;cennie cauchemardesque outre-Atlantique. Au d&#233;but de Sunset Park, Paul Auster d&#233;crit longuement ces maisons abandonn&#233;es dans lesquelles subsistent des vestiges de l'American Way of life, et que des d&#233;barrasseurs sont charg&#233;s de vider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines semblent avoir &#233;t&#233; quitt&#233;es dans la pr&#233;cipitation, comme si leurs occupants avaient fui devant une catastrophe annonc&#233;e. D'autres, perdu pour perdu (puisque ce sont les banques qui r&#233;cup&#232;rent les maisons hypoth&#233;qu&#233;es), ont pris soin avant de partir de d&#233;vaster la plomberie, l'&#233;lectricit&#233;, les sanitaires, cassant les vitres, d&#233;chirant les tapisseries et souillant la moquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que Miles Heller travaille au d&#233;but du roman comme d&#233;barrasseur de maisons, et qu'il quitte &#224; la fin un squat new-yorkais dans des circonstances qu'on vous laissera d&#233;couvrir. &lt;i&gt;Sunset Park&lt;/i&gt; est un roman choral dont chaque partie porte le nom d'un protagoniste, et qui s'articule autour d'une maison d&#233;labr&#233;e de Brooklyn, juste en face du cimeti&#232;re Green-Wood. Trois jeunes adultes dont les ressources ne leur permettent plus de se loger y squattent, bient&#244;t rejoints par un quatri&#232;me, Miles, dont on va suivre l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent chez Paul Auster, cette histoire serait banale sans les accidents qui lui font prendre des bifurcations inattendues, parfois heureuses, souvent tragiques. Ce fameux hasard, c&#339;ur de l'&#339;uvre aust&#233;rienne, qui fait se rencontrer Miles et la tr&#232;s jeune Pilar, tellement jeune (elle n'a pas dix-huit ans) qu'elle met Miles &#224; la merci d'une d&#233;nonciation &#224; la police, et qui va l'obliger, comme sept ans auparavant, &#224; prendre une nouvelle fois la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus r&#233;ussi, dans Sunset Park, est la description de cet amour absolu, incandescent, total entre un homme de 28 ans et une fille de 17. Avant de quitter son amant pour une dur&#233;e de trois mois, Pilar tente de mesurer la dimension du vide :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Maintenant qu'il s'agit de trois mois, c'est tout juste si elle peut plier son esprit &#224; cette pens&#233;e : trois mois avant qu'elle puisse le revoir, ce sera comme vivre dans les limbes, comme partir en vacances en enfer, et tout &#231;a &#224; cause d'une stupidit&#233; de date sur son acte de naissance, d'un chiffre arbitraire, d'un chiffre irrationnel qui n'a aucun sens pour qui que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e on pressent que cette liaison lumineuse est condamn&#233;e, que dans une Am&#233;rique en ruines un amour si pur est une utopie. On vous laisse le plaisir d'en d&#233;couvrir l'issue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Invisible</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Invisible</link>
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		<dc:date>2010-03-08T20:47:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le quinzi&#232;me roman de Paul Auster, qui &#233;crit presque tous les ans d&#233;sormais, ressemble au r&#233;cit gigogne du &lt;i&gt;Conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/i&gt; (des fictions embo&#238;t&#233;es dont l'authenticit&#233; est remise en cause) et, &#224; un degr&#233; moindre, &#224; &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt;. Moins c&#233;r&#233;bral que &lt;i&gt;Dans le scriptorium&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Invisible&lt;/i&gt; &#233;gare le lecteur en semant des petits cailloux qui ne d&#233;bouchent nulle part.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Roman-+" rel="tag"&gt;Roman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH127/arton461-284ef.jpg?1732188378' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='127' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le quinzi&#232;me roman de Paul Auster, qui &#233;crit presque tous les ans d&#233;sormais, ressemble au r&#233;cit gigogne du &lt;i&gt;Conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/i&gt; (des fictions embo&#238;t&#233;es dont l'authenticit&#233; est remise en cause) et, &#224; un degr&#233; moindre, &#224; &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt;. Moins c&#233;r&#233;bral que &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dans-le-scriptorium' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dans le scriptorium&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Seul-dans-le-noir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Invisible&lt;/i&gt; &#233;gare le lecteur en semant des petits cailloux qui ne d&#233;bouchent nulle part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1347 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;77&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH387/invisible-us-45de0.jpg?1732460253' width='250' height='387' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1347 '&gt;&lt;strong&gt;La couverture de l'&#233;dition am&#233;ricaine (publi&#233;e par Henry Holt et compagnie)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment s'y prendre pour raconter une histoire ? Qu'est-ce qui est le plus important : l'histoire ou la narration ? Dans quelle mesure peut-on avoir confiance dans ce qu'affirment des personnages de fiction ? Doit-on croire l'auteur quand il nous assure que ces personnages ne sont qu'imaginaires ? Beaucoup de questions et (presque) pas de r&#233;ponses : vous &#234;tes bien chez &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Auster' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;. Si vous d&#233;testez les labyrinthes narratifs, les fausses pistes et les r&#233;cits-gigogne (une histoire dans une histoire dans une histoire), passez votre chemin et optez pour Stephen King. Si vous demandez &#224; un livre de vous embarquer pour une destination inconnue o&#249; rien n'est pr&#233;visible, alors plongez-vous sans h&#233;siter dans &lt;i&gt;Invisible&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, une fois de plus, impossible de ne pas penser &#224; Paul Auster lui-m&#234;me quand il d&#233;crit le jeune Adam Walker, &#233;tudiant de 20 ans &#224; Columbia, au printemps 1967. Francophile, amateur de po&#233;sie, tr&#232;s beau gar&#231;on et pr&#234;t &#224; tout pour &#233;viter de partir au Vi&#234;tnam : toute ressemblance avec un auteur existant ne peut &#233;videmment pas &#234;tre fortuite. Sauf qu'&#233;videmment, c'est une fausse piste. Adam Walker n'est pas Paul Auster, ni son double, m&#234;me si comme lui il se rend &#224; Paris &#224; la fin des ann&#233;es soixante. Auster se cache-t-il alors derri&#232;re James Freeman, auteur reconnu et ami de Walker, qui prend le relais de la narration au premier quart du roman ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1348 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L252xH471/invisible-fr-6009a.jpg?1732460253' width='252' height='471' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1348 '&gt;&lt;strong&gt;La couverture de l'&#233;dition fran&#231;aise (Actes Sud)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de narrateur pourrait nous &#233;loigner de Walker et nous conduire sur une autre piste. Et pourtant non. L'histoire de Walker continue sous une autre forme. L'inqui&#233;tant Rudolf Born, m&#233;c&#232;ne aux pulsions criminelles qui se joue de l'&#233;tudiant po&#232;te comme, disons, un auteur se joue d'un personnage, c&#232;de &#224; la place &#224; Gwyn, la s&#339;ur de Walker avec qui elle partage un &#233;pouvantable secret. Et une complicit&#233; qui fr&#244;le les limites admissibles jusqu'&#224; ce que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; je &#187; de la premi&#232;re partie c&#232;de la place au &#171; tu &#187;, m&#234;me si c'est toujours Walker qui raconte. Mais il y a d&#233;sormais James Freeman qui joue les interm&#233;diaires entre l'histoire et son narrateur, et qui permettra &#224; ce dernier d'aller au bout de son r&#233;cit. La troisi&#232;me partie (appel&#233;e &#171; Automne &#187;, apr&#232;s &#171; Printemps &#187; et &#171; Et&#233; &#187;) utilise maintenant la troisi&#232;me personne du singulier, un &#171; il &#187; qui marque l'&#233;loignement &#8212; d&#233;finitif &#8212; de Walker avec sa propre histoire, comme des cercles concentriques de plus en plus larges. On quitte Manhattan pour Paris, puis, dans un &#233;pilogue d&#233;routant, pour une &#238;le cara&#239;be aussi &#233;trange et irr&#233;elle que la jungle terminale d'&lt;i&gt;Apocalypse Now&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que retenir de ces quelques quatre heures de lecture ? Que s'il n'atteint certes pas les sommets litt&#233;raires de &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Leviathan-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Livre des illusions&lt;/i&gt;, ni la concision impeccable du &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-conte-de-Noel-d-Auggie-Wren' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Invisible&lt;/i&gt; nous donne &#224; voir la m&#233;canique aust&#233;rienne avec beaucoup de plaisir. Un style d'une &#233;l&#233;gance rare, un art du r&#233;cit intact et des trouvailles superbes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour l'essentiel, le d&#238;ner d'anniversaire consiste en une conversation divis&#233;e en trois &#233;pisodes. Le repas est servi et mang&#233;, et, une fois que le dialogue en trois &#233;pisodes est termin&#233;, un petit g&#226;teau au chocolat appara&#238;t, orn&#233; en son centre d'une seule bougie allum&#233;e. Vous ne chantez pas la chanson. Vous articulez les paroles &#224; l'unisson, &#224; voix basse, &#224; peine plus qu'un murmure, mais vous ne les chantez pas. Vous ne soufflez pas non plus la bougie. Vous la laissez br&#251;ler jusqu'au bout et l'&#233;coutez alors gr&#233;siller quand la flamme se noie dans le g&#226;teau au chocolat en train de fondre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tout Auster est l&#224;. Simplicit&#233; du style, pr&#233;cision de la description, importance du rite, t&#233;lescopage entre la vie et la mort (puisque la c&#233;r&#233;monie d&#233;crite est celle de la date anniversaire de la mort d'un &#234;tre proche). Ce qui fait de lui un des auteurs les plus singuliers et les plus importants de notre &#233;poque. Autant dire qu'il est urgent de le lire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paul Auster</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Paul-Auster</link>
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		<dc:date>2010-01-15T21:40:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Wikip&#233;dia</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/austernb.jpg' width=&#034;100&#034; height=&#034;147&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Paul Auster (1947) est un romancier am&#233;ricain. D'abord traducteur de po&#232;tes fran&#231;ais, il a &#233;crit des po&#233;sies avant de se tourner vers le roman. Il a &#233;galement travaill&#233; pour le cin&#233;ma.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paul Auster (1947) est un romancier am&#233;ricain. D'abord traducteur de po&#232;tes fran&#231;ais, il a &#233;crit des po&#233;sies avant de se tourner vers le roman. Il a &#233;galement travaill&#233; pour le cin&#233;ma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH362/auster-bc1e8.jpg?1732164307' width='300' height='362' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sa vie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il est n&#233; le 3 f&#233;vrier 1947 &#224; Newark, dans le New Jersey (&#201;tats-Unis). Ses parents sont n&#233;s aux &#201;tats-Unis mais originaires d'Europe centrale. Tr&#232;s t&#244;t au contact des livres par l'interm&#233;diaire de la biblioth&#232;que d'un oncle traducteur, il commence &#224; &#233;crire &#224; l'&#226;ge de 12 ans, peu avant de d&#233;couvrir le base-ball que l'on retrouvera dans nombre de ses romans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment Fausse balle.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De 1965 &#224; 1967, il est &#233;tudiant &#224; Columbia University (litt&#233;ratures fran&#231;aise, italienne et anglaise). Il commence &#224; traduire des auteurs fran&#231;ais (Dupin, Du Bouchet) et d&#233;couvre Paris. Il y retourne en 1967 apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; &#224; la guerre du Vietnam, veut faire du cin&#233;ma, rate le concours d'entr&#233;e de l'Idhec. Il &#233;crit des sc&#233;narios pour des films muets qui ne verront pas le jour mais qu'on retrouvera, plus tard, dans &lt;i&gt;Le livre des illusions&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencent alors une dizaine d'ann&#233;es de gal&#232;re. Il &#233;crit des articles pour des revues, commence des premi&#232;res version du &lt;i&gt;Voyage d'Anna Blume&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dont le titre original, In the country of the last things - au pays des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt;, travaille sur un p&#233;trolier, revient en France pour un s&#233;jour de trois ans (1971-74). Vit de ses traductions (Mallarm&#233;, Sartre, Simenon), &#233;crit des po&#232;mes et des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre en un acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, alors qu'il vient de divorcer et a tent&#233; en vain de faire publier un roman policier sous le pseudonyme de Paul Benjamin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fausse balle, publi&#233; en France dans la collection S&#233;rie Noire.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la mort de son p&#232;re lui apporte un petit h&#233;ritage qui le remet &#224; flot et qui lui inspire &lt;i&gt;L'invention de la solitude&lt;/i&gt;. Son recueil en prose, &lt;i&gt;Espaces blancs&lt;/i&gt;, est publi&#233;. Il rencontre la romanci&#232;re Siri Hustvedt qu'il &#233;pouse en 1981. &lt;i&gt;L'art de la faim&lt;/i&gt; est publi&#233; en 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Auster commence enfin &#224; &#234;tre reconnu comme un &#233;crivain majeur. De 1986 (sortie de &lt;i&gt;Cit&#233; de verre&lt;/i&gt;) &#224; 1994 (&lt;i&gt;Mr Vertigo&lt;/i&gt;), il publie des romans majeurs comme &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Leviathan-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Leviathan&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Il revient alors au cin&#233;ma, en adaptant avec le r&#233;alisateur Wayne Wang sa nouvelle &lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-conte-de-Noel-d-Auggie-Wren' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Smoke&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Brooklyn Boogie&lt;/i&gt; sortent en salle en 1995. Paul Auster r&#233;alisera lui-m&#234;me &lt;i&gt;Lulu on the bridge&lt;/i&gt; (1997) qui sera mal accueilli par la critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient au roman avec &lt;i&gt;Tombouctou&lt;/i&gt; (1999), &lt;i&gt;Le livre des illusions&lt;/i&gt; (2002), &lt;i&gt;la Nuit de l'oracle&lt;/i&gt; (2004) et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Brooklyn-follies' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Brooklyn follies&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son &#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Paul Auster est par excellence l'&#233;crivain du hasard et de la contingence. Il traque au quotidien les bifurcations issus d'&#233;v&#233;nements apparemment anodins. C'est ce que racontent &lt;i&gt;La musique du hasard&lt;/i&gt;, et surtout &lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt; dans une &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Leviathan-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;exceptionnelle sc&#232;ne centrale&lt;/a&gt;. Son style en apparence tr&#232;s d&#233;pouill&#233;, travaill&#233; au fil de ses &#339;uvres po&#233;tiques, cache une architecture narrative complexe, faite de digressions, d'histoires dans l'histoire et de trompe-l'&#339;il (&lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-conte-de-Noel-d-Auggie-Wren' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Il d&#233;crit aussi la perte, la d&#233;possession, le rapport &#224; l'argent, l'errance (dans &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt;, le personnage principal se nomme Marco Stanley Fogg). Il s'interroge aussi sur l'identit&#233;, notamment dans la &lt;i&gt;Trilogie new-yorkaise&lt;/i&gt; o&#249; l'un des personnages (qui n'est pas le narrateur) porte non nom, ou dans &lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Leviathan-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Leviathan&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, dont le narrateur a ses initiales (Peter Aaron) et rencontre une femme nomm&#233;e Iris (anagramme du pr&#233;nom de son &#233;pouse).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment &lt;i&gt;Fausse balle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dont le titre original, &lt;i&gt;In the country of the last things&lt;/i&gt; - au pays des choses derni&#232;res - est bien plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fausse balle&lt;/i&gt;, publi&#233; en France dans la collection &lt;i&gt;S&#233;rie Noire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Seul dans le noir</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Seul-dans-le-noir</link>
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		<dc:date>2009-01-22T20:37:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/auster-seul-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;173&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Projet &#233;trange qui part dans plusieurs directions sans en creuser aucune, fausse uchronie et roman fant&#244;me, le dernier livre de Paul Auster d&#233;route sans convaincre. Il y avait pourtant de quoi faire au moins deux bons romans avec &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Roman-+" rel="tag"&gt;Roman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Projet &#233;trange qui part dans plusieurs directions sans en creuser aucune, fausse uchronie et roman fant&#244;me, le dernier livre de Paul Auster d&#233;route sans convaincre. Il y avait pourtant de quoi faire au moins deux bons romans avec &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA NUIT AM&#201;RICAINE&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH566/auster-seul-300-9b1a1.jpg?1732460253' width='300' height='566' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains (comme Hubert Artus, dans &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2009/01/19/paul-auster-avec-obama-la-fin-de-40-ans-de-conservatisme#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rue 89&lt;/a&gt;) affirment haut et fort que voil&#224; le meilleur roman de Paul Auster depuis &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Leviathan-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, sorti en 1993. On peut &#234;tre d'accord sur un point : &lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt; est le meilleur roman d'Auster. De l&#224; &#224; dire que tout ce qu'il a &#233;crit depuis ne vaut pas &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt;, il y a un (grand) pas qu'on se gardera bien de franchir. C'est en effet faire bien peu de cas de &lt;i&gt;Mr Vertigo&lt;/i&gt;, de &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Brooklyn-follies' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Brooklyn follies&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et surtout du magnifique &lt;i&gt;Livre des illusions&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi parle &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt; ? De tout et de rien, c'est bien l&#224; le probl&#232;me. Comme il l'explique dans de nombreux entretiens donn&#233;s aux journaux fran&#231;ais tout ce mois de janvier, Paul Auster a eu l'impression, depuis les &#233;lections vol&#233;es de novembre 2000, de vivre un mauvais r&#234;ve. Que non, Bush n'&#233;tait pas le pr&#233;sident des Etats-Unis, que les attentats du 11-Septembre n'&#233;tait qu'un mauvais sc&#233;nario de film catastrophe et que l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'avait pas mis les pieds en Afghanistan ou en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; est venue l'id&#233;e d'une uchronie, du r&#233;cit d'une bifurcation de l'histoire ou, si l'on veut, d'un univers parall&#232;le au n&#244;tre. Dans celui que raconte &lt;i&gt;Seul dans le noir&lt;/i&gt;, la victoire truqu&#233;e de Bush entra&#238;ne des mouvements de protestations qui vont, par cercles concentriques, engendrer une nouvelle guerre de s&#233;cession entre la r&#233;gion de New York, d&#233;mocrate et progressiste, et le reste des Etats-Unis, fid&#232;le au nouvel homme fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un sujet de roman qui vaut la peine d'&#234;tre creus&#233;, diriez-vous ? Eh bien, pas vraiment. Son histoire, Auster fait mine de s'y int&#233;resser, et nous avec, car il reste un conteur incomparable, puis il la repousse d'un revers de main comme si tout &#231;a, au fond, n'avait aucune importance. N&#233;e de l'imagination d'un vieux critique litt&#233;raire insomniaque, cette guerre civile est concurrenc&#233;e dans le roman par l'histoire personnelle d'August Brill et de sa famille d'o&#249; les hommes ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas plus que la premi&#232;re, cette deuxi&#232;me piste n'est suivie jusqu'au bout. Et l&#224; o&#249;, dans &lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt; par exemple, on avait un mod&#232;le de construction narrative au service d'une histoire terrible sur la chute, la non-conformisme et ce qu'on appelle parfois le terrorisme, il ne reste plus qu'un squelette d'intrigue, une p&#226;le et tremblotante lueur qui menace &#224; chaque page d'&#234;tre engloutie dans l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire retiendra que ce roman inabouti sera sorti, du moins en France, moins de deux semaines avant la prise de fonctions de Brack Obama, dont Auster attend &#233;norm&#233;ment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mon enthousiasme &#224; l'&#233;gard du nouveau pr&#233;sident des Etats-Unis est total. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Sa foi dans l'ancien s&#233;nateur du Michigan est &#224; la hauteur de son amertume et de sa col&#232;re lors des huit derni&#232;res ann&#233;es. L'avenir nous dira si c'&#233;tait de la na&#239;vet&#233; ou de la clairvoyance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Mon enthousiasme &#224; l'&#233;gard du nouveau pr&#233;sident des Etats-Unis est total. Je suis pr&#234;t &#224; parier qu'Obama respectera toutes les promesses qui sont en son pouvoir &#187;&lt;/i&gt; disait-il dans un entretien publi&#233; par Lib&#233;ration le 17 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Dans le scriptorium</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dans-le-scriptorium</link>
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		<dc:date>2007-02-04T22:11:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_807 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/auster-scriptorium100.jpg' width=&#034;100&#034; height=&#034;165&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'arrive-t-il &#224; un auteur de fiction quand il est retenu prisonnier par ses propres personnages ? C'est ce que raconte Paul Auster dans son treizi&#232;me roman, le plus court (147 pages) mais pas le moins d&#233;routant. Un brillant exercice de style en forme de testament litt&#233;raire qui laisse le lecteur sur sa faim.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'arrive-t-il &#224; un auteur de fiction quand il est retenu prisonnier par ses propres personnages ? C'est ce que raconte Paul Auster dans son treizi&#232;me roman, le plus court (147 pages) mais pas le moins d&#233;routant. Un brillant exercice de style en forme de testament litt&#233;raire qui laisse le lecteur sur sa faim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH284/auster-scriptorium150-2f742.jpg?1732460253' width='150' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une des figures essentielles de l'&#339;uvre de Paul Auster, c'est la mise en abyme. L'auteur Paul Auster &#233;crit l'histoire d'un personnage qui raconte lui-m&#234;me l'histoire d'un autre personnage, lequel t&#233;moigne d'une histoire, etc... Quand c'est r&#233;ussi, comme dans &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-conte-de-Noel-d-Auggie-Wren' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le conte de No&#235;l d'Auggie Wren&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ou plus r&#233;cemment dans &lt;i&gt;Le livre des illusions&lt;/i&gt;, la fronti&#232;re entre la r&#233;alit&#233; et la fiction s'estompe et le roman devient un gigantesque trompe-l'&#339;il. Mais parfois, la mayonnaise ne prend pas. Et dans ce cas, les ficelles apparaissent, le lecteur est tenu &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Dans le scriptorium&lt;/i&gt;, Paul Auster signe un livre &#233;trange, une sorte de nouvelle un peu longue (147 pages) et aux accents curieusement testamentaires. Rien ne dit, &#233;videmment, que ce roman sera le dernier de l'&#233;crivain de Brooklyn, qui vient tout juste de f&#234;ter ses soixante ans (le 3 f&#233;vrier 2007). On lui souhaite encore une longue carri&#232;re, lui qui a &#233;t&#233; reconnu sur le tard (&#224; la fin des ann&#233;es 80 en France). Mais comment d&#233;finir autrement un roman dont le sujet est un &#233;crivain &#226;g&#233;, enferm&#233; dans une chambre (comme dans la Trilogie new-yorkaise) par les propres personnages de son &#339;uvre ? Dans un remarquable entretien au magazine &lt;a href=&#034;http://www.lire.fr/entretien.asp/idC=50949/idR=201/idG=4#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lire&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 2007&lt;/a&gt;, Paul Auster admet que le personnage principal du Scriptorium, Mr. Blank, pourrait &#234;tre lui-m&#234;me dans vingt ans. Avec toujours son extraordinaire sens de la formule, quand il parle de la vieillesse : &lt;i&gt;&#171; Quand on est jeune, on n'imagine pas que l'on pourra un jour vieillir. Alors on gaspille le temps, on ab&#238;me le pr&#233;sent. L'&#226;ge vous apprend &#224; ne plus perdre une seule de vos journ&#233;es. De ce point de vue, c'est tr&#232;s int&#233;ressant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est plut&#244;t d&#233;cevant par son c&#244;t&#233; artificiel et elliptique, &lt;i&gt;Dans le scriptorium&lt;/i&gt; laisse entrevoir, par instants, le grand roman sur la cr&#233;ation litt&#233;raire qu'il aurait pu &#234;tre. Il y a tout d'abord les premi&#232;res pages, dans lesquelles le d&#233;cor se mat&#233;rialise litt&#233;ralement au moment o&#249; il est nomm&#233; (et semblait ne pas exister juste avant). Il y a aussi l'&#233;trange amn&#233;sie de M. Blank, dont on ne sait si elle est due &#224; l'&#226;ge ou aux m&#233;dicaments qu'on lui administre. Ou, tout simplement, si elle n'est pas le fait qu'avant que l'on lise son histoire, M. Blank n'a jamais exist&#233;. Un personnage de roman a-t-il de la m&#233;moire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin, comme presque toujours chez Paul Auster, l'histoire dans l'histoire, qui &#233;voque la conqu&#234;te de l'ouest et le g&#233;nocide des Am&#233;rindiens. Et m&#234;me mieux, puisque dans cette histoire, il y a un narrateur, en fait un prisonnier (comme Blank lui-m&#234;me est prisonnier dans sa chambre) qui raconte pourquoi il est priv&#233; de libert&#233;. Et cette histoire dans l'histoire, c'est Blank lui-m&#234;me qui va se charger d'en imaginer la fin. Vertige labyrinthique, on le voit, mais qui n&#233;cessite pour fonctionner des personnages moins fant&#244;matiques que Blank et ses ge&#244;liers (curieusement interchangeables). Dommage. La description d'un fauteuil de cuir (&#171; &lt;i&gt;pas dot&#233; uniquement de la capacit&#233; de se balancer d'avant en arri&#232;re, il peut aussi tourner en rond&lt;/i&gt; &#187;) vaut aussi pour le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;sormais au cin&#233;ma que Paul Auster va faire parler de lui : il termine le montage de son nouveau film, &lt;i&gt;La vie int&#233;rieure de Martin Frost&lt;/i&gt;. Tiens, Martin Frost, un des personnages du &lt;i&gt;Livre des illusions&lt;/i&gt;, ou plus exactement, un personnage d'un film muet d&#233;crit dans le roman. Film muet dont Auster aurait &#233;crit le sc&#233;nario &#224; la fin des ann&#233;es soixante, et qui va se retrouver port&#233; &#224; l'&#233;cran, et publi&#233; en mars chez Actes Sud sous forme... de sc&#233;nario. La mise en abyme, on vous dit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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