<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>imaginaires</title>
	<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/</link>
	<description>Pour me contacter, voir le site brunocolombari.fr</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/spip.php?id_rubrique=16&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Le chasseur de lapins</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-chasseur-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-chasseur-de</guid>
		<dc:date>2018-05-01T20:52:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#199;a commence comme &lt;i&gt;Dix petits n&#232;gres&lt;/i&gt; et &#231;a finit comme &lt;i&gt;Shining&lt;/i&gt; : au milieu, 570 pages d'une histoire machiav&#233;lique entre psychose antiterroriste et vengeance m&#233;ticuleusement orchestr&#233;e par un tueur en s&#233;rie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton773-282c8.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a commence comme &lt;i&gt;Dix petits n&#232;gres&lt;/i&gt; et &#231;a finit comme &lt;i&gt;Shining&lt;/i&gt; : au milieu, 570 pages d'une histoire machiav&#233;lique entre psychose antiterroriste et vengeance m&#233;ticuleusement orchestr&#233;e par un tueur en s&#233;rie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;Playground&lt;/i&gt;, publi&#233; en France en 2017, le couple de romanciers su&#233;dois Alexander et Alexandra Ahndoril (r&#233;unis sous le pseudonyme de Lars Kepler) revient &#224; sa s&#233;rie avec Joona Linna, policier finlandais qu'on avait quitt&#233; incarc&#233;r&#233; &#224; la fin de &lt;i&gt;D&#233;sax&#233;&lt;/i&gt;. Mais les services secrets su&#233;dois, confront&#233; &#224; l'assassinat du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res, vont avoir besoin de lui tr&#232;s vite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que si la piste terroriste est tout d'abord privil&#233;gi&#233;e, elle semble aboutir dans une impasse. Mais pour la S&#228;po (police de s&#233;curit&#233; su&#233;doise), l'antiterrorisme est avant tout une manne financi&#232;re : les cr&#233;dits sont quasi illimit&#233;s, et pour les justifier il est conseill&#233; de voir de la terreur partout, m&#234;me l&#224; o&#249; il y en a pas. Et quitte &#224; maquiller un crime en mort accidentelle ou &#224; couvrir une &#233;norme bavure...&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1866 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L400xH662/chasseur-lapins-couv-2e092.jpg?1732272683' height='662' width='400' alt='JPEG - 90.8 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;S'il n'a pas la dimension politique de la s&#233;rie &lt;i&gt;Mill&#233;nium&lt;/i&gt; (celle de Stieg Larsson, oubliez les deux derniers tomes sign&#233;s David Lagerkrantz), ce &lt;i&gt;Chasseur de lapins&lt;/i&gt; croise au sein d'une enqu&#234;te polici&#232;re sur un tueur en s&#233;rie les th&#232;mes contemporains des r&#233;fugi&#233;s, de l'intervention occidentale en Syrie et du secret-d&#233;fense qui ronge l'Etat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, il rend hommage &#224; deux classiques du suspens et de l'horreur : &lt;i&gt;Dix petits n&#232;gres&lt;/i&gt; d'Agatha Christie, et &lt;i&gt;Shining&lt;/i&gt; de Stephen King. Du premier il reprend la comptine enfantine qui scande chacun des crimes, au second il emprunte la hache et l'h&#244;tel d&#233;sert&#233;. On n'en dira pas plus, mais il y a pire comme r&#233;f&#233;rences, et celles-l&#224; s'int&#232;grent parfaitement &#224; l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs sont aussi joueurs : ils s'amusent &#224; semer des petits cailloux qui, &#224; la relecture, vont sembler &#233;vidents, mais qui passent inaper&#231;us la premi&#232;re fois tant l'intrigue est dense et ne laisse aucun r&#233;pit. Sans compter les quelques fausses pistes qui font perdre un temps pr&#233;cieux &#224; Joona Linna alors que le tueur se sert de ses premiers crimes pour attirer ses proies suivantes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les lapins dans tout &#231;a ? Eh bien, il faut lire pour savoir quel r&#244;le ils jouent, au-del&#224; de la comptine. D'une certaine mani&#232;re, ils sont aussi bien symboles, victimes expiatoires, compte &#224; rebours et masques. Tant que le chasseur ne commet pas d'erreur, ils n'ont aucune chance. mais personne n'est infaillible, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sleeping Beauties</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Sleeping-Beauties</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Sleeping-Beauties</guid>
		<dc:date>2018-04-08T20:00:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Et si les femmes s'endormaient, frapp&#233;es d'un sortil&#232;ge, et laissaient les hommes se d&#233;brouiller entre eux ? Version f&#233;ministe du Fl&#233;au, ce Sleeping Beauties est (trop ?) long et fait la part (trop ?) belle au fantastique, &#224; partir d'une d'id&#233;e stimulante.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton772-87c67.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si les femmes s'endormaient, frapp&#233;es d'un sortil&#232;ge, et laissaient les hommes se d&#233;brouiller entre eux ? Version f&#233;ministe du Fl&#233;au, ce Sleeping Beauties est (trop ?) long et fait la part (trop ?) belle au fantastique, &#224; partir d'une d'id&#233;e stimulante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est quand m&#234;me paradoxal que ce qui est &#224; coup s&#251;r le premier grand roman fantastico-f&#233;ministe du mandat Trump et du ph&#233;nom&#232;ne #MeToo &#8212; il a m&#234;me &#233;t&#233; &#233;crit avant &#8212; a &#233;t&#233; &#233;crit par deux hommes, dont l'un est le p&#232;re de l'autre. Bel exemple de n&#233;potisme patriarcal, non ? Blague &#224; part, que vaut cette &lt;i&gt;Belle au bois dormant&lt;/i&gt; des temps modernes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous imaginez bien que, pass&#233; &#224; la moulinette de la famille King, le conte de Charles Perrault est relativement pauvre en Prince Charmant et richement dot&#233; en psychopathes bas de plafond qui voient dans l'&#233;trange sort qui frappe les femmes (elles ont le visage recouvert d'un cocon d&#232;s qu'elles s'endorment, et ne se r&#233;veillent plus) l'occasion de l&#226;cher les chevaux une bonne fois pour toutes.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1865 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L400xH618/sleeping-beauties-08138.jpg?1732272683' height='618' width='400' alt='JPEG - 55.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La tentation d'un monde sans hommes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'intrigue se noue autour d'une prison pour femmes de Dooling, dans les Appalaches, dans une petite ville o&#249; il ne se passe pas grand chose jusqu'au jour o&#249; frappe l'&#233;pid&#233;mie de sommeil, alors m&#234;me qu'une femme au comportement tr&#232;s &#233;trange vient d'&#234;tre arr&#234;t&#233;e apr&#232;s avoir massacr&#233; deux trafiquants de drogue. Cette Evie Black, comme elle se fait appeler, semble tout savoir sur tout le monde, peut s'endormir et se r&#233;veiller sans probl&#232;me et fait des rats de la prison ses alli&#233;s &#8212; comme dans &lt;i&gt;Le joueur de fl&#251;te de Hamelin&lt;/i&gt;, des fr&#232;res Grimm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instar de &lt;i&gt;D&#244;me&lt;/i&gt;, o&#249; un village &#233;tait litt&#233;ralement mis sous cloche pour exacerber les pulsions criminelles et fascisantes de quelques-uns, &lt;i&gt;Sleeping Beauties&lt;/i&gt; va voir la communaut&#233; se diviser en deux, ceux qui veulent prot&#233;ger la prison de Dooling et ceux qui veulent la prendre d'assaut pour en extraire Evie Black, dont la r&#233;putation de sorci&#232;re a vite franchi les murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;change dans un bar o&#249; le ton monte entre les hommes, un professeur d'histoire interpelle l'assistance :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;tude de l'histoire nous am&#232;ne &#224; une constatation extr&#234;mement g&#234;nante sur la nature humaine, mes amis. Cette constatation, formul&#233;e grossi&#232;rement, est la suivante : les femmes sont saines d'esprit, les hommes sont fous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Car, en effet, et le roman ne s'attarde pas suffisamment l&#224;-dessus, si un monde dans lequel il ne reste que des hommes est condamn&#233; &#224; moyen terme (plus de naissances) et plus probablement &#224; court terme (d&#233;cha&#238;nement de violence, tueries de masse), un monde sans homme est une hypoth&#232;se d'&#233;cole plut&#244;t s&#233;duisante, du moins pour les femmes qui ont pay&#233; tr&#232;s cher le ticket d'entr&#233;e au royaume du patriarcat. Et, moyennant du sperme congel&#233;, il y a toujours moyen de faire des enfants, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une partie fantastique qui ne vaut pas la partie r&#233;aliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est donc excellente, la r&#233;alisation un peu moins. S'il est impossible de faire la part des choses entre l'apport de Stephen King et celui d'Owen &#8212; qui a &#233;crit pr&#233;c&#233;demment un recueil de nouvelles et un premier roman &#8212; le fait est que la plus-value ne saute pas aux yeux, sinon qu'elle alourdit le r&#233;cit (818 pages). La moiti&#233; aurait sans doute suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, comme dans &lt;i&gt;D&#244;me&lt;/i&gt; d'ailleurs (ou dans &lt;i&gt;Rose Madder&lt;/i&gt;, autre roman f&#233;ministe d'ailleurs auquel on pense parfois), la partie fantastique est loin de valoir celle plus r&#233;aliste. Evie Black a des pouvoirs surnaturels, certes, mais l'univers parall&#232;le o&#249; se retrouvent les femmes dans leur sommeil (un univers apais&#233;, &#233;panouissant et sans hommes) ne ressemble &#224; pas grand chose. Dommage, car il y a des moments tr&#232;s dr&#244;les dans le r&#233;cit, comme un passage o&#249; deux petites frappes d&#233;pouillent un junkie de son bazooka (&#231;a peut toujours servir) et menacent de lui couper le kiki si l'arme s'av&#232;re d&#233;fectueuse.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je crois qu'on devrait lui arracher quand m&#234;me, dit May. Voil&#224; ce que je pense. Il est tout petit, je parie.
&lt;br /&gt;&#8212; Il fonctionne, il fonctionne &#187;, affirma Fritz, parlant sans doute du bazooka et non pas de son sexe.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'univers carc&#233;ral, enfin, est tr&#232;s bien rendu, comme dans &lt;i&gt;La ligne verte&lt;/i&gt;. Un des adjoints de la centrale de Dooling a cette phrase qui a l'impact d'une fus&#233;e &#233;clairante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La prison est un entrep&#244;t pour les individus qui refusent d'ob&#233;ir aux r&#232;gles, mais qui ne savent pas tricher. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est on ne peut plus juste : les tricheurs ne sont pas en prison, mais &#224; la Maison Blanche, o&#249; ils r&#234;vent d'un grand retour de b&#226;ton &#224; l'attention des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sapiens, une br&#232;ve histoire de l'humanit&#233;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Sapiens-une-breve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Sapiens-une-breve</guid>
		<dc:date>2018-03-21T17:39:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Paru en 2015, l'essai d&#233;rangeant et gonfl&#233; d'un professeur d'histoire m&#233;di&#233;vale a connu un succ&#232;s mondial. Et ce, alors que Sapiens, c'est-&#224;-dire vous et moi, voit son histoire approcher de son terme, apr&#232;s avoir d&#233;vast&#233; la plan&#232;te.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton771-83bf3.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paru en 2015, l'essai d&#233;rangeant et gonfl&#233; d'un professeur d'histoire m&#233;di&#233;vale a connu un succ&#232;s mondial. Et ce, alors que Sapiens, c'est-&#224;-dire vous et moi, voit son histoire approcher de son terme, apr&#232;s avoir d&#233;vast&#233; la plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A 42 ans, Yuval Noah Harari est &#224; la fois le produit de son &#233;poque et l'un de ses plus perspicaces observateurs. Professeur d'histoire isra&#233;lien, bouddhiste et adepte de la m&#233;ditation, homosexuel vivant dans une coop&#233;rative agricole et v&#233;g&#233;talien, il &#233;chappe &#224; peu pr&#232;s &#224; tous les st&#233;r&#233;otypes de l'Occidental moyen. En 2011, alors qu'il enseigne &#224; Jerusalem l'histoire militaire m&#233;di&#233;vale, il publie un livre tir&#233; &#224; 5000 exemplaires, &lt;i&gt;Une br&#232;ve histoire de l'humanit&#233;&lt;/i&gt;. Trois ans plus tard, son ouvrage est traduit en anglais et publi&#233; &#224; Londres sous le titre de &lt;i&gt;Sapiens&lt;/i&gt;, et conna&#238;t un immense succ&#232;s, avec plus de six millions d'exemplaires dans trente langues.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1864 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH716/sapiens-couv-a31de.jpg?1732272683' height='716' width='500' alt='JPEG - 49.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui fait de ce livre, qui pr&#233;tend raconter en moins de 500 pages rien de moins que l'histoire de l'humanit&#233;, quelque chose de diff&#233;rent ? Probablement sa propension &#224; d&#233;monter les id&#233;es re&#231;ues. Par exemple, que Neandertal a disparu parce qu'il &#233;tait moins intelligent que Sapiens. Ou que la p&#233;riode des chasseurs-cueilleurs, avant la r&#233;volution agricole, voyait les humains vivre en harmonie avec la Nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faux, r&#233;pond Harari. Neandertal &#233;tait &#233;quip&#233; d'un cerveau plus volumineux que le n&#244;tre, et &#233;tait plus r&#233;sistant aux conditions climatiques extr&#234;mes. Quant aux chasseurs-cueilleurs, ils ont provoqu&#233; des extinctions massives d'esp&#232;ces animales, notamment des m&#233;gafaunes australienne (il y a 45 000 ans) et am&#233;ricaine (16 000 ans) qui n'avaient rien demand&#233; &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Inventer des histoires, l'arme absolue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la r&#233;ussite improbable de Sapiens (l'homme, pas le livre), selon Yuval Noah Harari, c'est moins la domestication du feu et des outils, arguments habituellement avanc&#233;s. Le d&#233;clencheur, c'est la fiction. Plus exactement, la capacit&#233; &#224; inventer des histoires et des mythes fondateurs qui f&#233;d&#232;rent non pas des bandes de quelques dizaines d'individus, mais des milliers, voire des millions, autour d'un projet commun : la construction des pyramides, la conqu&#234;te du continent am&#233;ricain et le voyage vers la Lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus iconoclaste est sans doute le 19e et avant-dernier chapitre, intitul&#233; &#171; Et ils v&#233;curent heureux &#187;. Le genre de question qui n'est jamais abord&#233; dans une perspective historique, tant est ancr&#233;e profond&#233;ment l'id&#233;e progressiste d'une &#233;volution du genre humain vers un avenir meilleur, d&#233;barrass&#233; des calamit&#233;s naturelles et des guerres fratricides.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s le mammouth, ressusciter Neantertal&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est un peu diff&#233;rente. Selon Yuval Noah Harari, la r&#233;volution agricole n'a pas vraiment am&#233;lior&#233; le sort des individus par rapport &#224; celui des chasseurs cueilleurs dont le mode de vie &#233;tait bien meilleur en terme de vari&#233;t&#233; d'alimentation, de sant&#233; et de libert&#233;. Ne parlons m&#234;me pas de la r&#233;volution industrielle qui s'est b&#226;tie sur l'esclavage et la surexploitation d'une main-d'&#339;uvre mis&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plupart des livres d'histoire sont intarissables sont intarissables sur les structures sociales qui se tissent et s'effilochent, sur l'essor et la chute des empires, sur la d&#233;couverte et la propagation des techniques. En revanche, ils n'ont rien &#224; dire quant &#224; l'influence de tout cela sur le bonheur et la souffrance des individus. C'est la plus grosse lacune de notre intelligence de l'histoire. Nous ferions bien de commencer &#224; la combler. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un point de vue tr&#232;s iconoclaste d&#233;velopp&#233; par Harari &#8212; qui accorde une grande place &#224; un th&#232;me largement oubli&#233;, celui des esp&#232;ces animales &#8212; est celui que la d&#233;gradation &#233;cologique de la plan&#232;te n'est pas la m&#234;me chose que la raret&#233; des ressources :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'avenir pourrait bien voir Sapiens prendre le contr&#244;le d'une corne d'abondance de mat&#233;riaux nouveaux et de nouvelles sources d'&#233;nergie tout en d&#233;truisant simultan&#233;ment ce qu'il reste de l'habitat naturel et en provoquant l'extinction de la plupart des autres esp&#232;ces. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une fois la Terre conquise et ses ressources naturelles m&#233;ticuleusement pill&#233;es, Sapiens n'a rien trouv&#233; de mieux que de s'amuser avec la mati&#232;re. Les esp&#232;ces disparaissent &#224; une cadence acc&#233;l&#233;r&#233;e ? Pas grave, on va ressusciter les mammouths apr&#232;s avoir cartographi&#233; leur g&#233;nome. Vous trouvez &#231;a stupide ? Vous n'avez encore rien vu. Un professeur de l'universit&#233; de Harvard a sugg&#233;r&#233; d'implanter de l'ADN de Neandertal dans des cellules de Sapiens pour mettre au monde un petit Neandertalien, dont l'esp&#232;ce a disparu il y a 30 000 ans. Amusant, non ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cauchemar du dessein intelligent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La vision plut&#244;t noire de Yuval Noah Harari se prolonge au-del&#224; de Sapiens par un autre ouvrage, &lt;i&gt;Homo Deus&lt;/i&gt;, o&#249; il imagine comment l'esp&#232;ce humaine va muter dans les prochains si&#232;cles en rempla&#231;ant le principe de la s&#233;lection naturelle cher &#224; Darwin par quelque chose d'effrayant, appel&#233; le dessein intelligent, que ce soit par le g&#233;nie biologique, le g&#233;nie cyborg ou le g&#233;nie de la vie inorganique. Le tout aboutissant &#224; une caste de surhommes ayant aboli par la technique le vieillissement et la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des cano&#235;s nous sommes pass&#233;s aux gal&#232;res puis aux vapeurs et aux navettes spatiales, mais personne ne sait o&#249; nous allons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/wLwymL1rHZQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le jour o&#249; Pel&#233;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-jour-ou-Pele</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Le-jour-ou-Pele</guid>
		<dc:date>2018-03-12T06:48:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Quand le r&#233;cit intime se t&#233;lescope avec l'&#233;pop&#233;e sportive et l'histoire nationale : c'est le th&#232;me du dernier livre d'Abdelkader Djema&#239;, qui raconte avec passion la venue de Pel&#233; &#224; Oran, en juin 1965, juste avant le coup d'Etat de Boumedi&#232;ne.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton770-8af4b.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand le r&#233;cit intime se t&#233;lescope avec l'&#233;pop&#233;e sportive et l'histoire nationale : c'est le th&#232;me du dernier livre d'Abdelkader Djema&#239;, qui raconte avec passion la venue de Pel&#233; &#224; Oran, en juin 1965, juste avant le coup d'Etat de Boumedi&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On imagine mal, avec nos yeux blas&#233;s d'humains ultraconnect&#233;s du 21e si&#232;cle, ce que pouvait repr&#233;senter pour un jeune Oranais de 17 ans la venue dans sa ville de Pel&#233; au milieu des ann&#233;es 60. Double champion du monde en titre, couvert de gloire avec son club de Santos, Pel&#233; est une star plan&#233;taire alors qu'il n'a que 25 ans. L'Alg&#233;rie, ind&#233;pendante depuis juillet 1962, est une jeune nation qui se cherche, sous la direction d'Ahmed Ben Bella, premier pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1860 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/ben-bella-boumediene-c5762.jpg?1732272683' height='250' width='500' alt='JPEG - 53.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Ce 17 juin 1965, le Br&#233;sil arrive &#224; Oran o&#249; il doit disputer un match amical contre la s&#233;lection alg&#233;rienne dans le cadre d'une tourn&#233;e au Maghreb et en Europe pour pr&#233;parer la Coupe du monde 1966. Affili&#233;e &#224; la FIFA depuis un an, l'Alg&#233;rie n'a &#233;videmment aucune exp&#233;rience du haut niveau international : il faudra attendre 1982 pour qu'elle dispute son premier tournoi mondial et 1986 pour que sa route croise &#224; nouveau le Br&#233;sil, cette fois en comp&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1862 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L299xH270/algerie-bresil-cb1e9.jpg?1732272683' height='270' width='299' alt='JPEG - 33 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'importe le r&#233;sultat : &#224; Oran, on se presse pour voir Pel&#233;. Pel&#233; &#224; la gare, Pel&#233; &#224; l'h&#244;tel Martinez, Pel&#233; enfin au stade municipal d'El-Hemri, officiellement 45 000 places, mais pris d'assaut par 60 000 spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1861 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH198/stade-oran-30d47.jpg?1732272683' height='198' width='500' alt='JPEG - 70.6 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Dans le roman d'Abdelkader Djema&#239;, le match proprement dit n'occupe que le dernier tiers. Le reste, c'est une balade dans les quartiers d'Oran r&#233;cemment lib&#233;r&#233;s du colonisateur fran&#231;ais et de huit ans d'une guerre f&#233;roce dont les traces sont visibles partout, sur les murs et dans les t&#234;tes. Mais aussi dans les boutiques qui vendent des meubles, des v&#234;tements et des babioles laiss&#233;s par les colons qui ont fuit en toute h&#226;te, trois ans plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1859 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L325xH495/cv_djemaile-jour-ou-pele-325x495-4a268.jpg?1732272683' height='495' width='325' alt='JPEG - 68.6 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit de Djema&#239; est incarn&#233; par le personnage de Noureddine, un double &#233;vident de l'auteur n&#233; comme lui en 1948 &#224; Oran. C'est une immersion olfactive, acoustique, gustative et visuelle d'une pr&#233;cision extr&#234;me. Nul besoin de casque de r&#233;alit&#233; virtuelle quand la puissance de la litt&#233;rature permet ceci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'espace d'un soir d'&#233;t&#233;, le stade, envelopp&#233; d'une rumeur vibrante, &#233;tait devenu le c&#339;ur fr&#233;missant de la ville. Uns sph&#232;re phosphorescente dans un ciel toujours &#233;gal &#224; lui-m&#234;me. Les maisons, les rues et les lampadaires des alentours palpitaient dans la chaleur qui, tel un boxeur ent&#234;t&#233;, n'avait pas baiss&#233; les bras. Noureddine sentait la sueur couler sur sa nuque. Malheureusement il ne pouvait pas, comme quand il &#233;tait gamin, fr&#244;ler les jours de canicule avec sa t&#234;te le linge mouill&#233; suspendu aux fils de la cour du haouch. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;figure class='spip_document_1863 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH578/pele-1964-258f2.jpg?1732272683' height='578' width='500' alt='JPEG - 55.4 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Dans ce stade d'Oran, il y a donc une foule consid&#233;rable dans les gradins et sur la piste d'athl&#233;tisme, Pel&#233; sur le terrain (pas de pelouse, c'est une surface probablement en terre battue, comme on peut le voir sur la vid&#233;o documentaire de l'&#233;v&#233;nement) avec le front entour&#233; d'un curieux bandeau blanc et Ahmed Ben Bella dans la tribune pr&#233;sidentielle. Et ce soir-l&#224;, rien ne va se passer comme pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/1gPzIvcOQyo&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la date est probablement anecdotique pour le Roi Pel&#233;, un des 92 matchs jou&#233;s en s&#233;lection, un des 77 buts marqu&#233;s, elle ne l'est pas pour Ahmed Ben Bella, qui sera renvers&#233; une trentaine d'heures plus tard par un coup d'Etat militaire foment&#233; par Houari Boumedi&#232;ne. Ni pour Abdelkader Djema&#239;, qui collaborera un an plus tard au journal La R&#233;publique d'Oran, deviendra enseignant et finalement un des grands &#233;crivains alg&#233;riens de langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise d'&#233;pilogue, ceci : trois ans et demi plus tard, le 9 f&#233;vrier 1969, Pel&#233; reviendra &#224; Oran disputer un match dans le m&#234;me stade, toujours contre l'Alg&#233;rie, mais avec le maillot blanc immacul&#233; de Santos. Les images d'archives montrent un stade comble baign&#233; par un beau soleil d'hiver. Abdelkader Djema&#239; &#233;tait-il l&#224;, dans la tribune de presse ?&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/HtUb37eLDIU&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;rard Meudal : &#171; Le traducteur interpr&#232;te une partition qu'il n'a pas &#233;crite &#187;</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Gerard-Meudal-Le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Gerard-Meudal-Le</guid>
		<dc:date>2018-03-01T06:59:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir traduit en fran&#231;ais les derniers romans de Salman Rushdie, il s'est charg&#233; du monumental &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; de Paul Auster. G&#233;rard Meudal nous parle de son parcours, de son travail et livre quelques secrets de fabrication.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton769-aa126.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir traduit en fran&#231;ais les derniers romans de Salman Rushdie, il s'est charg&#233; du monumental &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; de Paul Auster. G&#233;rard Meudal nous parle de son parcours, de son travail et livre quelques secrets de fabrication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;rard Meudal a r&#233;pondu &#224; mes questions par &#233;crit du 23 au 28 f&#233;vrier 2018. Merci aux &#233;ditions Actes Sud de m'avoir mis en contact.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Lire aussi &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/4-3-2-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;4 3 2 1&lt;/a&gt;, mon article sur le roman.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Auster a eu plusieurs traducteurs fran&#231;ais (Christine Le B&#339;uf, Pierre Furlan). Avez-vous lu ces traductions ? En quoi peut-on dire que chaque traducteur apporte quelque chose de diff&#233;rent au texte original ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crains de ne pas &#234;tre le mieux plac&#233; pour r&#233;pondre &#224; cette question. Christine Le Boeuf et Pierre Furlan ont traduit chacun de nombreux livres de Paul Auster et ils connaissent parfaitement son univers. Pour ma part je n'ai traduit que &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; et m&#234;me s'il s'agit de son roman le plus r&#233;cent et d'un livre qui occupe manifestement une place privil&#233;gi&#233;e dans son oeuvre je ne me sens pas en mesure d'&#233;valuer l'apport de chacun de ces traducteurs. C'est gr&#226;ce &#224; leurs traductions qu'avec tant d'autres lecteurs j'ai d&#233;couvert Paul Auster et je leur en suis infiniment reconnaissant.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1857 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH263/gerard-meudal-7c40a.jpg?1732272683' height='263' width='500' alt='JPEG - 44.7 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1857' style='max-width: 350px;'&gt;G&#233;rard Meudal
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que la traduction a beaucoup &#224; voir avec la musique.Le traducteur interpr&#232;te une partition qu'il n'a pas &#233;crite et il le fait avec sa sensibilit&#233; tout en s'effor&#231;ant d'&#234;tre aussi fid&#232;le que possible &#224; l'original. Un m&#234;me texte traduit par plusieurs traducteurs diff&#233;rents donnera forc&#233;ment des r&#233;sultats diff&#233;rents. C'est peut-&#234;tre m&#234;me &#224; cela que l'on reconnait la qualit&#233; litt&#233;raire d'un livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez aussi traduit Salman Rushdie, qui est un ami proche de Paul Auster. Est-ce lui qui vous a mis en relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchement je l'ignore. Il est vrai que j'ai traduit en fran&#231;ais les cinq derniers livres de Salman Rushdie et que celui-ci a r&#233;cemment chang&#233; d'&#233;diteur fran&#231;ais passant de Plon &#224; Actes Sud. Mais je ne sais rien des discussions qui ont pu avoir lieu entre Paul Auster et Salman Rushdie et c'est tout simplement l'&#233;diteur Actes Sud qui m'a mis en rapport avec Paul Auster.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1855 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH394/auster-rushdie-7231c.jpg?1732272683' height='394' width='500' alt='JPEG - 73.2 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1855' style='max-width: 350px;'&gt;Paul Auster et Salman Rushdie sont d&#233;sormais &#233;dit&#233;s en France par Actes Sud.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le plus long roman de Paul Auster. Combien de temps faut-il pour traduire plus de mille pages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ai consacr&#233; une dizaine de mois. En r&#233;alit&#233; la longueur d'un livre n'est pas la principale difficult&#233; pour le traducteur. C'est peut-&#234;tre m&#234;me un avantage dans la mesure o&#249; on a le temps de s'immerger totalement dans l'imaginaire de l'auteur et de s'y sentir &#224; l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant de traduire un roman, le lisez-vous une fois int&#233;gralement en anglais ? Si oui, quelle est la fonction de cette premi&#232;re lecture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne lis pas int&#233;gralement le roman au pr&#233;alable. Je pr&#233;f&#232;re pr&#233;server l'innocence du lecteur qui d&#233;couvre le texte avec surprise et int&#233;r&#234;t au fur et &#224; mesure de la traduction. Pour des raisons pratiques il est &#233;videmment indispensable de se projeter un peu en avant dans le texte. En fait je proc&#232;de par chapitre. Je lis &#224; plusieurs reprises chaque nouveau chapitre avant de le traduire afin d'en saisir le mouvement, la tonalit&#233; et de rep&#233;rer les passages qui n&#233;cessiteront &#233;ventuellement des recherches documentaires.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1851 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH263/4321-it-sp-cd-59681.jpg?1732272683' height='263' width='500' alt='JPEG - 98.7 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1851' style='max-width: 350px;'&gt;Editions italienne, espagnole et canadienne.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Rendre fid&#232;lement en fran&#231;ais cette impression qu'il s'agit d'un seul et m&#234;me personnage &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas pr&#233;cis du &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; de Paul Auster cette fa&#231;on de proc&#233;der m'a paru bien adapt&#233;e puisque chaque chapitre met en sc&#232;ne un personnage diff&#233;rent et cependant semblable : le roman est constitu&#233; de quatre romans de formation parall&#232;les qui racontent l'enfance et la jeunesse d'un personnage Archie Ferguson. Il porte le m&#234;me nom, a les m&#234;mes parents mais &#224; un moment donn&#233; une diff&#233;rence de statut social fait bifurquer son destin sur d'autres voies. On a donc quatre r&#233;cits qui &#233;voluent parall&#232;lement, s'entrecroisent, se contredisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale difficult&#233; de cette traduction a &#233;t&#233; de rendre fid&#232;lement en fran&#231;ais cette impression que le texte original cr&#233;e &#224; la perfection &#224; savoir qu'il s'agit d'un seul et m&#234;me personnage tout en respectant toute la gamme de nuances de sensations, de voix, de sentiments qui en font des personnages romanesques diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finiriez-vous le style de Paul Auster ? Il a &#233;volu&#233; entre celui de ses premiers romans et ses trois derniers ouvrages, dans lesquels il construit des phrases tr&#232;s longues&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du style est particuli&#232;rement pertinente &#224; propos de &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; parce qu'elle fait l'objet d'une v&#233;ritable r&#233;flexion au coeur m&#234;me du roman. Les quatre Ferguson vivent un destin diff&#233;rent mais ils se ressemblent &#233;videmment beaucoup. Ils finissent par d&#233;teindre l'un sur l'autre et le lecteur &#224; un moment ou un autre finit par les confondre. Ce n'est pas le r&#233;sultat d'une d&#233;faillance du dispositif romanesque mais au contraire un effet savamment recherch&#233; car dans son penchant naturel pour l'identification avec un personnage, le lecteur est naturellement amen&#233; &#224; penser que l'un des Ferguson est le vrai et que les autres ne sont que ses avatars, ce qui est faux bien s&#251;r puisqu'ils sont tous les quatre des personnages romanesques, quoique...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Chaque &#233;criture possible est une forme que l'auteur a lui-m&#234;me envisag&#233;e &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; cette m&#233;ditation sur les pouvoirs de la fiction, Paul Auster m&#234;le une v&#233;ritable interrogation sur la question de l'&#233;criture et du style. Les quatre Ferguson ont tous un point commun : leur aspiration &#224; devenir &#233;crivain. On assiste donc &#224; leurs premi&#232;res ann&#233;es mais aussi &#224; leurs d&#233;buts dans l'&#233;criture. Chacun explore une voie tr&#232;s diff&#233;rente et le lecteur est invit&#233; &#224; d&#233;couvrir des &#233;chantillons parfois substantiels de leurs premi&#232;res tentatives litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1852 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH261/4321-eu-fr-al-ba3f8.jpg?1732272683' height='261' width='500' alt='JPEG - 84.8 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1852' style='max-width: 350px;'&gt;Editions &#233;tasunienne, fran&#231;aise et allemande.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt; L'exercice de style devient alors passionnant parce que chaque &#233;criture possible est une forme que l'auteur a lui-m&#234;me envisag&#233;e, adopt&#233;e, rejet&#233;e, pratiqu&#233;e, en tous les cas une forme qu'il ma&#238;trise parfaitement, qui aurait pu constituer une autre de ses &#233;critures ou qui du moins en constitue une des nuances possibles. On croise ainsi entre autres un auteur passionn&#233; par les recherches formelles, un autre tent&#233; par le fantastique, voire l'absurde, un autre plus intimiste, un journaliste et m&#234;me un traducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans renier aucune de ces voix, l'auteur privil&#233;gie tout de m&#234;me celle qu'il donne &#224; l'ensemble de son roman, une voix proche du mouvement int&#233;rieur de la pens&#233;e, qui vise l'&#233;vidence et la fluidit&#233; parfaite, ce qui, soit dit en passant, est un d&#233;fi pour le traducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pour relever ce d&#233;fi, avez-vous &#233;t&#233; amen&#233; &#224; &#233;changer avec l'auteur ? si oui, sur quels points ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait j'ai eu peu d'&#233;changes avec l'auteur. Nous nous sommes longuement rencontr&#233;s une premi&#232;re fois au moment o&#249; j'entamais la traduction et c'&#233;tait passionnant de discuter avec un auteur am&#233;ricain qui non seulement a une bonne connaissance du fran&#231;ais mais en plus une r&#233;elle exp&#233;rience de la traduction puisqu'il a traduit plusieurs auteurs fran&#231;ais et non des moindres et que certaines de ses traductions font partie de &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt;, comme le po&#232;me d'Apollinaire, &lt;i&gt;La Jolie Rousse&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1858 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH244/apollinaire-4e9dc.jpg?1732272683' height='244' width='500' alt='JPEG - 43.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Cela n'aurait aucun sens pour le traducteur fran&#231;ais de retraduire Eluard ou Apollinaire en fran&#231;ais &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours du travail proprement dit nous n'avons pas eu d'&#233;changes. En revanche la traduction achev&#233;e a &#233;t&#233; relue par l'auteur et il a bien entendu &#233;t&#233; tenu compte de ses remarques et de ses observations dans le r&#233;sultat final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez donc laiss&#233; des passages du texte en anglais, notamment des traductions de po&#233;sie fran&#231;aise. Est-ce votre choix ou celui de l'auteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Paul Auster attribue &#224; l'un de ses personnages des traductions de po&#232;tes fran&#231;ais, (traductions qu'il a effectu&#233;es lui-m&#234;me) il les cite &#233;videmment en anglais. Cela n'aurait aucun sens pour le traducteur fran&#231;ais de retraduire Eluard ou Apollinaire en fran&#231;ais &#224; partir de la version anglaise. Il n'est pas non plus possible de citer le texte en fran&#231;ais, ce ne seraient plus des traductions. La seule solution, adopt&#233;e d'un commun accord est de citer les po&#232;mes en anglais dans le corps du roman et d'en donner la version originale fran&#231;aise en annexe, ce qui permet de surcro&#238;t au lecteur bilingue d'appr&#233;cier les traductions r&#233;alis&#233;es par Paul Auster lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il y a une complicit&#233; particuli&#232;re qui s'instaure lorsque l'on traduit un auteur de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travail du traducteur est-il diff&#233;rent quand l'auteur comprend lui-m&#234;me le fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de traduire un auteur qui comprend le fran&#231;ais, le travail du traducteur est le m&#234;me et ob&#233;it aux m&#234;mes exigences. Il est naturel qu'un auteur &#233;tranger qui parle fran&#231;ais s'int&#233;resse de pr&#232;s aux traductions fran&#231;aises de ses livres. Il faut bien reconna&#238;tre toutefois que la principale difficult&#233; de la traduction r&#233;side dans la langue d'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1856 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH296/auster-2018-2-05640.jpg?1732272683' height='296' width='500' alt='JPEG - 50.5 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1856' style='max-width: 350px;'&gt;Paul Auster
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes de la g&#233;n&#233;ration de l'auteur (deux ans de moins), quels &#233;chos de votre propre jeunesse trouvez-vous chez Ferguson ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une complicit&#233; particuli&#232;re qui s'instaure lorsque l'on traduit un auteur de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration. Le roman de Paul Auster &#233;voque l'histoire de l'Am&#233;rique dans les ann&#233;es 1950-1960 et je ne la connais &#233;videmment pas aussi bien que l'auteur mais ce r&#233;cit &#233;veille bien des &#233;chos. Certains &#233;v&#233;nements qui se sont produit aux Etats-Unis, comme l'assassinat du pr&#233;sident Kennedy ou les mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam ont &#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque vivement ressentis en France. Mais ce n'est pas la chronologie historique qui importe le plus. &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; &#233;voque les ann&#233;es de formation d'un gamin &#233;pris de cin&#233;ma et de litt&#233;rature et tout lecteur un peu cin&#233;phile ne peut que s'y reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1854 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH273/rushdie-meudal-633ac.jpg?1732272683' height='273' width='500' alt='JPEG - 84.5 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1854' style='max-width: 350px;'&gt;G&#233;rard Meudal est aussi le traducteur de Salman Rushdie.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; journaliste &#224; Lib&#233;ration et au Monde des Livres. Comment devient-on traducteur de fiction et quel effet &#231;a fait de lire des critiques des livres que l'on a traduit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; en effet journaliste litt&#233;raire pendant de nombreuses ann&#233;es et je suis devenu traducteur par hasard et par passion. Un ami m'a fait lire un jour un recueil de nouvelles d'un auteur irlandais Joseph O'Connor, &lt;i&gt;True believers&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Les bons chr&#233;tiens&lt;/i&gt;). Le livre m'a tellement plu que j'ai d&#233;cid&#233; de le traduire. Connaissant bien le monde de l'&#233;dition il m'a &#233;t&#233; facile de convaincre un &#233;diteur d'en acheter les droits (en l'occurrence les &#233;ditions Ph&#233;bus) et je me suis lanc&#233; dans l'aventure en collaboration avec Pierrick Masquart, l'ami qui m'avait fait lire O'Connor car je ne me sentais pas le droit de m'approprier la traduction d'un livre que je n'avais pas d&#233;couvert moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1853 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt; &lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH259/autres-meudal-c5664.jpg?1732272683' height='259' width='500' alt='JPEG - 49.1 kio' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1853' style='max-width: 350px;'&gt;Norman Mailer, Rick Bass et Joseph O'Connor ont &#233;galement &#233;t&#233; traduits par G&#233;rard Meudal.
&lt;/dd&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La notori&#233;t&#233; d'un traducteur va de pair avec celle de l'auteur qu'il traduit &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ainsi traduit ensemble cinq livres de Joseph O'Connor avec la satisfaction de faire conna&#238;tre un auteur qui a rencontr&#233; un certain &#233;cho en France. Et puis j'ai vraiment pris go&#251;t &#224; l'exercice, des propositions me sont arriv&#233;es de divers &#233;diteurs et j'ai continu&#233;, seul cette fois, &#224; traduire. M&#234;me si le fait peut para&#238;tre injuste et injustifi&#233;, la notori&#233;t&#233; d'un traducteur va de pair avec celle de l'auteur qu'il traduit. Ce n'est pourtant pas plus facile ni moins m&#233;ritoire de traduire un inconnu mais c'est ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai traduit le dernier roman de Norman Mailer ou les livres de Salman Rushdie, j'ai pu constater l'engouement que ces livres suscitaient de la part de la critique. Cela fait plaisir bien s&#251;r mais ce n'est pas la qualit&#233; de la traduction, rarement &#233;voqu&#233;e, qui est en cause mais bien les m&#233;rites de l'auteur. Le traducteur, encore une fois, n'est qu'un interpr&#232;te au service de l'auteur, il ne peut que se r&#233;jouir d'avoir contribu&#233; &#224; faire entendre la musique de l'auteur aupr&#232;s d'un large public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Voir la vid&#233;o tourn&#233;e aux &lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x1ddeu2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;ratures europ&#233;ennes de Cognac en novembre 2013&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>The Expanse, tome 4 : les feux de Cibola</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/The-Expanse-tome-4</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/The-Expanse-tome-4</guid>
		<dc:date>2018-02-14T09:20:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La saga nous emm&#232;ne toujours plus loin, dans un autre syst&#232;me solaire, sur une plan&#232;te a priori habitable et colonis&#233;e par les humains qui en exploitent le lithium. Mais cette nouvelle ru&#233;e vers l'or va tr&#232;s vite tourner au cauchemar.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton767-d4e29.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La saga nous emm&#232;ne toujours plus loin, dans un autre syst&#232;me solaire, sur une plan&#232;te a priori habitable et colonis&#233;e par les humains qui en exploitent le lithium. Mais cette nouvelle ru&#233;e vers l'or va tr&#232;s vite tourner au cauchemar.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne va pas faire la comparaison &#224; chaque fois, et pourtant elle s'impose : &#224; l'indigence du sc&#233;nario pour parc d'attraction de Star Wars (la s&#233;rie principale, pas les spin-off) r&#233;pond la richesse et la maturit&#233; de l'histoire d&#233;velopp&#233;e par Daniel Abraham et Ty Franck dans &lt;i&gt;The Expanse&lt;/i&gt;. Actes Sud, qui publie la saga en France, en est au tome 4 (&lt;i&gt;Les feux de Cibola&lt;/i&gt;) alors que les auteurs en ont d&#233;j&#224; &#233;crit sept&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le tome 5, Les jeux de N&#233;m&#233;sis, sortira en France en juin 2018&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce quatri&#232;me &#233;pisode, les auteurs nous d&#233;posent avec James Holden sur une plan&#232;te situ&#233;e dans un syst&#232;me solaire lointain, au-del&#224; de la porte d'Abaddon, dans l'orbite d'Uranus. Une porte construite par une entit&#233; extraterrestre au-del&#224; de laquelle les r&#232;gles de l'espace-temps ne s'appliquent plus, et donc o&#249; tout est possible...&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1848 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L400xH662/feux-de-cibola-couv-583aa.jpg?1732272683' height='662' width='400' alt='JPEG - 105.6 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Ilus, &#233;galement appel&#233;e New Terra, est une plan&#232;te habitable dot&#233;e d'une atmosph&#232;re respirable, d'un continent unique et d'un oc&#233;an. Ainsi que d'&#233;tranges vestiges extraterrestres qui font dire &#224; un personnage que &lt;i&gt;&#171; toute la plan&#232;te est une sc&#232;ne de crime &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Alien&lt;/i&gt;, si tu m'entends...). Surtout, son sous-sol regorge de lithium, le m&#233;tal pr&#233;f&#233;r&#233; des fabricants de batteries. Autant dire de l'or pour une civilisation du 23e si&#232;cle. Et qui dit or, dit ru&#233;e vers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques centaines de colons ont pris de court l'administration spatiale et se sont install&#233;s sur Ilus pour en exploiter les gisements de lithium, le revendre et acheter avec tout ce dont ils ont besoin pour am&#233;liorer l'ordinaire. Ce n'est &#233;videmment pas du go&#251;t de la RCE, la Royal Charter Energy, une compagnie qui veut faire main basse sur la ressource en vertu d'un mandat des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ceinturiens contre Terriens en milieu hostile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vous l'aurez devin&#233;, nous voici dans un contexte typique de western, avec des squatters qui s'accrochent &#224; leur bout de terre poussi&#233;reuse et qui se battent contre la milice arm&#233;e par la RCE. Les premiers sont des Ceinturiens, autrement dit les Indiens dans &lt;i&gt;The Expanse&lt;/i&gt;, et les seconds sont des Terriens, l'&#233;quivalent des Blancs imp&#233;rialistes. Entre les deux, une mission de m&#233;diation dirig&#233;e par James Holden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit au sol entre les trois parties (les squatters, la milice et le m&#233;diateur) fait &#233;cho &#224; l'&#233;quivalent en orbite entre les trois vaisseaux, le Barbapiccola (qui a transport&#233; les migrants et doit convoyer le lithium en retour), le Edward Israel (envoy&#233; par les Nations Unies avec le personnel de la RCE et une &#233;quipe scientifique) et le Rossinante, l'engin de guerre de James Holden.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le corps humain comme ressource mini&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor ainsi plant&#233;, les auteurs peuvent d&#233;rouler une intrigue au moins aussi g&#233;opolitique que spatiale. Comme toujours dans la saga, il est question d'acc&#232;s aux ressources, de survie, de partage ou d'expropriation, autant de choses dont l'esp&#232;ce humaine semble s'&#234;tre faite une sp&#233;cialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec cette aventure au sol, &lt;i&gt;The Expanse&lt;/i&gt; explore aussi la mani&#232;re dont des organismes &#233;trangers se contaminent mutuellement. Elvi, une des scientifiques de l'exp&#233;dition terrienne, est ainsi charg&#233;e d'analyser la flore et la faune locale. Sans illusion sur les risques encourus : pour tout ce qui vit sur Ilus, les &#234;tres humains sont des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si nous nous pla&#231;ons dans la perspective de l'environnement local, nous sommes des bulles d'eau, des ions, des mol&#233;cules &#224; haut rendement &#233;nerg&#233;tique. Nous ne sommes pas exactement du go&#251;t de ce qu'il y a par ici, mais ce n'est qu'une question de temps avant que quelque chose ne trouve un moyen de les exploiter [...] Lorsque que quelque chose ici trouvera comment avoir acc&#232;s &#224; nous en qualit&#233; de ressources, ce sera probablement plus comparable &#224; l'exploitation mini&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le retour de b&#226;ton ou l'exploiteur exploit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, &#224; colonisateur, colonisateur et demi ! C'est une des trouvailles subtiles de &lt;i&gt;The Expanse&lt;/i&gt; : cette expansion folle et incontr&#244;l&#233;e dans l'univers &#8212; qui fait &#233;videmment &#233;cho &#224; l'imp&#233;rialisme et &#224; la surexploitation qui est en train d'achever la Terre dans le monde r&#233;el &#8212; se paie &#224; un prix tr&#232;s &#233;lev&#233;, une sorte de retour de b&#226;ton au niveau cellulaire qui fait de chaque corps humain un garde-manger en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ces 620 pages aval&#233;es, on ne peut qu'esp&#233;rer beaucoup dans l'adaptation t&#233;l&#233; de ce volume. Les d&#233;cors d'Ilus, avec ses habitations pr&#233;caires, ses temp&#234;tes de sable, ses vestiges extraterrestres abandonn&#233;s depuis un milliard d'ann&#233;es et ses squatters pr&#234;ts &#224; tout pour ne pas &#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233;s sont potentiellement de magnifiques d&#233;cors de cin&#233;ma. Si la s&#233;rie (dont le tournage de la troisi&#232;me saison est d&#233;sormais termin&#233;) est &#224; la hauteur des romans, de longues heures passionnantes nous attendent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le tome 5, &lt;i&gt;Les jeux de N&#233;m&#233;sis&lt;/i&gt;, sortira en France en juin 2018&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>4 3 2 1</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/4-3-2-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/4-3-2-1</guid>
		<dc:date>2018-01-19T12:23:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Auster</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un monument litt&#233;raire. Un quart de si&#232;cle de l'histoire am&#233;ricaine pass&#233; au tamis narratif de Paul Auster via ses quatre versions d'Archie Ferguson, n&#233; un mois apr&#232;s l'auteur.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Paul-Auster,68-+" rel="tag"&gt;Paul Auster&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton765-cab88.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un monument litt&#233;raire. Un quart de si&#232;cle de l'histoire am&#233;ricaine pass&#233; au tamis narratif de Paul Auster via ses quatre versions d'Archie Ferguson, n&#233; un mois apr&#232;s l'auteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Lire aussi l'interview du traducteur de &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; - &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Gerard-Meudal-Le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;G&#233;rard Meudal : &#171; Le traducteur interpr&#232;te une partition qu'il n'a pas &#233;crite &#187;&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la sensation qu'on &#233;prouve quand on termine un puzzle particuli&#232;rement gratin&#233;, de plusieurs milliers de pi&#232;ces, et qu'on a enfin une vision d'ensemble du tableau. Du soulagement, de la satisfaction (en particulier quand l'image est belle) et un peu de tristesse d'en avoir fini avec une activit&#233; dans laquelle on s'est plong&#233; si longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt;, comptez une bonne quinzaine d'heures de lecture. Il faut bien &#231;a pour venir &#224; bout de 1016 pages du dix-neuvi&#232;me roman de Paul Auster, de tr&#232;s loin le plus dense qu'il ait jamais &#233;crit. Mais outre sa longueur, la forme m&#234;me du r&#233;cit n&#233;cessite de fr&#233;quents allers-retours d'un chapitre &#224; l'autre : ce n'est en effet pas une histoire qui est racont&#233;e mais quatre diff&#233;rentes et autonomes, d&#233;coup&#233;es chacune en sept chapitres altern&#233;s. On passe ainsi du 2.1 au 2.2 puis au 2.3, soit le deuxi&#232;me chapitre de la premi&#232;re histoire, puis le deuxi&#232;me de la deuxi&#232;me histoire, et le deuxi&#232;me de la troisi&#232;me histoire.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1842 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L300xH496/auster-4-3-2-1-2-b3da9.jpg?1732272683' height='496' width='300' alt='JPEG - 73.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas s'y perdre, il y aurait bien entendu la solution de facilit&#233; qui consisterait &#224; ne lire qu'un chapitre sur quatre (le 1.1, puis le 2.1, le 3.1 et ainsi de suite jusqu'au 7.1) afin de reconstituer chronologiquement chaque histoire. C'est d'ailleurs ce que je ferai &#224; la prochaine lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un roman n'est pas une encyclop&#233;die, et si l'auteur a choisi un mode narratif, autant que le lecteur le respecte. Le plus simple, pour ne pas perdre le fil d'un chapitre &#224; l'autre (chacun pouvant faire une cinquantaine de pages, soit la dimension d'une nouvelle), &#233;tant de revenir en arri&#232;re pour lire les derni&#232;res lignes du pr&#233;c&#233;dent de la m&#234;me histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinq cercles concentriques qui fusionnent en un disque noir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; raconte donc quatre versions de la vie d'un m&#234;me personnage, Archie Ferguson, de sa naissance &#224; ses 25 ans. Mais comme il na&#238;t le 3 mars 1947, soit un mois tout juste apr&#232;s Paul Auster, et &#224; Newark comme lui, il va sans dire que le roman est une sorte d'autobiographie fictive &#224; quatre variantes. C'est aussi un formidable livre d'histoire sur les ann&#233;es cinquante et soixante aux Etats-Unis, de la p&#233;riode d'Eisenhower &#224; celle de Nixon en passant par JFK et Lyndon Johnson, mais aussi Martin Luther King, la lutte pour les droits civiques, les &#233;meutes urbaines et, comme une immense &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s, la guerre du Vi&#234;tnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auster a d'ailleurs une formule extraordinaire pour d&#233;crire la situation d'un jeune &#233;tudiant qui a vingt ans en 1967 et sur qui plane la menace de l'enr&#244;lement. Il en fait une figure g&#233;om&#233;trique de cinq cercles concentriques, le plus large &#233;tant le monde avec la guerre en Asie, puis un plus petit englobant l'Am&#233;rique, un autre contenant New York, un quatri&#232;me l'universit&#233; de Columbia, un cinqui&#232;me les proches de Ferguson, ce dernier &#233;tant le point central de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La guerre ne cessait de prendre de l'ampleur, et plus elle se d&#233;veloppait plus le premier cercle &#233;crasait les quatre autres, les pressant de plus en plus les uns contre les autres, et bient&#244;t l'espace entre eux s'&#233;tait r&#233;duit &#224; une fine couche d'air, ce qui rendait la respiration difficile &#224; ceux qui &#233;taient pi&#233;g&#233;s, seuls au centre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Et, juste apr&#232;s l'assassinat de Martin Luther King :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les cinq cercles concentriques s'&#233;taient fondus en un seul disque noir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le roman a aussi une ind&#233;niable dimension politique, tant le racisme traverse toujours la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Et ce, explique Auster&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'entretien accord&#233; &#224; Fran&#231;ois Busnel dans la revue America n&#176;4, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parce que les Etats-Unis se sont construits sur un tr&#232;s mauvais compromis, celui de la Constitution de 1787 disant que les esclaves compteraient pour trois cinqui&#232;mes d'&#234;tres humains. &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; se d&#233;roule cent ans apr&#232;s la Guerre de S&#233;cession, mais la question raciale y est omnipr&#233;sente, notamment dans la descriptions des &#233;meutes de Newark en juillet 1967 ou &#224; l'universit&#233; de Columbia en avril-mai 1968.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1843 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH335/newark-1967-b4776.jpg?1732272684' height='335' width='500' alt='JPEG - 73.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;construction du discours&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Car si Auster joue avec les possibles en imaginant quatre vies diff&#233;rentes pour Archie Ferguson, &lt;i&gt;4 3 2 1&lt;/i&gt; n'est en aucun cas une uchronie. Le contexte historique est le m&#234;me dans les quatre variantes, et il est document&#233; avec une pr&#233;cision remarquable et une inventivit&#233; permanente. Le discours d'investiture de John Kennedy en janvier 1961 est ainsi d&#233;construit et &#233;parpill&#233; comme un puzzle minuscule &#224; l'int&#233;rieur d'un puzzle g&#233;ant, &#224; la fois touchant par la profondeur des formules et renvoy&#233; &#224; sa nature profonde, un encha&#238;nement de mots, ce qu'on appelle aujourd'hui des &#233;l&#233;ments de langage. Et l'assassinat de ce m&#234;me JFK, mille jours plus tard, donne lieu &#224; cette phrase parfaite :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Deux routes divergeaient dans une ville fant&#244;me et l'avenir &#233;tait mort.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;figure class='spip_document_1844 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/jfk-1961-84292.jpg?1732272684' height='281' width='500' alt='JPEG - 65.4 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt; Archie Ferguson lui-m&#234;me n'est pas radicalement diff&#233;rent dans ses quatre versions. C'est plus ce qui lui arrive et la place qu'il trouve dans sa vie amoureuse, ses relations amicales, sa famille et ses &#233;tudes qui varie. Que serions-nous devenus si un de nos parents &#233;tait mort alors qu'on avait neuf ans ? Ou si nos parents s'&#233;taient s&#233;par&#233;s ? Ou s'ils avaient fait fortune ? Quelle serait notre vie sexuelle si la fille qu'on aimait &#224; quatre ans &#233;tait tomb&#233;e amoureuse de nous &#224; seize ? Ou si notre premi&#232;re exp&#233;rience marquante avait eu lieu avec un gar&#231;on plut&#244;t qu'une fille ? Et si notre ami le plus proche &#233;tait mort subitement &#224; quatorze ans ? Si un accident de voiture nous avait mutil&#233; alors qu'une grande carri&#232;re sportive s'ouvrait &#224; nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment Auster d&#233;crit la contingence, le hasard, la bifurcation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Tout est parfaitement solide pendant un temps puis un matin le soleil se l&#232;ve et le monde se met &#224; fondre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps se d&#233;pla&#231;ait d'avant en arri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Ce flottement entre les possibles, cet exercice de style qui pourrait s'&#233;tendre dans toutes les directions et ind&#233;finiment, Auster le r&#233;sume en deux phrases :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde avait toujours dit &#224; Ferguson que la vie ressemblait &#224; un livre, une histoire qui commence &#224; la page 1 et qui se d&#233;roule jusqu'&#224; la mort du h&#233;ros page 204 ou 926 mais maintenant que l'avenir dont il avait r&#234;v&#233; changeait, sa notion du temps changeait aussi. Il comprit que le temps se d&#233;pla&#231;ait en avant et en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Stephen King, n&#233; la m&#234;me ann&#233;e qu'Auster, sept mois plus tard, avait affirm&#233; avoir &#233;crit &lt;i&gt;Sac d'os&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Bag of Bones&lt;/i&gt;, 1998) en imaginant ce qu'aurait &#233;t&#233; sa vie si sa femme &#233;tait morte pr&#233;matur&#233;ment. C'est le m&#234;me principe ici, pouss&#233; un peu plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1845 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/auster-2018-6202e.jpg?1732272684' height='250' width='500' alt='JPEG - 29.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;A soixante et onze ans (il les aura le 3 f&#233;vrier prochain), Paul Auster a retrouv&#233; le souffle qui traverse ses plus grands romans comme &lt;i&gt;L&#233;viathan&lt;/i&gt; (1993), &lt;i&gt;Moon Palace&lt;/i&gt; (1990), &lt;i&gt;Mr Vertigo&lt;/i&gt; (1994) ou &lt;i&gt;le Livre des illusions&lt;/i&gt; (2002). Son secret ? &lt;i&gt;&#171; J'&#233;cris chaque livre comme s'il devait &#234;tre le dernier. Alors, une impulsion nouvelle me soul&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview pour la revue America&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et nous avec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
Lire l'interview de Paul Auster par Alexander Bisley, publi&#233;e le 8 f&#233;vrier 2017 sur le site &#171; Electric Lit &#187;, traduite sur le blog &lt;a href=&#034;http://eponineazelma.com/auster-interview-translation-4321-newyork-bigapple-book-livre-trump-electriclit-blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eponine et Azelma&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'entretien accord&#233; &#224; Fran&#231;ois Busnel dans la revue America n&#176;4, janvier 2018&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview pour la revue &lt;i&gt;America&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>America, belle revue &#233;ph&#233;m&#232;re</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/America-belle-revue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/America-belle-revue</guid>
		<dc:date>2018-01-12T20:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Trimestriel con&#231;u pour durer quatre ans, le temps du mandat de Trump, America se donne pour ambition d'expliquer ce qui se passe aux Etats-Unis en laissant la parole &#224; des &#233;crivains. Le dernier num&#233;ro s'ouvre &#224; Paul Auster et Stephen King.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton764-7dd9e.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trimestriel con&#231;u pour durer quatre ans, le temps du mandat de Trump, America se donne pour ambition d'expliquer ce qui se passe aux Etats-Unis en laissant la parole &#224; des &#233;crivains. Le dernier num&#233;ro s'ouvre &#224; Paul Auster et Stephen King.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Imagin&#233;e par l'animateur de La grande librairie (France 5) Fran&#231;ois Busnel, &lt;a href=&#034;http://america-mag.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;America&lt;/a&gt; existe depuis d&#233;but 2017, sort tous les trois mois et devrait s'arr&#234;ter au bout de quatre ans. Seize num&#233;ros coll&#233;s au mandat de Donald Trump (qu'on esp&#232;re unique, voire m&#234;me inachev&#233;) avec pour mission de comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis. A la diff&#233;rence que les journalistes sont ici remplac&#233;s par des auteurs, am&#233;ricains ou fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier num&#233;ro sorti le 3 janvier, on trouve ainsi un grand entretien avec Paul Auster, un essai de Stephen King sur les armes &#224; feu (Guns), deux textes sur la violence sign&#233;s Benjamin Whitmer et Ryan Gattis, une rencontre avec Tom Wolfe, un reportage de V&#233;ronique Ovald&#233; dans les rues de Chicago et des textes pr&#233;sent&#233;s en VF et en VO : des lettres de Laura Kasischke et un extrait de Sur la route de Jack Kerouac, avec des t&#233;moignages d'Allen Ginsberg, Bob Dylan, Colum McCann, William Bourroughs ou Philippe Djian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout, 200 pages tr&#232;s denses entrecoup&#233;es d'un splendide portfolio de Kiliii Y&#252;yan sur les survivalistes qui font des stages pal&#233;olithiques dans la cha&#238;ne des Cascades&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour avoir un aper&#231;u de la maquette d'America, voir son compte Instagram.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1841 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH689/america-500-e7331.jpg?1732272684' height='689' width='500' alt='JPEG - 111.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Docteur King et Mister Auster&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le contraste entre l'interview de Paul Auster et l'essai de Stephen King est frappant. L&#224; o&#249; le premier, &#233;crivain new-yorkais probablement plus lu en Europe (il est &#233;dit&#233; en France par Actes Sud depuis la fin des ann&#233;es 80) que dans son propre pays, avoue ne pas avoir vu venir le ph&#233;nom&#232;ne Trump, et ne pas comprendre pourquoi Hillary Clinton a &#233;t&#233; battue, le second d&#233;crit avec une pr&#233;cision clinique le m&#233;canisme des tueries de masse et le ballet m&#233;diatique des cha&#238;nes d'info en continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auster d&#233;crit finement le sens du mot lib&#233;ral et explique en quoi l'Am&#233;rique (ou du moins les Etats-Unis) est un pays litt&#233;ralement invent&#233;, King raconte pourquoi il a demand&#233; &#224; ce que son roman &lt;i&gt;Rage&lt;/i&gt; soit retir&#233; de la vente &#224; la fin des ann&#233;es 1990 apr&#232;s une quatri&#232;me fusillade impliquant un adolescent se r&#233;f&#233;rant &#224; ce titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;voque la haine des &#233;lites (pas financi&#232;res, mais dipl&#244;m&#233;es), le second pr&#244;ne l'interdiction ou la r&#233;gulation de la vente d'armes automatiques, pas de toutes les armes, et pr&#233;cise qu'il en poss&#232;de lui-m&#234;me trois (imagine-t-on Paul Auster avec un fusil de chasse ?).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Connaissez-vous N&#176;45 ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces contrastes font toute la richesse de la revue America. Il n'y a pas un discours unique d'&#233;crivain sur le pays de Donald Trump (Paul Auster refuse de le nommer, et l'appelle N&#176;45), mais autant de discours que d'&#233;crivains, et la superposition de tous ces points de vue, de toutes ces exp&#233;riences de vie, dessine une carte en relief finalement tr&#232;s pr&#233;cise, plus sans doute que ne le feraient une s&#233;rie d'articles de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portrait que fait V&#233;ronique Ovald&#233; de Chicago (ville d'Al Capone, des Blues Brothers et de Barack Obama) est d'autant plus &#233;clairant qu'&#224; ses propres impressions, elle superpose de nombreux t&#233;moignages d'habitants glan&#233;s dans les rues. Celui de Lauren, 45 ans, est gla&#231;ant : &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai am&#233;nag&#233; &#224; Chicago il y a cinq ans, je suis all&#233;e faire du patin &#224; glace avec ma petite fille. Un gamin m'est rentr&#233; dedans, je suis tomb&#233;e et je me suis cass&#233; les deux poignets. Je me suis retrouv&#233;e &#224; l'h&#244;pital. J'en ai eu pour 120 000 dollars. Il m'a &#233;videmment fallu un pr&#234;t de la banque. De toute fa&#231;on, ici, il ne vaut mieux pas &#234;tre pauvre, vieux ou malade. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site de la revue, plusieurs &#233;crivains ont &#233;t&#233; interrog&#233;s sur l'arriv&#233;e de Donald Trump. Voici par exemple les r&#233;ponses de Russell Banks et de David Vann :&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/210225016&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/216654774&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour avoir un aper&#231;u de la maquette d'America, &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/americamook/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir son compte Instagram&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Desproges par Desproges</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Desproges-par</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Desproges-par</guid>
		<dc:date>2018-01-05T21:53:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s sa mort en avril 1988, &#224; seulement 48 ans, le vide laiss&#233; par Pierre Desproges est toujours b&#233;ant. Sa fille, Perrine, vient de publier un livre rempli de documents et de photos in&#233;dites.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton763-88364.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s sa mort en avril 1988, &#224; seulement 48 ans, le vide laiss&#233; par Pierre Desproges est toujours b&#233;ant. Sa fille, Perrine, vient de publier un livre rempli de documents et de photos in&#233;dites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui &#233;tait Desproges, au fond ? Pour tous ceux qui ont moins de quarante ans et qui n'en ont pas de souvenirs (mais les archives de l'INA sont vos amies), il s'agit d'un humoriste du genre (tr&#232;s) caustique, (extr&#234;mement) irr&#233;v&#233;rencieux et qui maniait l'art de la provocation avec la d&#233;licatesse d'un jongleur de b&#226;tons de dynamite. Plus personne ne pourrait aujourd'hui faire des sketchs comme les siens. Tout d'abord parce que personne n'&#233;crit aussi bien que lui, et parce que le politiquement correct est pass&#233; par l&#224;. Autre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle des ann&#233;es 70-80, c'&#233;tait le temps de la t&#233;l&#233;vision publique, de l'ORTF, des &#233;missions iconoclastes comme &lt;i&gt;Le petit rapporteur&lt;/i&gt; (anim&#233;e par Jacques Martin) ou &lt;i&gt;Le tribunal des flagrants d&#233;lires&lt;/i&gt; (de Claude Villers) &#224; la radio. C'est l&#224; que Desproges, qui avait auparavant cumul&#233; des emplois improbables (vendeur de fausses poutres de charpente en polystyr&#232;ne) et &#233;crit pour quelques journaux (&lt;i&gt;Bonne soir&#233;e, L'Aurore&lt;/i&gt;...) sort de l'anonymat et commence &#224; &#234;tre connu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au coin du feu avec Le Luron&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il l'est moins que les deux monstres m&#233;diatiques que sont Thierry Le Luron et Coluche, bien meilleurs que lui sur sc&#232;ne ou sur les plateaux, sa r&#233;putation s'&#233;largit rapidement. Avec le premier, il fait une tourn&#233;e en 1977, baptis&#233;e &lt;i&gt;Causerie au coin du feu&lt;/i&gt;, o&#249; il joue le r&#244;le du journaliste complaisant (Delahousse n'a finalement rien invent&#233;) face &#224; un pseudo Giscard plus dingue que nature.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.ina.fr/player/embed/I05108716/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/0&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crit des chroniques pour &lt;i&gt;Pilote&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Charlie-Hebdo&lt;/i&gt;, fait du th&#233;&#226;tre avec Evelyne Grandjean, quelques &#233;missions t&#233;l&#233;, et commence &#224; publier des livres, qui auront un grand succ&#232;s et sont toujours r&#233;&#233;dit&#233;s : &lt;i&gt;le manuel du savoir-vivre &#224; l'usage des rustres et des malpolis&lt;/i&gt; (1981), &lt;i&gt;Vivons heureux en attendant la mort&lt;/i&gt; (1983), &lt;i&gt;Des femmes qui tombent&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Dictionnaire superflu &#224; l'usage de l'&#233;lite et des biens nantis&lt;/i&gt; (1985), &lt;i&gt;Chroniques de la haine ordinaire&lt;/i&gt; (1987), et, apr&#232;s sa mort, l&lt;i&gt;'Almanach&lt;/i&gt; (1988), &lt;i&gt;Fonds de tiroir&lt;/i&gt; (1990) et &lt;i&gt;Les &#233;trangers sont nuls&lt;/i&gt; (1992)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour sa bibliographie compl&#232;te, voir le site qui lui est consacr&#233;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Son dernier spectacle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa mort, car, atteint d'un cancer des poumons &#224; un stade irr&#233;versible, il meurt en avril 1988, un mois avant ses 49 ans, et quelques semaines apr&#232;s son dernier spectacle &#224; Aix-en-Provence, auquel j'ai eu la chance d'assister. En f&#233;vrier, il faisait ce qui &#233;tait sans doute sa derni&#232;re apparition &#224; la t&#233;l&#233;, dans l'&#233;mission &lt;i&gt;L'assiette anglaise&lt;/i&gt; de Bernard Rapp, et o&#249; il se plaignait... d'une c&#244;te cass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.ina.fr/player/embed/CAB88007381/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/0&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Desproges ? Un homme bourr&#233; de talent et p&#233;tri de contradiction. N&#233; d'une famille ais&#233;e, envoy&#233; en Alg&#233;rie au service militaire, &#233;lev&#233; dans un milieu catholique, il pouvait facilement se dire artiste d&#233;gag&#233;, renvoyant la droite et la gauche dans les poubelles de l'histoire et assimilant un peu trop vite le communisme au nazisme, dans un amalgame des extr&#234;mes que ne renieraient pas les ultralib&#233;raux contemporains. &#199;a ne l'emp&#234;chait pas de sortir des formules fulgurantes, comme celle-ci, en 1984 : &lt;i&gt;&#171; que choisir ? La gauche ou Mitterrand ? &#187;&lt;/i&gt; Difficile d'&#234;tre plus clairvoyant, &#224; l'&#233;poque ou Tonton commen&#231;ait &#224; faire de l'&#339;il &#224; Bernard Tapie et &#224; r&#233;habiliter l'entreprise...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Moins r&#233;ac que lui...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Son c&#244;t&#233; vieille France ind&#233;crottable (l'amour de la langue, de la gastronomie, du vin, des porte-jarretelles) peut agacer, mais longtemps avant que ce ne soit &#224; la mode (si tant est que &#231;a le soit), il a toujours manifest&#233; le plus grand respect pour les femmes, s'est occup&#233; de ses filles quand il fallait les nourrir et les changer au milieu de la nuit, &#233;tait fonci&#232;rement antiraciste (au point d'insulter un chauffeur de taxi s'&#233;tonnant qu'il habite dans un quartier &#171; plein d'Arabes &#187;) et vomissait les pseudo-intellectuels pontifiants, sans m&#234;me parler des Acad&#233;miciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne reniait pas l'humour absurde qui le rapprochait de la p&#233;riode pr&#233;cin&#233;matographique de Woody Allen, m&#234;me si lui se revendiquait plut&#244;t h&#233;ritier de Marcel Aym&#233;, Francis Blanche, Jean Yanne et Semp&#233;. Mais quand il &#233;crit &lt;i&gt;&#171; Adolf Hitler est d&#233;test&#233; d'une foule de gens. Mais demandez-leur si c'est le peintre ou l'&#233;crivain qu'ils n'aiment pas, ils restent cois &#187;&lt;/i&gt; c'est bien &#224; Woody qu'on pense imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1982, pour FR3, il r&#233;alise &lt;i&gt;la Minute n&#233;cessaire de Monsieur Cyclop&#232;de&lt;/i&gt;, des petites pastilles dans la veine des Shadoks, provoquant le m&#234;me type de r&#233;actions outrag&#233;es que quinze ans plus t&#244;t :&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.ina.fr/player/embed/CPC82050925/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/0&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait aussi capable de tournures superbes, comme celle-ci, &#233;crite &#224; propos de la sortie de son Dictionnaire : &lt;i&gt;&#171; Mon dictionnaire n'est pas inutile. Il est superflu. Le superflu n'est inutile qu'&#224; ceux qui pensent que le n&#233;cessaire est suffisant. &#187;&lt;/i&gt; Ce n'est pas pour rien que le livre, dans lequel sa fille Perrine a rassembl&#233; des dizaines de documents in&#233;dits (textes manuscrits, photos personnelles), s'ach&#232;ve par une page blanche (le verso d'une feuille de brouillon) sur laquelle sont dactylographi&#233;s ces sept mots : &lt;i&gt;&#171; et maintenant, observons une minute de silence &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour sa bibliographie compl&#232;te, &lt;a href=&#034;http://www.desproges.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir le site qui lui est consacr&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s la chute</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Apres-la-chute</link>
		<guid isPermaLink="true">https://imaginaires.brunocolombari.fr/Apres-la-chute</guid>
		<dc:date>2017-12-26T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dans la lign&#233;e de son perturbant Shutter Island, Dennis Lehane brouille les pistes avec son dernier roman, o&#249; l'art de la fiction est pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Lectures-" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton761-7e6bf.jpg?1732181469' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la lign&#233;e de son perturbant Shutter Island, Dennis Lehane brouille les pistes avec son dernier roman, o&#249; l'art de la fiction est pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On pourrait commencer l'histoire ainsi : Rachel et Brian sont sur un bateau. Rachel tire, Brian tombe &#224; l'eau. Qu'est-ce qui reste ? Une histoire particuli&#232;rement embrouill&#233;e o&#249; tout ce qui semble vrai pourrait bien &#234;tre faux, et inversement. &#199;a vous rappelle quelque chose ? &lt;i&gt;Shutter Island&lt;/i&gt;, bien s&#251;r. En 2003, Dennis Lehane avait &#233;crit un roman vertigineux sur le th&#232;me de la folie et du d&#233;doublement de personnalit&#233; qui n&#233;cessitait de tout reprendre au d&#233;but une fois le livre termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1839 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH728/apres-la-chute-60d8d.jpg?1732272684' height='728' width='500' alt='JPEG - 80.9 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Depuis, outre un dernier &#233;pisode de la s&#233;rie polici&#232;re Patrick Kenzie/Angie Gennaro, il s'&#233;tait aventur&#233; avec plus ou moins de r&#233;ussite dans le roman historique, la s&#233;rie Coughlin. Le voil&#224; de retour sur des romans &#171; one shot &#187; comme &lt;i&gt;Mystic River&lt;/i&gt; ou donc &lt;i&gt;Shutter Island&lt;/i&gt;. Lib&#233;r&#233; de l'obligation de pr&#233;server une &#233;ventuelle suite, Lehane retrouve toute latitude pour balader le lecteur dans des fausses pistes d&#233;stabilisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y parvient-il dans &lt;i&gt;Apr&#232;s la chute&lt;/i&gt; ? En partie seulement. Le roman souffre d'abord de ne pas choisir entre plusieurs options : r&#233;cit psychologique sur la qu&#234;te du p&#232;re, implosion lente d'un couple construit sur des sables mouvants ou thriller dans lequel les personnages jouent un jeu dangereux dans lequel ils ont tout &#224; perdre ? Chacune des deux auraient m&#233;rit&#233; de prendre toute la place, d'o&#249; une certaine frustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire souffre aussi de couvrir une p&#233;riode trop longue, alors que toute la deuxi&#232;me partie se d&#233;roule sur quelques heures. Comme si Lehane avait h&#233;sit&#233; entre la temporalit&#233; de ses romans historiques et celles de ses thrillers nerveux qui s'ach&#232;vent le plus souvent dans une course contre la montre o&#249; des vies sont en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage, car les deux personnages principaux, Rachel Childs avec sa m&#232;re possessive, son p&#232;re inconnu et ses crises de panique qui l'obligent &#224; rester enferm&#233;e chez elle, et Brian Delacroix, &#233;poux trop parfait pour &#234;tre honn&#234;te dont les zones d'ombre s'&#233;largissent quand l'histoire avance, sont suffisamment riches et complexes pour faire avancer l'histoire et entra&#238;ner le lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
