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	<title>imaginaires</title>
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	<description>Pour me contacter, voir le site brunocolombari.fr</description>
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		<title>Des jeeps et des m&#233;dailles</title>
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		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier 21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin Du square Veline au monument aux morts de l'H&#244;tel de ville en passant par l'exposition &#224; la Maison du Peuple, Gardanne a honor&#233; la m&#233;moire de ses lib&#233;rateurs les 20 et 21 ao&#251;t 1944. Mais c'est la travers&#233;e de la ville par une vingtaine de v&#233;hicules de l'arm&#233;e am&#233;ricaine qui a cr&#233;&#233; la plus forte &#233;motion. &#034;Cinquante ans, c'est beaucoup pour la vie d'un homme mais c'est peu au regard de l'histoire. Peu &#224; peu, les t&#233;moins et les acteurs de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Liberation-de-Gardanne-" rel="directory"&gt;Lib&#233;ration de Gardanne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Energies-+" rel="tag"&gt;Energies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du square Veline au monument aux morts de l'H&#244;tel de ville en passant par l'exposition &#224;
la Maison du Peuple, Gardanne a honor&#233; la m&#233;moire de ses lib&#233;rateurs les 20 et 21 ao&#251;t 1944. Mais c'est la travers&#233;e
de la ville par une vingtaine de v&#233;hicules de l'arm&#233;e am&#233;ricaine qui a cr&#233;&#233; la plus
forte &#233;motion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Cinquante ans, c'est beaucoup pour la vie d'un homme
mais c'est peu au regard de l'histoire. Peu &#224; peu,
les t&#233;moins et les acteurs de ce temps nous quittent ;
il convient donc de garder notre m&#233;moire commune vivante
sur ces &#233;v&#233;nements...&#8221;&lt;/i&gt; Autour du maire qui vient de prononcer
ces quelques mots devant le monument aux morts,
ils sont encore nombreux, les t&#233;moins et les acteurs, m&#234;me
si la plupart sont aujourd'hui septuag&#233;naires ou octog&#233;naires.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les uns sont en civil, les autres en grande tenue, comme les
membres du commando Courson, dont le souvenir a &#233;t&#233; rappel&#233;
quelques minutes plus t&#244;t au square Veline. A cette occasion,
deux membres du comando, Philippe Amore et Charles
Vaccalluzzo, ont &#233;t&#233; d&#233;cor&#233;s, respectivement m&#233;daill&#233; militaire
et chevalier de l'ordre national du m&#233;rite. Joseph Lairet
et Lucien Borgnat ont re&#231;u la croix de combattant
volontaire tandis que Jean Amoretti et Emile Mouren &#233;taient
d&#233;cor&#233;s de la croix de combattant. Devant la mairie, c'est
au tour de Maurice Botella de recevoir le titre de &#8220;reconnaissance
de la nation&#8221; pour son engagement en Afrique
du nord. Il est alors temps de se retrouver &#224; la Maison du
Peuple o&#249; une exposition sur la lib&#233;ration de la ville et sur
la d&#233;portation a attir&#233; de nombreux gardannais depuis une
semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jim Bain envoie des chewing-gums
et des sourires&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le lendemain, alors que le march&#233; du dimanche commence
&#224; se remplir, une exclamation : &lt;i&gt;&#8220;les voil&#224; ! Ils arrivent !&#8221;&lt;/i&gt;
L'horloge de la mairie indique 9h17 et de l'avenue de Nice
apparait une jeep suivie d'un char Sherman port&#233; par un
camion. Dans l'assistance, les enfants d&#233;couvrent, sid&#233;r&#233;s,
ces dr&#244;les d'engins que l'on voit parfois dans les films. Leurs
parents, n&#233;s apr&#232;s la guerre, tentent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de stocker
du souvenir &#224; grand renfort de cam&#233;scope et d'appareil
photo. Les plus anciens, eux, n'ont pas besoin de mat&#233;riel
pour se laisser envahir par l'&#233;motion qui les projettent d'un
seul coup cinquante ans en arri&#232;re. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les premiers applaudissements
fusent et redoublent quand arrivent, en file indienne,
une vingtaine de v&#233;hicules de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, jeeps,
Dodge, motos, GMC, camions b&#226;ch&#233;s... A leur bord, des
figurants en tenue d'&#233;poque, membres de l'Escadron de
l'Histoire Sud, une association de collectionneurs proven&#231;aux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Parmi eux, Gilbert Bagnis, m&#233;connaissable en GI, et
un v&#233;t&#233;ran am&#233;ricain, hilare, grima&#231;ant comme Jerry Lewis,
et qui distribue sourires et chewing-gums : c'est Jim Bain,
parachutiste, d&#233;barqu&#233; &#224; Saint-Tropez et mari&#233; &#224; une Fran&#231;aise,
qui partage son existence entre l'Arizona et la C&#244;te
d'Azur et qui adore la France. Un quart d'heure plus tard,
le dernier v&#233;hicule dispara&#238;t sur le boulevard Carnot. Les
cloches sonnent &#224; la vol&#233;e. L'&#233;motion, elle, est rest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cinquante Gardannais pour l'Histoire</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Cinquante-Gardannais-pour-l</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier 21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin De la caserne Miollis &#224; Aix aux abords du lac de Constance, les commandos Courson ont poursuivi la guerre jusqu'au bout pour achever la lib&#233;ration de la France. Et ont v&#233;cu les m&#234;mes instants d'all&#233;gresse que les Am&#233;ricains &#224; Gardanne. Deux d'entre eux ne sont jamais revenus. &#8220;A l'&#233;poque, on &#233;tait anim&#233; par un id&#233;al de libert&#233;, alors on s'est engag&#233;. On avait fait des stocks d'armes r&#233;cup&#233;r&#233;s sur les Allemands, on s'en est servi pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Liberation-de-Gardanne-" rel="directory"&gt;Lib&#233;ration de Gardanne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Energies-+" rel="tag"&gt;Energies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la caserne Miollis &#224; Aix aux abords du lac de Constance, les commandos Courson ont poursuivi la guerre jusqu'au
bout pour achever la lib&#233;ration de la France. Et ont v&#233;cu les m&#234;mes instants d'all&#233;gresse que les
Am&#233;ricains &#224; Gardanne. Deux d'entre eux ne sont jamais revenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;A l'&#233;poque, on &#233;tait anim&#233; par un id&#233;al de libert&#233;, alors
on s'est engag&#233;. On avait fait des stocks d'armes
r&#233;cup&#233;r&#233;s sur les Allemands, on s'en est servi pour
s'&#233;quiper.&#8221;&lt;/i&gt; Arthur Manouelian portait le matricule 41, son
ami Yvon Ollivier, le 37. Tous deux ont fait partie, apr&#232;s la
lib&#233;ration de Gardanne, du bataillon FFI de Provence, que
forme le chef d'escadron Ren&#233; Courson de la Villeneuve.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le 7 septembre, cinquante Gardannais volontaires montent
&#224; bord d'un camion de l'usine d'alumine en direction
de la caserne Miollis, &#224; Aix. C'est ainsi que d&#233;bute l'histoire
des commandos Courson.
Le 6 octobre, la p&#233;riode d'instruction d'un mois s'ach&#232;ve.
Les commandos quittent Aix et rejoignent en train Hautoison,
dans le Jura, o&#249; la premi&#232;re arm&#233;e fran&#231;aise du g&#233;n&#233;ral
de Lattre est stopp&#233;e faute de ravitaillement. &lt;i&gt;&#8220;De l&#224;,
continue Yvon Ollivier, on a form&#233; un groupe &#224; Cornimont
en renfort des commandos d'Afrique, qui se faisaient secouer
par les Allemands. Je me souviens qu'on dormait dans les
usines de fil DMC, on en avait
partout.&#8221;&lt;/i&gt; C'est l&#224;, le 25 octobre,
que tombent deux Gardannais,
Etienne Parisi et Fernand Pieratoni.&lt;br class='manualbr' /&gt;En novembre, c'est la
bataille de la Haute Alsace, et
la prise de Belfort apr&#232;s des combats
de rues tr&#232;s violents. Yvon
Ollivier et Arthur Manouelian
sont bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;J'&#233;tais leur premier
soldat&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;A Valdois, se souvient Arthur
Manouelian, les gens &#233;taient
cach&#233;s dans les caves. Quand ils
sont sortis, ils m'ont rencontr&#233;.
J'&#233;tais leur premier soldat, et
depuis on est re&#231;u &#224; bras
ouverts&#8221;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s une p&#233;riode de
stagnation en hiver, la progression
reprend. A Cernay, encore des accrochages, des bless&#233;s
et des morts. &lt;i&gt;&#8220;On &#233;tait encercl&#233; dans la for&#234;t. On y est
all&#233;, r&#233;cemment, les trous d'obus se voyaient encore&#8221;&lt;/i&gt;. Colmar
est lib&#233;r&#233; le 2 f&#233;vrier, l'Alsace redevient fran&#231;aise le 7.&lt;br class='manualbr' /&gt;En mars, les commandos s'entra&#238;nent sur le Doubs. Ils pr&#233;parent
en fait le passage du Rhin, qui se fera le 23 avril &#224;
Neubrisach. &lt;i&gt;&#8220;On a travers&#233; le Rhin en barque, on &#233;tait chez
eux, c'&#233;tait nous les occupants. Dr&#244;le d'impression, quand
m&#234;me&#8221;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#8220;On a appris l'armistice le 8 mai au matin, c'&#233;tait
9 ou 10h et on &#233;tait au Tyrol. On s'est arr&#234;t&#233; l&#224;.&#8221;&lt;/i&gt; Reste alors
&#224; occuper le lac de Constance pendant quelques semaines,
puis c'est le retour &#224; la vie civile pour les uns, comme Arthur
Manouelian, ou militaire, comme Yvon Ollivier, qui continuera
sa formation &#224; Bordeaux, &#224; Pau et &#224; Montlouis, signera
pour partir en Indochine mais sera lib&#233;r&#233; apr&#232;s un mois
et demi de permission. &lt;i&gt;&#8220;Je n'ai pas compris. Du coup, j'ai
arr&#234;t&#233; l'arm&#233;e&#8221;&lt;/i&gt;. Pour lui comme pour les autres, le lib&#233;ration
de l'Est de la France restera son plus grand souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il &#233;tait une fois la Lib&#233;ration</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Il-etait-une-fois-la-Liberation</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Energies</dc:subject>
		<dc:subject>La mine</dc:subject>
		<dc:subject>Gardanne</dc:subject>
		<dc:subject>Pechiney</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;extrait du dossier 21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin Ils ont v&#233;cu la guerre chacun de leur c&#244;t&#233;, dans une galerie de mine &#224; mille m&#232;tres sous terre ou dans une ferme autrichienne &#224; mille kilom&#232;tres de la Provence, dans un chantier de jeunesse du Var ou dans les ateliers de l'usine d'alumine. Tous sont Gardannais, ont entre soixante et quatre-vingt dix ans et se souviennent de ces heures terribles et exaltantes de leur jeunesse. LA chemise largement ouverte pour conjurer la canicule de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Liberation-de-Gardanne-" rel="directory"&gt;Lib&#233;ration de Gardanne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Energies-+" rel="tag"&gt;Energies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-La-mine-+" rel="tag"&gt;La mine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Gardanne-+" rel="tag"&gt;Gardanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/+-Pechiney-+" rel="tag"&gt;Pechiney&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait du dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont v&#233;cu la guerre chacun de leur c&#244;t&#233;, dans une galerie de mine &#224; mille m&#232;tres sous terre
ou dans une ferme autrichienne &#224; mille kilom&#232;tres de la Provence, dans un chantier de
jeunesse du Var ou dans les ateliers de l'usine d'alumine. Tous sont Gardannais, ont entre
soixante et quatre-vingt dix ans et se souviennent de ces heures terribles et exaltantes de
leur jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA chemise largement ouverte pour conjurer la canicule
de ce mois de juillet finissant, Louis Lauzier soupire : &lt;i&gt;&#8220;quand j'ai vu l'autre jour les chars allemands
sur les Champs-Elys&#233;es, &#231;a m'a fait quelque chose. Ce n'&#233;tait
pas le moment&#8221;&lt;/i&gt;. A quoi Henri Ranguis r&#233;torque : &lt;i&gt;&#8220;Mais pourquoi &#231;a nous fait &#231;a ? Il faut &#234;tre coll&#232;gues avec toute
l'Europe. Il faut que &#231;a finisse ! Jamais plus de guerre, nous
avons trop souffert.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils ont beau, ces deux octog&#233;naires
gardannais, faire une grande place &#224; la fraternit&#233; humaine,
rien &#224; faire. La brigade allemande de l'Eurocorps sur le pav&#233; parisien, le jour m&#234;me de la f&#234;te nationale, est rest&#233;e en travers,
comme une vieille blessure qui ne cicatrise pas. Alors,
pour exorciser le pass&#233;, Henri et Louis racontent et racontent
encore, avec une infinie patience, ce que furent leurs
trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gardanne &#224; Braunau
en passant par Monnaie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;J'ai &#233;t&#233; mobilis&#233; le 28 ao&#251;t 1939 &#224; Gardanne. Je me souviens
de Daladier qui nous avait dit : &#8220;nous vaincrons parce
que nous sommes les plus forts...&#8221; C'est bien simple,
j'ai &#233;t&#233; fait prisonnier le 19 juin 1940, dans un village d'Indre
et Loire qui s'appelle Monnaie&#8221;&lt;/i&gt;, se souvient Louis, mettant
&#224; contribution sa prodigieuse m&#233;moire. Quarante-huit heures
apr&#232;s le discours de P&#233;tain appelant &#224; cesser le combat, vingtquatre
heures apr&#232;s l'appel de De Gaulle &#224; la R&#233;sistance.
Apr&#232;s sept mois de transit, direction l'Autriche. Il y restera
cinquante-deux mois, et ne reverra pas Gardanne avant le
14 mai... 1945.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;Je recevais des nouvelles de ma femme et de ma petite fille,
mais les lettres &#233;taient censur&#233;es, bien entendu. On &#233;tait au
courant de rien, et surtout pas de combien de temps &#231;a allait
durer.&#8221; Commence alors une existence &#233;trange, quasiment
coup&#233; du reste du monde, dans les vall&#233;es autrichiennes.
Quatorze mois dans une caserne viennoise, trois mois &#224; la
mine, deux mois chez un minotier, et quelques saisons dans
des fermes. Et surtout, huit mois chez un horticulteur dans
la petite ville de Braunau am Inn, pr&#232;s de la fronti&#232;re bavaroise : &#8220;c'est ainsi qu'un jour, je suis entr&#233; dans la maison
natale de Hitler, qui &#233;tait transform&#233;e en mus&#233;e...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et Louis raconte encore les Belges et les Italiens qui, &#224; partir
de 1943, ont rejoint les prisonniers fran&#231;ais dans les fermes,
l'effroyable mis&#232;re des Russes qui mourraient de faim et
avec qui il &#233;tait strictement interdit de fraterniser... &lt;i&gt;&#8220;Je me
souviens d'un pilote am&#233;ricain abattu en f&#233;vrier 1945, c'&#233;tait
le premier que je voyais, il &#233;tait tr&#232;s jeune, 18-19 ans peut&#234;tre.
On l'a enterr&#233; dans notre village&#8221;&lt;/i&gt;. Et puis, enfin, la
lib&#233;ration, le 2 mai, et le retour en France &#224; bord d'un Dakota.
&lt;i&gt;&#8220;En juin 44, quand on avait appris le d&#233;barquement de
Normandie, je me disais qu'on en aurait encore pour un an.
Je ne m'&#233;tais gu&#232;re tromp&#233;...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la mine
embauchait tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De la p&#233;riode de la zone libre, puis de l'occupation allemande,
de la R&#233;sistance et de la lib&#233;ration de Gardanne,
Louis n'en sait que ce qu'ont pu lui raconter ceux qui sont
rest&#233;s, comme son ami Henri Ranguis. Originaire des Hautes
Alpes et arriv&#233; &#224; Gardanne en 1929, il travaille dans la Grande
Epicerie Marseillaise au moment de la d&#233;claration de
guerre. Pour &#233;chapper au Service du Travail Obligatoire, il est requis &#224; la mine comme tant d'autres. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;J'y suis rest&#233; 27
ans. J'avais une bonne place, m&#234;me si on travaillait tous les
dimanches... Des pharmaciens, des docteurs, des avocats
descendaient &#224; la mine pour ne pas partir. Beaucoup &#233;taient
embauch&#233;s mais ne travaillaient pas, c'&#233;tait une planque.
A la lib&#233;ration, ceux-l&#224; ont repris leur activit&#233; d'avant-guerre,
on ne les a plus revus.&#8221;&lt;/i&gt; A partir de l'occupation de la
zone sud, l'atmosph&#232;re en ville s'alourdit, les innombrables
sabotages &#224; la mine ou &#224; l'usine d'alumine inqui&#232;tent les
Allemands qui multiplient les contr&#244;les. &lt;i&gt;&#8220;On les avait sur
le dos en permanence. Combien de fois j'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, de
nuit, le fusil sur la poitrine...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut ici rendre hommage au v&#233;ritable travail de sape ex&#233;cut&#233;
par les r&#233;sistants de tout bord, qui ont, pendant les vingt
et un mois d'occupation de la zone sud, retard&#233;, contrari&#233;,
d&#233;t&#233;rior&#233; ou d&#233;tourn&#233; la production d'alumine &#224; Gardanne,
de charbon &#224; Meyreuil ou de ciment &#224; Valdonne, qui alimentait
&#224; jets continus la machine de guerre allemande. Un
travail de fourmi, obscur et dangereux, qui allait s'intensifier
au fil des mois pour culminer au printemps 1944 et rendre
la situation invivable aux occupants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'acide
dans les moteurs&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans son livre &lt;i&gt;La R&#233;sistance, notre
combat&lt;/i&gt;, Jean-
Maurice Claverie cite les propos d'un
mineur espagnol, responsable d'un
groupe MOI (Main d'Oeuvre Immigr&#233;e),
Emilio Berrocal : &lt;i&gt;&#8220;il ne se passait
pas de jour sans que nous
intervenions sur le mat&#233;riel : ainsi
les c&#226;bles qui tiraient les wagonnets
qui, malgr&#233; leur &#233;paisseur qui &#233;tait
de cinq &#224; six centim&#232;tres, &#233;taient habilement sectionn&#233;s en
partie, pour casser alors que le convoi &#233;tait en marche. Chacun
de nous poss&#233;dait une petite hache et c'est avec celleci
que nous coupions, dans de multiples endroits les tapis
roulants qui amenaient le charbon aux wagonnets. Un jour,
nous avions r&#233;ussi &#224; paralyser pour la journ&#233;e la cage qui
emmenait le personnel de la mine ainsi que les mat&#233;riaux
pour les multiples travaux de fond&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;j&#224;, en 1941, &#224; l'usine d'alumine, un ouvrier graisseur de
nuit avait r&#233;ussi un coup d'&#233;clat, en mettant hors service 233
petits moteurs &#233;lectriques en introduisant dans leurs paliers
un subtil cocktail de p&#226;te &#224; roder et de limaille, assaisonn&#233;
&#224; l'acide. Le sommet est atteint avec la destruction des autoclaves
de l'usine d'alumine dans la nuit du &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/5-mars-1944-l-incroyable-sabotage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;5 mars 1944&lt;/a&gt; par
des maquisards des Basses-Alpes renseign&#233;s par Victor Savine. Un pyl&#244;ne de la ligne
de haute tension qui passe au Canet de Meyreuil et qui alimente
l'usine saute &#224; la fin du m&#234;me mois. Ceux de la cimenterie
de Valdonne sont d&#233;truits &#224; la dynamite en mai. Le 14
juillet est &#8220;f&#234;t&#233;&#8221; comme il se doit par la destruction d'un pont
par un ancien mineur, Fran&#231;ois Sachetti. C'est un pont m&#233;tallique
&#224; Meyreuil, et seize kilos (!) de plastic l'allongent pour
le compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nancy a le torticolis&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut dire qu'&#224; ce moment-l&#224;, l'op&#233;ration Overlord (le d&#233;barquement
du 6 juin en Normandie) a d&#233;j&#224; eu lieu et que tous
attendent avec impatience ce que le Proven&#231;al appelle &#8220;le
jour J de la Provence&#8221;. Initialement, les
deux d&#233;barquements devaient se d&#233;rouler le m&#234;me jour, fin
mai 1944. Retard&#233; de plus de deux mois par la campagne
d'Italie, celui de la Provence ne d&#233;butera que dans la nuit du
14 au 15 ao&#251;t, jour de l'Assomption. Le 14 au soir, dans les
messages personnels transmis habituellement par la BBC,
se cachent quatre phrases d'alerte. Les trois premi&#232;res -&#8220;la
burette coule&#8221;, &#8220;le bombardement &#233;tourdit&#8221; et &#8220;le chasseur
est affam&#233;&#8221;- sont quelque peu tomb&#233;es dans l'oubli. En
revanche, celle qui devait annoncer la gu&#233;rilla g&#233;n&#233;ralis&#233;e -&#8220;Nancy a le torticolis- est rest&#233;e dans toutes les m&#233;moires.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#8220;Le 15 ao&#251;t, j'&#233;tais rue Ledru-Rollin, derri&#232;re la mairie, on
apprenait le maniement de la mitraillette Stein. D'un seul
coup, on a entendu crier &#8220;les Allemands ramassent tous
les jeunes !&#8221; Le d&#233;barquement de Provence venait d'avoir
lieu, on l'a su par la rumeur publique. On est all&#233; se cacher
dans la colline.&#8221;&lt;/i&gt; Arthur Manouelian, 72 ans, revit ces heures
cruciales comme si elles avaient eu lieu il y a trois mois.
Apr&#232;s avoir travaill&#233; chez un entrepreneur en ma&#231;onnerie,
il se retrouve dans un chantier de jeunesse en 1942, au Canet
des Maures. &lt;i&gt;&#8220;Au chantier, tous les sup&#233;rieurs &#233;taient favorables
au gouvernement. Nous, on &#233;tait
d&#233;j&#224; choqu&#233;s par l'armistice, mais on
faisait plus ou moins confiance au mar&#233;chal.
Jusqu'au jour o&#249; on nous a fait
mettre au garde &#224; vous devant la radio
qui diffusait le discours de Laval, qui
disait : je souhaite la victoire de l'Allemagne&#8221;&lt;/i&gt;.
C'&#233;tait le 22 juin 1942, et ce
jour-l&#224;, les derniers doutes que ces jeunes
pouvaient nourrir sur la nature de l'Etat
fran&#231;ais s'envolent d&#233;finitivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On montait au Cativeau
pour voir les bombardiers&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De retour &#224; Gardanne, c'est l'embauche
&#224; l'usine d'alumine. &lt;i&gt;&#8220;Les rafles se multipliaient
pour le STO, soit-disant pour
&#233;changer des prisonniers. Plusieurs fois j'ai re&#231;u des feuilles de route. Bien s&#251;r, je ne voulais pas partir,
et je les br&#251;lais &#224; chaque fois.&#8221;&lt;/i&gt; Arthur rejoint alors la
R&#233;sistance et se retrouve dans un r&#233;seau, celui de l'ORA
(Oraganisation de R&#233;sistance de l'Arm&#233;e), dirig&#233; par Jean
Perrin. La mission : surveiller les Allemands, espionner les
terrains d'aviation, sabotage dans l'usine. &lt;i&gt;&#8220;Du petit boulot
en permanence. D'autres se chargeaient de modifier la destination
des wagons d'alumine, qui se perdaient vers la Bretagne
ou Bordeaux au lieu de se retrouver en Allemagne.&#8221;&lt;/i&gt;
Et toujours les contr&#244;les sur le Cours, les rafles &#224; la Maison
du Peuple. &lt;i&gt;&#8220;Les &#233;trangers partaient et ne revenaient pas&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand Marseille est bombard&#233;e par les Am&#233;ricains le 27 mai
1944, les Gardannais voient passer au dessus de leur t&#234;te les
250 bombardiers anglo-am&#233;ricains dans un bruit de tonnerre,
pendant que la m&#233;tropole, juste derri&#232;re la cha&#238;ne de
l'Etoile, est &#233;cras&#233;e sous un tapis de bombes. &lt;i&gt;&#8220;Nous, les
jeunes, on &#233;tait passionn&#233;s d'aviation, on montait au Cativeau
pour mieux voir, pas question de se terrer dans les caves.
La seule fois o&#249; j'y suis descendu, c'&#233;tait &#224; Marseille, pendant
une alerte, quinze jours apr&#232;s ce 27 mai. Je n'ai jamais
eu aussi peur de ma vie !&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis vient le 15 ao&#251;t. &lt;i&gt;&#8220;A ce moment-l&#224;, on se pr&#233;parait &#224; se
battre longtemps. Et puis tout s'est pr&#233;cipit&#233;. Le mardi, les
Alli&#233;s d&#233;barquaient dans le Var, le lundi suivant ils &#233;taient
d&#233;j&#224; l&#224;.&#8221;&lt;/i&gt; Entre temps, les occupants ont sagement battu en
retraite. &lt;i&gt;&#8220;C'&#233;tait &#224; la 19&#232;me arm&#233;e allemande qu'on avait
affaire. Il y avait beaucoup de Russes, de G&#233;orgiens, et ils
n'&#233;taient pas tr&#232;s motiv&#233;s&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout Gardanne tremblait&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Joseph Barre, artisan peintre (il &#233;tait notamment charg&#233; de
peindre en bleu les fen&#234;tres &#224; cause du couvre-feu), habitait
alors au 32, cours de la R&#233;publique. Il raconte : &lt;i&gt;&#8220;Le 19, les
Allemands commen&#231;aient &#224; partir et ils avaient besoin de
v&#233;hicules, ils fauchaient tous les v&#233;los qu'ils pouvaient. A
un moment, j'ai vu un jeune Allemand s'approcher avec son
cheval. A mon coll&#232;gue et &#224; moi, il nous a dit en fran&#231;ais :
&#034;je suis Alsacien, je ne veux plus me battre. Je vous donne
mon cheval en &#233;change de v&#234;tements civils&#034;. On a dit non,
c'&#233;tait trop risqu&#233;.&#8221;&lt;/i&gt; Le matin du 21, Gardanne est une ville
morte. Les gendarmes ont fait &#233;vacuer les habitants par
crainte d'un bombardement de l'usine d'alumine.&lt;br class='manualbr' /&gt;A l'aube, trois petits obus sont tir&#233;s par les Am&#233;ricains. L'un
tombe pr&#232;s de l'ancienne Caisse d'Epargne, un autre &#224; l'angle
de la rue Thiers, un dernier se fiche dans un platane devant
la mairie. Quelques minutes plus tard, des parlementaires &#224;
moto s'en vont &#224; la rencontre des Am&#233;ricains. &lt;i&gt;&#8220;Il y avait
un cur&#233; &#224; l'arri&#232;re, avec sa robe noire et un drapeau blanc&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;A ce moment-l&#224;, il ne reste plus que cinq Gardannais au
centre-ville, dont Joseph Barre, son fils Henri, 11 ans, et le
fr&#232;re de Victor Savine. &lt;i&gt;&#8220;Les premiers Am&#233;ricains arrivent
par la route de Gr&#233;asque (l'actuelle avenue L&#233;o-Lagrange,
NDLR). Ils avaient d&#251; passer &#224; travers champs. C'&#233;tait des
fantassins, ils avaient le fusil au bras comme s'ils allaient &#224; la chasse. Nous les avons embrass&#233;,
puis j'ai couru prendre mon appareil
photo. Ils &#233;taient tr&#232;s fatigu&#233;s, ils
se sont assis sur le trottoir. C'&#233;tait &#224;
peu pr&#232;s huit heures.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Dix minutes
apr&#232;s, la ville se remplit subitement.
Les jeeps entrent en ville par le quartier
Saint-Roch, puis, un peu plus tard,
les blind&#233;s. &lt;i&gt;&#8220;Tout Gardanne tremblait
quand les chars sont pass&#233;s,
raconte Henri Ranguis, ils &#233;taient
une trentaine&#8221;&lt;/i&gt;. C'est &#233;videmment
l'euphorie, les cloches sonnent &#224; la vol&#233;e, les chewing-gums,
les cigarettes et le chocolat pleuvent. &lt;i&gt;&#8220;Ils donnaient de tout,
du whisky entre autres, je me souviens qu'un mineur en a bu
un demi-litre. Il en est mort&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les instructions du gouvernement
provisoire de la R&#233;publique...&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le m&#234;me jour, la municipalit&#233; dirig&#233;e par Jules Goulet (nomm&#233;
par Vichy en 1941) est chass&#233;e par les hommes de Victor
Savine qui retrouve ses fonctions de maire &#224; la t&#234;te de la
d&#233;l&#233;gation municipale. Dans un document publi&#233; par la revue
municipale de Gardanne en 1984, on apprend comment celui
qui occupa le fauteuil de maire pendant trente-neuf ans fut
intronis&#233; : &#8220;Pendant l'occupation allemande un comit&#233; local
de lib&#233;ration clandestin s'est constitu&#233;. Les instructions du
Gouvernement Provisoire de la R&#233;publique &#224; Alger et le
Comit&#233; National de Lib&#233;ration avaient d&#233;fini et d&#233;cid&#233; comment
les comit&#233;s locaux devaient &#234;tre compos&#233;s. A Gardanne,
c'est Victor Savine, repr&#233;sentant pour les centres
miniers du MUR (mouvements unis de la R&#233;sistance) qui
avait mandat de l'organiser.&#8221; En 1971, &#224; la fin de son dernier
mandat, il expliquait lui-m&#234;me son r&#244;le &#224; la Lib&#233;ration :
&lt;i&gt;&#8220;Certes, je n'ai pas pu tout emp&#234;cher ; mais j'ai limit&#233; les
repr&#233;sailles qui &#233;taient parfois des rancunes personnelles
(...). J'ai &#233;vit&#233; le pire et sauv&#233; la vie de bien des personnes...
Fran&#231;ais ou Arm&#233;niens. A Gardanne, il n'y a pas eu pour
ainsi dire de repr&#233;sailles contre ceux qui &#233;taient pour le r&#233;gime
de Vichy ; l&#224;, j'ai rendu le Bien pour le Mal.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand bazar du R&#233;altor&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les Am&#233;ricains ne s'&#233;ternisent pas &#224; Gardanne. &lt;i&gt;&#8220;Ils sont
rest&#233;s un jour, apr&#232;s ils se sont install&#233;s dans un camp au
R&#233;altor. Ils venaient danser ici, certains ont fait des affaires,
se souvient Henri Ranguis. Moi, j'allais l&#224;-bas chercher des
outils, des chalumeaux, des marteaux... Une fois, on y est
all&#233; avec un camion et on a r&#233;cup&#233;r&#233; un &#233;tabli avec douze
tiroirs. On trouvait aussi des pantalons, des chemises...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Joseph Barre revoit &lt;i&gt;&#8220;une v&#233;ritable petite ville, avec tout ce
qu'il fallait. Du mat&#233;riel, de la nourriture, ils en avaient bien
plus que n&#233;cessaire... C'&#233;tait un immense trafic.&#8221;&lt;/i&gt; Henri, son
fils, se m&#233;fiait tout particuli&#232;rement de la MP, la police militaire,
qui veillait au grain. &lt;i&gt;&#8220;Une fois, avec un copain, on s'est
fait prendre sur la route. On leur a dit qu'on &#233;tait de Gardanne,
alors ils nous ont envoy&#233; &#224; Berre...&#8221;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Gardanne est lib&#233;r&#233;e, mais la guerre n'est pas finie. Les
troupes allemandes retranch&#233;es dans Marseille tiendront
encore une semaine avant de se rendre au g&#233;n&#233;ral de Monsabert.
Dans le bassin minier, les FFI et les FTPF veulent
continuer le combat. Certains s'engagent individuellement
dans les arm&#233;es fran&#231;aises de passage. D'autres se regroupent
et rejoignent &#224; Aix le bataillon FFI de Provence. Ces
cinquante-l&#224; s'illustreront pendant plusieurs mois et resteront
dans les m&#233;moires sous le nom de commando Courson.
Mais c'est d&#233;j&#224; une autre histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/21-aout-1944-libres-enfin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour au dossier &lt;i&gt;21 ao&#251;t 1944 : libres, enfin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils n'ont pas vu
Gardanne lib&#233;r&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la lib&#233;ration de Gardanne n'a pas donn&#233;
lieu &#224; de violents affrontements, deux civils sont morts
ce jour-l&#224;, derni&#232;res victimes de la folie des hommes.
Il s'agit de Laurent Biancotto, qui n'avait pas dixneuf
ans, et Jean Gautier, qui en avait soixantequatorze.
Cinq jours avant, un bombardement alli&#233;
sur la gare avait co&#251;t&#233; la vie &#224; Fortun&#233; Gautier
(quarante-quatre ans), Mickael Lovezanin (vingt-et
un ans) et Michel Tassone (trente-huit ans). Ceux-l&#224;,
et tous ceux dont le nom est grav&#233; sur le monument
aux morts du cimeti&#232;re et qui sont tomb&#233;s les armes
&#224; la main, resteront pour toujours dans le coeur des
Gardannais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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