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	<title>imaginaires</title>
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	<description>Pour me contacter, voir le site brunocolombari.fr</description>
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		<title>Un pays qui se tient sage</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Si l'&#233;pisode des Gilets jaunes semble loin, recouvert par la pand&#233;mie de Covid, le film de David Dufresne sert de piq&#251;re de rappel sur la fa&#231;on dont l'Etat a g&#233;r&#233; la plus grande crise sociale du 21&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton799-9bbea.jpg?1732181192' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'&#233;pisode des Gilets jaunes semble loin, recouvert par la pand&#233;mie de Covid, le film de David Dufresne sert de piq&#251;re de rappel sur la fa&#231;on dont l'Etat a g&#233;r&#233; la plus grande crise sociale du 21&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le troisi&#232;me volet du travail indispensable de David Dufresne, journaliste ind&#233;pendant, sur la fa&#231;on dont la police a g&#233;r&#233; le mouvement des Gilets Jaunes entre novembre 2018 et f&#233;vrier 2020. Le premier volet est une longue s&#233;rie de signalements sur Twitter avec le hashtag #AlloPlaceBeauvau (mis en forme &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de Mediapart&lt;/a&gt;), le second est un roman, &lt;i&gt;Derni&#232;re sommation&lt;/i&gt; (Grasset). Le troisi&#232;me est donc ce documentaire qui raconte un bout d'histoire de France, quinze mois incandescents marqu&#233;s par des manifestations chaque samedi et un niveau de violence polici&#232;re in&#233;dit en France depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, l'&#233;pid&#233;mie de Covid est pass&#233;e et a recouvert cet &#233;pisode quasi insurrectionnel, qui a vu le pouvoir vaciller au bord du gouffre, d'une strate historique encore plus marquante avec, &#224; ce jour, ses 34 000 morts et ces centaines de milliers de personnes malades, ses deux mois de confinement et l'impression d'une immense improvisation &#224; tous les niveaux de d&#233;cision de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1898 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/un_pays_aff-8b1e8.jpg?1732122105' height='667' width='500' alt='JPEG - 70.5 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que la sortie de &lt;i&gt;Un pays qui se tient sage&lt;/i&gt;, fin septembre, arrive comme une piq&#251;re de rappel : si l'on consid&#232;re que le Grand d&#233;bat national du printemps 2019 (qui a vite tourn&#233; &#224; une s&#233;rie de monologues d'un pr&#233;sident debout au milieu d'une assembl&#233;e de citoyens assis) n'a rien r&#233;gl&#233;, et que la Convention citoyenne pour le climat et ses 150 Fran&#231;ais tir&#233;s au sort a vu ses propositions poubellis&#233;es avec d&#233;sinvolture, le mouvement populaire repartira aussit&#244;t la parenth&#232;se Covid referm&#233;e, probablement avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2022.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;24 intervenants, un fond noir, pas de sous-titre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme David Dufresne ne fait rien comme tout le monde (il l'a prouv&#233; avec &lt;i&gt;Prison Valley&lt;/i&gt;, 2010 et &lt;i&gt;Fort MacMoney&lt;/i&gt;, 2013), le dispositif de son documentaire est d&#233;routant : les images d'archives, pour la plupart tourn&#233;es sur smartphone au c&#339;ur des manifestations, sont vues et comment&#233;es par 24 intervenants film&#233;s de pr&#232;s sur fond noir, et qui sont mis en situation de conversation, deux &#224; deux. Enfin, aucun sous-titrage ne vient indiquer qui ils sont et quel est leur statut : on ne l'apprend qu'au moment du g&#233;n&#233;rique. &#171; Si je pr&#233;cise que Untel est secr&#233;taire national de Alliance Police nationale, que Unetelle est chercheuse, qu'un autre est avocat, etc., le spectateur va plaquer d'embl&#233;e ses opinions pr&#233; con&#231;ues sur la parole de l'intervenant, avant m&#234;me que ce dernier ne prononce sa premi&#232;re phrase &#187;, explique David Dufresne. &#171; &#199;a, ce n'est pas le d&#233;bat. L'id&#233;e de ne pas d&#233;signer d'embl&#233;e qui parle &#8212; m&#234;me si certains donnent facilement des indices sur qui ils sont &#8212; c'est de dire au spectateur : &#233;coutez tout le monde sans pr&#233;juger, et ensuite, vous verrez qui a parl&#233;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1897 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH294/un-pays-arc-de-triomphe-d21de.jpg?1732122105' height='294' width='500' alt='JPEG - 82.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Autre avantage du dispositif : il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; les savants (historiens, sociologue, avocat&#8230;) et de l'autre les gens d'en bas (cariste, chauffeur routier, plombier, policier). Tous sont trait&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on. Ce que dit Michel Forst, rapporteur sp&#233;cial des Nations Unies, a le m&#234;me impact que le t&#233;moignage de M&#233;lanie N'goy&#233;-Gaham, travailleuse sociale. Et ce que dit Bertrand Cavallier, g&#233;n&#233;ral de gendarmerie, est aussi important &#224; entendre que les propos d'Alain Damasio, &#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ont &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la fameuse phrase de Max Weber, g&#233;n&#233;ralement cit&#233;e n'importe comment, et dont le texte originel est le suivant : &#171; l'Etat revendique pour son propre compte le monopole de la violence physique l&#233;gitime &#187;. Or, au service de qui est la police r&#233;publicaine ? Au service du peuple, ou de l'Etat ? &#187; se demande Monique Chemillier-Gendreau, professeur de droit public. Dit autrement, &#171; Quel ordre prot&#232;ge les forces de l'ordre ? &#187; comme l'exprime l'historienne Ludivine Bantigny ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me pour Alliance Police, c'est inacceptable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le montage est lui aussi cruel. C'est une chose que d'apercevoir sur un &#233;cran de t&#233;l&#233;phone, sans trop oser les regarder, les vid&#233;os, atroces, de manifestants mutil&#233;s et hurlant de douleur. C'en est une autre de les voir sur un grand &#233;cran de cin&#233;ma. La sauvagerie polici&#232;re lors de l'attaque du Burger King, le 1er d&#233;cembre 2018, &#224; Paris, &#233;clate sans filtre &#224; tel point que Beno&#238;t Barret, secr&#233;taire national d'Alliance Police, cherche ses mots et finit par l&#226;cher : &#171; c'est inacceptable &#187;. Ce qui n'emp&#234;che pas Emmanuel Macron de dire, le 7 mars 2019, &#171; ne parlez pas de r&#233;pression, de violences polici&#232;res, c'est inacceptable dans un &#233;tat de droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, Monique Chemillier-Gendreau lit le texte de Don Helder Camara sur les trois violences : &#171; Il y a trois sortes de violence. La premi&#232;re est la violence institutionnelle, celle qui l&#233;galise et perp&#233;tue les dominations, les oppressions et les exploitations [&#8230;] La seconde est la violence r&#233;volutionnaire, qui na&#238;t de la volont&#233; d'abolir la premi&#232;re. La troisi&#232;me est la violence r&#233;pressive, qui a pour objet d'&#233;touffer la seconde en se faisant l'auxiliaire et la complice de la premi&#232;re violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n'y a pas de pire hypocrisie de n'appeler violence que la seconde, en feignant d'oublier la premi&#232;re, qui la fait na&#238;tre, et la troisi&#232;me qui la tue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait mieux dire.&lt;/p&gt;
&lt;iframe title=&#034;vimeo-player&#034; src=&#034;https://player.vimeo.com/video/434757029&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;345&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>J'veux du soleil !</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Comme les gilets jaunes rencontr&#233;s au cours d'un long p&#233;riple du nord au sud, Fran&#231;ois Ruffin a fini par trouver le soleil tant recherch&#233;. Et c'est maintenant que le printemps arrive...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/arton789-fa656.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme les gilets jaunes rencontr&#233;s au cours d'un long p&#233;riple du nord au sud, Fran&#231;ois Ruffin a fini par trouver le soleil tant recherch&#233;. Et c'est maintenant que le printemps arrive...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but mars, Fran&#231;ois Ruffin est pass&#233; par Gardanne, o&#249; il a ses habitudes. Venu pour pr&#233;senter son film &lt;i&gt;J'veux du soleil !&lt;/i&gt; en avant-premi&#232;re, il avait fait un d&#233;tour par Biver le matin m&#234;me pour disputer un match tout ce qu'il y a d'amical entre une &#233;quipe de gilets jaunes et des v&#233;t&#233;rans biv&#233;rois, anim&#233; par une fanfare en tribune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On n'a pas tout les jours l'occasion de faire un foot-fanfare au soleil ! Nous on le veut, le soleil, vous l'avez. Il faut r&#233;partir mieux les richesses pour que tout le monde ait droit au bonheur et au soleil. C'est pour &#231;a que je fais de la politique. Je suis heureux quand on vit des moments de surprise, des moments in&#233;dits. A travers le film, &#224; travers le foot, &#224; travers les interventions &#224; l'Assembl&#233;e nationale, pour qu'on s'emmerde pas dans la vie. La politique, elle se fait par les liens que les gens tissent entre eux. C'est le plus grand mode de r&#233;sistance anticapitaliste, qui ne se voit pas. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1889 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/ruffin_biver_800-5f46e.jpg?1732460680' height='375' width='500' alt='JPEG - 173 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Comme les places pour l'avant-premi&#232;re &#233;taient parties en deux heures sur Facebook trois semaines auparavant (et que Facebook est un endroit que je ne fr&#233;quente pas), je n'ai pu voir le film qu'un mois plus tard, apr&#232;s sa sortie en salles. Et apr&#232;s avoir lu le livre &lt;i&gt;Ce pays que tu ne connais pas&lt;/i&gt; (&#233;ditions Les Ar&#232;nes).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une inversion de la qualit&#233; d'image&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;tonnant dans le documentaire de Gilles Perret (c'est lui qui est &#224; la cam&#233;ra, Ruffin &#233;tant &#224; l'image, les deux constituant l'&#233;quipe compl&#232;te de tournage). C'est une inversion de la qualit&#233; d'images. Celles des gilets jaunes sont propres, bien cadr&#233;es, &#224; la bonne distance. Celles des extraits des interventions de Macron et des plateaux t&#233;l&#233; sont de basse qualit&#233;, r&#233;cup&#233;r&#233;es visiblement sur Internet avec une r&#233;solution bien inf&#233;rieure &#224; celle du tournage, laides comme de mauvaises VHS des ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/9kUBX4TtD2E&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#233;videmment l'inverse de ce qu'on a l'habitude de voir : des images du pr&#233;sident tir&#233;es au cordeau, des plateaux t&#233;l&#233; lumineux et bard&#233;s d'&#233;crans immenses, et en face des images des gilets jaunes tourn&#233;es au portable, mal cadr&#233;es, les CRS ayant une pr&#233;dilection pour taper sur ceux qui les filment (entre autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu comme si la grandeur d'&#226;me des porteurs de gilets fluo et l'&#233;troitesse d'esprits des porteurs de cravate avaient contamin&#233; l'image. D&#233;j&#224; insupportables en temps normal, le m&#233;pris et la haine de classe du pr&#233;sident de la R&#233;publique sautent ici aux yeux tant le contraste avec les t&#233;moignages des gilets jaunes est d&#233;vastateur. En ce sens, &lt;i&gt;J'veux du soleil&lt;/i&gt; est un film profond&#233;ment politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un pur moment de cin&#233;ma&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi dans ce documentaire tourn&#233; en une semaine, qui commence sous la pluie froide d'Amiens et qui s'ach&#232;ve sur une plage de M&#233;diterran&#233;e, un pur moment de cin&#233;ma. C'est dans les dix derni&#232;res minutes quand, en vertu du droit &#224; l'esth&#233;tique et au bonheur dont parle Fran&#231;ois Ruffin, le soleil d'hiver et le bruit des vagues sur une plage d&#233;serte succ&#232;dent aux ronds points glac&#233;s, aux villages &#224; l'abandon, aux p&#233;ages d'autoroute en pleine nuit et aux parkings de supermarch&#233;s b&#233;tonn&#233;s &#224; perte de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette plage, il y a Marie, une de ces femmes h&#233;ro&#239;ques comme on en a vues tant d'autres dans le film, ces femmes aux vies bris&#233;es et recoll&#233;es tant bien que mal et bris&#233;es encore, mais qui jamais ne s'avouent vaincues. Marie chante &#224; capella la ritournelle nostalgique du groupe &lt;i&gt;Au p'tit bonheur&lt;/i&gt;, et ces mots prennent un sens nouveau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'veux faire danser Maman&lt;br class='manualbr' /&gt;Au son clair des grillons&lt;br class='manualbr' /&gt;J'veux retrouver mon sourire d'enfant&lt;br class='manualbr' /&gt;Perdu dans le tourbillon&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans le tourbillon de la vie&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui fait que l'on oublie&lt;br class='manualbr' /&gt;Que l'on est rest&#233; des m&#244;mes&lt;br class='manualbr' /&gt;Bien au fond de nos abris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne-l&#224; est somptueuse, &#224; la fois l&#233;g&#232;re, poignante, rageuse et profond&#233;ment humaine. C'est tout le m&#233;rite de Fran&#231;ois Ruffin de l'avoir provoqu&#233;e au gr&#233; des rencontres et des circonstances, et tout le talent de Gilles Perret de l'avoir si bien film&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Senses</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Senses</link>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dans un tableau en cinq parties et quatre personnages de femmes, Hamaguchi part de l'intime et va &#224; l'universel. Senses est dans la lign&#233;e du D&#233;calogue de Kieslowski.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton778-596e7.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un tableau en cinq parties et quatre personnages de femmes, Hamaguchi part de l'intime et va &#224; l'universel. Senses est dans la lign&#233;e du D&#233;calogue de Kieslowski.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que Senses soit pr&#233;sent&#233; en s&#233;rie (cinq parties de longueur in&#233;gale regroup&#233;es en trois films) est en soi anecdotique, contrairement &#224; ce que pr&#233;tend la campagne de promotion du film : &#171; la premi&#232;re s&#233;rie cin&#233;ma &#187;. Apr&#232;s tout, Krzysztof Kieslowski avait fait mieux avec le D&#233;calogue, il y a trente ans : dix &#233;pisodes regroup&#233;s deux par deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix commandements d'un c&#244;t&#233; (polonais), cinq sens de l'autre (japonais) : le parall&#232;le est tentant et pas si artificiel que &#231;a. Ry&#363;suke Hamaguchi est aussi brillant que son a&#238;n&#233; europ&#233;en pour montrer l'indicible, pour filmer des sentiments qui ne s'expriment pas et pour d&#233;tourner les propres r&#232;gles qu'il s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1870 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/hamaguchi-565ec.jpg?1732460680' height='334' width='500' alt='JPEG - 81.8 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Car si chaque &#233;pisode est titr&#233; Voir, Sentir, Toucher, Ecouter et Go&#251;ter, il n'est pas question d'illustrer &#224; la lettre chacun des cinq sens. Mais plut&#244;t d'observer comment le carcan de la soci&#233;t&#233; japonaise avec ses rites, ses codes, l'interdiction d'exprimer clairement ses sentiments, peut voler en &#233;clats d&#232;s que l'un (en l'occurrence l'une) d&#233;cide de ne plus jouer le jeu et de sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout, bien entendu, est fait avec une grande &#233;conomie de moyens : pas besoin d'effets sp&#233;ciaux quand on filme trois femmes assises dans un caf&#233; et parlant &#224; l'&#233;poux d'une quatri&#232;me qui la cherche partout. A la place, un sens du cadre, du point de vue, de la sym&#233;trie, qui vient souligner les propos &#233;changer ou les contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'&#233;tait au d&#233;but que des rencontres anodines et conviviales entre quatre femmes de 30 &#224; 40 ans va devenir pour elles l'occasion de faire le bilan de leurs vies, de ce qui leur manque, d'un amour qui s'&#233;tiole au quotidien et d'une indiff&#233;rence grandissante vis-&#224;-vie d'un conjoint qui les ignore ou les utilise.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1871 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/senses-4-actrices-00386.jpg?1732460680' height='281' width='500' alt='JPEG - 80.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi qu'on voit appara&#238;tre les l&#233;zardes dans ces attitudes polic&#233;es, ces remerciements et ces excuses prononc&#233;es machinalement et qui en perdent tout leur sens. Bouscul&#233;es par le d&#233;part d'une d'entre elles, Jun, en pleine proc&#233;dure de divorce, Akari, Sakurako et Fumi contemplent avec horreur le champ de ruines de leur vie affective. Et, comme le monde ne s'est pas arr&#234;t&#233; de tourner apr&#232;s la fuite de Jun, pourquoi ne pas renverser la table elles aussi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construit autour de grandes sc&#232;nes fondatrices - un atelier de travail sur soi passant par le contact physique, le tribunal o&#249; est jug&#233; le divorce de Jun, la lecture publique d'une jeune romanci&#232;re qui aurait une liaison avec son &#233;diteur - Senses parle finalement autant des hommes que des femmes, d&#233;voilant des failles b&#233;antes l&#224; o&#249; il n'y avait au d&#233;but que certitudes et machisme assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On attend maintenant avec impatience et beaucoup de curiosit&#233; le nouveau film de Ry&#363;suke Hamaguchi, pr&#233;sent&#233; il y a quelques semaines &#224; Cannes. Asako I &amp; II sortira en salles le 3 octobre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/LiGvRzPjuCg&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lire l'interview du r&#233;alisateur sur le site &lt;a href=&#034;http://www.filmdeculte.com/people/entretien/Entretien-avec-Ryusuke-Hamaguchi-21834.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Filmdeculte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Solo</title>
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		<dc:date>2018-05-30T19:29:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Desservi par un sc&#233;nario trop l&#233;ger et un acteur principal sans charisme, ce Solo est plut&#244;t d&#233;cevant, m&#234;me si certaines sc&#232;nes sont visuellement tr&#232;s belles. Pour le reste, trop de war et pas assez de stars.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton774-6181d.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Desservi par un sc&#233;nario trop l&#233;ger et un acteur principal sans charisme, ce Solo est plut&#244;t d&#233;cevant, m&#234;me si certaines sc&#232;nes sont visuellement tr&#232;s belles. Pour le reste, trop de war et pas assez de stars.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emball&#233; par le premier volet du spin-off, &lt;a href='https://imaginaires.brunocolombari.fr/Rogue-One' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Rogue One&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, mais d&#233;&#231;u par &lt;i&gt;Les Derniers Jedi&lt;/i&gt; sorti il y a cinq mois, on allait volontiers voir ce Solo plut&#244;t prometteur. D'autant que le personnage incarn&#233; par Harrison Ford &#233;tait de loin le plus riche de la trilogie originelle, &#224; tel point que son sacrifice, &#224; la fin du R&#233;veil de la Force, avait &#233;t&#233; un cr&#232;ve-c&#339;ur (et un suicide sc&#233;naristique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est pas Harrison Ford qui veut. Et en tout cas pas Alden Ehrenreich, qui a toutes les peines du monde &#224; exister, &#224; tel point que ce brave Chewbacca semble sans arr&#234;t se demander qui est ce type et ce qu'il fait l&#224;. Solo n'est pas compl&#232;tement rat&#233;, mais manque d'inventivit&#233;, de po&#233;sie, et son humour tombe &#224; plat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage, car certaines sc&#232;nes sont visuellement tr&#232;s belles, comme la rencontre entre Solo et la peluche g&#233;ante qui va devenir son copilote, dans un passage qui fait penser au &lt;i&gt;Spartacus&lt;/i&gt; de Kubrick : plut&#244;t que de s'entretuer, si les opprim&#233;s unissaient leurs forces contre leurs oppresseurs, ces derniers n'auraient plus qu'&#224; plier bagage vite fait. Le combat autour du train &#233;voque le &lt;i&gt;Transperceneige&lt;/i&gt;, et les sc&#232;nes de guerre d'infanterie dans les tranch&#233;es citent ouvertement un autre Kubrick, &lt;i&gt;Les sentiers de la gloire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solo&lt;/i&gt; lorgne aussi ouvertement du c&#244;t&#233; du western, avec une sc&#232;ne apais&#233;e autour d'un bivouac au cr&#233;puscule et un face-&#224;-face la main sur la crosse du pistolet, pr&#234;t &#224; d&#233;gainer. On pense enfin &#224; &lt;i&gt;Kill Bill&lt;/i&gt; dans un combat &#224; l'arme blanche.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/vKYTaipSUJ8&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le film de Ron Howard cite nombre d'&#339;uvres qui ont aliment&#233; la culture pop, mais ce n'est pas suffisant pour en faire une histoire qui tienne la route. La qu&#234;te du coaxium, une sorte de compromis entre l'uranium enrichi et la nitroglc&#233;ryne, emm&#232;nera les personnages sur une plan&#232;te transform&#233;e en exploitation mini&#232;re et croiseront sur la route du retour une b&#233;b&#234;te tout droit sortie de Vingt mille lieux sous les mers. Bref, on s'amuse comme on peut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, j'avais choisi comme salle de projection la plus grande d'Europe, celle du Grand Rex &#224; Paris. Sous un magnifique plafond en forme de ciel &#233;toil&#233; parfaitement raccord avec le film, et en d&#233;pit de d&#233;cors lat&#233;raux kitschissimes (sens&#233;s repr&#233;senter la M&#233;diterran&#233;e, ou du moins la repr&#233;sentation que s'en faisait un d&#233;corateur parisien en 1932), l'immense &#233;cran de 300 m&#232;tres carr&#233;s se d&#233;roulant lentement devant le deuxi&#232;me balcon fait son effet. A l'&#233;poque du visionnage de vid&#233;os Youtube sur un &#233;cran de smartphone de cinq pouces, c'est une sensation &#233;tonnante.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1868 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH291/grand-rex-cadf1.jpg?1732460680' height='291' width='500' alt='JPEG - 52.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pentagon Papers</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Pentagon-Papers</link>
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		<dc:date>2018-02-17T10:20:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En relatant l'affaire qui a fissur&#233; l'administration Nixon en 1971, Steven Spielberg r&#233;alise un grand film sur la libert&#233; de la presse et fait &#233;cho &#224; la p&#233;riode contemporaine, celle des Fake News et de Donald Trump.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton768-77953.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En relatant l'affaire qui a fissur&#233; l'administration Nixon en 1971, Steven Spielberg r&#233;alise un grand film sur la libert&#233; de la presse et fait &#233;cho &#224; la p&#233;riode contemporaine, celle des Fake News et de Donald Trump.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le calendrier interpelle, &#233;videmment. En janvier 2017, Donald Trump est investi &#224; la Maison Blanche. En mars, Steven Spielberg entre en n&#233;gociations pour mettre en sc&#232;ne &lt;i&gt;The Post&lt;/i&gt;, &#224; partir d'un sc&#233;nario de Liz Hannah. Le tournage commence fin mai et sort en janvier 2018. Autant dire que &lt;i&gt;Pentagon Papers&lt;/i&gt;, comme tout bon film historique, parle au moins autant de la p&#233;riode contemporaine que du d&#233;but des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant Meryl Streep dans le r&#244;le de Katharine Graham (la propri&#233;taire du journal), on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; Hillary Clinton, que Streep a soutenue en 2016 (comme Spielberg et Tom Hanks, d'ailleurs). Et pas que pour la ressemblance physique : le contraste violent provoqu&#233; par l'arriv&#233;e d'une femme dans un conseil d'administration compos&#233; exclusivement de costards-cravate &#224; gros cigare fait &#233;videmment &#233;cho avec le matraquage m&#233;diatique encaiss&#233; par la candidate d&#233;mocrate et orchestr&#233; par la droite r&#233;actionnaire am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/4MOZPVBmEJE&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que l'analogie s'arr&#234;te l&#224;. Le courage et la d&#233;termination de Katharine Graham (qui risquait la prison et la disparition du journal tout juste cot&#233; en Bourse) n'a rien &#224; voir avec la campagne maladroite et frileuse d'Hillary Clinton qui a r&#233;ussi l'exploit de perdre une &#233;lection imperdable. Si l'on veut faire des comparaisons entre les Etats-Unis de 1971 et ceux de 2018, c'est plut&#244;t du c&#244;t&#233; de la libert&#233; d'informer qu'il faut chercher.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Daniel Ellsberg, le Snowden de 1971&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Pentagon Papers, c'est l'&#233;quivalent des Wikileaks ou plus exactement des documents transmis en 2013 &#224; la presse par le consultant de la NSA Edward Snowden. Mais en 1971, les cl&#233;s USB n'existaient pas, Internet non plus et les communications par mails chiffr&#233;s encore moins. Le premier lanceur d'alerte de l'histoire, Daniel Ellsberg (qui aurait d'ailleurs pu &#234;tre le vrai personnage central du film) a eu recours aux service d'un photocopieur gros comme un camion-benne, et transportait des milliers de feuillets dans un bonne vieille bo&#238;te en carton ferm&#233;e &#224; la ficelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;v&#233;lation par le New York Times puis le Washington Post du contenu de ce rapport secret du Pentagone sur les relations entre les Etats-Unis et le Vi&#234;t Nam entre 1947 et 1967 est la premi&#232;re faille du s&#233;isme qui va pousser Nixon &#224; la d&#233;mission. Les Pentagon Papers r&#233;v&#233;lent entre autres que le bourbier vietnamien &#233;tait ingagnable, mais qu'il &#233;tait essentiel d'intensifier les combats afin d'&#233;viter une humiliation en pleine guerre froide. Et ce, au prix de dizaine de milliers de morts c&#244;t&#233; am&#233;ricain, et d'un million et demi de victimes c&#244;t&#233; vietnamien.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1850 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/washington-post-1971-4fda9.jpg?1732460680' height='400' width='500' alt='JPEG - 123.6 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le film de Spielberg est construit sur une s&#233;rie d'oppositions : hommes/femmes, on l'a vu, peuple/&#233;lite, presse/actionnaires, Etat/justice, arm&#233;e/civils, tradition/modernit&#233;. Ces oppositions irriguent chaque sc&#232;ne, port&#233;es par le duo impeccable Meryl Streep/Tom Hanks et comme toujours avec l'auteur des &lt;i&gt;Dents de la mer&lt;/i&gt;, film&#233;es avec lyrisme : Spielberg arriverait &#224; rendre spectaculaire la taille d'un crayon &#224; papier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bombardement de journaux au petit matin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car &lt;i&gt;Pentagon Papers&lt;/i&gt; rend aussi hommage &#224; la presse au deux sens du terme : le contenu et le contenant. Ici, les journaux n'ont rien de virtuel, ils ont une forme, un poids, une texture, c'est tout juste si on ne sent pas l'encre fra&#238;che &#224; la sortie des rotatives. La distribution par liasses jet&#233;es sur la chauss&#233;e depuis l'arri&#232;re des camions au petit matin &#233;voque ainsi un bombardement. La mise en forme des pages sur la Linotype, les caract&#232;res en cuivre agenc&#233;s &#224; toute vitesse, le plomb fondu qui s'&#233;coule, toute la machinerie d'une imprimerie industrielle ressemble presque aux entrailles du Titanic.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1849 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH336/bradlee-graham-20b41.jpg?1732460680' height='336' width='500' alt='JPEG - 72.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;L'histoire se finit mieux pour le Washington Post que pour le paquebot de la Star Line : contrairement au second, le premier n'a pas coul&#233; malgr&#233; les efforts de la Maison Blanche. Au contraire, c'est lui qui portera l'estocade en 1972 avec le deuxi&#232;me scandale de la pr&#233;sidence Nixon, l'affaire du Watergate. Celle du Russiagate co&#251;tera-t-elle sa place &#224; Donald Trump ? L&#224; aussi, le Post est en premi&#232;re ligne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A Ghost Story</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/A-Ghost-Story</link>
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		<dc:date>2018-01-25T19:20:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un drap blanc, deux trous pour les yeux et une mise en sc&#232;ne d'une &#233;l&#233;gance rare font de cette histoire de fant&#244;me le film le plus &#233;tonnant de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton766-14946.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un drap blanc, deux trous pour les yeux et une mise en sc&#232;ne d'une &#233;l&#233;gance rare font de cette histoire de fant&#244;me le film le plus &#233;tonnant de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est bien entendu anecdotique, mais tellement r&#233;jouissant : le budget du film de David Lowery doit &#234;tre &#224; peu pr&#232;s &#233;quivalent &#224; celui consacr&#233; aux rafra&#238;chissements dans le dernier &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;. Avec environ un mille cinq centi&#232;me de la somme d&#233;volue &#224; Rian Johnson pour jouer au sabre laser, le r&#233;alisateur des &lt;i&gt;Amants du Texas&lt;/i&gt; a fait un petit bijou cin&#233;matographique dont on se souviendra tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, c'est sans doute &#231;a, le cin&#233;ma : avant tout une affaire de regard. La repr&#233;sentation la plus banale des fant&#244;mes consiste en un drap blanc perc&#233; de deux trous pour les yeux. Va pour le drap. Pourquoi se compliquer la vie (ou la mort, en l'occurrence) ? Quand en plus on a au casting une actrice de la brillance de Rooney Mara, tout devient plus facile. Ajoutez &#224; tout &#231;a un format d'image d&#233;suet (le 1.33 du cin&#233;ma muet) qui restreint le champ visuel comme quand on regarde &#224; travers les trous d'un drap (les angles de l'image sont arrondis) et une lumi&#232;re cr&#233;pusculaire qui ajoute &#224; la m&#233;lancolie, et vous avez quelque chose de radicalement original.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1846 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/a-ghost-story-1-b668e.jpg?1732460680' height='281' width='500' alt='JPEG - 50.6 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Par quoi se manifestent les fant&#244;mes, finalement ? Par la pr&#233;sence impalpable des disparus, par des portes qui claquent, des ampoules qui clignotent puis qui grillent, un piano qui r&#233;sonne en pleine nuit, des livres tomb&#233;s d'une &#233;tag&#232;re&#8230; Mais aussi par des taches de lumi&#232;re sur le mur qui rappellent irr&#233;sistiblement le &lt;i&gt;D&#233;calogue&lt;/i&gt; de Kieslowski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, &lt;i&gt;A Ghost Story&lt;/i&gt; n'est pas qu'un exercice de style. L'id&#233;e remarquable du sc&#233;nario, c'est de poser le postulat que les vivants peuvent se d&#233;placer dans l'espace mais sont enferm&#233;s dans un &#233;ternel pr&#233;sent, alors les fant&#244;mes peuvent voyager dans le temps, mais sont coinc&#233;s au m&#234;me endroit (la maison et en de&#231;&#224; et au-del&#224;, ce qu'il y avait longtemps avant et ce qu'il y aura longtemps apr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1847 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/a-ghost-story-2-4d1fd.jpg?1732460680' height='281' width='500' alt='JPEG - 24.7 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Ces ellipses temporelles, David Lowery les dessine par un montage tr&#232;s fluide qui donne une impression trompeuse de continuit&#233; alors que les jours, les mois et les ann&#233;es d&#233;filent. La maison du d&#233;but o&#249; vivait le couple Rooney Mara/Casey Affleck sera vid&#233;e, puis &#224; nouveau occup&#233;e, puis encore vid&#233;e, jusqu'&#224; &#234;tre ras&#233;e au bulldozer. A partir de l&#224;, le film s'&#233;chappe dans une dimension purement m&#233;taphysique d'une beaut&#233; singuli&#232;re, r&#233;interpr&#233;tant le th&#232;me sp&#233;cifiquement am&#233;ricain du paradis perdu.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
&lt;div class=&#034;video-container&#034;&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.youtube.com/embed/c_3NMtxeyfk&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Star Wars 8, les derniers Jedi</title>
		<link>https://imaginaires.brunocolombari.fr/Star-Wars-8-les</link>
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		<dc:date>2017-12-23T11:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ne cherchez pas &#224; &#234;tre surpris : Star Wars n'est pas fait pour &#231;a. Du moins, pas la s&#233;rie principale, dont le huiti&#232;me opus reproduit les codes malgr&#233; un sc&#233;nario qui se veut iconoclaste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton760-3a171.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ne cherchez pas &#224; &#234;tre surpris : Star Wars n'est pas fait pour &#231;a. Du moins, pas la s&#233;rie principale, dont le huiti&#232;me opus reproduit les codes malgr&#233; un sc&#233;nario qui se veut iconoclaste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi aller voir, les ann&#233;es impaires en d&#233;cembre, la suite de la saga Star Wars en me doutant que j'allais &#234;tre (encore une fois) d&#233;&#231;u ? Sans doute par fid&#233;lit&#233; &#224; l'enfance, en m&#233;moire &#224; mes onze ans quand j'ai d&#233;couvert, &#233;bahi, cette histoire parfaitement improbable m&#233;langeant mythes ancestraux, guerres galactiques, films de samoura&#239;s et imagerie western. Depuis, quatre d&#233;cennies (la moiti&#233; d'une vie humaine) ont pass&#233;, les milliards de dollars ont enseveli George Lucas et la compagnie Disney a fait main basse sur l'affaire, transformant en plomb tout ce qu'elle touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an dernier, &lt;i&gt;Rogue One&lt;/i&gt; avait apport&#233; de la fra&#238;cheur, du culot et de l'originalit&#233; &#224; la saga, autant de qualit&#233;s qui manquaient cruellement au &lt;i&gt;R&#233;veil de la force&lt;/i&gt; sorti en 2015. Malgr&#233; le changement de r&#233;alisateur (Brian Johnson &#224; la place de JJ Abrams, qui reprendra le flambeau pour le 9e &#233;pisode annonc&#233; pour 2019), Les derniers Jedi sont aussi essouffl&#233;s et au bout du rouleau que Mark Hamill, dont les traits emp&#226;t&#233;s &#233;voquent plus Pierre Bachelet que Luke Skywalker. Le retour du trio initial Ford-Fisher-Hamill est l'exemple m&#234;me de la fausse bonne id&#233;e, d'autant plus que les sc&#233;naristes avaient d&#233;cid&#233; d'&#233;liminer Han Solo d&#232;s l'&#233;pisode 7, soit le premier de la nouvelle trilogie. Pas de chance, c'&#233;tait de tr&#232;s loin le personnage le plus int&#233;ressant des trois, interpr&#233;t&#233; par le seul vrai acteur du lot.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux milliards de dollars et un sabre laser&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est certes pas &#224; jeter dans cet &#233;pisode 8, qui s'acharne &#224; faire du pass&#233; table rase tout en se gardant bien de mettre un petit orteil au-del&#224; des clous. Graphiquement, certaines sc&#232;nes sont tr&#232;s r&#233;ussies (pas forc&#233;ment les plus spectaculaires, d'ailleurs), et la gamme chromatique blanc-rouge-noir particuli&#232;rement belle. La jeune g&#233;n&#233;ration d'acteurs s'en sort plut&#244;t pas mal, et les seconds r&#244;les de luxe (Benicio del Toro, Laura Dern) montrent ce que sont de grands com&#233;diens. Quant aux nouvelles peluches, elles sont tr&#232;s mignonnes elles aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, on ne plaisante pas avec un film qui fait deux milliards de dollars de recettes dans le monde entier. La logique du tiroir-caisse adapt&#233;e au sabre-laser donne ainsi une sc&#232;ne parfaitement absurde en d&#233;but de film, quand Luke jette n&#233;gligemment par dessus son &#233;paule le sabre laser que lui rapporte la jeune Rey. Mais bien s&#251;r, l'arme n'est pas tomb&#233;e &#224; l'eau et sera r&#233;cup&#233;r&#233;e par la suite. Pas touche aux produits d&#233;riv&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En attendant Solo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne d&#233;voilera rien d'autre du contenu du film, les sc&#232;nes de combat spatial n'apportant strictement rien de nouveau et certains moments (notamment le texte du g&#233;n&#233;rique de d&#233;but, que l'on dirait &#233;crit par un enfant de cinq ans) &#233;tant m&#234;me g&#234;nants de niaiserie. Pourquoi d&#233;penser autant d'argent pour un r&#233;sultat pareil ? Parce que &#231;a rapporte encore plus (dix fois, pour &lt;i&gt;Le R&#233;veil de la force&lt;/i&gt;), pardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'il faut faire son deuil de quelque chose d'original pour cette trilogie, en esp&#233;rant que la suivante (car il y en aura une quatri&#232;me, apr&#232;s l'&#233;pisode 9) larguera pour de bon les amarres avec les figures impos&#233;es. En attendant, on ira voir avec plaisir le deuxi&#232;me volet des Star Wars Stories, celui consacr&#233; &#224; Solo, qui sortira fin mai 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dunkerque</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Exp&#233;rience hallucinante en immersion totale, le film de Christopher Nolan est aussi hors sol et quasiment hors contexte historique. Evidente r&#233;ussite visuelle et sensorielle, mais qui nous laisse sur notre faim.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton737-a3cc9.jpg?1732183454' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Exp&#233;rience hallucinante en immersion totale, le film de Christopher Nolan est aussi hors sol et quasiment hors contexte historique. Evidente r&#233;ussite visuelle et sensorielle, mais qui nous laisse sur notre faim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dunkerque&lt;/i&gt; est un film de fiction, certes. Mais il est inscrit dans le cadre d'un &#233;v&#233;nement historique pr&#233;cis, l'&#233;vacuation des troupes britanniques et fran&#231;aises des plages de la C&#244;te d'Opale dans les premiers jours de juin 1940.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est d&#233;sormais connue : en neuf jours, alors que le groupe des arm&#233;es A allemandes du g&#233;n&#233;ral von Rundstedt a stopp&#233; l'attaque, plus de 330 000 soldats britanniques et fran&#231;ais (un gros tiers) sont embarqu&#233;s en direction des c&#244;tes anglaises, dans des conditions rocambolesques. L'&#233;vacuation a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233;e par deux divisions de l'arm&#233;e fran&#231;aise rest&#233;es &#224; terre et dont les soldats ont &#233;t&#233; captur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1769 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/dunkerque-aff-87f3f.jpg?1732460680' height='667' width='500' alt='JPEG - 80.3 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;De tout cela, que voit-on dans le film de Christopher Nolan ? Hormis une enfilade vertigineuse et &#233;prouvantes de sc&#232;nes chaotiques, o&#249; le spectateur est successivement bombard&#233;, noy&#233;, mitraill&#233; et, embras&#233;, et un arri&#232;re-plan patriotique assum&#233;, pas grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dunkerque appara&#238;t furtivement dans la sc&#232;ne d'ouverture, assez courte mais suffisante pour rep&#233;rer quelques anachronismes g&#234;nants pour un film &#224; 200 millions de dollars de budget (fa&#231;ades d'immeubles aux couleurs pimpantes, r&#233;verb&#232;res ann&#233;es 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais sont &#224; ce point absents du d&#233;cor que le film pourrait aussi bien se passer sur une plage du Pacifique Sud ou du Connecticut. Et le contexte historique quasiment &#233;vacu&#233; du sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au film de guerre ce qu'Alien est &#224; la conqu&#234;te spatiale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En clair, si &lt;i&gt;Dunkerque&lt;/i&gt; est un film sur la deuxi&#232;me guerre mondiale, alors &lt;i&gt;Alien&lt;/i&gt; raconte la conqu&#234;te spatiale et &lt;i&gt;Tarzan&lt;/i&gt; la colonisation de l'Afrique. Contrairement aux &lt;i&gt;Sentiers de la gloire&lt;/i&gt; de Stanley Kubrick, le premier (en 1957 !) &#224; filmer des sc&#232;nes de combat en plein chaos, voire &#224; &lt;i&gt;Il faut sauver le soldat Ryan&lt;/i&gt; de Steven Spielberg (1998), Nolan ne consacre pas une partie de son film &#224; reconstituer une bataille : c'est l'ensemble du long-m&#233;trage qui est clo&#238;tr&#233; dans la bataille, sans jamais en sortir, hormis les dix derni&#232;res minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnages ne sont pas nomm&#233;s et quasi interchangeables. Les dialogues r&#233;duits au strict minimum. En poussant la logique jusqu'au bout, Dunkerque aurait pu aussi bien &#234;tre un film muet. Pourquoi pas, apr&#232;s tout ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois strates temporelles imbriqu&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est pas &#224; jeter, loin de l&#224;. Le travail sur le sc&#233;nario est tr&#232;s int&#233;ressant et justifie presque &#224; lui seul de revoir le film pour en saisir toutes les subtilit&#233;s. Il superpose et imbrique trois r&#233;cits avec des temporalit&#233;s diff&#233;rentes : le sort des soldats sur les plages en une semaine, la travers&#233;e des petits bateaux mobilis&#233;s par l'Angleterre pour &#233;vacuer les troupes dure une journ&#233;e, et les combats a&#233;riens qui opposent les Spitfire aux Messerschmitt s'&#233;tale sur une heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passe ainsi, avec beaucoup de fluidit&#233; et de finesse, d'un r&#233;cit &#224; l'autre comme s'ils se d&#233;roulaient de fa&#231;on chronologique et simultan&#233;e, alors qu'en r&#233;alit&#233;, la m&#234;me sc&#232;ne (par exemple un avion britannique abattu qui se pose sur les flots) est vue successivement depuis les airs, depuis la mer et dans le cockpit du pilote qui essaie de ne pas se noyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage que Nolan ait consid&#233;r&#233; que ce double parti-pris (sc&#232;nes de survie, sc&#233;nario complexe) devait s'op&#233;rer au prix d'un r&#233;cit hors sol et hors contexte historique. Sans doute ce qui fait la diff&#233;rence entre un bon film et un grand film.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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