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	<title>imaginaires</title>
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		<title>Dissident dans la r&#233;volution</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est l'histoire, passionnante et souvent d&#233;primante, d'une des plus grandes figures du 20e si&#232;cle : l'&#233;crivain, journaliste et r&#233;volutionnaire Victor Serge, qui passa le plus clair de sa vie en exil et mourut dans la mis&#232;re &#224; 57 ans.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton577-5b7e8.png?1732285024' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'histoire, passionnante et souvent d&#233;primante, d'une des plus grandes figures du 20e si&#232;cle : l'&#233;crivain, journaliste et r&#233;volutionnaire Victor Serge, qui passa le plus clair de sa vie en exil et mourut dans la mis&#232;re &#224; 57 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si elle n'exon&#232;re pas de lire &#224; la source les textes de Victor Serge (&lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Serge-memoires-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Retour-a-l-ouest' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Retour &#224; l'ouest&lt;/a&gt;, S'il est minuit dans le si&#232;cle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-affaire-Toulaev' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'Affaire Toulaev&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Les-annees-sans-pardon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les Ann&#233;es sans pardon&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;), la biographie de Susan Weissman apporte un &#233;clairage int&#233;ressant sur la vie hors normes de l'exil&#233; russe entre 1917 et sa mort en 1947. Comme il s'agit essentiellement d'une biographie politique, on n'y apprendra pas grand chose sur ses ann&#233;es de jeunesse, celles o&#249; il est proche des milieux anarchistes (et notamment la Bande &#224; Bonnot), ni sur sa vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L260xH381/dissident-revolution-266e7.png?1733446473' width='260' height='381' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe plus particuli&#232;rement &#224; la lecture de ces 400 pages tr&#232;s denses, c'est l'extr&#234;me lucidit&#233; de Serge, qui fait de lui un homme tr&#232;s en avance sur son temps, capable de voir tr&#232;s vite l'acide qui va corrompre le processus r&#233;volutionnaire : l'absence de d&#233;mocratie et de contre-pouvoir et la toute-puissance de la r&#233;pression. C'est aussi son extr&#234;me droiture, la fid&#233;lit&#233; durant toute sa vie &#224; son id&#233;al r&#233;volutionnaire &#233;mancipateur qu'il d&#233;fendra contre les staliniens &#233;videmment, mais aussi contre Trotsky. Ce dernier ne se privera pas de l'abreuver d'injures &#224; la fin des ann&#233;es trente, peu avant sa mort &#224; Mexico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa lucidit&#233; et sa droiture donnent &#224; Serge, avec le recul, l'aura d'un George Orwell, d'un Jean Jaur&#232;s, ou pour prendre un exemple plus r&#233;cent, d'un Vaclav Havel. Mais beaucoup plus que ces trois-l&#224;, Serge aura pay&#233; le prix fort : emprisonn&#233; en France pour sa proximit&#233; avec les anarchistes, exil&#233; une premi&#232;re fois en Catalogne, incarc&#233;r&#233; &#224; nouveau en France o&#249; il est interdit de s&#233;jour, expuls&#233; vers la Russie en 1919, arr&#234;t&#233; une premi&#232;re fois en 1928 par le pouvoir sovi&#233;tique, puis une deuxi&#232;me fois en 1933 avec &#224; la cl&#233; trois ans de d&#233;portation, boucl&#233; &#224; Marseille dans un bateau pendant la visite de P&#233;tain en d&#233;cembre 1940, d&#233;tenu pendant plusieurs semaines &#224; la Martinique dans un camp de prisonniers pendant la fuite vers le Mexique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De pr&#233;cieux manuscrits d&#233;crivant les milieux anarchistes du d&#233;but du si&#232;cle ou les premiers mois de la r&#233;volution russe se perdent pendant sa d&#233;portation, sont confisqu&#233;s et lui sont finalement arrach&#233;s alors qu'il rejoint la Belgique apr&#232;s son expulsion d'URSS en 1936. Traqu&#233; par le Gu&#233;p&#233;ou et le NKVD pendant qu'il est en Europe, il est surveill&#233; de pr&#232;s par le FBI sit&#244;t d&#233;barqu&#233; en Am&#233;rique centrale. Enfin, toute sa vie il souffre de privations, ne mange pas &#224; sa faim et vit dans le d&#233;nuement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biographie de Susan Weissman revient en d&#233;tail sur le r&#244;le des &#233;crivains fran&#231;ais dans la mobilisation qui lui a permis d'&#233;viter les proc&#232;s de Moscou (&#224; partir de l'&#233;t&#233; 1936) et une mort certaine : Andr&#233; Gide, Romain Rolland et Andr&#233; Malraux. Elle raconte aussi la fuite de Paris en juin 1940 au moment de l'invasion allemande, et le comportement d&#233;shonnorant de Jean Giono : l'&#233;crivain pacifiste avait propos&#233; &#224; Serge de l'accueillir en cas de besoin, mais quand ce dernier est venu frapper &#224; sa porte, l'auteur du Hussard sur le toit a refus&#233; de lui ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;pisode, &#233;tonnant, est la parenth&#232;se presque heureuse de la villa Air-Bel &#224; Marseille &#224; l'automne 1940. Mary Jane Gold, une des organisatrices du Centre am&#233;ricain de secours de Varian Fry, loue cette grande maison (18 pi&#232;ces) qui accueille une incroyable troupe d'intellectuels en fuite. Outre Varian Fry et Victor Serge (qui est l&#224; avec sa deuxi&#232;me femme, Laurette S&#233;journ&#233; et son fils, Vlady), on y trouve Andr&#233; Breton et, le dimanche, Max Ernst, Andr&#233; Gide, Jean Malaquais et de nombreux surr&#233;alistes de passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary Jane Gold d&#233;crit ainsi Victor Serge qui a alors cinquante ans :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il avait les mani&#232;res d'un prince, marchait et se comportait comme un v&#233;ritable gentleman et pourtant, il &#233;tait depuis sa naissance un communiste, un r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lequel Serge, tout gentleman qu'il &#233;tait, n'appr&#233;ciait pas trop de voir Andr&#233; Breton (pourtant accompagn&#233; de sa femme Jacqueline) tourner autour de la tr&#232;s belle Laurette...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre raconte aussi que George Orwell a tent&#233; de faire publier en Angleterre les M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire en 1945, et que plusieurs lettres ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;es entre les deux hommes pour envisager l'envoi du manuscrit par la poste (Serge n'en a qu'un seul exemplaire). C'est le seul point de jonction entre les deux plus grandes figures morales du socialisme du si&#232;cle dernier, et on se plait &#224; imaginer ce qu'aurait donn&#233; une rencontre si Victor Serge avait v&#233;cu assez longtemps pour lire &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1949).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1947, Serge &#233;crit depuis le Mexique &#224; Andr&#233; Malraux pour renouer avec lui et solliciter son aide pour rentrer en France. Six jours plus tard, il est foudroy&#233; par une crise cardiaque et meurt dans un taxi &#224; Mexico. Nul ne sait si sa mort est naturelle ou s'il a &#233;t&#233; assassin&#233; par le Gu&#233;p&#233;ou. Ainsi dispara&#238;t &#224; 57 ans un des derniers grands r&#233;volutionnaires. Staline lui survivra plus de cinq ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les ann&#233;es sans pardon</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Les-annees-sans-pardon</link>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En quatre tableaux (Paris, Stalingrad, Berlin et le Mexique), Victor Serge d&#233;crit dans une prose clinique et po&#233;tique un monde effondr&#233;, celui de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Un an apr&#232;s, &#224; l'instar de son personnage principal, il meurt en novembre 1947 dans des circonstances troubles.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton563-2aa21.png?1733445432' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En quatre tableaux (Paris, Stalingrad, Berlin et le Mexique), Victor Serge d&#233;crit dans une prose clinique et po&#233;tique un monde effondr&#233;, celui de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Un an apr&#232;s, &#224; l'instar de son personnage principal, il meurt en novembre 1947 dans des circonstances troubles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dernier roman de Victor Serge, termin&#233; au Mexique en 1946, un an avant sa mort (il ne sera publi&#233; qu'en 1971), est &#224; la fois cr&#233;pusculaire et pr&#233;monitoire. Cr&#233;pusculaire dans sa description clinique d'un monde qui s'effondre, pr&#233;monitoire parce qu'il s'ach&#232;ve par l'assassinat d'un ex-agent sovi&#233;tique en fuite au Mexique. Victor Serge est mort &#224; Mexico le 17 novembre 1947 au cours d'un trajet en taxi. Il avait 56 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Port&#233; par une langue magnifique, &#224; la fois froidement descriptive et puissamment po&#233;tique, les Ann&#233;es sans pardon combine plusieurs genres : roman d'espionnage (des agents sovi&#233;tiques se sentent traqu&#233;s et se cachent), r&#233;cit de guerre, texte humaniste, r&#233;flexion politique...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L260xH384/asp-40bd1.png?1733446473' width='260' height='384' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;chapp&#233;es philosophiques :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;trave du bateau labourait une mer min&#233;rale et r&#233;sistante au bout de laquelle il n'y avait peut-&#234;tre rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tueries termin&#233;es, l'homme s'apercevra peut-&#234;tre qu'en surmontant les vieilles distances, en survolant les continents et les climats, il a grandi, il a conquis des possibilit&#233;s de renouvellement de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;r&#233;pondent des descriptions tr&#232;s pr&#233;cises du froid inhumain, des immeubles ravag&#233;s ou de la nature br&#251;l&#233;e par le soleil :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La montagne devenait torride, le lac rutilait comme une cuve de m&#233;tal fondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui semblait que le sang se refroidissait dans ses veines, que ses membres s'engourdissaient, qu'il ne fallait pas faire le moindre mouvement, par crainte que la nappe de froid qui descendait lentement du vide ne dev&#238;nt une dalle de glace.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sa description d'un bombardement nocturne &#224; Berlin, dans les tous derniers jours de la guerre, est extraordinaire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et la terre obscure, fleurissant tout &#224; coup comme une immense &#233;toile intermittente, &#233;mit d'intenses rayonnements, des lances, des jets, des cimeterres, des &#233;ventails de lumi&#232;re. La blancheur entourait la ville enti&#232;re, la plan&#232;te m&#234;me, d'un tissu de rayons : plan&#232;te en robe de mari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ann&#233;es sans pardon&lt;/i&gt;, qui va de Paris d'avant-guerre au Mexique d'apr&#232;s guerre en passant par Stalingrad en 42-43 et Berlin en 45, raconte le cheminement int&#233;rieur de deux agents sovi&#233;tiques en rupture avec le parti. Mais c'est surtout le tableau d'un monde d&#233;vast&#233;, d'une guerre de tous contre tous, sans issue et sans fin :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Le hachoir luisait, derni&#232;re arme du dernier combattant de la derni&#232;re bataille de la derni&#232;re ville.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#339;uvre de Victor Serge, &lt;i&gt;Les ann&#233;es sans pardon&lt;/i&gt; cl&#244;t un cycle de quatre romans avec &lt;i&gt;S'il est minuit dans le si&#232;cle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les derniers temps&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;l'Affaire Toulaev&lt;/i&gt;. C'est aussi la cl&#244;ture de son &#339;uvre, consid&#233;rable, qui fait de lui l'un des plus importants (et m&#233;connus) &#233;crivains-journalistes du vingti&#232;me si&#232;cle, &#224; l'&#233;gal de George Orwell.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour &#224; l'ouest</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Retour-a-l-ouest</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Retour-a-l-ouest</guid>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une centaine d'articles &#233;crits par Victor Serge pour le journal La Wallonie entre 1936 et 1940 : une fois de plus, les &#233;ditions Agone d&#233;nichent une p&#233;pite litt&#233;raire, du m&#234;me niveau que les chroniques de George Orwell. A lire de toute urgence.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une centaine d'articles &#233;crits par Victor Serge pour le journal La Wallonie entre 1936 et 1940 : une fois de plus, les &#233;ditions Agone d&#233;nichent une p&#233;pite litt&#233;raire, du m&#234;me niveau que les chroniques de George Orwell. A lire de toute urgence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1445 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH521/retour-a-louest-300-4c211.jpg?1732159328' width='300' height='521' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie des ann&#233;es trente, &#231;a vous para&#238;t loin, la p&#233;riode de vos arri&#232;res-grands parents, en quelque sorte. Et pourtant. En lisant les chroniques que tenait chaque semaine Victor Serge pour le journal belge &lt;i&gt;La Wallonie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;93 sont &#233;dit&#233;es dans ce recueil, sur 203. L'ensemble est publi&#233; en ligne sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8212; entre 1936, ann&#233;e du Front populaire, de la guerre d'Espagne et des proc&#232;s de Moscou, et 1940, juste avant le d&#233;clenchement de l'offensive allemande &#224; l'ouest &#8212; on se dit que la pens&#233;e des grands &#233;crivains traverse les &#233;poques sans difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Retour &#224; l'ouest&lt;/i&gt;, que l'on doit une fois de plus au remarquable travail &#233;ditorial des Marseillais d'&lt;a href=&#034;http://www.atheles.org/agone/#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agone&lt;/a&gt;, a la densit&#233; et la richesse du recueil &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-les-cochons-et-Big-Brother' class=&#034;spip_in&#034;&gt;A ma guise&lt;/a&gt; de George Orwell. Le parcours des deux hommes est dissemblable, l'Anglais venant de l'aristocratie, le Russe de l'anarchisme (voir mon article sur ses &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Serge-memoires-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;), mais ils se rejoignent dans une vision libertaire du socialisme et une soif profonde de v&#233;rit&#233; et de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces quatre ann&#233;es qui s&#233;parent son exil d'URSS (o&#249; la pression internationale en sa faveur lui permettent de revenir de d&#233;portation au bout de trois ans) de son d&#233;part vers le Mexique via Marseille, Victor Serge ne cesse d'&#233;crire. L'actualit&#233; est tellement dense que les sujets viennent d'eux-m&#234;mes, depuis le front de la guerre civile espagnole o&#249; les staliniens se retournent contre les anarchistes et les trotskistes jusqu'&#224; Moscou o&#249; les t&#234;tes des vieux r&#233;volutionnaires tombent sans arr&#234;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;sur ce point, lire son roman, L'affaire Toulaev&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y en a bien un que le pacte de non-agression germano-sovi&#233;tique ne surprend pas, c'est lui : le 25 ao&#251;t 1939, il rappelle ses propos tenus au mois de mai, o&#249; il voyait tr&#232;s bien ce qui allait se passer. Lui qui avait d&#233;crit la d&#233;rive totalitaire de l'Union sovi&#233;tique, la fascination de Staline pour les m&#233;thodes de Hitler (&#233;liminer pr&#233;ventivement tous ceux qui peuvent lui faire de l'ombre) et la faiblesse tragique de l'Arm&#233;e Rouge, d&#233;capit&#233;e par les proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans cette litanie de catastrophes o&#249; les massacres succ&#232;dent aux disparitions d'amis tr&#232;s chers, Victor Serge se cramponne avec courage &#224; sa vision de l'&#233;mancipation de l'homme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent causer des souffrances sans nombre, ils se trompent sur un point capital : l'histoire est un fleuve dont nulle force ne saurait faire remonter les flots vers sa source... Ce qui est sem&#233; germera.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte terrible et magnifique, intitul&#233; Nouveau Moyen-Age&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut saluer ici le talent de Victor Serge pour les titres : Pogrome en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (30 avril 1938), il lance, dans une profession de foi qui annonce celle des grands r&#233;sistants :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau Moyen Age, o&#249; nous plongent les soubresauts du capitalisme finissant, nous impose la plus grande lucidit&#233;, le plus grand courage, la solidarit&#233; la plus agissante. Aucun p&#233;ril, aucune amertume ne justifient le d&#233;sespoir &#8212; car la vie continue et elle aura le dernier mot. Aucune &#233;vasion v&#233;ritable n'est possible, sauf celle de la vaillance.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;93 sont &#233;dit&#233;es dans ce recueil, sur 203. L'ensemble est publi&#233; en ligne &lt;a href=&#034;http://agone.revues.org/index261.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site des &#233;ditions Agone&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;sur ce point, lire son roman, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-affaire-Toulaev' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'affaire Toulaev&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut saluer ici le talent de Victor Serge pour les titres : &lt;i&gt;Pogrome en quatre cents pages, M&#233;canisme des catastrophes, S'il est minuit dans le si&#232;cle...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'affaire Toulaev</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-affaire-Toulaev</link>
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		<dc:date>2010-01-31T21:18:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/serge-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;184&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un tr&#232;s grand roman qu'a &#233;crit Victor Serge sur les chemins de l'exil entre 1940 et 1942. Mettant en sc&#232;ne, de l'int&#233;rieur, la m&#233;canique infernale des proc&#232;s de Moscou de 1936 &#224; 1938, il fait entendre la voix de ceux qui, comme lui, ont &#233;t&#233; broy&#233;s par le syst&#232;me pour avoir malgr&#233; tout cru jusqu'au bout &#224; la r&#233;volution.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Victor-Serge-+" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un tr&#232;s grand roman qu'a &#233;crit Victor Serge sur les chemins de l'exil entre 1940 et 1942. Mettant en sc&#232;ne, de l'int&#233;rieur, la m&#233;canique infernale des proc&#232;s de Moscou de 1936 &#224; 1938, il fait entendre la voix de ceux qui, comme lui, ont &#233;t&#233; broy&#233;s par le syst&#232;me pour avoir malgr&#233; tout cru jusqu'au bout &#224; la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &#199;A EXISTE, TOUT DE M&#202;ME, LA V&#201;RIT&#201; &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH437/toulaev-300-2dffc.jpg?1733446473' width='300' height='437' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est une tr&#232;s riche id&#233;e qu'ont eu les &#233;ditions Zones (un label de la D&#233;couverte) en r&#233;&#233;ditant &lt;i&gt;L'affaire Toulaev&lt;/i&gt;, le grand roman polyphonique de Victor Serge. Tout d'abord parce voil&#224; une &#339;uvre majeure, &#233;crite entre 1940 et 1942, &#233;dit&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1948, un an apr&#232;s la mort de son auteur &#224; Mexico. Et ensuite pour avoir assorti cette &#233;dition d'une pr&#233;face lumineuse de la grande Susan Sontag quelques mois avant sa disparition en 2004 : &lt;i&gt;&#171; Comment expliquer l'oubli dans lequel est tomb&#233; un des h&#233;ros moraux et litt&#233;raires les plus envo&#251;tants du XXe si&#232;cle ? &#187;&lt;/i&gt; se demande l'essayiste am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses, vous les lirez vous-m&#234;mes, tout ce qu'on peut dire c'est qu'elles s'articulent autour du statut particulier de Victor Serge, apatride dans le si&#232;cle, n&#233; en Belgique, mort au Mexique, ayant v&#233;cu en France, en URSS, en Allemagne et en Autriche. C'est aussi un militant politique durant toute sa vie, o&#249; il a &#233;t&#233; d'abord essayiste, journaliste et historien avant d'&#233;crire de la fiction. C'est un polyglotte ma&#238;trisant cinq langues. Et c'est un homme dont certains ont affirm&#233; que sa vie &#233;tait plus grande que son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raison de plus pour la d&#233;couvrir, ou la red&#233;couvrir. S'il faut absolument lire ses &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Serge-memoires-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#233;dit&#233;es chez Bouquins en 2001&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;L'affaire Toulaev&lt;/i&gt; en est le pendant fictionnel, celui o&#249; Serge donne libre cours &#224; son immense talent de conteur dans un cadre historique pr&#233;cis. &lt;i&gt;L'affaire Toulaev&lt;/i&gt;, c'est clairement la s&#233;rie de proc&#232;s qui ont suivi l'assassinat de Serguei Kirov, dirigeant du Parti &#224; Leningrad, le 1er d&#233;cembre 1934. Que le v&#233;ritable coupable soit un jeune communiste, comme dans la r&#233;alit&#233;, ou un employ&#233; quelconque, comme dans le roman, n'a aucune importance : ce n'est qu'un pr&#233;texte &#224; une vaste &#233;puration voulue par Staline pour &#233;craser toute contestation interne au moment o&#249; l'Union sovi&#233;tique a abandonn&#233; un &#224; un ses principes issus de la R&#233;volution d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge raconte ainsi comment la machine infernale se met en marche, une machine qui va &#233;liminer un &#224; un les anciens bolcheviques qui ont connu et particip&#233; &#224; la p&#233;riode d'avant Staline, d&#233;capiter le parti et affaiblir durablement le pays qui sera envahi par l'arm&#233;e allemande en 1941. Mais il le fait par le biais de portraits d&#233;taill&#233;s, ceux de huit personnages principaux dont les destins se croisent tout au long des 350 pages. C'est une fresque ramass&#233;e en une p&#233;riode courte (situ&#233;e peu avant la guerre, en 1939) mais &#233;tendue des steppes gel&#233;es de Sib&#233;rie &#224; la Catalogne en guerre en passant par Paris et Moscou. Ses descriptions des paysages russes sont &#233;blouissants, comme le sont ceux de ses personnages, notamment Roublev, qui &#233;crira en prison un terrible r&#233;quisitoire contre le r&#233;gime ou le vieux Rijyk, qui se laissera mourir de faim plut&#244;t que faire des aveux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une sc&#232;ne imagin&#233;e (comme l'a fait Robert Littell avec Ossip Mandelstam et Staline&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son roman Une hirondelle avant l'orage&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) entre Kondratiev, un vieux dirigeant qui va bient&#244;t &#234;tre accus&#233;, et celui qu'il appelle &#171; Le chef &#187; (Staline, donc), Victor Serge &#233;crit ceci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le chef demanda tranquillement :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Alors, tu trahis, toi aussi ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Tranquillement, du fond d'un calme s&#251;r, Kondratiev r&#233;pondit :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Je ne trahis pas, moi non plus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Chaque syllabe de cette terrible phrase se d&#233;tachait comme un bloc de glace dans une blancheur polaire. Sur de telles paroles, impossible de revenir. Quelques secondes encore, et tout serait fini. Pour de telles paroles, ici, on devrait &#234;tre an&#233;anti sur place, instantan&#233;ment, Kondratiev les acheva fermement :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Et tu dois le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#233;dit&#233;es chez Bouquins en 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son roman &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/L-hirondelle-avant-l-orage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Une hirondelle avant l'orage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Victor Serge, m&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Serge-memoires-d-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Victor-Serge-memoires-d-un</guid>
		<dc:date>2009-04-26T13:37:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/victorserge-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;202&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire retient plus facilement les grands criminels que les v&#233;ritables h&#233;ros. Ecrivain, anarchiste, militant, Victor Serge a v&#233;cu en premi&#232;re ligne la r&#233;volution russe, l'internationale communiste, le virage policier et parano&#239;aque du stalinisme, la traque des opposants de gauche, l'exil, le front populaire, la fuite au Mexique... Sa droiture morale, son courage et sa d&#233;termination n'ont d'&#233;gale que son immense talent d'&#233;crivain. Vous ne connaissez pas Victor Serge ? C'est le moment de le d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire retient plus facilement les grands criminels que les v&#233;ritables h&#233;ros. Ecrivain, anarchiste, militant, Victor Serge a v&#233;cu en premi&#232;re ligne la r&#233;volution russe, l'internationale communiste, le virage policier et parano&#239;aque du stalinisme, la traque des opposants de gauche, l'exil, le front populaire, la fuite au Mexique... Sa droiture morale, son courage et sa d&#233;termination n'ont d'&#233;gale que son immense talent d'&#233;crivain. Vous ne connaissez pas Victor Serge ? C'est le moment de le d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;UNE CONSCIENCE DANS LA NUIT&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L200xH301/victorserge-revol-200-b7d6a.jpg?1733446473' width='200' height='301' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle a produit une exceptionnelle concentration de criminels de masse comme le monde n'en avait sans doute jamais connu auparavant : Hitler, Staline, Mussolini et Franco ont port&#233; la r&#233;pression, la sauvagerie et la destruction des valeurs des Lumi&#232;res a un point qui ne sera &#233;gal&#233;, plus tard, que par Mao et Pol Pot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette p&#233;riode &#244; combien noire de l'Histoire a vu aussi passer des personnalit&#233;s admirables dont il convient, de temps en temps, de raviver le souvenir, ne serait-ce que pour ne pas d&#233;sesp&#233;rer du genre humain : le Fran&#231;ais Jean Jaur&#232;s, l'Allemande Rosa Luxembourg, l'Italien Primo Levi ou le Russe (francophone et n&#233; en Belgique) Victor Serge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier a &#233;t&#233; plac&#233; par les hasards de l'existence dans le grand tourbillon r&#233;volutionnaires. Ses parents, anarchistes, sont expuls&#233;s de Russie apr&#232;s l'assassinat du tsar Alexandre II. Victor Lvovitch Kibaltchich nait &#224; Bruxelles en 1890 et conna&#238;t tr&#232;s t&#244;t la pauvret&#233;, la faim et la pr&#233;carit&#233; des exil&#233;s. Il ne va pas &#224; l'&#233;cole, mais ses parents lui forgent une &#233;ducation solide et complexe. A 15 ans, il se d&#233;brouille tout seul et fr&#233;quente les milieux anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 22 ans, il est arr&#234;t&#233; pour avoir soutenu, dans un journal, la bande &#224; Bonnot. Cinq ans de prison. En 1919, il est &#233;chang&#233; contre des officiers fran&#231;ais et rejoint la Russie r&#233;volutionnaire. Proche alors du mouvement bolchevik, il va s'en &#233;loigner peu &#224; peu, effar&#233; par la militarisation et l'&#233;tatisation du syst&#232;me qui, d&#232;s la guerre civile termin&#233;e (1921), va frapper tout ce qui ose contester la ligne du parti. Proche alors de L&#233;nine et Zinoviev, il esp&#232;re toutefois que la r&#233;volution reprendra ses orientations libertaires des premiers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un s&#233;jour de deux ans en Allemagne, o&#249; il voit &#233;chouer le mouvement r&#233;volutionnaire, il rejoint l'opposition de gauche men&#233;e par Trotski. De 1928 &#224; 1933, il sera r&#233;guli&#232;rement surveill&#233; et menac&#233;, pendant que le r&#233;gime totalitaire stalinien &#233;radique progressivement tout l'h&#233;ritage de 1917 et saigne le pays. Avant d'&#234;tre d&#233;port&#233; pendant trois ans dans l'Oural (&#224; Orenbourg), il fait preuve d'un sang-froid et d'une fermet&#233; morale extraordinaire face &#224; ses procureurs, ce qui lui sauve probablement la vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L200xH274/victorserge-dessin-69558.jpg?1733446473' width='200' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En avril 1936, il est expuls&#233; d'URSS sous la pression des intellectuels fran&#231;ais et belges qui le soutiennent. Il &#233;chappe ainsi, &#224; quelques mois pr&#232;s, aux terribles purges qui vont d&#233;capiter le parti (1936-37) puis l'arm&#233;e (1938). Il &#233;crit sans rel&#226;che pour d&#233;noncer le totalitarisme et le saccage des id&#233;aux r&#233;volutionnaires. Loin des envol&#233;es lyriques et mystiques de Soljenitsyne (qui lui &#233;tait profond&#233;ment r&#233;actionnaire), le style de Victor Serge est d'une sobri&#233;t&#233; et d'une fluidit&#233; remarquables, au service d'une pens&#233;e humaniste et fraternelle, pla&#231;ant au-dessus de tout la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas de mots assez durs pour d&#233;noncer la r&#233;pression (la cr&#233;ation de la Tch&#233;ka, police politique, le r&#233;tablissement de la peine de mort, l'instauration du communisme de guerre, l'Etat tout-puissant) mais ne sera pas entendu. Pendant plus de vingt ans, jusqu'&#224; sa mort &#224; Mexico (o&#249; Totski fut assassin&#233; en 1940), il jouera les Cassandre au p&#233;ril de sa vie (Le Gu&#233;p&#233;ou, qui a remplac&#233; la Tch&#233;ka, traque les opposants au r&#233;gime dans le monde entier). De la guerre d'Espagne (o&#249; les agents de Moscou assassinent les anarchistes et les communistes r&#233;formateurs) au pacte germano-sovi&#233;tique, il annonce les d&#233;sastres &#224; venir sans cesser de croire, avec lucidit&#233; mais passion, &#224; un avenir meilleur : un mois avant sa mort, dans un entretien avec Victor Alba, il disait &lt;i&gt;&#171; tous les peuples ont &#233;t&#233; broy&#233;s par d'infernales machines qui les dominaient : pour gu&#233;rir [...], il faut qu'ils se refassent une &#226;me fraternelle en vue d'un avenir commun. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses &lt;i&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, regroup&#233;s et recueillis par Jil Silberstein en 2001 pour la collection Bouquins, repr&#233;sentent l'un des plus beaux (et d&#233;chirants) livres d'histoire contemporaine, au c&#244;t&#233; de ceux d'Howard Zinn (&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Une-histoire-populaire-des-Etats' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Une histoire populaire des Etats-Unis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), de Prosper-Olivier Lissagaray (&lt;i&gt;Histoire de la Commune&lt;/i&gt;) d'Antony Beevor (&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-guerre-d-Espagne' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La guerre d'Espagne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) ou de Robert Fisk (&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/La-grande-guerre-pour-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La grande guerre pour la civilisation&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;). Il est de ces livres essentiels qu'il faut conna&#238;tre, et transmettre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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</rss>
