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		<title>George Orwell</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'un des plus grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle est mort &#224; 46 ans, au moment o&#249; 1984 lui assurait enfin la reconnaissance et la richesse. Bernard Crick raconte avec rigueur, pr&#233;cision et distance qui &#233;tait George Orwell.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-George-Orwell,83-+" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton613-80266.jpg?1732202723' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'un des plus grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle est mort &#224; 46 ans, au moment o&#249; 1984 lui assurait enfin la reconnaissance et la richesse. Bernard Crick raconte avec rigueur, pr&#233;cision et distance qui &#233;tait George Orwell.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui s'attendrait &#224; rire en lisant une biographie de George Orwell ? L'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, fable gla&#231;ante (et souvent mal interpr&#233;t&#233;e) du totalitarisme et de l'extinction des libert&#233;s individuelles est mort &#224; 46 ans de la tuberculose en conclusion d'une br&#232;ve vie marqu&#233;e par les difficult&#233;s mat&#233;rielles, la perte pr&#233;matur&#233;e de sa premi&#232;re femme. C'est oublier un peu vite que derri&#232;re le ton d&#233;sesp&#233;r&#233; de &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1945), il y a un humour et un sens de l'absurde tout britannique. Bernard Crick a r&#233;ussi le tour de force de restituer avec ses propres mots ce m&#233;lange de rigueur dans la description des faits, de concision dans la syntaxe et de ton d&#233;cal&#233; dans les anecdotes qui ressemblent tellement au style d'Orwell.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1614 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L250xH407/orwell-bio-a0bd6.jpg?1732159328' width='250' height='407' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ses p&#233;rip&#233;ties sur l'&#238;le de Jura (&#224; l'ouest de l'Ecosse) dans la ferme de Barnhill avec une cargaison d'animaux, sa manie de manger n'importe quoi (il avala ainsi par inadvertance des anguilles bouillies que sa femme Eileen avait pr&#233;par&#233;es pour le chat), de s'habiller n'importe comment (un pardessus teint en marron qui lui donnait une allure de fasciste) ou de faire le fou avec son petit gar&#231;on adoptif (avec lequel il d&#233;valait la rue en le portant sur les &#233;paules, du haut de son m&#232;tre quatre-vingt-dix, risquant de d&#233;capiter l'enfant aux branches basses des arbres) sont si bien racont&#233;es qu'elles sont irr&#233;sistibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la p&#233;riode public school (en fait une &#233;cole priv&#233;e, qui inspira &#224; Orwell l'essai vengeur Tels, tels &#233;taient nos plaisirs) aux hospitalisations r&#233;p&#233;t&#233;es d'apr&#232;s-guerre, on suit ainsi l'&#233;volution aussi bien politique que litt&#233;raire d'Eric Blair. On d&#233;couvre ainsi les diff&#233;rents pseudos qu'il proposa &#224; son &#233;diteur, Victor Gollancz : P.S. Burton, Kenneth Miles, H. Lewis Allways et finalement George Orwell, du nom d'une rivi&#232;re. Ce dernier allait &#234;tre retenu et passer plus tard &#224; la post&#233;rit&#233;, donnant m&#234;me naissance &#224; l'adjectif orwellien, utilis&#233; de nos jours &#224; toutes les sauces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui transpara&#238;t dans cette biographie extr&#234;mement compl&#232;te et d'une lecture tr&#232;s vivante, ce sont les obstacles qu'Orwell a d&#251; franchir toute sa vie et qui ont fini par la lui prendre pr&#233;matur&#233;ment. Ainsi, &#224; l'automne 1948, alors qu'il est gravement malade depuis plus d'un an, il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment une st&#233;nodactylo pour mettre au propre son manuscrit de 1984. Mais comme il se trouve &#224; Barnhill, sur l'&#238;le de Jura, personne ne vient et il doit lui-m&#234;me taper &#224; la machine ses corrections pendant de nombreux jours, alors m&#234;me qu'il peut &#224; peine tenir assis.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Orwell dut d&#233;cider alors, comme le sugg&#232;re Warburg, de jouer &#224; la roulette avec sa sant&#233;, et de taper la version d&#233;finitive lui-m&#234;me &#8212; de se d&#233;barrasser de ce foutu machin, le livre qui avait commenc&#233; &#224; le d&#233;vorer [...] et pour rendre les choses pires encore [...], il chauffait son bureau avec un r&#233;chaud &#224; paraffine dans un &#233;tat d&#233;plorable, qui puait et d&#233;gageait des fum&#233;es toxiques. Et puisqu'il travaillait dur, il se remit &#224; fumer en quantit&#233;. [...] Si une secr&#233;taire avait pu lui &#234;tre envoy&#233;e, ou s'il avait eu &#224; sa disposition un dictaphone, il aurait peut-&#234;tre v&#233;cu plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;decins qui le soignaient ont utilis&#233; sur lui la streptomycine, un nouvel antibiotique pour lutter contre la tuberculose. Mais les dosages &#233;taient mal connus, et les effets secondaires tr&#232;s lourds. Un an plus tard, ces effets secondaires allaient &#234;tre contr&#244;l&#233;s et le traitement deviendrait beaucoup plus efficace. Mais c'&#233;tait trop tard pour Orwell, mort en janvier 1950. Quand on vous dit qu'il n'a jamais eu de chance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son vivant, seuls ses deux derniers livres (La ferme des animaux, publi&#233; en 1945 et 1984, sorti en 1949) ont connu un succ&#232;s d'&#233;dition, consid&#233;rable m&#234;me puisqu'ils sont devenus des classiques de la litt&#233;rature mondiale et se vendent encore bien aujourd'hui. On ne peut pas en dire autant de Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres, Histoires birmanes, Le quai de Wigan ou l'immense Hommage &#224; la Catalogne, dont les tirages fam&#233;liques ne furent m&#234;me pas &#233;puis&#233;s. Quant &#224; ses essais et articles, il faudra attendre les ann&#233;es 1968 en Angleterre et 1995 en France pour les voir publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie familiale ne fut pas non plus facile : si son premier mariage, avec Eileen O'Saughnessy en 1936 fut relativement heureux, ils n'eurent pas d'enfant et en adopt&#232;rent un &#224; la fin de la guerre. Mais Eileen mourut d'un cancer et George se retrouva veuf &#224; 42 ans. Il entreprit alors de demander plusieurs femmes en mariage, se heurta &#224; autant de refus, et finit par &#233;pouser, trois mois avant sa mort, Sonia Brownell. Mais celle-ci &#233;carta des &lt;i&gt;Essais, articles et lettres&lt;/i&gt; les plus politiques de ses &#233;crits (que les &#233;ditions Agone ont publi&#233; en fran&#231;ais r&#233;cemment)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire &#224; ce sujet Orwell, Agone et la d&#233;cence commune et Essais, articles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand m&#233;rite de la biographie de Bernard Crick, outre son c&#244;t&#233; d&#233;primant (comme celle de Victor Serge, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dissident-dans-la-revolution' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dissident dans la r&#233;volution&lt;/a&gt;), c'est de donner envie de se plonger dans les &#233;crits d'Orwell. Et notamment ses &#233;crits d'avant-guerre : &lt;i&gt;Une histoire birmane&lt;/i&gt; (1934), &lt;i&gt;Et vive l'aspidistra ! &lt;/i&gt; (1936) et &lt;i&gt;Un peu d'air frais&lt;/i&gt; (1939). Ce que je ferai tr&#232;s bient&#244;t. A noter aussi la publication, chez Agone, de l'essai de James Conant, &lt;i&gt;Orwell ou le pouvoir de la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;. J'en parlerai tr&#232;s bient&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;lire &#224; ce sujet &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-Agone-et-la-decence-commune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Orwell, Agone et la d&#233;cence commune&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Essais-articles-lettres-volume-IV' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Essais, articles, lettres (volume IV)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Essais, articles, lettres (volume IV)</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Essais-articles-lettres-volume-IV</link>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Durant les cinq derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, George Orwell publie &lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, ainsi que de nombreux essais, textes et lettres. Puis, rong&#233; par la tuberculose, il s'&#233;teint en janvier 1950, &#224; quarante-six ans.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton604-52a24.jpg?1732460349' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Durant les cinq derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, George Orwell publie &lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, ainsi que de nombreux essais, textes et lettres. Puis, rong&#233; par la tuberculose, il s'&#233;teint en janvier 1950, &#224; quarante-six ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1606 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L276xH475/406412-7dd43.jpg?1732460349' width='276' height='475' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce recueil se situe entre la parution d'&lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt; (1945) et celle de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; (1949), entre le d&#233;c&#232;s de sa premi&#232;re femme d'Orwell, Eileen (en mars 1945) et son mariage avec Sonia Brownell (octobre 1949). Ce qui rend cet ouvrage si &#233;mouvant, c'est que d&#232;s le d&#233;but, on sait que le temps de l'&#233;crivain est compt&#233;. Lui ne le sait pas encore, du moins jusqu'au d&#233;but de l'ann&#233;e 1949 o&#249; il commence &#224; parler de sa fin possible, et m&#234;me lorsqu'il tombe gravement malade (tuberculose) en 1947, il pense pouvoir en gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;ch&#233;ance fatale colore du coup ses propos, du moins ceux des lettres qu'il &#233;crit &#224; ses amis ou &#224; son &#233;diteur (Warburg). Il leur explique ses souffrances, son traitement, son immense fatigue qui l'emp&#234;che de travailler &#224; son roman qui n'est rien d'autre que &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;. Il ne peut quitter son lit qu'une poign&#233;e d'heures chaque jour et se languit de revoir son fils adoptif, alors &#226;g&#233; de quatre ans, qu'il craint de contaminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; ce qu'il aurait pu produire s'il avait v&#233;cu dix ou vingt ans de plus, sachant que ses deux derniers romans (&lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;) sont aussi les plus connus parmi son &#339;uvre. La guerre froide, l'engagement militaire am&#233;ricain en Cor&#233;e, la mort de Staline, la r&#233;volution chinoise, la construction europ&#233;enne et la d&#233;colonisation de l'Afrique sont advenus apr&#232;s sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi de tr&#232;s nombreuses p&#233;pites, il y a un texte &#233;tonnant sur Tolsto&#239; (&lt;i&gt;Lear, Tolsto&#239; et le bouffon&lt;/i&gt;) o&#249; Orwell d&#233;monte avec f&#233;rocit&#233; un pamphlet de l'auteur de Guerre et paix contre Shakespeare.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Tolsto&#239; n'&#233;tait pas un saint, mais il s'est efforc&#233; avec acharnement d'en &#234;tre un, et les crit&#232;res qu'il appliquait &#224; la litt&#233;rature n'&#233;taient pas ceux de la vie terrestre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On retrouve cette charge contre le principe de saintet&#233; (totalement &#233;tranger &#224; Orwell, lui qui d&#233;fendait au contraire la notion de d&#233;cence commune) dans l'essai sur Gandhi &#233;crit en 1948. Ce texte, magnifique, commence fort :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jusqu'&#224; preuve de leur innocence, les saints doivent toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme coupables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Puis, plus loin,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Etre humain consiste essentiellement &#224; ne pas rechercher la perfection, &#224; &#234;tre parfois pr&#234;t &#224; commettre des p&#233;ch&#233;s par loyaut&#233;, &#224; ne pas pousser l'asc&#233;tisme jusqu'au point o&#249; il rendrait les relations amicales impossibles, et &#224; accepter finalement d'&#234;tre vaincu et bris&#233; par la vie, ce qui est le prix in&#233;vitable de l'amour port&#233; &#224; d'autres individus. Sans doute l'alcool, le tabac et le reste sont-ils des choses dont un saint doit se garder, mais la saintet&#233; est elle-m&#234;me quelque chose dont les humains doivent se garder. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plus on avance dans le recueil, plus les textes se font intimes. Apr&#232;s le d&#233;clenchement de la phase finale de sa maladie, en avril 1947, on trouve de moins en moins d'articles et de recensions de livres, et de plus en plus de lettres, lesquelles sont de plus en plus courtes. Hormis deux textes remarquables, l'un sur les m&#233;moires de Winston Churchill, l'autre sur Gandhi, o&#249; l'on retrouve le style d&#233;pouill&#233; et pr&#233;cis de l'auteur d'&lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt; et des chroniques &lt;i&gt;A ma guise&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re phrase du dernier texte du recueil, qui n'est pas le dernier &#233;crit chronologiquement, est bien dans le style d'Orwell, direct et sans aucune fioritures :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; A cinquante ans, chacun a le visage qu'il m&#233;rite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lui-m&#234;me meurt le 21 janvier 1950, &#224; quarante-six ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De la d&#233;cence ordinaire</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/De-la-decence-ordinaire</link>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est le concept-cl&#233; de l'&#339;uvre de George Orwell, la notion fondamentale qui traverse tous ses &#233;crits, des articles aux romans en passant par ses essais. La d&#233;cence ordinaire est d&#233;finie et expliqu&#233;e par Bruce B&#233;gout qui lui consacre un petit livre &#233;clairant.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH132/arton458-ea769.jpg?1732182866' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='132' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est le concept-cl&#233; de l'&#339;uvre de George Orwell, la notion fondamentale qui traverse tous ses &#233;crits, des articles aux romans en passant par ses essais. La d&#233;cence ordinaire est d&#233;finie et expliqu&#233;e par Bruce B&#233;gout qui lui consacre un petit livre &#233;clairant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;UNE CERTAINE FORME D'ESTIME DE SOI&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH494/deladecenceordinaire-f5480.jpg?1732460349' width='300' height='494' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Orwell est l'exemple m&#234;me de l'auteur mondialement connu, dont le nom est utilis&#233; &#224; toutes les sauces, et dont l'&#339;uvre est globalement ignor&#233;e. C'est pourquoi le travail des &#233;ditions Agone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;qui ont publi&#233; depuis 2006 les chroniques d'Orwell dans l'hebdomadaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est si important. Dans l'entretien qu'il m'a accord&#233; en novembre 2009, Jean-Jacques Rosat abordait &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-Agone-et-la-decence-commune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la notion de common decency&lt;/a&gt;, cette d&#233;cence commune qui constitue l'apport le plus original de la pens&#233;e orwellienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, Bruce B&#233;gout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire l'entretien qu'il a accord&#233; en d&#233;cembre 2009 au site Article XI&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a consacr&#233; &#224; cette notion, qu'il traduit par d&#233;cence ordinaire, un bref essai aux &#233;ditions Allia. Son travail est int&#233;ressant car il tente de d&#233;finir ce concept qu'Orwell &#233;voque souvent, soit directement dans ses essais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;notamment dans Le quai de Wigan et Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit de fa&#231;on plus elliptique dans ses romans. C'est l'un des premiers, dans les ann&#233;es 30, &#224; s'int&#233;resser de pr&#232;s au prol&#233;tariat urbain ordinaire, et m&#234;me aux d&#233;class&#233;s, aux sans-abris, dont il partage le quotidien pendant quelques mois. Et ce qu'il d&#233;couvre l'&#233;tonne : il y a chez ses gens-l&#224; des valeurs morales, une d&#233;cence commune, qui donne un sens &#224; l'existence et qui peut &#234;tre compris comme un p&#244;le de r&#233;sistance &#224; tous les extr&#233;mismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du simplisme d'une sup&#233;riorit&#233; morale des pauvres, mise en avant par la litt&#233;rature et le cin&#233;ma de l'&#233;poque, la d&#233;cence ordinaire &lt;i&gt;&#171; signale simplement la pr&#233;sence dans la vie ordinaire de qualit&#233;s morales sur lesquelles peut s'&#233;lever une soci&#233;t&#233; d&#233;cente et juste &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruce B&#233;gout, De la d&#233;cence ordinaire, p 22&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle s'oppose &#233;videmment &#224; l'ind&#233;cence extraordinaire dont font preuve chaque jour les classes sup&#233;rieures, dirigeants politiques et capitaines d'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ici, le pr&#233;sent n'est pas une figure de style : sept d&#233;cennies ont pass&#233; depuis les &#233;crits d'Orwell, et cette ind&#233;cence a pris des proportions stratosph&#233;riques, que ce soit dans les &#233;carts gigantesques de niveaux de vie ou, pis encore, dans l'incoh&#233;rence entre les discours (dignes h&#233;ritiers de la novlangue de 1984) et les actes. C'est dire si la notion de d&#233;cence ordinaire n'a rien perdu de son actualit&#233; et de sa pertinence. C'est pourquoi il est urgent de lire Orwell.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;qui ont publi&#233; depuis 2006 les chroniques d'Orwell dans l'hebdomadaire Tribune, &lt;i&gt;A ma guise&lt;/i&gt;, ses &lt;i&gt;Ecrits politiques&lt;/i&gt;, et un livre d'analyse de John Newsinger, &lt;i&gt;La politique selon Orwell&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;lire l'entretien qu'il a accord&#233; en d&#233;cembre 2009 &lt;a href=&#034;http://www.article11.info/spip/spip.php?article654#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au site Article XI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;notamment dans &lt;i&gt;Le quai de Wigan&lt;/i&gt; et &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dans-la-deche-a-Paris-et-a-Londres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bruce B&#233;gout, &lt;i&gt;De la d&#233;cence ordinaire&lt;/i&gt;, p 22&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orwell, Agone et la d&#233;cence commune</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-Agone-et-la-decence-commune</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-Agone-et-la-decence-commune</guid>
		<dc:date>2009-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Envrak.fr</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/agone-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;122&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me et derni&#232;re partie de la s&#233;rie Orwell, avec Jean-Jacques Rosat, directeur de collection chez Agone, qui nous parle de la fa&#231;on dont Orwell est publi&#233; en France, pourquoi il est si mal compris et comment fonctionnent les &#233;ditions Agone. Ceci est la version longue de l'entretien publi&#233; sur le site &lt;a href=&#034;http://www.envrak.fr/article-418-orwell-agone-et-la-decence-commune#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Envrak-fr-+" rel="tag"&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-George-Orwell,83-+" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Troisi&#232;me et derni&#232;re partie de la s&#233;rie Orwell, avec Jean-Jacques Rosat, directeur de collection chez Agone, qui nous parle de la fa&#231;on dont Orwell est publi&#233; en France, pourquoi il est si mal compris et comment fonctionnent les &#233;ditions Agone. Ceci est la version longue de l'entretien publi&#233; sur le site &lt;a href=&#034;http://www.envrak.fr/article-418-orwell-agone-et-la-decence-commune#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir chemin&#233; aux c&#244;t&#233;s &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-de-la-deche-a-l-hommage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;du chroniqueur des ann&#233;es 30&lt;/a&gt; et de &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-les-cochons-et-Big-Brother' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'auteur de 1984&lt;/a&gt;, qui mieux que lui pouvait nous parler d'Orwell ? Jean-Jacques Rosat est agr&#233;g&#233; de philosophie. Il a &#233;t&#233; professeur en lyc&#233;e (1979-1999). Depuis 1999, il est attach&#233; &#224; la chaire de philosophie du langage et de la connaissance au Coll&#232;ge de France o&#249; il exerce des fonctions de ma&#238;tre de conf&#233;rences. Depuis 2000, il est directeur de la collection Banc d'essais aux &#233;ditions Agone (Marseille) o&#249; il a publi&#233; La politique selon Orwell (John Newsinger, 2006), A ma guise (2008) et Ecrits politiques (2009). Il a r&#233;pondu aux questions d'Envrak au cours d'un entretien t&#233;l&#233;phonique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende shadow' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH304/Rosat-550-d4270.jpg?1732135050' width='500' height='304' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1283 '&gt;&lt;strong&gt;cr&#233;dit photo Coll&#232;ge de France
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les textes de George Orwell sont peu &#233;dit&#233;s en fran&#231;ais. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on peut dire que la quasi int&#233;gralit&#233; de son &#339;uvre est accessible en fran&#231;ais. &#199;a n'a pas &#233;t&#233; le cas pendant longtemps et &#231;a a &#233;t&#233; tr&#232;s lent, mais aujourd'hui on a pratiquement tout. Sur la r&#233;ception d'Orwell en France, il y a un contraste. D'un c&#244;t&#233;, Orwell est une esp&#232;ce d'ic&#244;ne, on lui rend hommage r&#233;guli&#232;rement. En m&#234;me temps, les grands &#233;diteurs se sont compl&#232;tement d&#233;sint&#233;ress&#233;s d'Orwell, ce sont les petits &#233;diteurs qui ont fait le travail. En Angleterre et aux Etats-Unis, Orwell est reconnu comme un penseur politique important. Il est &#233;tudi&#233; en classe en tant que ma&#238;tre de la prose anglaise du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la situation est compl&#232;tement diff&#233;rente. 1984 est tr&#232;s connu, mais est consid&#233;r&#233; comme un roman pour les &#233;l&#232;ves de classes terminales. On confond souvent avec le Meilleur des mondes de Huxley, en ne comprenant pas du tout la dimension politique de 1984. La Ferme des animaux est tr&#232;s connue &#233;galement, et une partie du public politis&#233; connait Hommage &#224; la Catalogne, mais tout le reste est assez largement ignor&#233;. Ses romans ont &#233;t&#233; publi&#233;s en France dans les ann&#233;es 70-80, les essais, articles et lettres ont &#233;t&#233; traduits en France &#224; la fin des ann&#233;es 90. La r&#233;ception a &#233;t&#233; tr&#232;s lente et faite par de petits &#233;diteurs comme Champ libre, Ivr&#233;a et Agone, en dehors de Gallimard qui exploite 1984 qui est le bouquin qui se vend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous &#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois types de raisons. D'abord des raisons politiques. Orwell est un homme de la gauche radicale, un socialiste r&#233;volutionnaire antistalinien, non communiste et non marxiste. &#199;a, en France, &#231;a n'a pas pratiquement de place sur l'&#233;chiquier politique. Jusque dans les ann&#233;es 70 en France, si on &#233;tait un homme de gauche radicale c'est qu'on &#233;tait marxiste. Apr&#232;s est apparu le th&#232;me de l'antitotalitarisme, mais ceux qui ont d&#233;velopp&#233; ce th&#232;me sont devenu des adversaires de tout socialisme ou de toute conception &#233;galitaire de la soci&#233;t&#233; : Bernard-Henry L&#233;vy, Alain Finkielkraut.... La vraie famille politique d'Orwell en France a tr&#232;s peu de repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me raison, Orwell n'est pas non plus un th&#233;oricien. Or en France, un penseur doit avoir une th&#233;orie. Il y a enfin un m&#233;pris litt&#233;raire. En France il y a un culte de la litt&#233;rature pure, alors qu'Orwell disait qu'il voulait &#171; faire de l'&#233;criture politique un art &#187;. C'est mal vu. Kundera l'accuse d'avoir trahi la litt&#233;rature, d'avoir fait de la propagande avec 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si je m'en r&#233;f&#232;re &#224; ma propre exp&#233;rience, j'ai &#233;tudi&#233; La ferme des animaux et 1984 au lyc&#233;e, &#231;a m'avait paru int&#233;ressant mais j'en &#233;tais rest&#233; &#224; la surface. Et j'ai d&#233;couvert le reste de son &#339;uvre cet &#233;t&#233;. A 18 ans, je n'avais pas la maturit&#233; suffisante pour comprendre &#231;a.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous comment j'ai d&#233;couvert Orwell ? J'ai commenc&#233; &#224; le lire &#224; 35 ans. C'est un &#233;l&#232;ve qui me l'a fait d&#233;couvrir, en cours de philo. J'avais l'id&#233;e que c'&#233;tait un truc dans le genre Le meilleur des mondes, &#231;a ne m'int&#233;ressait pas. J'ai d&#233;couvert que c'&#233;tait un tr&#232;s grand roman politique et philosophique sur la v&#233;rit&#233;, le langage, la m&#233;moire, le pouvoir. Tr&#232;s vite, j'ai fait lire 1984 &#224; mes &#233;l&#232;ves, j'ai fait des cours en m'en servant. En France, il y a tr&#232;s peu de livres sur Orwell. Il y a la biographie de Bernard Crick sur Orwell, le livre de Simon Leys, deux livres de Mich&#233;a, mais en tout &#231;a se compte sur les doigts d'une main. Et dans les journaux, il n'y a rien eu lorsque Agone a sorti la traduction des &#233;crits politiques in&#233;dits en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1286 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/agone-550-34e69.jpg?1732135050' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
En quoi les &#233;crits d'Orwell sont si modernes ? Que nous disent-ils sur notre &#233;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;occupation d'Orwell, c'est l'homme ordinaire, vous et moi, tout un chacun. Pour juger, nous nous appuyons sur nos exp&#233;riences, notre environnement quotidien. Orwell avait compris qu'il y a des forces dans le monde moderne qui d&#233;truisent l'homme ordinaire, qui le coupent de sa propre exp&#233;rience et qui font en sorte qu'on ne juge plus &#224; partir de ce qu'on voit et de ce qu'on entend, mais en &#233;tant pris par la d&#233;formation permanente de la langue. On en a des exemples tous les jours. C'est toujours notre probl&#232;me d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui int&#233;resse Orwell, ce ne sont pas les camps de concentration, la torture, c'est la fa&#231;on par laquelle on cherche &#224; remodeler les esprits. &#199;a existe aussi dans des syst&#232;mes qui ne sont pas totalitaires. Au moment de la guerre d'Espagne, il comprend que les m&#233;canismes totalitaires fonctionnent aussi chez les intellectuels anglais, et font perdre aux hommes ordinaires la capacit&#233; de juger par eux-m&#234;mes. On est dans une &#233;poque diff&#233;rente, mais les m&#233;canismes sont les m&#234;mes. Regardez la mani&#232;re dont Bush a voulu justifier la guerre contre l'Irak avec les armes de destruction massive qui n'existaient pas, c'est un proc&#233;d&#233; typiquement &#171; orwellien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orwell a &#233;t&#233; un de ceux qui le plus t&#244;t, ont vu et d&#233;crit ces m&#233;canismes-l&#224;. Et pour les d&#233;crire, il invente une langue simple, cette prose famili&#232;re qui nous donne l'impression d'avoir en face de nous quelqu'un qui nous tient une conversation. Il dit &#171; ne vous laissez pas d&#233;stabiliser et envelopper par cet &#233;cran de fum&#233;e. Si vous voulez comprendre le monde dans lequel vous &#234;tes, appuyez vous sur votre propre exp&#233;rience, r&#233;fl&#233;chissez par vous-m&#234;mes. &#187; Et &#231;a, &#231;a n'a pas pris une ride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;cemment, il y a eu cette histoire avec Sarkozy qui racontait avoir &#233;t&#233; &#224; Berlin le 9 novembre 1989 en d&#233;pit de toute vraisemblance...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des gens aient commenc&#233; &#224; trafiquer leurs blogs ou leurs interviews pour coller avec la version du Pr&#233;sident, c'est typiquement un proc&#233;d&#233; de falsification comme le d&#233;crit Orwell. C'est un signe du m&#233;pris absolu de la r&#233;alit&#233; et des faits. Je pense que sur le fond, c'est grave. M&#234;me s'agissant d'un &#171; &#233;v&#233;nement &#187; aussi ridiculement mince. Le fait qu'on essaie de le faire, et que &#231;a soit pr&#232;s de r&#233;ussir, c'est tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourriez-vous d&#233;finir la notion de common decency ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La moins mauvaise traduction, c'est la d&#233;cence commune. C'est le sentiment qu'il y a des choses qui se font et d'autres qui ne se font pas. C'est presque instinctif, spontan&#233;. On peut avoir cette r&#233;action quelle que soit notre morale ou notre religion : c'est un sentiment d'injustice insupportable, &#231;a ne devrait pas exister. Le meilleur exemple de d&#233;cence commune, c'est ce qui se fait aujourd'hui avec les enfants de sans-papiers quand les flics viennent les chercher &#224; la sortie de l'&#233;cole. Des gens qui ne sont pas des militants, qui n'ont jamais milit&#233;, trouvent &#231;a insupportable : ce n'est pas possible, on ne peut pas laisser faire &#231;a. Et ils agissent, parfois au-del&#224; des limites de la l&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orwell a toujours d&#233;fendu l'id&#233;e que sans le socle de la d&#233;cence commune, il n'y a pas de soci&#233;t&#233; socialiste ou m&#234;me tout simplement humaine possible. On a besoin d'un socle de valeurs de bases sur lequel s'appuyer pour vivre ensemble. Cette id&#233;e a une force politique. Ceux qui allaient se faire tuer sur des barricades, ce n'&#233;tait pas pour la collectivisation des moyens de production, mais pour une soci&#233;t&#233; plus d&#233;cente et plus fraternelle. Si on oublie ce socle, les r&#233;formes les mieux pens&#233;es n'aboutiront &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH206/agone-550-2-2d3cc.jpg?1732225512' width='500' height='206' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1282 '&gt;&lt;strong&gt;cr&#233;dit photo Agone
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous proc&#233;d&#233; pour &#233;diter les trois livres chez Agone ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Gensane, un prof de fac, nous a signal&#233; le livre de John Newsinger et l'a traduit. Puis, en travaillant sur Orwell, je me suis rendu compte que les chroniques A ma guise n'&#233;taient pas disponibles int&#233;gralement et qu'elles &#233;taient dispers&#233;es. Puis, en feuilletant les &#339;uvres compl&#232;tes d'Orwell, je me suis rendu compte qu'il manquait des textes politiques. En triant ce qui &#233;tait in&#233;dit en fran&#231;ais, il y avait de quoi mettre cet itin&#233;raire dans un seul livre. Il y a un quatri&#232;me livre qui para&#238;tra d&#233;but 2011, d'un philosophe am&#233;ricain, James Conant, sur 1984 et la question de la v&#233;rit&#233; et des faits, la d&#233;finition du totalitarisme : Orwell ou le pouvoir de la v&#233;rit&#233;. Ce sera d&#233;but 2011, car on ne fait pas beaucoup de livres par an, volontairement, pour bien les faire et bien les soutenir aupr&#232;s du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces livres-l&#224; se vendent-ils bien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;chelle d'Agone, ils ne se vendent pas trop mal, mais &#224; l'&#233;chelle de la r&#233;putation d'Orwell, c'est tr&#232;s en-de&#231;&#224;. C'est beaucoup moins que Chomsky ou Howard Zinn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#233;t&#233; contact&#233; par une presse plus militante, des radios...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s peu. Souvent, les militants de la gauche radicale ne reconnaissent pas Orwell comme l'un des leurs parce qu'ils l'assimilent &#224; tort &#224; ceux qui se r&#233;clament de l'antitotalitarisme pour combattre toute id&#233;e de r&#233;volution. Et, c'est un auteur qui d&#233;range. Il a dit &#171; la libert&#233;, c'est de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre &#187;. Il a aussi critiqu&#233; violemment les m&#233;dias, il a eu des mots extr&#234;mement durs sur eux, et notamment sur les &#233;coles de journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlez-nous de l'organisation des &#233;ditions Agone. Comment se r&#233;partissent les responsabilit&#233;s ? En quoi cette organisation est-elle originale dans le milieu de l'&#233;dition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agone est une association. On ne fait pas de profit, on ne re&#231;oit pas de pr&#234;t bancaire. On est donc totalement ind&#233;pendants. Le fonds appartient collectivement aux salari&#233;s, ainsi que les locaux. Dans le monde de l'&#233;dition, cette ind&#233;pendance est tr&#232;s rare. Les d&#233;cisions sont prises collectivement. Il y a des salari&#233;s et des collaborateurs ext&#233;rieurs comme moi. Ainsi le directeur de la collection M&#233;moires sociales est par ailleurs postier.. Sur place, il y a un mode de fonctionnement communautaire qui gomme les hi&#233;rarchies. &#199;a ne veut pas dire que tout le monde fait tout, chacun a ses comp&#233;tences. Chacun peut rester lui-m&#234;me et il y a un grand respect des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Avec Lyberagone, vous mettez en acc&#232;s libre des textes et des livres sur Internet.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre but, ce n'est pas d'accumuler de l'argent ou de devenir un empire &#233;ditorial. Notre but est de faire conna&#238;tre, de faire circuler, d'&#233;diter des textes qui nous paraissent importants. On ne pourrait pas mettre toute notre production en ligne, bien s&#251;r. Mais pour beaucoup d'ouvrages, il n'y a pas de concurrence entre l'&#233;dition papier et l'&#233;dition &#233;lectronique. On ne lit pas de la m&#234;me fa&#231;on sur un &#233;cran et dans un livre : vous d&#233;couvrez en ligne un extrait qui vous int&#233;resse, est-ce que vous allez tout lire en ligne, ou essayer d'acheter le livre ? Avec les nouvelles technologies, il y a une part d'incertitude, on ne sait pas quels seront les usages dans dix ou vingt ans. Si on r&#233;fl&#233;chit bien &#224; ce qu'on fait, il peut y avoir compl&#233;mentarit&#233; entre les deux supports. Et comme on ne cherche pas &#224; faire du profit, &#231;a nous met &#224; l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orwell pr&#244;nait une soci&#233;t&#233; plus juste et plus &#233;galitaire. Le fonctionnement autogestionnaire d'Agone s'approche-t-il de ces valeurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tient au caract&#232;re artisanal de notre production, on fait douze &#224; quinze livres par an, on passe beaucoup de temps dessus. On a le go&#251;t du travail bien fait. Mais Orwell &#233;tait un ind&#233;pendant, que &#231;a soit par rapport au milieu politique ou journalistique. Il n'a pas form&#233; d'&#233;quipe autour de lui. Il n'y aurait pas de sens &#224; dire que notre mode d'organisation se r&#233;f&#232;re &#224; Orwell. A Agone, il y a des valeurs h&#233;rit&#233;es notamment de l'anarchisme et du syndicalisme r&#233;volutionnaire. Il y a aussi une volont&#233; d'ind&#233;pendance financi&#232;re et id&#233;ologique. Et il y a une grande diversit&#233; de textes que nous publions : il y a bien une ligne &#233;ditoriale mais pas une ligne politique unique au sens de celle d'un parti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A lire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Newsinger, &lt;i&gt;la politique selon Orwell&lt;/i&gt;, &#233;ditions Agone (2006), 24 euros&lt;br class='manualbr' /&gt;George Orwell, &lt;i&gt;A ma guise, chroniques 1943-1947&lt;/i&gt;, &#233;ditions Agone (2008), 26 euros&lt;br class='manualbr' /&gt;George Orwell, &lt;i&gt;Ecrits politiques (1928-1949)&lt;/i&gt;, &#233;ditions Agone (2009), 25 euros&lt;br class='manualbr' /&gt;Ces trois ouvrages sont pr&#233;fac&#233;s par Jean-Jacques Rosat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A voir :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le site des &#233;ditions Agone&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://blog.agone.org/#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;leur blog&lt;/a&gt; et notamment &lt;a href=&#034;http://blog.agone.org/post/2009/10/26/Les-livres-sont-trop-chers-!#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article intitul&#233; Les livres sont trop chers !&lt;/a&gt; &#224; partir d'une r&#233;flexion de George Orwell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rubrique &lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/lybers.html#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lyberagone&lt;/a&gt; avec des textes, des revues et des extraits de livres t&#233;l&#233;chargeables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://bugbrother.blog.lemonde.fr/#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le blog Bug Brother&lt;/a&gt; sur le flicage g&#233;n&#233;ralis&#233;, et dont le credo est &lt;i&gt;&#171; qui surveillera les surveillants ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orwell, les cochons et Big Brother</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-les-cochons-et-Big-Brother</link>
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		<dc:date>2009-11-07T19:59:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Envrak.fr</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/Orwell-1984-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;192&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec La Ferme des animaux et 1984, George Orwell devient enfin c&#233;l&#232;bre. Puis il meurt. Deuxi&#232;me volet d'une s&#233;rie de trois consacr&#233;e &#224; George Orwell pour le site &lt;a href=&#034;http://www.envrak.fr/article-406-orwell-les-cochons-et-big-brother#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Roman-+" rel="tag"&gt;Roman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Envrak-fr-+" rel="tag"&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-George-Orwell,83-+" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec La Ferme des animaux et 1984, George Orwell devient enfin c&#233;l&#232;bre. Puis il meurt. Deuxi&#232;me volet d'une s&#233;rie de trois consacr&#233;e &#224; George Orwell pour le site &lt;a href=&#034;http://www.envrak.fr/article-406-orwell-les-cochons-et-big-brother#B#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envrak.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avions quitt&#233; George Orwell au milieu de la guerre d'Espagne, apr&#232;s la publication d'Hommage &#224; la Catalogne (&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-de-la-deche-a-l-hommage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Orwell, de la d&#232;che &#224; l'hommage&lt;/a&gt;). Les ann&#233;es 40 le voient chroniqueur &#224; la BBC puis pour l'hebdomadaire Tribune (o&#249; il dirige la rubrique culture) et surtout auteur de ses deux romans les plus c&#233;l&#232;bres, &lt;i&gt;La Ferme des animaux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses chroniques dans Tribune (80 au total, publi&#233;es entre d&#233;cembre 1943 et avril 1947) sont des mod&#232;les du genre. Dans un format court (environ mille mots, soit un peu moins que cet article), il parle des bombes volantes qui frappent Londres et du dessin humoristique, de la d&#233;natalit&#233; et du maquillage, de la flamb&#233;e des prix et de l'entretien des rosiers, de Spartacus et de Jack London, de l'antis&#233;mitisme et des m&#233;taphores... Surtout, il tire des petits faits du quotidien sinon une morale, du moins un sens, une perspective. Certains de ces textes sont de pures merveilles, en particulier quand il r&#233;pond &#224; ses lecteurs comme le ferait aujourd'hui un blogueur de talent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/couvertures-af9d1.jpg?1732225512' width='500' height='340' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1280 '&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;ditions originales d'Animal Farm et de 1984
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Orwell &#233;crit &lt;i&gt;la Ferme des animaux&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt;) entre novembre 1943 et f&#233;vrier 1944, dans un contexte personnel &#233;prouvant : sa sant&#233; est mauvaise, sa premi&#232;re &#233;pouse, Eileen, est elle aussi malade (elle meurt en 1945 &#224; 40 ans) et son appartement est d&#233;truit par une bombe. Animal Farm est publi&#233; le 17 ao&#251;t 1945. Initialement, le roman aurait d&#251; para&#238;tre en mai, mais la p&#233;nurie de papier a retard&#233; sa sortie. Son &#233;diteur londonien, Frederic Warburg, a pr&#233;f&#233;r&#233; prudemment attendre la fin du conflit mondial, la Grande-Bretagne &#233;tant l'alli&#233;e de l'URSS, cible &#233;vidente du roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt; raconte, sous forme de fable animali&#232;re, le renversement d'un fermier autoritaire et tyrannique par les animaux domestiques, qui &#233;tablissent ainsi une r&#233;publique. La r&#233;volution est orchestr&#233;e par les cochons, avant que l'un d'entre eux, Napol&#233;on, ne chasse son principal opposant, Snowball. De retournements d'alliances en trahisons, le mouvement r&#233;volutionnaire du d&#233;but vire &#224; la dictature, pendant que les cochons &#171; s'humanisent &#187; au point de traiter directement avec les ma&#238;tres d'hier. Une seule phrase r&#233;sume ce renversement : &lt;i&gt;&#171; tous les animaux sont &#233;gaux, mais certains sont plus &#233;gaux que d'autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parabole est transparente : ce que d&#233;crit &lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt;, c'est ni plus ni moins la r&#233;volution bolchevique de 1917 et sa d&#233;rive rapide vers la dictature stalinienne. Mais ce faisant, Orwell ne jette pas le b&#233;b&#233; utopiste avec l'eau du bain totalitaire. Au contraire, il montre par quels m&#233;canismes une r&#233;volution, qui vise au d&#233;part l'&#233;galit&#233; et la justice, est d&#233;tourn&#233;e de son cours au profit d'une nouvelle caste dirigeante. Pour la premi&#232;re fois de sa vie, Orwell conna&#238;t un succ&#232;s d'&#233;dition et peut envisager de se consacrer &#224; une carri&#232;re d'&#233;crivain. Mais c'est aussi le d&#233;but d'un contresens : inspir&#233; par la conf&#233;rence de Yalta de fin 1943 o&#249; Staline, Roosevelt et Churchill avaient commenc&#233; &#224; se partager des zones d'influence, &lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt; est re&#231;u en 1945 comme une charge antisovi&#233;tique et, par extension, antir&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;77&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH396/orwell-manus-40c11.jpg?1732225512' width='500' height='396' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1279 '&gt;&lt;strong&gt;George Orwell et, en arri&#232;re-plan, le manuscrit de la premi&#232;re page de 1984
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est trois ans plus tard, en d&#233;cembre 1948, qu'Orwell termine ce qui restera comme un roman symbole du XX&#232;me si&#232;cle, &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;. Dans la continuit&#233; d'Animal Farm, il d&#233;crit d&#233;sormais le quotidien d'un r&#233;gime totalitaire &#224; l'&#233;chelle du monde (divis&#233; en trois superpuissances) et la tentative de r&#233;sistance, d&#233;risoire et essentielle, de Winston Smith. Orwell cr&#233;e, avec le personnage de Big Brother (une entit&#233; dirigeante que personne ne voit jamais, mais dont le portrait est partout), un mythe qui est d&#233;sormais pass&#233; dans le langage courant et qui symbolise la surveillance polici&#232;re du citoyen. Il imagine aussi un langage, la novlangue (newspeak), instrument du r&#233;gime pour vider les mots de leur sens, voire leur faire dire le contraire, et emp&#234;cher ainsi tout autre mode de pens&#233;e. Ce que traduisent les slogans &lt;i&gt;La guerre c'est la paix, la libert&#233; c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; est ainsi autant un roman de politique-fiction qu'un texte essentiel sur le langage. Et aussi sur l'importance capitale de la m&#233;moire : une des missions essentielles du r&#233;gime, c'est de modifier constamment les archives pour les faire correspondre &#224; ses incessantes volte-faces. Ainsi, le pass&#233; n'existe plus en tant que tel et la m&#233;moire est d&#233;finitivement abolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifeste pour la libert&#233; et le respect de l'individu, &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; sera pourtant d&#233;tourn&#233;, d&#232;s sa parution le 8 juin 1949, en un pamphlet conservateur. Avec le d&#233;clenchement du conflit en Cor&#233;e, en juin 1950, c'est la guerre froide qui commence et chacun est somm&#233; de choisir son camp. Socialiste convaincu, George Orwell n'aura pas le temps de d&#233;fendre ses id&#233;es : la tuberculose l'emporte le 21 janvier 1950. Il a &#224; peine 46 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrir (ou relire) &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; soixante ans apr&#232;s sa publication permet de l'appr&#233;cier comme le grand roman qu'il est, par ses descriptions des techniques de lavage de cerveau particuli&#232;rement terrifiantes ou des m&#233;thodes de surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e : le t&#233;l&#233;cran, qui sert &#224; la fois de m&#233;dia pour le pouvoir et de cam&#233;ra de surveillance &#233;voque moins la t&#233;l&#233;vision qu'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi par ses aspects libertaires &#233;vidents : c'est parce qu'il tombe amoureux d'une femme, Julia, que Winston osera d&#233;fier le pouvoir et abandonner toute prudence. Or, cette femme est sexuellement lib&#233;r&#233;e, alors que le parti a pour projet &#171; d'abolir l'orgasme &#187;. Winston en concluera logiquement que dans ce cas, &lt;i&gt;&#171; l'acte sexuel r&#233;ussi est un acte de r&#233;bellion. &#187;&lt;/i&gt; En 1949, l'ann&#233;e o&#249; para&#238;t en France &lt;i&gt;le Deuxi&#232;me sexe&lt;/i&gt;, le manifeste f&#233;ministe de Simone de Beauvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrivain embl&#233;matique mais au final m&#233;connu, George Orwell vaut la peine qu'on se penche sur ses &#233;crits. C'est tout le m&#233;rite des &#233;ditions Agone d'avoir publi&#233; en fran&#231;ais ses textes politiques et ses chroniques hebdomadaires qui permettent de mieux le comprendre. C'est ce que nous verrons dans la derni&#232;re partie de cette s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;560&#034; height=&#034;441&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xkgrr&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xkgrr&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;441&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xkgrr_ba-brazil-1985-vo_creation&#034;&gt;[B.A] Brazil (1985) VO&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;En 1984, Terry Gilliam r&#233;alise Brazil, l'adaptation la plus r&#233;ussie du roman d'Orwell&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A lire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; sont &#233;dit&#233;s en poche par Folio. &lt;i&gt;A ma guise&lt;/i&gt; (2008) est &#233;dit&#233; par Agone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques liens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur &lt;a href=&#034;http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/video-6067-8_juin_1949_George_Orwell_publiait_1984.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TV5 Monde&lt;/a&gt;, une courte synth&#232;se en images de la vie d'Orwell&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site (en anglais) &lt;a href=&#034;http://www.netcharles.com/orwell&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;netcharles.com&lt;/a&gt; contient des centaines d'informations sur l'&#339;uvre d'Orwell ainsi que les textes de ses principaux livres (dont 1984 et Animal Farm).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au th&#233;&#226;tre de M&#233;nilmontant, &#224; Paris, se joue la pi&#232;ce 1984, Big Brother vous regarde (mise en sc&#232;ne d'Alan Lyddiard). Sur le site &lt;a href=&#034;http://www.infoceania.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;infoceania.org&lt;/a&gt;, retrouvez des vid&#233;os et des photos du spectacle ainsi que des actualit&#233;s dans le style du roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site de Radio Libertaire, &lt;a href=&#034;http://souriez.info/Ecoutez-les-Amis-d-Orwell&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mission Les amis d'Orwell&lt;/a&gt; informe sur la vid&#233;osurveillance, la biom&#233;trie, les nanotechnologies et les nouvelles techniques de contr&#244;le social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orwell, de la d&#232;che &#224; l'hommage</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Orwell-de-la-deche-a-l-hommage</link>
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		<dc:date>2009-09-18T19:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Saviez-vous que dans les ann&#233;es 30, l'auteur de 1984 a partag&#233; la vie des clochards et s'est engag&#233; dans la guerre d'Espagne ? Premi&#232;re partie d'un dossier Orwell publi&#233; en 2009 sur Envrak.fr&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-George-Orwell,83-+" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton605-71ea5.jpg?1732460349' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Saviez-vous que dans les ann&#233;es 30, l'auteur de 1984 a partag&#233; la vie des clochards et s'est engag&#233; dans la guerre d'Espagne ? Premi&#232;re partie d'un dossier Orwell publi&#233; en 2009 sur Envrak.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;George Orwell : pourquoi en parler aujourd'hui ? En quoi ses &#233;crits, dont le dernier a &#233;t&#233; publi&#233; il y a soixante ans, peuvent-ils nous aider &#224; comprendre la complexit&#233; du monde ? Tout d'abord parce que pour la plupart, Orwell est l'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, dont la formule Big Brother is watching you est devenue un slogan tout-terrain d&#232;s qu'il s'agit de d&#233;noncer la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e des citoyens, &#224; qui Internet et le t&#233;l&#233;phone mobile ont donn&#233; une nouvelle jeunesse. Ensuite, parce que ses premiers livres, qu'ils racontent la vie des clochards parisiens et londoniens, les combats des milices r&#233;publicaines en Espagne ou la condition des mineurs gallois, m&#233;ritent d'&#234;tre red&#233;couverts. Enfin, parce que les &#233;ditions marseillaises &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt; viennent de publier ses &lt;i&gt;Ecrits politiques&lt;/i&gt;, apr&#232;s un recueil de ses chroniques et une biographie passionnante. Et &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt; m&#233;rite qu'on s'int&#233;resse &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1607 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH273/bando-orwell-550-2a027.jpg?1732460349' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet article est donc le premier d'une s&#233;rie de trois. Le deuxi&#232;me &#233;voquera le Orwell rendu c&#233;l&#232;bre par &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt; (1945) et 1984 (1949), commentateur de l'actualit&#233; dans sa chronique de l'hebdomadaire Tribune. Le dernier vous pr&#233;sentera un des &#233;diteurs d'&lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt;, qui nous parlera de la n&#233;cessit&#233; de publier Orwell et de la mani&#232;re, tr&#232;s originale, dont la maison est g&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres : est-ce ainsi que les hommes vivent ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois que para&#238;t un livre dont l'auteur est George Orwell, c'est en 1933.
&lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; d&#233;crit, avec un r&#233;alisme cru, la plong&#233;e dans l'univers des plus mis&#233;reux au c&#339;ur des deux grandes capitales europ&#233;ennes, une exp&#233;rience que refera Holden soixante-quatorze ans plus tard. Le jeune Eric Blair (il a 25 ans quand son r&#233;cit commence) nous entra&#238;ne avec les clochards dans la mis&#232;re la plus noire, la faim la plus abjecte, la crasse sordide des asiles de nuits anglais ou le travail abrutissant dans les cuisines d'un grand h&#244;tel parisien. C'est ainsi que l'auteur se d&#233;barrasse petit &#224; petit de ses oripeaux d'enfant de l'empire, celui dont la vie toute trac&#233;e avait d&#233;marr&#233; dans les prestigieuses public school britanniques avant de se poursuivre dans la police coloniale en Birmanie.
&lt;i&gt;
Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; raconte ainsi deux histoires en une : celle des clochards dont la survie quotidienne est en soi une aventure tragi-comique, et la sienne, au c&#339;ur d'une m&#233;tamorphose qui fera de lui l'un des plus grands &#233;crivains du si&#232;cle, et l'un des principaux porte-voix d'un socialisme humaniste dans la lign&#233;e de Hugo et Jaur&#232;s. R&#233;cit initiatique, description journalistique d'une pr&#233;cision clinique, &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; est d'une modernit&#233; &#233;tonnante, m&#234;me &#224; soixante-quinze ans de distance.
Son style, d&#233;pouill&#233;, direct et extraordinairement vivant, vaut largement celui des grands reporters de son &#233;poque :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La faim r&#233;duit un &#234;tre &#224; un &#233;tat o&#249; il n'a plus de cerveau, plus de colonne vert&#233;brale. L'impression de sortir d'une grippe carabin&#233;e, de s'&#234;tre mu&#233; en m&#233;duse flasque, avec de l'eau ti&#232;de qui circule dans les veines au lieu de sang. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;S'il se permet de parler de la condition des plus d&#233;munis, c'est qu'il a pris la peine de partager leur existence, contrairement &#224; d'autres bien-pensants, y compris de gauche : &lt;i&gt;&#8220;Car enfin, que savent de la pauvret&#233; la plupart des gens cultiv&#233;s ?&#8221;&lt;/i&gt;
C'est pourtant bien &#224; eux que s'adresse Orwell, en esp&#233;rant leur ouvrir les yeux sur la r&#233;alit&#233; des vagabonds : &lt;i&gt;&#8220;Je dis simplement que ce sont des &#234;tres comme vous et moi, et que s'ils ne sont pas tout &#224; fait comme vous et moi, c'est le r&#233;sultat et non la cause de leur mode de vie.&#8221; &lt;/i&gt; Cette prise de conscience, Orwell va l'enrichir au cours des ann&#233;es suivantes, au contact des mineurs du nord de l'Angleterre (&lt;i&gt;Le quai de Wigan&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1608 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center shadow'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH273/place-orwell-550-ef66f.jpg?1732460349' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Hommage &#224; la Catalogne : une balle dans la gorge, la fin des illusions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais la barri&#232;re qui le s&#233;pare encore de ces classes populaires dont il ne fait pas partie va tomber au cours de l'hiver 1937, qu'il va passer en Espagne. La guerre civile y fait rage et s'est rapidement internationalis&#233;e, avec l'URSS et le Mexique qui soutiennent les R&#233;publicains, tandis que les putschistes emmen&#233;s par Franco b&#233;n&#233;ficient de l'aide militaire de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie. Comme beaucoup de Britanniques, Orwell s'engage dans les milices du POUM, un parti d'extr&#234;me-gauche qui pr&#244;ne la r&#233;volution. &lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt; est le r&#233;cit de ces six mois pendant lesquels il d&#233;couvre le front et Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne se passe pas grand chose au front, hormis le froid, le manque d'&#233;quipement et l'ennui, Orwell y vit ce qu'il per&#231;oit comme une soci&#233;t&#233; sans classe, &#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Tous, du g&#233;n&#233;ral au simple soldat, touchaient la m&#234;me solde, recevaient la m&#234;me nourriture, portaient les m&#234;mes v&#234;tements, et vivaient ensemble sur le pied d'une compl&#232;te &#233;galit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une permission &#224; Barcelone, de retour au combat, Orwell est bless&#233; par une balle qui lui traverse la gorge. Il s'en tirera sans trop de dommages, mais sa description de l'impact du projectile est un mod&#232;le du genre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; j'eus l'impression d'&#234;tre au centre d'une explosion. Il me sembla y avoir autour de moi un grand claquement et un &#233;clair aveuglant, et je ressentis une secousse terrible [...] comme celle qu'on re&#231;oit d'une borne &#233;lectrique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit du coup de feu et des secondes qui l'ont suivi dure trois pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses trois s&#233;jours &#224; Barcelone, &#224; son arriv&#233;e en d&#233;cembre, lors de sa permission d&#233;but mai et avant son d&#233;part en juin, lui ouvrent les yeux sur l'&#233;chec du processus r&#233;volutionnaire. La premi&#232;re fois, il est frapp&#233; par le fait que&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; dans cette ville, les classes riches avaient disparu. [...] On ne voyait que tr&#232;s peu de personnes vraiment dans la mis&#232;re et pas de mendiants. [...] Des &#234;tres humains cherchaient &#224; se comporter en &#234;tres humains et non pas en rouage de la machine capitaliste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quant il revient, trois mois plus tard, tout a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voyait partout des hommes gras &#224; l'air florissant, des femmes habill&#233;es avec recherche et des automobiles luisantes. [...] Les mendiants &#233;taient l&#233;gion &#224; pr&#233;sent. [...] Les gar&#231;ons de restaurant avaient r&#233;int&#233;gr&#233; leurs chemises empes&#233;es, et les chefs de rayon courbaient l'&#233;chine comme &#224; l'accoutum&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La mise au pas du mouvement r&#233;volutionnaire par le parti communiste, et au-del&#224;, l'URSS (qui voulait rassurer ses alli&#233;s britanniques et fran&#231;ais), &#233;tait en marche. Orwell sera le t&#233;moin, le 3 mai, des batailles de rue qui opposent anarchistes et militants du POUM d'un c&#244;t&#233;, communistes de l'autre. Lors de son dernier s&#233;jour, &#224; sa sortie de l'h&#244;pital, le POUM a &#233;t&#233; dissous et ses militants recherch&#233;s, emprisonn&#233;s ou abattus. La trahison de la r&#233;volution qu'il constate avec &#233;c&#339;urement lui inspirera, sept ans plus tard, La ferme des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dans-la-deche-a-Paris-et-a-Londres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Dans-la-deche-a-Paris-et-a-Londres</guid>
		<dc:date>2009-09-04T20:57:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Essai</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_1221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/IMG/jpg/orwell-150.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;164&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; en 1933, le premier grand livre de George Orwell raconte son exp&#233;rience, &#224; la fin des ann&#233;es 20, aux c&#244;t&#233;s de ceux qu'on n'appelait pas encore les SDF. Etape d&#233;cisive dans la vie de l'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, celle o&#249; il change d&#233;finitivement de regard sur les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-George-Orwell,83-+" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; en 1933, le premier grand livre de George Orwell raconte son exp&#233;rience, &#224; la fin des ann&#233;es 20, aux c&#244;t&#233;s de ceux qu'on n'appelait pas encore les SDF. Etape d&#233;cisive dans la vie de l'auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, celle o&#249; il change d&#233;finitivement de regard sur les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH492/dansladeche-300-428e9.jpg?1732159329' width='300' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a des titres myst&#233;rieux, d'autres qui ne veulent rien dire. Et puis il y a ceux qui r&#233;v&#232;lent tout d'un bloc, sans chercher &#224; se cacher. &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; est de ceux-l&#224;. Au plus pr&#232;s des plus mis&#233;reux au c&#339;ur des deux grandes capitales europ&#233;ennes, avec eux dans la mis&#232;re la plus noire, la faim la plus abjecte, la crasse sordide ou le travail abrutissant dans les cuisines d'un grand h&#244;tel, le jeune Eric Blair (il a 25 ans quand son r&#233;cit commence) se d&#233;barrasse petit &#224; petit de ses oripeaux d'enfant de l'empire, celui dont la vie toute trac&#233;e avait d&#233;marr&#233; dans les prestigieuses public school britanniques avant de se poursuivre dans la police coloniale en Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; raconte ainsi deux histoires en une : celles des clochards dont la survie quotidienne est en soi une aventure tragi-comique, et la sienne, au c&#339;ur d'une m&#233;tamorphose qui fera de lui l'un des plus grands &#233;crivains du si&#232;cle, et l'un des principaux porte-voix d'un socialisme humaniste dans la lign&#233;e de Hugo et Jaur&#232;s. C'est aussi &#224; ce moment-l&#224;, d&#233;cid&#233;ment crucial dans sa carri&#232;re d'&#233;crivain et dans sa vie d'homme, qu'il prend le nom de George Orwell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr&#244;le de livre que celui-l&#224;. R&#233;cit initiatique, description journalistique d'une pr&#233;cision clinique, &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt; est d'une modernit&#233; &#233;tonnante, m&#234;me &#224; soixante-quinze ans de distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute parce que son style, d&#233;pouill&#233;, direct et extraordinairement vivant, vaut largement celui des grands reporters de son &#233;poque. &lt;i&gt;&#171; La faim r&#233;duit un &#234;tre &#224; un &#233;tat o&#249; il n'a plus de cerveau, plus de colonne vert&#233;brale. L'impression de sortir d'une grippe carabin&#233;e, de s'&#234;tre mu&#233; en m&#233;duse flasque, avec de l'eau ti&#232;de qui circule dans les veines au lieu de sang. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi parce que son sujet, la dignit&#233; de l'homme quels que soient sa condition et son statut social, n'a malheureusement pas pris une ride malgr&#233; (ou &#224; cause de) l'incroyable enrichissement des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me sensibilit&#233; d'Orwell &#224; l'injustice et aux in&#233;galit&#233;s &#233;clate &#224; chaque page : &lt;i&gt;&#171; riches et pauvres ne se diff&#233;rencient essentiellement que par leur niveau de revenu, et rien d'autre : le millionnaire moyen n'est rien d'autre que le plongeur moyen arborant un complet neuf. Changeons-les de place et dites-moi, je vous prie, qui est le juge et qui est le voleur ? &#187;&lt;/i&gt; Et s'il se permet de parler de la condition des plus d&#233;munis, c'est qu'il a pris la peine de partager leur existence, contrairement &#224; d'autres bien-pensants : &lt;i&gt;&#171; Car enfin, que savent de la pauvret&#233; la pupart des gens cultiv&#233;s ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant bien &#224; eux que s'adresse Orwell, en esp&#233;rant leur ouvrir les yeux sur la r&#233;alit&#233; des vagabonds : &lt;i&gt;&#171; Je dis simplement que ce sont des &#234;tres comme vous et moi, et que s'ils ne sont pas tout &#224; fait comme vous et moi, c'est le r&#233;sultat et non la cause de leur mode de vie. &#187;&lt;/i&gt; Cette prise de conscience, Orwell va l'enrichir au cours des ann&#233;es suivantes, au contact des mineurs du nord de l'Angleterre (&lt;i&gt;Le quai de Wigan&lt;/i&gt;) et des milices populaires du POUM pendant la guerre d'Espagne (&lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt;). C'est pendant ces ann&#233;es d&#233;cisives, ces ann&#233;es trente o&#249; l'Europe tangue au bord du pr&#233;cipice, que va se forger le &#171; socialisme de l'homme ordinaire &#187;, camp&#233; sur les id&#233;aux de justice et d'&#233;galit&#233;, dont Orwell sera le plus ardent d&#233;fenseur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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