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	<title>imaginaires</title>
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	<description>Pour me contacter, voir le site brunocolombari.fr</description>
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		<title>Philippe Delestaing : &#171; Sur la question des communs, deux mouvements vont entrer en collision &#187;</title>
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		<dc:date>2017-09-22T17:19:32Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Pour prolonger la r&#233;flexion sur les communs, les licences libres et le domaine public &#224; partir de l'&#339;uvre d'Aaron Swartz, nous avons demand&#233; &#224; Philippe Delestaing, biblioth&#233;caire, de faire un &#233;tat des lieux en France. Interview fleuve, constat et perspectives.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://imaginaires.brunocolombari.fr/-emplois-du-temps-" rel="directory"&gt;emplois du temps&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton752-ebdef.jpg?1732207087' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour prolonger la r&#233;flexion sur les communs, les licences libres et le domaine public &#224; partir de l'&#339;uvre d'Aaron Swartz, nous avons demand&#233; &#224; Philippe Delestaing de faire un &#233;tat des lieux en France. Interview fleuve, constat et perspectives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Philippe Delestaing est biblioth&#233;caire et militant des communs et des licences libres. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aaron Swartz &#233;tait un chaud partisan de la licence globale qui pourrait &#234;tre pr&#233;lev&#233;e sur les fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet pour r&#233;mun&#233;rer les auteurs dont les &#339;uvres seraient en acc&#232;s libre. A-t-elle des chances de voir le jour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Elle n'a aucune chance de voir le jour. Disney retire ses films de Netflix, de nouveaux distributeurs vont se faire concurrence entre eux, si on veut avoir acc&#232;s aux m&#234;mes choses qu'avant, il va falloir payer cinq, six, dix fois plus, ce qui va augmenter le piratage. Et &#231;a ne va absolument pas dans le sens d'une licence globale qui aurait &#233;t&#233; la solution la plus simple et la plus efficace. &#199;a tuerait le piratage, car la plupart des gens seraient pr&#234;ts &#224; payer cinq ou dix euros par mois pour avoir acc&#232;s aux catalogues d'Amazon ou Netflix dans de bonnes conditions, avec des fichiers de bonne qualit&#233;, des sous-titres dans toutes les langues...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des d&#233;cisions qui se prennent au niveau europ&#233;en en ce moment qui tapent encore sur le peer-to-peer &#224; d&#233;faut de pouvoir taper sur autre chose. Ce faisant, ils favorisent le piratage. La Commission europ&#233;enne a mis de c&#244;t&#233; une enqu&#234;te de mai 2015 qui montrait pourtant que le piratage des films n'avait aucun impact sur les entr&#233;es en salles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site de l'eurod&#233;put&#233;e Julia Reda.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'acc&#232;s &#224; tous aux textes du domaine public &#233;tait un des chevaux de bataille de Swartz. Qu'en est-il en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes dans le domaine public sont relativement accessibles. Le probl&#232;me &#224; mon sens vient plut&#244;t des textes de la recherche scientifique. Pour les chercheurs aujourd'hui, il faut publier pour &#234;tre pay&#233; et avoir une carri&#232;re, ce qui am&#232;ne &#224; de mauvaises recherches publi&#233;es, des probl&#232;mes de corruption avec des revues en Asie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que ces publications, l'argent public les paient quatre fois ! Comment &#231;a se passe ? Un chercheur fait une recherche, il est g&#233;n&#233;ralement pay&#233; par de l'argent public. Une fois. Ensuite, l'article est propos&#233; &#224; une revue avec un comit&#233; de lecture compos&#233; de chercheurs, eux aussi pay&#233;s avec de l'argent public. Deux fois. La revue demande alors &#224; l'universit&#233; de faire la mise en page des articles. Trois fois. Et enfin, l'&#233;diteur publie la recherche et il faut payer une fortune pour y avoir acc&#232;s. Quatre fois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Tout ce qui est financ&#233; par de l'argent public doit &#234;tre dans le domaine public &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un chercheur du c&#244;t&#233; de Toulouse avait fait publier un r&#233;sultat de recherche dans une revue et l'avait aussi publi&#233; sur son blog. Il s'est fait attaquer par la revue pour avoir publi&#233; sa propre recherche. Ces &#233;diteurs qui trustent 80% du march&#233; universitaire ne sortent pas un euro mais r&#233;coltent tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pourtant des alternatives. &lt;a href=&#034;https://hal.archives-ouvertes.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le site HAL&lt;/a&gt; propose des archives ouvertes en fran&#231;ais et en acc&#232;s libre. Ce n'est pas du domaine public &#224; proprement parler, m&#234;me si &#231;a devrait l'&#234;tre. A mon sens, tout ce qui est financ&#233; par de l'argent public doit &#234;tre public, que ce soit du code source, du texte ou de l'image. L'image c'est un autre probl&#232;me. Avec les attaques contre l'exception de panorama, on n'a m&#234;me plus le droit de prendre des photos de vacances et les publier parce qu'il y a un droit sur tel immeuble ou tel design architectural.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1809 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH88/hall-bando-700-2832a.jpg?1732460706' height='88' width='500' alt='JPEG - 19.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Il y a un probl&#232;me avec la reconnaissance du domaine public, en France il est d&#233;fini n&#233;gativement : c'est l'ensemble des &#339;uvres sur lesquelles il n'y a plus de droits. Avant les licences Creatives Commons, aucun texte juridique ne permettait aux cr&#233;ateurs de mettre &#224; disposition leur &#339;uvre, ce n'&#233;tait pas possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le droit d'auteur en France, c'est soixante-dix ans apr&#232;s la mort...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas ! Au 18e si&#232;cle, l'id&#233;e &#233;tait que pour les pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, l'auteur avait les droits sur son &#339;uvre pendant trois ans, le temps d'&#233;crire une autre pi&#232;ce. Apr&#232;s, c'&#233;tait libre. Aujourd'hui, les droits courent soixante-dix ans apr&#232;s la mort de l'auteur. Les arri&#232;res petits-enfants continuent &#224; toucher une rente de situation. Le Petit Prince de Saint-Exup&#233;ry n'est pas dans le domaine public, on est le seul pays dans le monde dans ce cas. Pourquoi ? Parce que l'auteur est mort pour la France, donc &#231;a rajoute trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, il y a l'amendement Mickey. Normalement, Mickey aurait d&#251; tomber dans le domaine public, mais un artifice juridique a permis &#224; Disney de continuer &#224; exploiter le personnage de Mickey. Il y a une vraie opposition entre diffuseurs, &#233;diteurs et cr&#233;ateurs. Ils n'ont pas du tout les m&#234;mes objectifs. Alors que la cr&#233;ation se nourrit de la cr&#233;ation : personne n'invente quelque chose ex-nihilo. Si maintenant pour le moindre mot il faut voir s'il n'est pas d&#233;pos&#233; quelque part, &#231;a tue juste la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le Rijksmuseum a mis 100 000 documents sous licence Creative Commons &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les seuls qui en profitent sont les distributeurs et dans une moindre mesure les &#233;diteurs. Mais certainement pas les auteurs. Quand le mus&#233;e d'Orsay interdisait de prendre en photo des tableaux de 200 ans, c'&#233;tait ill&#233;gal. Mais c'&#233;tait le r&#233;glement du mus&#233;e. Des gens se sont fait sortir par les flics pour avoir pris en photo un tableau. Jusqu'&#224; ce que Fleur Pellerin se fasse prendre en photo devant un tableau qui n'&#233;tait pas dans le domaine public !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, le Rijksmuseum d'Amsterdam a mis 100 000 documents sous licence Creative Commons, la biblioth&#232;que du Congr&#232;s a fait pareil avec des photos, des cartes postales et des documents historiques. C'est le patrimoine de l'humanit&#233;, c'est la propri&#233;t&#233; de tous, donc de personne.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1811 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH454/rijskmuseum-700-2c6d0.jpg?1732460706' height='454' width='500' alt='JPEG - 100.4 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La firme Proquest a pass&#233; un partenariat public priv&#233; en 2013 vec la BnF pour num&#233;riser &#224; ses frais des ouvrages en contrepartie d'un acc&#232;s payant pour les biblioth&#232;ques universitaires. N'est-on pas dans le m&#234;me cas de figure que JSTOR ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la privatisation du domaine public. Ce qu'ils disent faire payer, c'est l'acte de num&#233;risation, mais en fait c'est l'acc&#232;s &#224; un document qui fait partie du domaine public. Google essaie de faire pareil en essayant de privatiser un logiciel sous licence libre, un peu comme ils ont fait pour Android.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'int&#233;r&#234;t pour la BnF de faire &#231;a ? Parce qu'elle n'a pas l'argent pour num&#233;riser ? Ou le contexte de privatisation rampante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l'id&#233;e de lutter contre le domaine public. Ce sur quoi personne n'a la main et faire du profit, &#231;a g&#234;ne. C'est pourquoi il y a des initiatives int&#233;ressantes qui se font en biblioth&#232;que, o&#249; on montre comment utiliser le domaine public, se l'approprier, y contribuer. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de Wikipedia, on peut corriger une faute ou &#233;crire un article entier. C'est vivant, prot&#233;iforme et pas ma&#238;trisable pour les autorit&#233;s. L'un des gros probl&#232;mes, c'est celui-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1814 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH456/logo-wikipedia-500-1c046.jpg?1732460706' height='456' width='500' alt='JPEG - 37.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apple est aussi partenaire de la BnF pour commercialiser des livres num&#233;riques. Le domaine public serait-il le nouvel eldorado des GAFAM ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une &#233;norme masse de connaissances qu'ils veulent r&#233;cup&#233;rer pour les revendre, car c'est plus facile que de cr&#233;er de nouveaux contenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces grosses bo&#238;tes s'insinuent dans tous les domaines publics. Comme le minist&#232;re de la D&#233;fense qui renouvelle le contrat open bar avec Microsoft. Une cellule de Microsoft travaille au minist&#232;re pour adapter les logiciels. Sachant que Microsoft fait partie du programme Prism de la NSA, donc cette derni&#232;re a acc&#232;s &#224; toutes les informations qu'elle veut, potentiellement au moins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'&#233;cole habitue les enfants aux tablettes plut&#244;t qu'aux logiciels libres &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu pire peu de temps avant. Quand il a fallu renouveler les serveurs de la D&#233;fense et des services de renseignement, c'est IBM qui devait les fournir, mais Lenovo a rachet&#233; la branche serveurs d'IBM. Lenovo, soci&#233;t&#233; chinoise qui met des mouchards sur son mat&#233;riel. On nous dit que Lenovo est une soci&#233;t&#233; priv&#233;e ind&#233;pendante. &#199;a n'existe pas, toutes les entreprises chinoises qui font de l'export sont contr&#244;l&#233;es par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareil pour l'Education nationale avec Google, Apple et Microsoft. Des enseignants se battent pour utiliser les logiciels libres. Mais ils ne font pas le poids, car l'Education nationale habitue les enfants &#224; utiliser les tablettes et le mat&#233;riel de ces soci&#233;t&#233;s. Pareil pour la DRAC qui finance la culture en payant des tablettes et des liseuses, alors que pour acheter des livres il n'y a pas d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les biblioth&#232;ques sont en pleine mutation, avec des demandes diff&#233;rentes de la part du public alors qu'Internet propose un acc&#232;s &#224; une somme de connaissance et de partage des savoirs in&#233;dite dans l'histoire humaine. A quoi pourrait ressembler la biblioth&#232;que de demain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir, ce n'est pas des biblioth&#232;ques sans livres avec des tablettes et des liseuses partout. La diff&#233;rence avec ce qu'on trouve en biblioth&#232;que et Internet, notre fonds documentaire est s&#233;lectionn&#233; avant, c'est notre plus value. On doit apprendre au public &#224; faire des recherches, analyser l'information qui circule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va vers moins de livres, mais pas qu'&#224; cause d'Internet. D&#233;j&#224; parce qu'il y a moins de gros lecteurs qu'il y a dix ans, ceux qui lisent au moins un livre par mois. Pour des questions de temps, parce qu'il y a d'autres m&#233;dias qui les occupent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biblioth&#232;ques ont un r&#244;le &#224; jouer dans l'acc&#232;s du public &#224; l'information. A des livres, &#224; Internet... Il faut lui donner des outils pour discriminer l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que la marchandisation des services va bon train, se d&#233;veloppe &#224; c&#244;t&#233; toute une culture des communs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site Les Communs d'abord.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme par exemple le site wikifab. Comment le service public pourrait-il participer &#224; ce mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu qu'on a notre place en tant que service public. Les biblioth&#232;ques sont-elles un commun ? La vision que j'ai du r&#244;le de la biblioth&#232;que, c'est donner des outils &#224; nos lecteurs pour &#234;tre des citoyens libres, avec tout ce que ces mots comportent. Si on pr&#233;sente des logiciels libres, ce n'est pas pour dire que c'est mieux que les autres, c'est pour leur pr&#233;senter quelque chose qu'ils ne connaissent pas.A eux de faire leur choix.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1810 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_jpg'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH227/ostrom-700-2f781.jpg?1732460706' height='227' width='500' alt='JPEG - 43 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les trois composantes d'un commun ? Il faut une ressource, des gens qui utilisent la ressource et des r&#232;gles d'utilisation de la ressource. C'est la d&#233;finition de d'Elinor Ostrom dans ses travaux sur les communs. &#199;a r&#233;pondait &#224; un autre &#233;conomiste des ann&#233;es 70 qui avait &#233;crit sur &#171; la trag&#233;die des communs &#187;, voulant d&#233;montrer que &#231;a ne marchait pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; G&#233;rer la ressource dans l'int&#233;r&#234;t de tous &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ostrom a dit qu'il faut des r&#232;gles, comme il en existe en M&#233;diterran&#233;e avec les prud'homies de p&#234;cheurs ou la gestion de l'eau douce dans les Emirats arabes unis, qui existent depuis des si&#232;cles. L'id&#233;e n'est pas d'&#233;puiser la ressource pour en tirer le plus de profit possible, mais de la g&#233;rer au mieux dans l'int&#233;r&#234;t de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le domaine public, et j'&#233;tends &#231;a aux licences libres et aux Creatives Commons, nous avons un r&#244;le &#224; jouer pour que tout le monde puisse s'en saisir, en faisant t&#233;moigner des gens qui fonctionnent comme &#231;a, par exemple des banques, de l'immobilier... Les Amaps, aussi. L'id&#233;e &#233;tant de consommer une ressource et que ce soit p&#233;renne, et de fa&#231;on locale. On doit &#234;tre passeurs d'informations pour attirer l'attention des gens l&#224;-dessus. Ils en feront ce qu'ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand public est-il suffisamment inform&#233; de ce qui est fait de ses donn&#233;es personnelles ? Comment le sensibiliser ? Cela ne pourrait-il pas &#234;tre une mission de service public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas assez inform&#233;s, s&#251;rement, m&#234;me si une enqu&#234;te du Monde montrait r&#233;cemment que pas mal de Fran&#231;ais sont inquiets, surtout les 18-34 ans, sur leurs donn&#233;es personnelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'enqu&#234;te CSA Les Fran&#231;ais et la protection de leurs donn&#233;es personnelles.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le grand public est-il suffisamment inform&#233; ? Certainement pas. Est-ce facile de l'informer ? Pas du tout. Quant on fait des conf&#233;rences ou des crypto-parties, on touche surtout le public d&#233;j&#224; inform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus difficile, c'est qu'il faut changer ses habitudes, alors que la notion de vie priv&#233;e a tendance &#224; se diluer. Je travaille l&#224;-dessus depuis des ann&#233;es, c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Les informaticiens sont tr&#232;s comp&#233;tents, mais ils font des choses extr&#234;mement efficaces mais inutilisables par le grand public parce que c'est trop compliqu&#233;, ou l'interface est moche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des initiatives int&#233;ressantes, comme &lt;a href=&#034;https://cozy.io/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cozy Cloud&lt;/a&gt;. C'est une solution qui repose sur des logiciels libres, on peut ajouter des fonctionnalit&#233;s, l'objectif est d'&#234;tre auto-h&#233;bergeable. On peut acc&#233;der facilement &#224; nos donn&#233;es, mais elles seront &#224; la maison, pas chez Google.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_1813 spip_documents spip_documents_center media media_image media_image_png'&gt;&lt;img src='https://imaginaires.brunocolombari.fr/local/cache-vignettes/L500xH449/cozy-logo-2a688.png?1732460706' height='449' width='500' alt='PNG - 25.1 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, le W3C permet maintenant &#224; des entreprises tierces d'avoir le contr&#244;le du navigateur. Donc une entreprise ext&#233;rieure va d&#233;cider &#224; ta place si tu as le droit d'acc&#233;der &#224; un contenu. Je ne comprends pas qu'on en soit encore au DRM alors que &#231;a ne marche pas, maintenant on le met sur les sites web. Il y a deux mouvements qui vont entrer en collision, entre ceux qui veulent se saisir de ce qui nous appartient collectivement, et ceux qui veulent mettre des restrictions d'acc&#232;s partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est le reflet de ce qui se passe dans la soci&#233;t&#233;, partout dans la rue, des restrictions de libert&#233;, avec des militaires arm&#233;s, des vigiles qui fouillent &#224; l'entr&#233;e des magasins ou &#224; la gare. Les restrictions de libert&#233; deviennent la norme. C'est pareil dans le monde num&#233;rique. C'est effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le web a toujours &#233;t&#233; un probl&#232;me. Quand on nous dit que c'est une zone de non-droit, c'est faux. Le droit s'applique partout, mais Internet &#233;tait un lieu o&#249; on peut parler et &#233;changer librement sans surveillance. Maintenant c'est trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On aurait bien besoin d'Aaron Swartz aujourd'hui pour continuer &#224; se battre...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, ou comme le fait Lawrence Lessig, qui lance une campagne aux Etats-Unis en disant que le syst&#232;me d'&#233;lections pr&#233;sidentielles est anticonstitutionnel. Le principe des grands &#233;lecteurs (le candidat arriv&#233; en t&#234;te dans un Etat emporte tous les grands &#233;lecteurs) prive ceux qui n'ont pas vot&#233; pour le candidat de leur expression. Or la constitution am&#233;ricaine dit &#171; un homme, un vote &#187;. Il fait donc une campagne pour que chaque voix compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plein de gens se battent en France, la Quadrature du Net fait un boulot remarquable mais tr&#232;s co&#251;teux en terme humain, c'est &#233;puisant ce travail-l&#224;. Ils essaient de faire passer des choses aupr&#232;s des d&#233;put&#233;s, les d&#233;put&#233;s font des copier-coller de ce que les lobbies leur envoient. La force de frappe n'est pas la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; C'est un droit inali&#233;nable du citoyen que d'&#234;tre libre &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a quand m&#234;me une prise de conscience, de plus en plus de gens se posent des questions. A la fin du mois va sortir un documentaire, &lt;i&gt;Nothing to hide&lt;/i&gt; en libre acc&#232;s sur Internet. Il y a de plus en plus de crypto-parties pour apprendre aux gens &#224; prot&#233;ger leurs donn&#233;es personnelles et leurs communications. En France, les d&#233;put&#233;s les plus en avance l&#224;-dessus n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lus, comme Sergio Coronado ou Isabelle Attard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une vraie n&#233;cessit&#233; de nouveaux Aaron Swartz. Et encore une fois, le service public a un r&#244;le &#224; jouer. C'est un droit inali&#233;nable du citoyen que d'&#234;tre libre. Notre r&#244;le, c'est de l'aider &#224; aller dans ce sens-l&#224;, pas le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;/style&gt;&lt;/html&gt;
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&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/195661933&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bande-annonce de &lt;i&gt;Nothing to hide&lt;/i&gt; de Marc Meillassoux, sorti le 6 septembre en salles, &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/nothingtohide&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible le 30 septembre sur Vim&#233;o&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site de &lt;a href=&#034;https://juliareda.eu/2017/09/secret-copyright-infringement-study/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'eurod&#233;put&#233;e Julia Reda&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site &lt;a href=&#034;http://www.les-communs-dabord.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Communs d'abord&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire l'enqu&#234;te CSA &lt;a href=&#034;https://www.csa.eu/fr/survey/les-fran%C3%A7ais-et-la-protection-de-leurs-donnees-personnelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Fran&#231;ais et la protection de leurs donn&#233;es personnelles&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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